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- La Maison des âmes perdues | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Maison des âmes perdues Alain Léonard De Borée Terres d'écriture 8 juin 2023 272 pages Historique Chronique 8 juin 2023 Roman historique, sociétal et féministe dans la droite ligne des romans de Emile Zola ou de Georges Bernanos, entre autres. Pour tous les fans de littérature engagée de la fin du XIXème siècle et du début du suivant, pour tous ceux qui auront été bluffés par la fabuleuse série télévisée "Maison close", ce septième opus de Alain Léonard est pour vous. Comme toujours, le texte est remarquablement écrit, la reconstitution somptueuse, les personnages parfaitement dessinés. Je perçois trois parties : le temps de la domesticité, celui de la prostitution, et peut-être, de l'amour rédempteur. Ainsi, mettons-nous nos pas dans ceux de Claire, une jeune fille venue de sa campagne pour gagner sa vie à Clermont-Ferrand comme employée de maison pour Mr et Mme Gervais. Description acérée d'une famille de nantis, bourgeoise, bien loin des réalités de la vie de millions de français qui, en cette année 1880, ont bien du mal à survivre. La transformation de la société s'industrialisant, se modernisant, mais restant campée sur ses certitudes, surtout quand il s'agit de discriminer une partie de la population, ne change rien pour les plus faibles. Les femmes en font partie, grandes oubliées des révolutions successives qui ont secoué la France depuis 1789 jusqu'à la Commune. Dans cet univers patriarcal, il ne fait pas bon être jeune, jolie, pauvre. Tout peut arriver et surtout le pire. Ainsi l'indicible survient et la chute de Claire semble sans fin comme si le destin ne pouvait être qu'inéluctablement dramatique. La voilà projetée en enfer ; celui-ci se nomme joliment "La Boule d'or" et fut un haut lieu de la prostitution clarimontoise, une maison close avec son organisation, sa hiérarchie, comme il en existait dans toute le pays. Les filles y perdent leurs illusions en même temps que leurs noms, réduites à n'être que des bouts de viande, des objets de convoitise pour tous les pervers et lubriques en goguette. Violence, maladies vénériennes, désespoir, pièges tendus par la tenancière et un rabatteur, meurtres, mais aussi tendresse et amitié. Quelques fois, même, l'espoir peut toquer à la porte.... Tour à tour roman de terroir, naturaliste, d'amour, cette fiction historique s'appuie sur des faits réels et l'imagination fertile de l'auteur. Celui-ci, comme toujours, fait preuve de beaucoup de tact, de délicatesse et de respect envers nos aïeux, campés sous les traits de personnages fictifs. Alain Léonard apporte un supplément d'âme et du coeur à l'ouvrage et, de fait, réussit à nous attacher émotionnellement aux protagonistes de ce récit très réaliste et romanesque. Merci infiniment à l'auteur pour sa dédicace et aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée. Quatrième de couverture L’histoire de Claire, descendue de son village pour devenir domestique puis prostituée en maison close, à la fin du XIXe siècle. Claire, jeune fille de 17 ans, descend de son village de Besse pour se placer comme domestique chez une famille de notables de Clermont-Ferrand. Exploitée et peu considérée, elle est en outre forcée par François, le fils de la famille. Se découvrant enceinte, commence alors pour elle une descente aux enfers qui la mènera bien malgré elle dans une maison close de la ville. Dans le sombre avenir qui l’attend, Claire parviendra-t-elle à renouer avec des jours heureux ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Fausses promesses | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Fausses promesses Linwood Barclay Belfond Début 2018 505 pages traduites par Renaud Morin Thriller Chronique 4 août 2018 Jamais déçue avec cet auteur qui sait mener ses intrigues avec beaucoup de métier et ses lecteurs par le bout du nez. Évidemment cet opus est dans le prolongement de précédents romans, on y retrouve des personnages déjà rencontrés, tel notre narrateur, David Harwood de " Ne la quitte pas des yeux" paru en 2011. On sent que Linwood Barclay s'amuse à concocter des scénarios bien compliqués, et cette fois va même jusqu'à commencer sur les chapeaux de roues : 23 écureuils retrouvés pendus dans le parc, trois tentatives de viol sur le campus de la fac par un inconnu portant un sweat à capuche portant le numéro 23, une grande roue du parc d'attraction fermé qui se met à tourner soudain en pleine nuit, trois mannequins dans la cabine 23 avec un message de menace.... Quelqu'un a manifestement perdu la tête... où est obsédé par le 23 ! Bizarre... La petite ville de Promise Falls, en pleine déconfiture économique, n'a vraiment pas besoin de ce type d'événements. Au moins, cela devrait faire les choux gras de la presse locale sauf que le Standard est en faillite et clôt ses portes une semaine après que David soit revenu dans la ville de son enfance avec son fils de neuf ans pour vivre avec ses parents vieillissants, et pris ses fonctions de journaliste. Franchement pour notre narrateur c'est la malchance qui s'abat encore sur lui. La honte, revenir habiter là à quarante ans, veuf, père célibataire et maintenant chômeur. Sa mère lui demande un matin de se rendre chez sa cousine Marla pour lui apporter des plats cuisinés. La pauvre a perdu son bébé, une fille, à la naissance et ne s'en remet pas. Elle a toujours été un peu particulière, mais quand David entre dans sa maison et la trouve dans la chambre en train de donner un biberon à un garçon de dix mois, là il pense qu'elle a péter les plombs. Aurait-elle à nouveau kidnapper un enfant ? Marla explique à son cousin qu'un ange lui a confié le bébé la veille. Dans la poussette restée à l'entrée, David trouve un prospectus envoyée à une femme dans les beaux quartiers de la ville. Il réussit à conduire Marla et le petit Matthew à cette adresse, personne ne répond, une voiture arrive en trombe, le propriétaire des lieux, il n'arrive pas à joindre sa femme, est inquiet, ouvre vite la porte et trouve Rose, son épouse, étranglée et éventrée dans la cuisine. L'inspecteur Barry Duckworth est chargé de l'enquête. Nous y sommes, les dés sont jetés magistralement par ce maître du thriller. Il place tranquillement ses pions sur l'échiquier, je dois dire qu'assez vite j'ai compris ce qui s'était passé, mais des surprises m'attendaient tout de même jusqu'à la toute dernière page. Ouf ! Malin, jouissif, on finit avec le sourire en raison de la forme, bien que pourtant nous soyons en plein drame sur le fond. Enthousiasmant et jubilatoire, la description des travers d'une petite ville de province américaine est au scalpel, les travers et vilains secrets de chacun esquissés avec beaucoup d'humour noir nous amusent, ainsi que les portraits contrastés tout en ombre et lumière de toute cette joyeuse galerie de personnages. Rien n'est jamais vraiment sûr, tout n'est qu'apparence.... De vieilles affaires ne sont pas réglées, des haines couvent toujours... Et puis ce 23 qui revient tout le temps ! Étrange.... En fait le vrai défaut de ce livre est qu'il va falloir attendre la suite ... Quatrième de couverture Des bébés qui disparaissent, des écureuils pendus, un fétichiste du chiffre vingt-trois : méfiez-vous de Promise Falls ; derrière son apparente tranquillité, cette petite bourgade américaine cache la plus longue liste de faits divers jamais recensés... Dans un univers digne des premiers épisodes de Twin Peaks, Barclay tisse une trilogie déroutante et pleine d'humour. Promise Falls, état de New York, aujourd'hui Après le décès de sa femme et la faillite du journal pour lequel il bossait, David Harwood se voit obligé de retrouver sa ville natale de Promise Falls, pour s'installer chez ses parents. Pour tuer le temps, David décide rend visite à sa jeune cousine Marla, fragilisée par la perte brutale de son bébé, quelques mois plus tôt. Mais à son arrivée, la jeune femme a un nourrisson dans les bras, un petit garçon qu'elle dit lui avoir été remis par un ange. Une adresse laissée sur la poussette du bébé conduit David à la résidence huppée des Gaynor... dont la femme, Rosemary, baigne dans une mare de sang, le ventre lardé de coups de couteau. L'effroi est total : Marla aurait-elle totalement perdu pied ? Comment une fille aussi douce pourrait-elle être la responsable d'un tel carnage ? Le cerveau du journaliste est en ébullition. Bien décidé à prouver l'innocence de sa cousine, David décide d'assister le débonnaire détective Barry Duckworth dans cette affaire exceptionnelle. Et ce dernier ne manque pas d'occupation. Car si ce crime est traité de manière prioritaire, il vient s'ajouter à une longue liste de faits étranges : pendaison d'écureuils, agressions sur le campus... Y a-t-il un lien entre tous ces crimes ? Qui a dit que Promise Falls était une ville tranquille ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Et puis au pire on s'aimera | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Et puis au pire on s'aimera Thierry Cohen Mon Poche 10 février 2022 456 pages Thriller Chronique 10 février 2022 Cela commence comme un roman feel-good ou new romance pour peu à peu prendre des apparences de thriller sombre où l'humour du début laisse la place à une ironie grinçante, faisant mouche, nous percutant intimement, tant ce qui est décrit est violent. L'auteur nous annonce dès le prologue qu'il va nous raconter une histoire vraie, celle d'Alice à qui il veut rendre justice. « Ce roman est le sien. Son surprenant roman d'amour. » Dès les premières pages on rit de bon cœur ou parfois jaune tant les descriptions, les formulations sont créatives, justes, troublantes. Alice nous ressemble, ainsi que tous les acteurs de ce récit où chacun pourra se retrouver. La plume est vive, réjouissante, imagée, un bijou de drôlerie, un one man show à l'écrit... Et puis, insidieusement, l'ambiance devient délétère, certains protagonistes malsains, les évènements inquiétants. Le roman devient noir, le scénario digne d'un thriller psychologique. Tout débouche sur une réflexion aussi coupante qu'un scalpel, une condamnation sans appel d'une forme de barbarie, de cruauté générée par notre société. Je n'en dirai pas plus pour vous laisser la surprise... On comprend alors comment l'auteur a minutieusement placé des indices tout au long d'un récit qui sous sa cocasserie cache une noirceur démentielle. La couverture et le titre prennent toute leur dimension dès la dernière page tournée. Un très bon roman que je vous conseille vivement. Quatrième de couverture Ça commence comme une belle histoire d'amour. Du genre... à l'eau de rose. D'ailleurs, le roman débute par une rose déposée sur le palier d'Alice, trentenaire rongée par la solitude. Il y a du mystère également, car la dite Alice ignore qui lui envoie des fleurs et lui offre de belles déclarations. Une situation romantique à souhait mais qui peut également paraitre... quelque peu inquiétante. Tout prend donc la forme d'une comédie romantique pleine d'humour et... de doutes. Entre les copines du travail, heureuses de voir Alice ainsi courtisée, et son directeur, pressé de la licencier, Alice passe par des émotions contrastées qui la rendent tour à tour heureuse, désespérée, charmée, affolée. Tant de bouleversements dans une vie monotone sont fantastiques et perturbants à la fois. Ne sont-elles pas nombreuses, les âmes seules qui rêveraient d'être emportées par un mystère aussi romantique ? Jusqu'au jour où... ça dérape. Où le rêve devient cauchemar. Où, comme dans les cauchemars, le pire ne se révèle jamais sous la forme attendue. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Petite | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Petite Edward Carey Cherche Midi 1er avril 2021 576 pages traduites par Jean-Luc Piningre Biographie Chronique 20 novembre 2021 Chronique : Un roman illustré tout à fait singulier, étonnant, tant sur la forme que par le ton employé. Le XVIIIe siècle marque un tournant pour les monarchies, est d'une extrême violence et injustice, le vent de l'Histoire étant tempête, typhon, emportant, tels des fétus de paille, les êtres humains soudain minuscules, négligeables. Une époque où toute différence est aplanies face à la guillotine... Riche, pauvre, célèbre, inconnu, jeune, vieillard, monarchiste ou révolutionnaire, elle est gourmande... Et les têtes tombent par milliers certaines portées à la postérité grâce à la sculpture de cire, art où excelle Marie Grosholz, dite Petite en raison de sa taille miniature, future Mme Tussaud. Il faut dire que depuis sa naissance, Marie a eu tout le loisir de comprendre que les humains, les femmes et les enfants en particulier, n'étaient que des marionnettes entre les mains du destin. Chaque personnage de ce récit biographique, comme dans un conte de Noël désenchanté, a son double : soit une effigie miniature, Marta pour Marie, soit une poupée à taille réelle, soit une peinture ou sculpture pour les plus fameux, soit une ombre projeté d'un corps pendu.... Et les copies prennent quelques fois une place plus encombrante que les originaux. La sculpture en cire est d'abord l'apanage d'artistes anatomistes oeuvrant pour des hôpitaux. C'est dans celui de Berne que Marie et sa mère entrent au service d'un certain docteur Curtius. La rencontre entre le jeune homme timide, passionné par son métier, et la toute petite fille, est l'instant T de leur vie... Pour fuir un destin des plus accablants, après le décès de la mère de Petite, le tandem part de nuit pour la Ville Lumière...Paris. Louis XV est roi, le mariage du futur Louis XVI et de Marie- Antoinette est célébré rapidement, alors que résonnent les fêtes et les rires dans les beaux salons, le peuple gronde, se meurt, le rouleau compresseur de l'Histoire est sur la ligne de départ.... Marie nous raconte sa vie dans la maison d'une veuve et de son fils, toujours au service du Dr Curtius, maltraitée par la marâtre jalouse de ses liens d'affection avec le sculpteur.... Mais bien vite une nouvelle aventure se présente, offrant à Petite de faire son entrée à la cour de Versailles par la petite porte. Son maître la prête tel un objet ou une possession, gardant jusqu'à son passe-port suisse avec lui... La jeune fille que l'on s'évertue à écraser, à dépersonnaliser, apporte son talent, son regard, à la glorification éternelle des personnages célèbres qui l'entourent. Ses mains en modelant, peignant, en ajoutant des chevelures, des yeux, fait passer à la postérité, en trois dimensions, les visages de tout ce beau monde en passe d'être guillotiné .... Elle qui n'est qu'ombre met la société entière dans la clarté crue de cette époque tragique... Les malheurs ont fait de Marie un être pragmatique, solidement planté dans la terre, empathique, intuitive, résistante et résiliente, futée, faussement obéissante et réellement déterminée... Le ton est particulier, très personnel, narrant sans pathos ni débordement, l'indicible, l'horreur vue ou subie, avec une sorte de fatalisme de surface.... dans cette société des apparences, Marie se cherche au delà du reflet : qui est-elle ? La Petite, marionnette docile, ou une femme à part entière bien décidée à faire jouer les autres dans la mise en scène qu'elle aura imaginée ? De Berne à Paris pour enfin arriver à Londres, l'auteur, illustrateur, dramaturge Edward Carey a mis quinze ans à rédiger et dessiner ce très beau texte dédié à une femme énigmatique dont il reste peu de trace... Alors l'écrivain a recrée un univers, a fait se rencontrer des figures célèbres, a rempli les vides, a redonné chair à tous ces disparus tel un sculpteur de cire du musée de Mme Tussaud.... La narratrice nous raconte ainsi la fin d'une monarchie, d'un ancien régime, la Révolution, la Terreur, l'apparition d'un certain Napoléon et enfin sa nouvelle vie anglaise.... Un roman bouleversant émotionnellement, tout en délicatesse, retenue, poésie, beauté, malgré la rudesse et l'âpreté des évènements... Un personnage hors norme, d'une sagesse, d'une générosité, d'une force exemplaires qui traversent une existence cruelle en espérant toujours en des lendemains lumineux... Une leçon de vie... et ainsi celle qui fut si secrète, oeuvrant à mettre les autres en lumière, devient elle-même une légende dont l'effigie vous accueille à l'entrée de la célèbre Maison Tussaud. Un très bel ouvrage, un magnifique texte embelli par une traduction fabuleuse. À lire, offrir, redécouvrir.... Une rareté ! Quatrième de couverture « Art, amour, Révolution : le récit d'une existence hors du commun. » Née à Strasbourg en 1761, la jeune Marie Grosholz, future madame Tussaud, est employée dès son plus jeune âge comme apprentie par un sculpteur sur cire. Lorsque le duo devient célèbre à Paris pour ses réalisations, Marie a pour modèles les plus grandes personnalités de l'époque : Voltaire, Rousseau, Benjamin Franklin, etc. Bientôt elle est accueillie à la Cour où elle prodigue des leçons de sculpture à la princesse Élisabeth, sœur du roi. En 1789, la capitale entre en ébullition, la foule exige des têtes. C'est le début d'une incroyable décennie pour Marie qui, échappant de peu à la guillotine, se voit chargée d'exécuter les masques mortuaires de ses amis les plus proches (Louis XVI), comme de ses ennemis les plus acharnés (Robespierre). Avec ce récit palpitant, illustré de magnifiques dessins de l'auteur, Edward Carey nous fait entrer dans l'intimité d'une femme au destin exceptionnel. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Là où chantent les écrevisses | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Là où chantent les écrevisses Delia Owens Seuil 2 janvier 2020 480 pages traduites par Marc Amfreville Historique Chronique 4 août 2020 Beau, très beau.... Magnifique traduction. « Va aussi loin que tu peux. Tout là-bas, où on entend le chant des écrevisses. » « Ça veut dire aussi loin que tu peux dans la nature, là où les animaux sont encore sauvages, où ils se comportent comme de vrais animaux... » « Poème de Amanda Hamilton : Mouette blessée à Brandon Beach Tu dansais dans le ciel, âmes aux ailes d'argent, Et tu éveillais l'aube de tes cris perçants. Tu suivais les bateaux, affrontais l'océan. Avant de capturer et de m'offrir le vent. Tu te brisas une aile, elle traînait à terre Griffant le sable blanc aux rives de la mer. Quand les plumes se brisent, on ne peut plus voler, Mais l'instant de la mort n'est pas encore fixé. Quand tu as disparu, je ne saurais dire où, La marque de ton aile est resté parmi nous Un cœur brisé hélas ne saura plus voler Mais l'instant de la mort n'est pas encore fixé. » Premier roman de Delia Owens qui connaît un succès phénoménal à près de soixante-dix ans...!!! C'est déjà suffisamment remarquable pour vous intriguer.Et lorsque l'on découvre sa biographie, on ne peut être que soufflé par cette trajectoire hors norme d'une femme qui va au bout de ses passions, amoureuse de la vie, de la nature, engagée dans la lutte pour la protection de notre planète et diablement douée dans maints domaines. Ce n'est pas le premier ouvrage de cette biologiste voyageuse, ni son premier succès éditorial, mais c'est sa première fiction. Chapeau bas ! En lisant les premières lignes, après avoir admirer la couverture, je pensais déjà avoir entre les mains un très beau roman naturaliste, ode à notre Terre et plus particulièrement à la région des marais de Caroline du Nord avec sa faune et sa flore foisonnantes et bruissantes de mille vies. Je pensais aussi que ce serait un magnifique récit d'amour, dramatique, poétique qui me ferait frissonner, rêver... Jerepensais"Ànosannéessauvages"deKarenJoyFawlerouauxtitresdePeterHeller,similairesen beautétantdans la forme que par le message universel et humaniste véhiculé. Cela aurait été parfaitement incomplet, si je n'avais gardé en tête le prologue, décrivant la découverte par deux gamins d'un cadavre au pied d'une tour de guet en 1969. Et là nous basculons dans un thriller policier et au final judiciaire comme peut les réussir un John Grisham. Tout est authentiquement beau dans ce roman, tout est d'une grande délicatesse et finesse d'analyse, d'une grande maîtrise, poésie, tout nous emporte jusqu'aux confins du monde où les sentiments sont d'autant plus forts et bouleversants qu'ils ne sont pas exprimés. Un livre également sur l'exclusion sociale de celle qui est différente, victime de la rumeur, en un temps où les noirs n'avaient aucun droit, où les femmes ne pouvaient entrer dans les bars, où tout n'était que carcan, apparence, bienséance hypocrite.Enfin c'est l'histoire d'une petite fille prise dans un étau, qui n'a rien fait de mal, qui sera abandonnée, maltraitée, supportant faim et solitude au coeur des marais où la nature en son entier, les oiseaux en particulier, vont devenir ses seuls compagnons, derniers barrages avant la folie. N'oublions pas Tate, compagnon de jeunesse et premier amour, et le couple afro-américain formé par le vieux Jumping et sa femme Mabel, parents de substitution.De magnifiques descriptions de paysages, des beautés de cette région vous attendent, ainsi qu'un réel suspense policier. Jusqu'à la dernière ligne vous douterez de vos déductions. La solution vous sera révélée d'une manière originale... L'eau, le ciel, le vent, les oiseaux et même un chat seront des acteurs essentiels à ce récit, insufflant de la force à notre héroïne afin d'affronter les tourments de sa jeune vie...Le parcours initiatique vers la liberté et la confiance de la Fille des marais, de Kya, deviendra le vôtre.Je n'ai pas de mots assez forts pour vous transmettre mon admiration et ma gratitude envers cette écrivaine qui a su ainsi embellir quelques heures de ma vie, sans oublier son traducteur Marc Amfreville. Ce roman a été adapté en film. Quatrième de couverture Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Martin John | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Martin John Anakana Schofield Actes Sud Février 2020 368 pages traduites par Anne Rabinovitch Thriller Psy Chronique 14 octobre 2020 P. 180 Inadéquat : l'agresseur inadéquat est le délinquant sexuel qui se rapproche le moins des normes sociales et comportementales. On le définit comme un inadapté social, isolé, qui paraît excentrique ou anormal. Il est peut-être mentalement dérangé et préfère les partenaires sexuels inoffensifs. Il faut avoir le goût de l'inconnu, de l'exceptionnel et du risque pour plonger dans ces pages perturbantes et perturbées. Bienvenus dans les arcanes du cerveau torturé, abîmé, obsessionnel de Martin John. Un être non structuré comme nous l'entendons habituellement, avec notre compréhension très pragmatique et normative des choses. On ne sait de quoi il souffre vraiment : nous sommes piégés en lui, nous buggons avec lui, nous nous épuisons avec lui à tourner en rond, à suivre ses parcours, ses circuits dans l'espoir de calmer nos nerfs ; nous érigeons des piles et des murs de choses variées pour nous protéger des attaques extérieures ou à l'intérieur même de notre maison, nous sommes obsédés sexuellement, incapables de nous contrôler alors même que nous contrôlons en permanence notre vessie prête à exploser, nous nous rappelons certaines choses que nous avons faites lors des interrogatoires de police ou des psychiatres, nous retournons vite, très vite à nos rituels, nos tocs, nous détestons les mots commençant par P dans les journaux que nous achetons tous les jours, nous mangeons du porc, nous allons voir la tante Naonnie tous les mercredis, nous téléphonons à Mam restée en Irlande alors que nous vivons à Londres maintenant..... Nous sommes fatigués, épuisés..... Nous... Un livre admirable, dérangeant, extraordinaire tant par la créativité et les risques formels que par le thème évoqué : la folie vue de l'intérieur. On suffoque à lire vite, sans interruption ces lignes cauchemardesques... (Je vous conseille la lecture à haute voix...) Et par ce procédé, l'auteure réussit le tour de force de nous faire comprendre, et non excuser, les actes d'un délinquant sexuel... Par petites touches, une répétition de mot, une phrase isolée, une mise en page soignée, nous comprenons l'origine du mal, ou plutôt les raisons de l'état de cet homme en souffrance et aussi dangereux pour les autres que pour lui-même. L'ombre de sa mère plane sur tout ce récit.... Nous, en position d'être spectateurs et acteurs, ne savons plus, sommes en apnée, en attente d'indices.... Ce livre est d'une audace dingue, sacrément gonflé... On pense quelques fois à Rain Man pour certains comportements obsessionnels de gestes, de tocs.... Mais ce n'est pas ce type de destin qui nous est conté. On mesure à quel point l'enfermement à l'intérieur de son propre esprit peut être un enfer.Cela nous permettra peut-être de regarder certains êtres égarés, perdus, oscillant dans nos rues, nos cliniques psychiatriques avec un peu plus d'humanité, d'empathie, de respect... Les « fous » font partie de notre société, sont générés aussi par elle. Volontairement l'auteur situe l'action dans les années 70, décrivant la prise en charge des malades mentaux insuffisante de cette époque. Des avancées ont été faites, certes, cependant nous régressons depuis quelques années quant aux traitements et conditions d'hospitalisation de ces malades, pour certains délinquants ou criminels... Alors il est vrai que ce thriller par son originalité quant à la forme, est réjouissant et quelques fois même drôle, mais j'ai le sentiment qu'il va bien plus loin que la simple narration de l'histoire d'un individu, Martin John... il débouche sur d'autres problématiques plus graves et d'actualité...Je ne peux en dire plus sans aller trop loin dans les révélations. Donc pour une fois, ne détournons pas le regard face à la folie des autres, le malheur n'est pas contagieux... il peut être évité... Quatrième de couverture Martin John est-il un authentique délinquant sexuel, un fou, un mystificateur ? Attaque-t-il vraiment des femmes dans la rue, dans le métro de Londres et dans les trains, ou se contente-t-il de rêver de le faire ? Nul ne le sait, et sans doute pas même sa mère qui le traite en permanence, et non sans rudesse, comme un irresponsable. Ce qui paraît néanmoins certain, c’est que toutes les organisations sociales – famille, employeurs, services de santé, police – semblent avoir échoué à protéger Martin John du monde et échoué à protéger le monde de lui. Mimétiques des aléas d’un cerveau dysfonctionnel, les pages du roman sont tantôt presque vides de mots, tantôt débordantes d’une parole torrentueuse. Des détails cruciaux dérivent, masqués et pourtant à portée de main pour qui veut reconstituer le puzzle. C’est ainsi qu’on apprend que Martin John souffre d’excentriques quoique inoffensives manies (un intérêt maladif pour l’Eurovision et les horaires de trains, une haine des mots commençant par la lettre p, une collectionnite aiguë portant sur les vieilles cassettes ou les journaux périmés), mais aussi qu’il est le pur produit d’une culture misogyne. Sertissant des choix narratifs et stylistiques radicaux dans l’empathie qu’elle éprouve pour ses personnages, Anakana Schofield livre ici un roman puissant servi par une écriture dont l’audace initie le lecteur “en temps réel” aux spectrales géographies de la perturbation mentale. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Vivre avec sans - Adagio maladie | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Vivre avec sans - Adagio maladie Anne Sultan des femmes Antoinette Fouque 12 octobre 2023 58 pages témoignage poétique Chronique 30 juillet 2024 Adagio : Un adagio est une indication de mouvement comprise entre le lento (lent) et l'andante (en marchant). Indication en début de la partition discordante sur laquelle Anne Sultan va devoir, pendant près de cinq ans, essayer de remettre sa tête, ses émotions, son corps en mouvement. Un ennemi s'est introduit dans sa vie, sous des dehors amicaux de fausse béquille, de remplaçant, de consolateur fourbe et destructeur : l'alcool. Comment vivre AVEC la pulsion de boire SANS alcool ? Comment se tenir encore debout, ne serait-ce que debout, sans sa dose ? Comment émerger peu à peu du brouillard, du coton étouffant ? Comment reformuler clairement sa pensée, ses envies, se repositionner face au monde, faire réentendre ses décisions et se réinscrire dans l'espace ? Oui, comment, lorsque l'on est recroquevillée à l'intérieur de soi, que tout nous parvient de très loin, que les phrases nous arrivent façon puzzle en désordre, que nous ne ressentons plus rien que le tangage interne de notre cœur passager d'un bateau ivre et lent ? Pas un brin de vent pour regonfler les voiles, pas une voix pour nous réveiller de ce cauchemar. C'est ce que l'on croit mais en réalité un entourage familial, médical, d'urgence est là, vigilant, prêt à intervenir sans juger, sans condamner. La mère est prête à tout pour relever sa fille à chaque rechute... Le chagrin est lourd encore, la petite fille pleure en l'adulte, ne lâchant pas prise. Mais peu à peu, elle sèche ses larmes, les phrases se restructurent, s'épanouissent. Le chemin s'ouvre à nouveau, les bras s'étirent, le sourire réapparaît, un pas de danse, puis un autre. Naissance à une autre vie enrichie d'une expérience du fond du gouffre puis de la remontée vers la lumière. Conséquence : ce texte singulier, incomparable, où Anne Sultan avec délicatesse, courage, sans aucune concession avec la vérité et elle-même, avec infiniment de pudeur, nous prend la main afin de nous faire toucher une certaine réalité, afin de nous aider à traverser le miroir des apparences. Nous sommes tous susceptibles de chuter soudain, de perdre l'équilibre, de danser à contretemps, décalés puis totalement arythmiques. Ce sont ces moments de suspension, de hors jeu, qui nous rendent plus humains, plus perméables aux autres, plus à même d'intervenir si quelqu'un chavire devant nous qui savons. Un récit poétique où les mots se bousculent, ou brillent par leur absence, hymne à l'empathie et l'acceptation de nos fragilités s'exprimant différemment d'un être à l'autre. Danse, Anne, danse AVEC ton corps, ton âme SANS peur ni honte. Quatrième de couverture Une femme face à l’alcool jusqu’à la guérison. Dans cette fiction poétique à la forme très originale, Anne Sultan, chorégraphe et danseuse, parle la maladie d’alcool jusqu’à sa rémission. Elle travaille la langue au plus près du corps et de la pensée. Langue du corps mais aussi corps de la langue, les mots se font chair pour saisir les moments de désespoir profond qui jalonnent la dépendance, la difficulté d’en sortir et l’immense courage qu’il faut pour l’affronter et en réchapper. Un texte d’une grande actualité sur un sujet rarement traité en littérature, celui de l’alcoolisme au féminin porté par une écriture poignante. Vivre avec sans – Adagio Maladie a été porté sur scène au théâtre mais également à la radio (France Culture, Création on Air, 11 janvier 2018). Ce texte a été sélectionné par le Comité de lecture des Écrivains Associés du Théâtre et par la Comédie de Caen, Centre Dramatique National. "Pieds nus sauf chaussons d’hôpital je déboule dans le parc voisin sans idée au départ et sans le sou non plus. Marcher. C’est ça que je voulais. Marcher libre dessanglée de tout. Ivre de vivre. Libre à l’air et plus rien plus que tout. Marcher sentir mon corps encore tout engourdi. Marcher simplement marcher là m’oublier au beau milieu des gens mais les gens me regardent. Ce beau jour de printemps attire aussi les gens. Et leurs regards avec. Ils regardent marcher cette femme en tenue d’hôpital et pieds nus sauf chaussons bleus plastiques. " A.S. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le notaire de Pradeloup | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le notaire de Pradeloup Jean-Paul Malaval De Borée Terre de Poche 13 octobre 2022 337 pages Roman Chronique 21 décembre 2022 La version grand format a été vendue à 14.000 exemplaires. Lecture du début de ce roman enregistrée en vidéo sur Eva Impressions littéraires et Eva Résonances littéraires : « Qui est pris qui croyait prendre. » « En Corrèze, au début des années 1960, l'imminence de la succession du notaire de village ouvre une véritable boîte de Pandore... » « La truculente histoire de Lazare Bazin, notaire rusé, au cœur des secrets et héritages de familles des villageois. Un personnage que vous adorerez détester ! Drôle et savoureux. » Entre juin 1963 et les années 1940, la vérité, toute la vérité sur la vie cachée d'un notable, le notaire craint, admiré et rusé de Galiane-sur-Sévère, le bien nommé Lazare Bazin. Rien ne va plus en ces journées étouffantes de 1963, Lazare se meurt. Grand ramdam de combat et de civilités hypocrites. Voilà l'hôtel particulier littéralement envahi par les pleureuses professionnelles, les grenouilles de bénitier, les langues de vipères. L'étude notariale est l'endroit où il faut être vu. Geneviève, la gouvernante, veille au grain, prend des libertés, reçoit ces dames en maîtresse de maison, jusqu'à l'arrivée du médecin, d'un autre notaire, des enfants Georges et Calixte, et d'une mystérieuse jeune fille. C'est qu'il en a des secrets le vieux filou, sa progéniture va être soufflée. Quelle est donc la vérité concernant cet homme resté une énigme pour son fils et sa fille, pour sa défunte épouse ? Un ancien collabo, un résistant, un salaud ou un juste ? Tout n'est pas aussi simple qu'il y paraît. Tous les protagonistes de ce récit vont devoir affronter et digérer des faits désagréables ou insoupçonnés. Le notaire en premier obligé, alors que son cœur fait des siennes, d'accepter de regarder la réalité en face. Texte vif, drôlissime, corrosif, réjouissant qui peut soudain nous bouleverser, jouer sur nos cordes sensibles, car tout n'est qu'apparence en ce monde de faux-semblants, sauf l'amour pour une femme, pour une petite fille. Qui est-il vraiment ce Lazare qui n'a fait que chausser les souliers de son notaire de père alors qu'il avait l'âme artistique ? L'heure des bilans est venue ? Méchamment réussi, un roman délectable ! Quatrième de couverture Notaire à Galiane-sur-Sévère, Lazare Bazin a été l'homme de tous les arrangements : falsificateur d'héritages, expert en fausses écritures, un brin usurier à ses heures... Bref, l'indispensable gardien des secrets de famille ! Mais qui est-il vraiment ? On le dit saint homme, serviteur zélé de la cause paysanne, amoureux de la terre et de ses traditions ancestrales. Il est temps de le découvrir : on attend sa mort d'un jour à l'autre, dans la crainte et le soulagement... Dans le vaste salon de la maison de Pradeloup, les visiteurs affluent. Au fil des heures, c'est toute la société villageoise qui se révèle avec ses grandeurs et ses bassesses. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Tu seras princesse de Tarragone | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tu seras princesse de Tarragone Brigite Piedfert Calmann-Lévy mai 2023 380 Historique Chronique 19 décembre 2023 « Jamais pays ne trouveront Ni terre ici-bas ne verront Où ils puissent vivre sans peur Ou sans efforts ou sans douleur. » Marie de France, Des lièvres è des raines Le roman s'attache à raconter la très courte et éphémère période au XIIe siècle pendant laquelle Robert Burdet, petit seigneur de Normandie, fit de la cité de Tarragone une principauté après l'avoir reprise aux Maures. Évidemment, des conditions ont été remplies avant de réussir ce tour de force : en premier lieu s'unir à une toute jeune fille, Sybille, héritière d'un baron anglo-normand déçu de n'avoir eu aucun fils et l'ayant éduquée comme un chevalier, puis rejoindre les troupes marchant sur l'Espagne afin de reprendre les régions sous contrôle des Maures. Une guerre sainte donc à laquelle se joignent également les familles et les suites des nobles combattants et toute une population souhaitant trouver une terre promise. Le mariage forcé auquel a été contrainte notre guerrière est un cauchemar sur le plan intime, la brutalité de l'époux étant égale à son ambition démesurée. Son obsession est de fonder une lignée, sa femme n'étant qu'un ventre dont sortiront ses fils. Mais surprise : Sybille semble incapable d'enfanter et n'est pas une pouliche obéissante. Elle est même, de par sa naissance et ses connaissances en art de combattre, un atout dont Robert compte bien profité jusqu'à ce qu'il n'en ai plus besoin. En effet, Agnès, la suivante venue avec la jeune épousée, est devenue sa maîtresse et lui donne tous les fils qu'il souhaite. Heureusement, Sybille peut compter sur son ami d'enfance Galtier, frère de la perfide Agnès. Cela sera-t-il suffisant ? Lorsque le Pape fait miroiter à Robert l'obtention du titre de prince de Tarragone, celui-ci et sa concubine fomentent un plan pour se débarrasser de notre héroïne dès que possible. Un roman historique mêlant l'épique à l'intime, attaché à nous brosser un tableau fidèle d'un épisode peu décrit de la reconquête de l'Espagne sur les Maures en mettant nos pas dans ceux d'une femme singulière au destin exceptionnel. Quatrième de couverture Normandie, terre de guerrières Vers 1115. Guillaume Capra, baron anglo-normand inconsolable de n’avoir pas eu un héritier mâle, a élevé sa fille Sibylle comme un chevalier. Celle-ci épouse Robert Burdet, petit seigneur de Normandie, et s’engage à ses côtés lorsqu’il part en Espagne pour participer à la croisade de Reconquête contre les Maures. Intrépide, avec la foi pour étendard, Sibylle est aux avant-postes. Elle entreprend même de former au combat les femmes des colons qui se sont joints à l’expédition. Mais Robert, bientôt élevé au rang de prince de Tarragone en récompense de ses exploits, cède au vertige de la gloire et de la richesse. N’ayant pour seul soutien que son fidèle Galtier, un orphelin, compagnon de son enfance, Sibylle va devoir lutter contre l’orgueil démesuré de son époux et les intrigues d’Agnès, sa concubine. Laquelle des deux femmes l’emportera ? La jeune guerrière ou la courtisane ? Car il ne peut y avoir deux princesses de Tarragone Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Rumeurs d'Amérique | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Rumeurs d'Amérique Alain Mabanckou Plon Août 2020 256 pages Autobiographie Chronique 26 octobre 2020 « Chacun a son Amérique à soi, Et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire Qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas. » Andy Warhol Rumeurs d'Amérique mais pas seulement... Rumeurs et réminiscences également de France et d'Afrique... Faussement léger et anecdotique, ce carnet de pensées, ce journal destiné à être dévoilé, édité, exprime au mieux ce que signifie être exilé, même consentant et dans des conditions optimales et de confort, dans un pays comme l'Amérique et particulièrement à Santa Monica et Los Angeles... Que signifie être un africain, ayant vécu préalablement en France, depuis quinze ans aux USA ? Quelles en sont les conséquences sur la vie quotidienne, sur la façon dont on se situe par rapport aux autres communautés et évidemment, vis-à-vis des Africains Américains comme les nomme l'écrivain Franco-Congolais, grand représentant des Sapeurs devant l'éternel. Élégance des tenues, de la pensée, du comportement, à ne pas se croire autoriser à juger de la politique étrangère d'un pays où il est invité à enseigner. Rappels à l'ordre ou à la conscience par ses " Frères" pour ce noir qui ne peut qu'entrevoir ce que signifie quotidiennement, depuis l'arrivée des premiers esclaves, être Afro-américain. Les us et coutumes des USA, leurs fêtes comme Halloween, leurs rapports décomplexés à la mort ne sont pas du goût de notre auteur, qui trimballe dans ses valises les contes, légendes, croyances de son enfance.... Certaines entrées de ce journal sont très légères, semblant inutiles, " triviales" dans une oeuvre littéraire... mais elles sont autant d'instants magiques, gratuits, joyeux, qui jalonnent nos vies, des respirations avant de revenir à l'essentiel, à la réflexion sérieuse. Magnifiquement écrit, j'ai lu ce texte doux amère apparemment facile, avec intérêt, plaisir... Et puis, soudain, les échos de l'épidémie du Covid nous rattrapent ... Interview : - Quels thèmes abordez-vous dans Rumeurs d’Amérique ? - Rumeurs d’Amérique est une sorte d’autobiographie américaine que j’ai écrite à travers ma vie aux États-Unis. C’est la première fois que j’ouvre les portes de mon Amérique à mon lectorat. J’essaye de regarder ce qui se passe autour de moi : les questions des inégalités, les questions politiques, les questions sociales. Cette comparaison est nécessaire parce que je suis un écrivain entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, j’ai souhaité que ce triangle puisse se refléter à travers mes œuvres. - Quel message souhaitez-vous transmettre à votre lectorat ? - Rumeurs d’Amérique est peut-être l’une des œuvres dans lesquelles j’essaye d’expliquer aujourd’hui que nous sommes plus que jamais liés dans le courant de la mobilité et que nous sommes définis par ce que nous englobons comme culture d’ici et d’ailleurs. Quatrième de couverture On n’enferme pas la littérature. La rentrée littéraire Plon 2020 s’affranchit de l’espace et du temps, pour dire le réel ou s’en échapper, parler de maintenant, d’ici et d’ailleurs, regarder hier et esquisser demain. Les auteurs à l’honneur cette année forment un ensemble éclectique, dont la cohérence naît d’une question que tous se posent : comment vivre dans un monde bancal, toujours au bord de la bascule ? Comment se construire dans un univers qui chancelle ? Chacun y va de sa vision et pose ses mots. « Ici, je me suis fondu dans la masse, j'ai tâté le pouls de ceux qui ont ma couleur, et de ceux qui sont différents de moi, avec lesquels je compose au quotidien. Certains lieux, de Californie et du Michigan, me soufflent leur histoire car je les connais intimement. D'autres me résistent, et il me faut quelquefois excaver longtemps pour voir enfin apparaître leur vrai visage. Mais ce périple n'a de sens que s'il est personnel, subjectif, entre la petite histoire et la grande, entre l'immense et le minuscule. Et peut-être même que, sans le savoir, j'entreprends ici ce que je pourrais qualifier d'autobiographie américaine, entre les rebondissements de l'insolite, la digression de l'anecdote et les mirages de l'imaginaire. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Lettres à Missy | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Lettres à Missy Colette Editions des Femmes Antoinette Fouque Bibliothèque des voix Mai 2019 Lu par Anouk Grinberg Roman Chronique 31 octobre 2019 Durée 1h11 ; morceaux de Satie, Fauré, Sibelius interprétés par Joëlle Guimier. Réalisation de Francesca Isidori. « Mon amour chéri, j'ai enfin reçu une lettre de vous, la première ! Je suis bien contente. Elle est bougon, elle est gentille et je la trouve délicieuse, puisque vous dites que votre odieux enfant vous manque ! Ma chérie, cela suffit pour me combler de joie, et j'en suis devenue rouge, toute seule, de plaisir, d'une sorte d'orgueil amoureux. Que ce mot ne vous choque pas mon pudique petit Missy, il n'y a vraiment que le mot amour qui puisse servir pour dire la complète, la complexe et exclusive tendresse que j'ai pour vous. » Lettre de Colette à Missy, Éditions Flammarion, 2009. J'ai écouté deux fois ce CD, afin de ne rater aucun détail, aucune inflexion de voix ou soupir. Car dans cette collection, comme l'écrit Antoinette Fouque, « la voix c'est l'Orient du texte. » Le timbre feutré, grainé, à la prononciation glissante comme en abandon, en lâcher prise psychologique et sentimental, et au débit changeant, suivant les humeurs en perpétuelle métamorphose de l'écrivaine, m'ont forcée à me concentrer plus encore. Pas de point d'accroche grâce à une accentuation des consonnes, non, c'est au sens des mots, au sous texte, que l'on doit s'attacher. Nous entrons ainsi, grâce à cette littérature épistolaire qui fut, d'abord et avant tout, des messages et témoignages d'amour véritable entre Colette, ici comédienne en tournée, parfois cheffe d'orchestre pour rire ou metteure en scène de circonstance, et Missy, aristocrate richissime qui transgresse, par son aspect et ses mœurs, tous les tabous de la société française corsetée, à peine sortie du XIX ème siècle et s'y attardant encore jusqu'à la guerre de 14-18. Pénétrer ainsi dans l'intimité de ces femmes, semble anecdotique, pourrait prêter à sourire... Et pourtant, sous la narration du quotidien, des futilités, des banalités, des mots d'amour échangés pareils à ceux de tout couple éthéro ou homosexuel, des fâcheries, des jalousies, tout le monde peut reconnaître sa propre histoire. Une banalité cependant magnifiée par l'écriture, le style, l'intelligence et l'esprit de Colette. Elle s'y présente comme une enfant parlant à sa mère, cette auto-infantilisation réelle ou jouée s'assure la protection de l'aimée. Elle choisit, comme avec Willy, une figure tutélaire, puissante, imposante. Elle peut ainsi rester ultra féminine tout en menant sa vie très « virilement » à l'égal de ces hommes qui ont tous les droits. Elle compte beaucoup aussi ses sous, parle beaucoup d'argent.... Ce qui m'attriste, c'est que plus de cent ans après, les lesbiennes sont toujours des cibles rêvées pour des homophobes dégénérés, et les femmes en général sont toujours en butte à une société patriarcale rétrograde et injuste. D'autre part, Colette grâce à son regard acéré sur ses contemporains et le monde qui l'entoure, apporte un témoignage précis sur les évènements petits ou grands lors de cette tournée épique en France jusqu'en Afrique du Nord. On croise Vincent d'Indy et d'autres célébrités dans leur quotidien, sans fards ni masques. Les décors sont plantés, chambres d'hôtel, loges, théâtres.... On s'y croirait. Elle nous régale d''anecdotes cocasses, elle se met en scène, quelques fois s'abandonne sous le regard amoureux de Missy. Par le truchement de l'exercice particulier de la rédaction d'une lettre à l'être aimé, Colette garde le contrôle tout en nous laissant deviner à son insu bien des incertitudes et peurs dans ses silences. Anouk Grimbert de par la qualité de son interprétation et sa signature vocale, apporte ce supplément d'âme à ces lettres plus que centenaires et les font redevenir contemporaines. Très belle mise en musique également, tout en nuances, harmonie et fluidité... Une réalisation soignée encore pour cette maison d'édition que je remercie pour sa confiance renouvelée. Quatrième de couverture « Au cours d'une soirée où se rend le Tout-Paris de la Belle Époque, en 2905. Colette rencontre la marquise de Morny, dite « Missy ». Celle-ci divorcée et à la tête d'une grande fortune, vit pleinement sa préférence sexuelle. Cheveux courts, pantalon, bottes et complets-vestons : son personnage inclassable dérange et effraie son époque. Un an plus tard, Colette divorce de Willy et va vivre avec Missy une intense histoire d'amour qui durera jusqu'en 1911. Après leur rupture, leurs lettres témoignent d'une indéfectible complicité. Cette relation est fondatrice dans la vie de Colette, dans sa construction personnelle autant que dans son œuvre littéraire. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La maison allemande | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maison allemande Annette Hess Actes Sud Octobre 2019 416 pages traduites par Stéphanie Lux Historique Chronique 24 novembre 2020 J'ai commencé ma lecture et n'ai pas pu m'arrêter. Ce texte complète le film « Le labyrinthe du silence » de 2014, axé sur l'équipe des procureurs depuis leur premières recherches en 1958 jusqu'aux condamnations de 1963 à Francfort, sauf celle de Mengele. Un film très classique, très factuel suivi, dans le coffret, d'un DVD de témoignages de survivants sidérants, bouleversants, sans recours à aucun pathos. « La maison allemande » nous permet donc de suivre le deuxième procès de 1963 à Francfort-sur-le-Main à partir d'un autre angle : le regard d'une jeune traductrice, Eva, que le hasard ou le destin va placer au centre de la tourmente. Ses parents sont restaurateurs dans un quartier populaire de la ville, elle a une sœur aînée, Annegret, infirmière auprès de nourrissons à l'hôpital, et un petit frère turbulent et craquant, sans oublier le teckel. Un tableau idyllique d'une famille normale qui pourtant est déjà en danger.... Les secrets des adultes de ce groupe vont être dévoilés malgré tous leurs efforts pour garder Eva dans l'ignorance. Celle-ci est mandatée par son agence pour remplacer en urgence un traducteur allemand-polonais auprès d'un procureur. Elle est assez mal reçue, surtout par un jeune homme, David Miller, assistant de nationalité canadienne, qui semble ne pas supporter les allemands. Plus habituée à manier le vocabulaire économique, la jeune femme peine à traduire la déclaration du témoin. Celle-ci est terrible bien qu'énigmatique pour Eva. Notre héroïne symbolise à elle seule la génération post guerre maintenue dans l'ignorance de ce qui s'est passé dans les camps de concentration entre autres Auschwitz-Birkenau. Cela m'avait profondément choquée au visionnage du film, je me demandais comment cela avait pu être possible. Mais c'est une réalité, leurs aînés, le gouvernement, ont tout fait pour mettre sous le tapis ce qui s'est déroulé depuis l'avènement de Hitler, les crimes commis au nom de la propagande nazie. Revenue chez elle, après cet épisode étrange et désagréable, elle retrouve sa famille et son fiancé, issu de la bourgeoisie, très collet monté, sévère, prude à outrance et taciturne dès que certains sujets sont abordés. Évidemment la presse s'empare de l'événement que représente le futur procès des criminels de guerre, hauts responsables ou employés au camps de concentration de Auschwitz. Eva est irrésistiblement attirée par les journaux, par ce qu'en disent les informations à la télévision... Mais un barrage se forme entre la jeune fille et ce procès, constitué de ses parents, sa sœur et son fiancé. Celui-ci se montre même très directif. C'est la goutte qui fait déborder le vase, Eva se propose comme interprète pour tout la durée du procès, profitant d'un problème administratif empêchant le traducteur polonais officiel d'arriver à temps. Eva se sent obligée de le faire, elle ne comprend pas pourquoi... Dès la lecture des actes d'accusation, encore dans le public, elle croit reconnaître sa voisine, elle se sent oppressée, en grand danger. Elle est horrifiée et révoltée par l'attitude des accusés. En fait, elle n'a pas le choix... Peu à peu, les témoignages des rescapés de cet enfer vont lever le voile sur des parties insoupçonnées d'elle-même. Aucun retour en arrière n'est envisageable. En parallèle, et c'est là l'intérêt de ce roman, nous suivons les autres protagonistes dans leur quotidien au restaurant, à l'hôpital, au siège de l'entreprise familiale pour le fiancé, et nous constatons des ravages que cette guerre, qu'il faut vite oublier, a fait dans la psyché de chacun. Nous mesurons les séquelles irréversibles, invisibles poussant certains à commettre des actes criminels. Et d'un roman historique déjà dense nous basculons dans un thriller où l'innocence est à nouveau en danger.... Qu'y a-t-il au bout de ce chemin ? Eva pourra-t-elle s'en relever ? Le silence et les mensonges n'étaient-ils pas préférables ? Qu'en est-il de la responsabilité de tout le peuple allemand ? Coupable, complice de l'horreur ? Et comment les juifs miraculeusement émigrés à l'étranger, dès les années 1930, réussissent-ils à vivre sachant ce qui s'est passé pour les leurs ? Comment chaque survivant peut-il se donner le droit de vivre, d'être heureux, lorsque tous les siens ont été massacrés devant ses yeux ? Un roman remarquable qui réussit à traiter avec empathie, justesse, délicatesse de tous ces sujets grâce aux choix judicieux de cette galerie de personnages divers tous rassemblés par ce procès de 1963. Incontournable ! Quatrième de couverture Best-seller dès sa parution, immédiatement traduit dans de nombreux pays, La Maison allemande nous fait éprouver le traumatisme et la révolte d'une génération qui a eu vingt ans dans les années soixante et s'est trouvée confrontée au refus de mémoire dans l'Allemagne de l'après-guerre. L'héroïne du roman, Eva, fille des propriétaires d'un modeste restaurant de Francfort-sur-le-Main, s'apprête à se lancer avec un jeune héritier de la ville quand débute le « second procès d'Auschwitz » (1963) où doivent être jugés les crimes des dignitaires nazis. Eva a suivi des études d'interprète, elle maîtrise la langue polonaise : le tribunal la contacte pour lui proposer d'assurer, durant les audiences, la traduction instantanée des dépositions que feront les survivants du camp. Ignorant tout de ce passé, bravant les vives réticences de ses propres parents et celles de son fiancé, Eva décide de suivre son instinct et d'accepter cette mission. S'ouvre alors devant elle le long chemin d'une prise de conscience qui engage sa famille, mais qui concerne également toute la société de son temps. Porté par un regard de cinéaste et mené tambour battant, ce roman captive par sa justesse, son efficacité, son empathie avec une jeune femme en pleine construction de son individualité, dans un pays où la reconnaissance du passé engage profondément l'avenir. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Arbre des souhaits | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Arbre des souhaits Agathe Dartigolles de Borée Le 14 août 2025 416 pages. roman Chronique 25 août 2025 Troisième tome de la trilogie paru dans la collection Terre de Poche comprenant par ailleurs " La Terre des secrets " et " La Vigne des mystères " " De grandes ambitions pour le domaine viticole, entre secrets du passé et énigmes du présent. " Une joie renouvelée pour ce dernier opus qui clôt la trilogie dont la rédaction a été entamée voici sept ans, un vrai plaisir de lecture et de retrouvaille avec des personnages attachants. Ainsi, voici l'histoire de 3 familles propriétaires de domaines viticoles voisins, les Millêtre, les Ducats, les Angélus, regroupées autour d'un cru rarissime issu d'une vigne d'exception découverte aux deuxième épisode, la Vigne des Mystères. La fortune et la réussite ne sont maintenant qu'une question de temps, de travail et de patience. Que de secrets cachés depuis des décennies ! Que de rebondissements nous avons déjà suivis ! Les mensonges et silences du passé ont bien failli détruire la vie des habitants du manoir où résident Capucine, son amoureux David et les deux sœurs jumelles nonagénaires, l'inénarrable Octavie, toujours aussi bougonne, et Léonie la douce. Augustin habite maintenant au Château de l'Ange avec Alicia et Pierrick Auménard, les nouveaux cousins. Tous sont aujourd'hui alliés et satisfaits mais le facétieux destin réserve encore une dernière épreuve à nos viticulteurs sous forme de lettres anonymes adressées à Capucine et d'un empoisonnement de nos amis dû à la dégustation d'une bouteille de 1950 de la célèbre Vigne. L'affaire est malheureusement ébruitée dans la presse à scandale, l'avenir s'assombrit soudain pour les jeunes gens. Sans la vente de ce grand cru, tout s'effondre. L'autrice reprend la formule gagnante de ses deux premiers romans consistant en une bascule entre hier et aujourd'hui. C'est parfaitement huilé et réussi. Décidément, garder des secrets quelque soit l'époque n'apporte que malheur. Tous sont pris dans la tourmente, proches de tout perdre pour une raison qu'ils ignorent. Qui envoie les lettres énigmatiques voire menaçantes à Capucine ? Pourquoi ? Qui a empoisonné la bouteille de 1950 ? Est-ce qu'enfin les protagonistes de cet ultime épisode vont pouvoir vivre en paix ? Une trilogie qui se referme joliment, très agréable à lire, dans le milieu attrayant de la production de vins. J'ai beaucoup apprécié ce roman aux allures de polar de terroir. Quatrième de couverture Alors qu'ils célèbrent la fin des travaux du château de l'Ange et qu'ils peuvent enfin se réunir après de nombreuses péripéties, Capucine, Augustin, David, Pierrick, Alicia et Simon dégustent une bouteille de leur prestigieuse « Vigne des Mystères ». Et pas n'importe laquelle... elle date de 1950, la première année de production ! Une petite fête qui aurait été tout à fait réussie si la bouteille n'avait pas été empoisonnée... Par qui ? Pour quelle raison ? Décidément, Saint-Pierre-des-Bois et ses habitants n'ont pas encore livré tous leurs secrets. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Diable parle toutes les langues | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Diable parle toutes les langues Jennifer Richard Albin Michel 6 janvier 2021 432 pages Historique Chronique 6 mars 2021 « Entassez les corps à Austerlitz et à Waterloo. Enterrez-les, et laissez-moi faire mon travail - je suis l'herbe ; je recouvre tout. Et entassez-les à Gettysburg. Et entassez-les à Ypres et à Verdun. Enterrez-les, et laissez-moi faire mon travail. Deux ans, dix ans, et les passagers demandent au chef de train : quel est cet endroit ? Où sommes-nous maintenant ?Je suis l'herbe. Laissez-moi faire mon travail. » Carl Sandburg (1878-1967), L'Herbe. Ce texte m'est revenu immédiatement en mémoire lors de ma lecture de ce roman biographique de Jennifer Richard. L'herbe repousse peut-être mais les cicatrices même cachées sont toujours là sous les apparences, les croûtes sont arrachées, le sang coule à nouveau ; la violence de la douleur, la fureur et la sidération devant un tel gâchis inutile, face à l'attitude pleine de morgue des initiateurs des guerres et de leurs sbires, marchands d'armes, banquiers, grands capitalistes devant Satan, n'attendent qu'une étincelle pour se raviver. Un vieil homme donne à lire à sa fille son journal dans lequel il revient sur les épisodes les plus significatifs de sa vie et, par là même, raconte le destin du monde qu'il a, en toute conscience et sans aucun remords, détruit et mis en péril. Ce criminel est Basil Zaharoff, personnage archétype du mal absolu. Suivre ce personnage s'apparente à suivre la trajectoire d'une balle, d'un missile, d'une bombe. Figure cachée mais incontournable, omnipotente de la seconde moitié du XIX ème siècle jusqu'à sa mort en 1936, c'est un être sans empathie réelle, dont les sentiments semblent être là résultante d'une projection purement intellectuelle, artificielle, esthétique, que ce soit pour sa belle fille, sa maîtresse puis épouse Pilar, ou ses chats dont il adopte les postures. Il n'a pas d'excuse, d'ailleurs il ne cherche nulle rédemption. Il dort mal tout de même, a des visions apocalyptiques mais ce n'est rien comparé à sa « réussite ».Il est d'une intelligence féroce, d'une acuité terrible, d'une justesse d'analyse sur certains de ses contemporains tout à fait terrifiante et désespérante. Je finis ce texte plombée comme passée devant un peloton d'exécution. L'auteure ne peut se permettre la douceur, la délicatesse, car il y a urgence.... Le malaise devient insupportable tant la pertinence du propos est confondante et tant les répercussions actuelles des décisions de cet homme et de ses partenaires sont dramatiquement vérifiables. J'ai une impression de fin inéluctable et de vertige face au gouffre creusé par ces criminels de guerres de territoires ou économiques. Je suis sidérée et tout à fait consciente en même temps. Comment peut-on semer ainsi le chaos ? Pour l'illusion du pouvoir, pour se venger d'être incapable de trouver le bonheur, parce que, en définitive, on n'est qu'un lâche qui envoie les autres au casse-pipe sans avoir le courage d'être confronté à la vraie vie ? Tout cela pour finir comme tout le monde au fond d'un trou ! Minable ! Un homme seul malgré tout son argent, qui tente jusqu'au dernier moment d'entraîner avec lui dans cette chute le seul être bon, encore à ses côtés, en lui enlevant toute illusion et espoir en l'humanité... Et puis... cette lettre d'une mère irlandaise qui dit tout, qui nous flingue en plein milieu du récit... Suivre Jennifer Richard demande au lecteur d'être à la hauteur de sa bravoure et de son intransigeance. Elle ne fait aucune concession, s'attaquant à toutes les faces de la montagne à gravir, du sujet à traiter, essayant de comprendre l'origine du mal, comment il a pu à ce point coloniser notre monde et empoisonner notre quotidien tout en mettant notre future en grand danger. Peut-être qu'en choisissant de tels sujets, en passant le témoin de la connaissance, comme dans son roman précédent, espère-t-elle voir naître le sursaut d'une conscience collective face au péril. Dédier ce texte difficile et courageux, remarquablement écrit et terriblement beau, aux gilets jaunes, à Julien Assange, entre autres, prend dramatiquement tout son sens.Les vies humaines ne sont pour certains que des statistiques, des chiffres désincarnés. Les guerres ne sont pas faites pour défendre des idéaux mais bien pour enrichir le Capital. Qu'allons-nous faire maintenant ? Offrir nos poitrines encore et toujours aux balles, nous sacrifier, nous suicider ? Le diable peut-il encore nous narguer ainsi ? N'y a-t-il rien à faire, vraiment ? C'est ce que tous les Basil Zaharoff d'hier et d'aujourd'hui voudraient nous faire croire... À nous de les faire mentir ; Jennifer Richard apporte par ses romans sa pierre à cet édifice commun : refaire passer la lumière à travers les ténèbres. « Sir Basil Zaharoff, Le plus grand marchand de mort des temps modernes. » Romain Gary Finaliste Grand Prix RTL-Lire Quatrième de couverture Magnat de la presse, de la finance et du pétrole, ami et complice de tous les chefs d'Etat, mais également mécène de toutes les causes, son influence sur le monde a été aussi néfaste qu'invisible. De la boue des tranchées aux hôtels de luxe à Monaco, de la répression des grèves à l'assassinat de Jaurès, de Cuba à la Namibie en passant par les Balkans, il a profité de tous les conflits armés et sociaux. Jusqu'à son dernier souffle, il a manoeuvré sans éthique et sans remords pour nourrir la guerre. Basil Zaharoff, éminence grise des grandes puissances, légendaire marchand d'armes du XXe siècle, est ce diable qui parle toutes les langues. Jennifer Richard, l'auteure remarquée de Il est à toi, ce beau pays, donne voix pour la première fois à ce personnage dont elle fait le symbole glaçant et fascinant d'un siècle meurtrier. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Une femme dans la guerre 1970-2016 | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une femme dans la guerre 1970-2016 Christine Spengler Editions des Femmes Antoinette Fouque 31 août 2023 1 h 32 Autobiographie Chronique 20 septembre 2023 Enregistrement sous les directions éditoriale de Carmen Fernández et artistique de Francesca Isidori : Le coffret comprend un livre audio + un livret de 32 pages en couleur. « Le témoignage d'une des plus grandes photoreporters de guerre.» Mon conseil : écouter ces textes en regardant attentivement chaque photographie du livret.Cette voix, ce timbre et ce débit particuliers, nous donnent l'impression réelle que Christine Spengler est assise à côté de nous et raconte l'impensable, l'extraordinaire, le profondément humain, l'intime émergeant de l'Histoire. J'ai été particulièrement touchée, concernée par ces fragments de vie offerts ainsi par le biais de cet enregistrement précieux et singulier. Un destin hors du commun pour une spectatrice et actrice du monde, pour une combattante dont l'arme est son appareil photo brandi avec courage, panache, acuité, contre toutes les barbaries, les atrocités, les injustices ...De moments tragiques à pleurer surgit pourtant une poésie ineffable, un sourire triste mais aussi un sentiment de victoire sur le Mal, de revanche. Une mission accomplie pleinement : celle de donner un visage aux invisibles, aux êtres emportés dans la tourmente. L'omniprésence tutélaire également du frère aimé, disparu trop vite, nous brise le cœur. Le premier cliché donne le ton : deux combattants toubous, de dos, se donnant la main dans la palmeraie de Bardaï en partance vers une mort certaine ; geste de tendresse entre hommes immortalisé par la toute jeune femme qu'est alors Christine Spengler, au Tchad. Cette image aura valeur de révélation. Une vocation naît à cet instant éphémère et cependant éternel. Tchad en 1970, Irlande en 1972 et 1987, Viêtnam en 1973, le Sahara occidental de 1976 à 1981, l'Iran en 1979, le San Salvador et le Nicaragua en 1981, Beyrouth en 1982 et 1994, l'Irak en 2003....Enfin la jungle de Calais en 2016 où des peuples se retrouvent naufragés en enfer, où des colombes blanches tentent de s'envoler sur la toile d'une tente, œuvre d'un jeune migrant afghan : « Malgré sa détresse il a encore le courage de survivre. » La bravoure et les rires de tous ces hommes, femmes et enfants transparaissent dans chaque cliché de Christine Spengler. Et puis... un autoportrait comme un .... pied de nez. Rions, profitons et restons en vie : là est la victoire face à l'oppresseur, le dictateur, le criminel. Et aussi un habillage musical de toute beauté.Sublime. Gratitude. Quatrième de couverture Grand reporter de guerre, ayant eu à cœur de témoigner de ce qu’elle estimait être des « causes justes », Christine Spengler a pendant vingt-cinq ans parcouru un monde déchiré par des conflits. La photographe se sent en communion avec le deuil et la douleur du monde, surtout après le suicide de son frère Éric, auquel elle était profondément liée depuis l’enfance, et porte un regard sensible et particulier, celui d’une femme qui, au plus profond du drame, voit la vie continuer malgré tout. Dans cette réédition augmentée de l’ouvrage paru chez Ramsay, Christine Spengler raconte comment une rencontre va transformer son regard sur le monde. C’est alors le temps du retour dans des pays en paix où la guerre a laissé des traces, mais la vie recommence... en même temps que continuent les voyages dans de nouveaux lieux déchirés par les conflits. Une femme dans la guerre de Christine Spengler est devenu un film : Moonface, una mujer en la guerra de Xavi Herrero et Lucia Ortin Boetti. Sa première diffusion est prévue en janvier 2019 au festival Ibiza cinefest à Ibiza. Voir la bande annonce. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















