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  • La petite communiste qui ne souriait jamais | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La petite communiste qui ne souriait jamais Lola Lafon Actes Sud 2014 272 pages Historique Chronique 8 décembre 2017 Prix de la Closerie des Lilas 2014, le Prix Ouest-France Étonnants-Voyageurs 2014, le Grand prix de l'héroïne Madame Figaro 2014, le Prix Jules Rimet, le Prix Version Fémina-FNAC, le Prix du Café littéraire de Sainte-Cécile-les-Vignes (PRIX CALIBO) 2014 ainsi que trois prix des lecteurs dans divers salons du livre. Deux chocs pour commencer : celui de l'écriture de Lola Lafon comme pour son tout dernier opus lu le mois dernier. « On convoque les éléments : nage-t-elle dans un océan d'air et de silence ? On repousse le sport, trop brutal, presque vulgaire en comparaison de ce qui a lieu, on rature, on recommence : elle ne sculpte pas l'espace, elle est l'espace, elle ne transmet pas l'émotion, elle est l'émotion. Elle apparaît - un ange -, remarquez ce halo tout autour, une vapeur de flashs hystériques, elle s'élève au-dessus des lois, des règles et des certitudes, une machine poétique sublime qui détraque tout. » Tout est là, cet instant miracle où la grâce et la puissance de Nadia Comaneci se révèle au monde entier en cet été 1976, où la grâce aussi et la force de la romancière explosent également à nos yeux. Le deuxième coup au sternum est évidemment la description de cette première notation de la gymnaste alien, la machine Longines qui se détraque, hors norme, 10 ! Elle a obtenu 10 ! Électricité le long de l'échine et des bras me faisant croire que j'ai peut-être attrapé froid ! Mais non ! C'est bien la description de ce moment unique après une prestation parfaite, irréelle, qui me fait frissonner. Pour tous ceux qui cherchent le geste parfait, l'excellence dans leur discipline, ce premier chapitre est inspirant, redonne l'envie de vivre à nouveau un tel moment. Ensuite tout le livre se déroulant chronologiquement, intercalant les mots de l'auteure et ceux de Nadia C. soit au téléphone soit par écrit, retrace toutes les années Ceaucescu, vu par les occidentaux mais aussi par Nadia enfant du communisme et Nadia adulte. Que pouvait-elle faire ou penser ? Une enfant sans sourire, une enfant seule, et sa mère insiste sur ce point. Une fillette qui dès trois ans voulait tout accomplir seule. Communisme ou non, embrigadement et lavage de cerveau de la gamine, certes, mais au dessus de tout, sa volonté farouche d'être unique, de vaincre. La bonne rencontre avec son entraîneur Béla et sa femme Marta, un engagement total de cet être asexué pour dominer et contrôler chaque parcelle de son corps et de son esprit. Qui peut comprendre ? Quant à la vérité, la sacro sainte vérité, elle est multiple, ne nous leurrons pas, et c'est là où le bât blesse certainement pour cette femme, la perte de contrôle, plusieurs interprétations des faits. Elle en rajoute aussi, brouille les pistes, entretient peut-être ainsi sa légende. Et puis alors ? Il reste les moments d'éternité qu'elle a offerts au monde, cela est indiscutable. Et un coup de pied à la lune à défaut de l'envoyer dans la fourmilière. Je salue également dans ce livre, et ce fut extrêmement violent et dur à découvrir, tous les passages de descriptions historiques que ce soit en occident, tellement irrespectueux et prétentieux, ou en Roumanie. Les exactions, les lois et règles, les polices même pour vérifier l'intimité des femmes devenues des génitrices en puissance à la gloire du pays, proprement insupportables. Mais Lola Lafon réussit à raconter l'indicible, l'innommable. La puberté, le passage vers la féminité, une maladie insupportable tant pour le pouvoir en place qui perd sa poupée, que pour le monde olympique. À gerber, les articles de la presse internationale. L'ange sacrifié sur l'autel de quoi en fait ? De la perception malsaine des adultes sur les enfants, des années où Jodie Foster et Brooke Shield interprètent des gamines prostituées ! Puissant et sans concession donc, comme son héroïne, ce roman vous laisse avec un certain mal au cœur, dégoût et inquiétude mêlés. Mais aussi un respect pour la finesse d'analyse sur ce qui s'est déroulé. Je ne me souviens pas de cet été 76, pas la télé et pas en Europe à l'époque, en revanche l'épisode de 1980 et de la juge roumaine qui refuse de donner les résultats truqués par les russes, et le regard de Nadia à ce moment de trahison inimaginable, oui je m'en souviens parfaitement. Grand livre ! Quatrième de couverture Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ? Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le roman acrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “Dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le combat de l'ombre | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le combat de l'ombre Walter Lucius JC.Lattès / Le Masque 2017 412 pages traduites par Yvonne Pétrequin et Brigitte Zwerver-Berret Thriller Chronique 28 décembre 2018 Deuxième tome de la trilogie comprenant déjà « Un papillon dans la tempête » paru en 2016, couronné dès sa sortie du prix prestigieux Schaduwprijs (prix du meilleur roman policier aux Pays-Bas). Walter Lucius est également scénariste, producteur et réalisateur, ce qui explique l'angle de vue particulier par lequel il décide de regarder une scène, le caractère très cinématographique de sa construction chorale, la minutie avec laquelle cette histoire a été imaginée dans les moindres détails. Un travail d'orfèvre donc pour un chef d'œuvre de thriller d'action dans les arcanes des pouvoirs politiques et économiques en quatre lieux différents de la planète : Amsterdam, Moscou, Djakarta, Johannesburg. De la haute voltige maîtrisée, un sujet mené à son terme de main de maître, un dépaysement garanti dans une course effrénée et épuisante contre le temps, contre l'omnipotence de certains oligarques, sûrs que le monde leur appartient et que les humains ne sont que des insectes insignifiants. Sous prétexte donc d'obtenir toujours plus de pouvoir, de puissance, d'argent, ici dans le domaine du nucléaire et de l'énergie, ils sont prêts à sacrifier des vies, à mettre en place des gouvernements à leurs bottes, malgré les dangers de pollution évidents, tout en obéissant, dans une certaine mesure, à un dictateur en particulier, dans cette fiction celui de Russie. Évidemment ce récit est un brûlot dénonçant assez clairement les exactions sur le plan mondial de grandes compagnies bien connues de tous avec la complicité de politiques un peu partout sur la planète. Cela donne le vertige au final car malheureusement ce roman est encore en dessous de la vérité. Je souligne une scène étonnante de révolte populaire dans Djakarta où les citoyens pour défendre la démocratie se parent de blanc lors d'une manifestation pacifique où les forces de l'ordre, bien qu'ayant un arsenal de gaz lacrymogènes et d'armes à disposition, refusent de tirer et s'allient à la foule, troublant ! Et j'insiste sur la qualité de la description psychologique des différents héros de ce récit, Paul, Edward, Anya, Farah, journalistes, et des policiers aux Pays-Bas, Radjen et Esther. La fin promet une suite sur les chapeaux de roues ... À guetter... Quatrième de couverture La nuit où la journaliste Farah Hafez a vu le petit garçon arriver aux urgences sur un brancard, aussitôt elle l'a su : il était bacha bazi, un " garçon-jouet", livré à de riches Afghans selon une coutume de son pays natal. En menant l'enquête sur les responsables de ce crime atroce, Farah découvre l'existence d'un lien obscur entre le ministre des Affaires économiques néerlandais et le puissant fondateur de l'entreprise énergétique russe, AtlasNet. Avec le soutien de son patron, Farah lance alors une opération clandestine et part sur les traces de ce dernier en Russie. Mais l'oligarque est dangereusement informé, et Farah est obligée de s'enfuir jusqu'en Indonésie pour tenter de mettre ses pratiques criminelles en lumière. De Moscou à Djakarta, en passant par Amsterdam, le combat de l'ombre, du terrorisme et de la corruption ne fait que commencer.... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Te souviendras-tu de demain ? | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Te souviendras-tu de demain ? Zygmunt Miloszewski Fleuve Septembre 2019 552 pages traduites par Kamil Barbarski. Thriller Chronique 3 octobre 2020 « Aucun homme n'est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l'ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l'Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j'appartiens au genre humain ; aussi n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c'est pour toi qu'il sonne. » John Donne Zygmunt Miloszweski est un de mes auteurs préférés pour son originalité, son humour et son autodérision, son style littéraire parfaitement rendu par la traduction de son comparse Kamil Barbarski, son intelligence, ses prises de risques bluffantes, son regard acéré mais jamais désabusé ... Mais aussi parce qu'il est évident que même s'il décrit et critique la Pologne et Varsovie dans chacun de ses ouvrages, c'est par amour et désir de participer à son niveau à l'évolution de son pays, sa ville, vers un futur enfin plus radieux, débarrassé de tous les oripeaux du passé. On se pose tous la question à un moment : notre parcours aurait-il pu être différent si on avait pris d'autres décisions, emprunté d'autres chemins, bifurqué un peu plus tôt...? Avons- nous réussi notre existence, avons nous des regrets ou des remords ? Avons-nous véritablement notre libre arbitre ? Et en général, nous nous posons ce genre de questions lorsque nous regardons la vie des autres en miroir de la nôtre. C'est d'ailleurs une technique utilisée en séance d'analyse psychanalytique de groupe. Mettre des individus par paire, l'alpha et l'oméga d'un même cas particulier. Une fille face à la mère de quelqu'un d'autre par exemple... Généralement cela permet de mettre notre vision des choses en perspective... Zygmunt Miloszweski se met, tel son personnage Ludwik psy, au chevet de la Pologne et en focus de Varsovie. Nous connaissons l'histoire dramatique de ce pays et sa situation économique, sociale, politique actuelle. Alors, rembobinons le film jusque dans les années 60... Et si les évènements ne s'étaient pas déroulé exactement de la même façon que la version que nous connaissons.... ? Ce livre peut se résumer par « Et Si ? » Après une trilogie policière mettant en scène le procureur Szacki, personnage Ô combien détestable, après avoir écrit un grand roman d'aventures drôlissime sur un sujet grave tel le vol des œuvres d'art par les nazis, cette fois cet auteur intrépide si talentueux réussi à nous emporter dans un récit de science fiction incroyable et périlleux. Et là encore, en nous faisant rire, réfléchir, en nous divertissant tout en nous piégeant dans un scénario prodigieusement bien mené, Zygmunt Miloszweski fait mouche. J'ajoute que cet opus est aussi un immense roman d'amour à travers le temps d'un couple, Grazyna et Ludwik, et une touchante déclaration de passion de l'écrivain pour son pays. L'engagement artistique de l'auteur est complet se doublant forcément d'un engagement politique, d'une réflexion profonde sur l'avenir de la Pologne. Le constat social, économique, moral de ce pays peut paraître inquiétant. S'en désintéresser, s'en détourner serait une erreur car nul homme n'est une île, nul pays n'est indépendant. Nous sommes tous liés les uns aux autres. Se retourner sur l'Histoire de la Pologne et de ses voisins depuis la seconde guerre mondiale, sur la responsabilité des uns et des autres, par le biais d'un récit de science fiction le tout avec humour, légèreté, intelligence n'est pas donné à tout le monde... Ce roman est une réussite complète ! Gratitude à Zygmunt Miloszweski et Kamil Barbarski pour cet ouvrage très différent, dans la forme, des précédents, mais qui en complète le propos... La Pologne, son passé et son futur. PS : un détail qui n'en est pas un, lorsque nous suivons Grazyna le « je » est utilisé... Quatrième de couverture « On plonge dans ce roman pour en ressortir ému, émerveillé et choqué. Un sacré coup de maître ! » Maëliss Le Goallec, Le Hall du Livre, Nancy « Une dystopie pétillante d'intelligence sur le couple et les bégaiements de l'histoire. » Daniel Snevajs, Payot Neuchâtel Ludwik et Grazyna ont à nouveau trente ans. Après une rencontre dévorante, plus rien ne peut les séparer. Ou presque. Car les jeunes amoureux ont également l'expérience d'une vie commune longue d'un demi-siècle. Jusqu'à hier, ils vivaient en 2013 et approchaient les quatre-vingts ans. Or, pour des raisons obscures, le lendemain du 50e anniversaire de leur rencontre, le couple se réveille en 1963, jeune et beau, avec en prime les souvenirs de leur passé. Cependant la Pologne dans laquelle ils se trouvent n'est plus celle qu'ils ont connue. La Seconde Guerre mondiale est certes passée par là, mais leur patrie a désormais entamé une union de force... avec la France ! Bien décidés à ne pas tomber dans la routine et commettre les mêmes erreurs, Ludwik et Grazyna s'ouvrent à des aventures nouvelles. Mais leur amour résistera-t-il à cette seconde vie ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • SNJÖR | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires SNJÖR Ragnar Jonasson La Martinière 12 mai 2016 360 pages traduites par Philippe Reilly Polar Chronique 19 avril 2017 Titre original Snjoblinda (Tempête de neige?). Premier livre de cet auteur pour moi, très réussi, un peu lent à se mettre en place, il faut préciser que la 4ème de couverture en dit trop. Donc évitez de la lire, c'est mieux pour apprécier le rythme volontairement ralenti, collé à celui de la ville de Siglufjördur, la plus au nord de l'Islande, port de pêche proche du cercle arctique. Avec le froid, la neige qui tombe en permanence et bientôt un blizzard les habitants doivent accomplir des efforts permanents pour vivre normalement. Le héros Ari Thor âgé de 25 ans tout juste sorti de l'école de police après des études avortées de théologie, reçoit sa première affectation dans cet endroit du bout du monde. Il vit à Reikjavik avec sa fiancée Kristin. Celle-ci prend très mal cette nouvelle et Ari part seul. Nous sommes au printemps 2008, la grande crise bancaire, un crash financier emporte tout sur son passage tel une tempête gigantesque qui va détruire bien des vies. Ce déménagement vers le nord n'est donc pas une catastrophe pour Ari car cette région semble préservée par ce qui se passe dans le sud de l'Islande. Le seul accès à la ville est un tunnel creusé dans la montagne, nulle autre issue. Ari se demande vraiment où il est tombé : cette nuit permanente, ce froid, ces intempéries provoquent chez lui de très grosses crises d'angoisse et de claustrophobie. Alors il se plonge dans le travail qui dans un premier temps est très routinier ; il est vite conscient que dans une si petite cité les ragots vont vite, qu'il est épié par tout le monde et est rebaptisé le Révérend. Ses relations à distance avec Kristin sont de plus en plus difficiles, et nous en sommes à peu près à une centaine de pages quand le corps d'un écrivain célèbre Hrolfur Kristjansson auteur du best seller Au nord des collines, Président de l'Association locale d'Art Dramatique est retrouvé au bas d'un escalier après la pause déjeuner de la troupe en pleine répétition de la nouvelle création qui doit bientôt se jouer au théâtre municipal. Accident ou meurtre ? La fausse quiétude de cette micro-société va voler en éclats, tous ont quelque chose à cacher, que ce soit le metteur en scène Ulfur, l'auteur de la pièce Palmi, le décorateur Leifur , les comédiens Karl, Anna, Ugla , ou l'ouvreuse du théâtre Nina. Ainsi l'histoire commence vraiment, Ari Thor sous le commandement de Tomas et avec son collègue Hlynur vont mener l'enquête. Bientôt l'épouse de Karl, Linda est retrouvée couchée dans la neige torse nu, ensanglantée dans leur jardin, en hypothermie. Et comble de malchance, ce qui va augmenter le sentiment d'oppression de Ari Thor, une avalanche va empêcher tout passage par le tunnel, le blizzard va se renforcer. Tous les habitants sont piégés dans un « Huis Clos » et certainement avec un tueur parmi eux. Pour augmenter l'ambiance anxiogène, le récit lui- même est entrecoupé de chapitres où la prise d'otage à main armée d'une femme dans sa maison est décrite dans les moindres détails sans que l'on sache quand et où cela se déroule. Très bon thriller, même excellent Cluedo, pas vraiment une publicité pour le nord de l'Islande et ces conditions de vie difficiles entre la météo et l'obscurité permanente. Sacré meilleur roman policier de 2015 par The independant, il est édité par La Martinière et compte 348 pages. Très belle police de caractère de bonne taille. D'où une lecture très fluide. Quatrième de couverture Siglufjördur, ville perdue au nord de l'Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l'école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Mais voilà qu'un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d'une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige. Pour résoudre l'enquête, Ari Thór devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l'apparence si tranquille... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Jules Verne et le Gentilhomme cambrioleur | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Jules Verne et le Gentilhomme cambrioleur Céline Ghys Mon Poche Le 7 mai 2026 368 pages polar historique Chronique 18 mai 2026 Suite de Jules Verne contre Nemo que j'avais beaucoup aimé à sa sortie. UN HOMMAGE À L'UN DES PLUS GRANDS NOMS DU ROMAN POLICIER DU XXe SIÈCLE. JULES VERNE COMME VOUS NE L'AVEZ JAMAIS LU ! QUAND DEUX MYTHES SE RENCONTRENT... Deuxième opus répondant à toutes nos attentes après une lecture enthousiaste du premier épisode des enquêtes de "Jules Verne contre Nemo". Cette fois-ci, notre Jules national se trouve confronté à un voleur digne de Robin des Bois volant au plus riches des trésors bien mal acquis pour les redistribuer aux pauvres gens. Il le fait avec panache, humour, laissant un mot à chaque fois, expert dans l'art du travestissement et maître de l'illusion. L'élégance et l'intelligence d'un personnage de littérature populaire bien aimé des Français... vous m'avez comprise. L'autrice nous a concocté un scénario à rebondissements réjouissant, aussi rapide que peut l'être le Gentilhomme cambrioleur lorsqu'il disparaît soudain pour échapper à la police. Un nouveau commissaire a pris ses fonctions, appliquant des méthodes brutales et expéditives autant avec les prévenus que les hommes sous ses ordres. Il se nomme Gamardin et sa trogne présage bien de son caractère ombrageux et méprisant. La rencontre entre Jules Verne, la célébrité d'Amiens, éduqué et brillant, et cet énergumène, ne pouvait que mal se passer d'autant plus que le policier l'accusera de vol et bientôt de crime. Car en effet, les exploits du Gentilhomme défraient les chroniques du journal le Progrès de la Somme, le cambrioleur laissant des messages moqueurs à l'adresse du commissaire ! Du pain béni pour la presse. Cependant, tout cela n'est pas bien grave face au meurtre soudain et violent de Louis Dubrion, le patron de la Caisse d'épargne. L'homme a fait fortune bien malhonnêtement ruinant la vie de centaines de malheureux. Vengeance ou crime crapuleux ? Est-ce à dire que le voleur puisse aussi être un tueur ? Gamardin évidemment saute sur cette explication, suivi par la très belle épouse italienne de la victime, sa cadette de plusieurs décennies, Josefa Dubrion, tout feu tout flamme. Mais pour Lucien Carambel, journaliste tout juste arrivé en ville qui bientôt logera chez le couple Honorine et Jules Verne, ainsi que pour un jeune inspecteur, Maurice Perrin, doutant de la perspicacité du commissaire aux méthodes expéditives, cela ne tient pas. Ce trio d'enquêteurs va donc investiguer en parallèle des forces de l'ordre officielles d'autant plus que le Gentilhomme ne cesse de clamer son innocence et propose bientôt à Jules Verne, par billets déposés dans le jardin de ce dernier, de s'allier afin de retrouver le vrai meurtrier. Voilà , vous n'êtes qu'au début des aventures rocambolesques de tout ce petit monde... Ce fut un plaisir de retrouver Jules, Honorine, leur entourage, l'ambiance si particulière de cette ville de province en cette fin du XIXe siècle, la saveur des dialogues usant souvent d'un patois des plus amusants, l'effervescence de cette course poursuite dans toute la cité dans des lieux bien connus des amiénois... Évidemment, l'autrice, tout en déroulant un scénario retors et bien ficelé, partage avec nous sa passion des grands auteurs qu'elle affectionne, (que vous reconnaîtrez bien sûr), et de l'Histoire en cette fin de siècle alors que la société se métamorphose. C'est brillant, réjouissant, on s'instruit tout en frémissant et en souriant. Parfaite lecture au remarquable style littéraire pour le long weekend qui se profile ou pour se distraire avec esprit. Merci à l'autrice pour ces heures délicieuses et haletantes ! Quatrième de couverture Amiens, 1883. Une série de vols rocambolesques divertit la presse et les lecteurs. Un mystérieux « Gentilhomme cambrioleur » dépouille de leurs fortunes les notables les plus en vue. Mais lorsqu’un crime abject lui est attribué, les habitants et les autorités sont en émoi. Accusé par la police d’être le coupable, Jules Verne n’aura d’autre choix que de poursuivre cet individu pour laver son honneur. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La face Nord du cœur | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La face Nord du cœur Dolorès Redondo Gallimard Série Noire 28 janvier 2021 688 pages traduites par Anne Plantagenet Thriller Chronique 25 février 2022 « Bien qu'inspiré en partie de faits historiques, ce roman est composé de personnages, de lieux et d'événements fictifs. » « Ce livre fait partie d'un cycle de romans inspirés par le Nord. Dans certains Amaia Salazar est l'héroïne principale ; dans d'autres, les personnages et les intrigues s'entrelacent, créant un univers commun dont le Nord n'est pas toujours un point cardinal, mais le fil conducteur. Car le lieu le plus désolé du monde est la face nord du cœur humain. » Dolorès Redondo est pour moi l'une des autrices de thrillers les plus singulières et essentielles à la littérature noire contemporaine. l'Espagne nous offre décidément de magnifiques écrivains ( Carlos Ruiz Zafón, Aro Sáinz de la Maza...), dont les textes sont toujours empreints d'une profondeur et d'une âme particulières, n'hésitant pas à affronter les ténèbres, à ressusciter les légendes et croyances millénaires, à jouer avec les codes du polar, du fantastique, du conte désenchanté.Le sentiment d'être un rescapé du pire imprègne ces récits, les bonheurs sont fugaces mais réels, cernés par une vérité terrifiante. La trilogie de Batzán répond à ces critères, nous plongeant dans une région à la frontière française, en pays basque, où les voix des sorcières chuchotent encore à l'oreille des habitants ; les feux de l'Inquisition n'ont pas été suffisants à les faire taire. Magie noire, superstitions, présence de groupes sectaires, convictions que les ombres guettent toujours leurs proies... nous entrons dans une zone où les époques s'entremêlent, où tout est un éternel recommencement.... Les âmes damnées se lèvent et tournent en une danse infernale autour de leurs cibles désignées, les enfants en particulier doués de prescience, d'intuition.Le Mal est partout jusqu'à l'autre bout du monde jusque dans les bayous de Louisiane, Terre de mystère, de Vaudou, où réalité pragmatique et surnaturel se côtoient et s'emmêlent. Amaia Salazar, fille de Batzán, des terres ténébreuses et sauvages, est devenue enquêtrice à Pampelune après une enfance et une jeunesse terrifiantes et avoir été arrachée in extremis des mains du démon. Elle est, dans le cadre d'échanges entre Europol et le Bureau Fédéral d'Investigation en stage au FBI ; elle espère enfin rencontrer l'agent Dupree, une pointure, venu donner une conférence. Celui-ci semble s'adresser particulièrement à Amaia pendant son intervention.... La jeune femme comprend assez vite qu'elle a été choisie pour intégrer une équipe formée pour traquer un serial killer qui s'attaque, après des catastrophes naturelles, à des familles entières présentant les mêmes caractéristiques. L'ouragan Katrina est annoncé. Nous sommes en 2005 et le châtiment de Dieu semble vouloir s'abattre encore sur la Terre et sur la Nouvelle- Orleans en particulier. À moins que ce ne soit le châtiment asséné par le Diable lui-même réincarné en ce tueur qui, sur chaque scène de crimes, laisse un violon. De son terrible passé, Amaia comme Dupree semble avoir gardé la capacité de pressentir les prochaines actions du criminel, de comprendre sa logique. Leur instinct ainsi que leur formation d'enquêteurs spécialistes des crimes violents seront essentiels à la traque du monstre, rebaptisé par l'espagnole, le Compositeur. Mais les évènements traumatisants du passé remontent toujours à la surface telle la vase qu'il ne faut pas déranger. Poursuivre un tueur d'aujourd'hui rappelle aux deux enquêteurs des cauchemars d'hier qui peu à peu reprennent vie en pleine catastrophe naturelle d'une ampleur gigantesque. Les vents se lèvent, ceux d'hier et d'aujourd'hui, tout recommence, le monde, Amaia Salazar et Dupree sont à nouveau au bord du précipice, les griffes acérés du Mal tentent encore de les agripper. Dolorès Redondo tout en revenant sur l'un des épisodes les plus tragiques traversé par la Louisiane et la Nouvelle- Orleans, assez peu traité et reconstitué en littérature, nous piège dans un espace temps où toutes les époques interfèrent les unes avec les autres, où ce qui s'est déroulé en pays basque espagnol quand Amaia avait une dizaine d'années résonne avec ce que l'agent Dupree a traversé dans sa jeunesse.Les circonstances sont différentes, les monstres sont cependant intrinsèquement semblables au service du même maître et, toujours, les regards des vivants et des morts se tournent vers le Nord. Un opus extraordinaire qui s'inscrit dans une œuvre singulière. Je vais acquérir tous les livres de cet autrice fabuleuse qui nous offre, tant sur le fond que sur la forme, des textes somptueux, exceptionnels de beauté noire dans un monde crépusculaire, où cependant peut luire, dans une fulgurance, la lumière de la bonté. Quatrième de couverture La face nord du coeur, Dolores Redondo Grand Prix des Lectrices de Elle du roman policier - juin 2021 Avec cette préquelle de la Trilogie de Batzán (succès Folio : plus de 60000 exemplaires vendus, et planétaire : 2,5 millions d’exemplaires vendus dans le monde), Dolores Redondo, auteure publiée dans 38 pays, signe un thriller 100 % convaincant et captivant qui a crevé les plafonds de ventes en Espagne : plus de 300 000 exemplaires. Amaia Salazar, détachée de la Police forale de Navarre, suit une formation de profileuse au siège du FBI dans le cadre d'un échange avec Europol. L'intuition singulière et la perspicacité dont elle fait preuve conduisent l'agent Dupree à l'intégrer à son équipe, lancée sur les traces d'un tueur en série recherché pour plusieurs meurtres de familles entières. Alors que l'ouragan Katrina dévaste le sud des États-Unis, l'étau se resserre autour de celui qu'ils ont surnommé le Compositeur. La Nouvelle-Orléans, dévastée et engloutie par les eaux, est un cadre idéal pour ce tueur insaisissable qui frappe toujours à la faveur de grandes catastrophes naturelles.L'association du réalisme cru de scènes apocalyptiques en Louisiane, de rituels vaudous des bayous et de souvenirs terrifiants de l'enfance basque d'Amaia constitue un mélange ensorcelant et d'une rare puissance romanesque. La trilogie du Baztán - I : le gardien invisible (2021) Au Pays basque, sur les berges du Baztán, le corps dénudé et meurtri d’une jeune fille est retrouvé, les poils d’un animal éparpillés sur elle. La légende raconte que dans la forêt vit le basajaun, une étrange créature mi-ours, mi-homme... L’inspectrice Amaia Salazar, rompue aux techniques d’investigation les plus modernes, revient dans cette vallée dont elle est originaire pour mener à bien cette enquête qui mêle superstitions ancestrales, assassinats en série et blessures d’enfance. La trilogie du Baztán - II : De chair et d’os (2021) À travers le Pays basque, dans la vallée du Baztán, des églises sont profanées. Alors qu’elle vient de donner naissance à son enfant, l'inspectrice Amaia Salazar est chargée d’enquêter discrètement sur cette affaire. Avec son équipe, elle doit aussi s’occuper d’une série de crimes conjugaux qui ont tous en commun d’horribles mutilations. Á chaque fois, l'assassin s’est suicidé en laissant derrière lui une étrange inscription : TARTTALO. Pourquoi tous ces hommes laissent-ils ce même mot ? Que signifie-t-il ? Et pourquoi semble-t-il destiné à la jeune inspectrice ? La vallée du Baztán recèle encore de bien terribles secrets qu’Amaia devra affronter pour espérer enfin y vivre en paix... La trilogie du Baztán - III : Une offrande à la tempête (2021) Dans la vallée de Baztán, une petite fille décède étouffée dans son berceau. Alors que la police soupçonne le père d’être impliqué, la grand-mère attribue cet assassinat au génie maléfique Inguma, issu de la mythologie basque. Rapidement, cet étrange décès lève le voile sur une série de morts subites de nourrissons suspectes. L’inspectrice Amaia Salazar décide de se consacrer entièrement à cette nouvelle enquête, entre légendes mystiques et assassinats barbares, au risque de mettre de côté son rôle d’épouse et de mère. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Allée des temps perdus | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Allée des temps perdus Daniel Dupuy de Borée Le 15 janvier 2026 272 pages historique Chronique 25 janvier 2026 Paru dans la collection Terres d'écriture. La chronique, sur trois années, d'une famille détruite par la mort d'un père. Un récit reconstituant la société patriarcale des années 1960 et le difficile parcours d'émancipation des femmes. " Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri. " ARAGON Il suffit d'une seconde et votre monde explose. Votre famille, la sécurité matérielle et affective, votre avenir et celui de vos enfants, tout ceci est remis en question. Lorsqu'en plus vous êtes une femme des années 1960, double peine, vous êtes considérée par la société entière comme une enfant, interdite de chèque, de compte en banque, assujettie non plus à votre mari mais à tous les hommes dont vous croiserez le chemin, sauf heureusement certaines exceptions plus respectueuses et évoluées. Marie est cette épouse soudain veuve après que son Henri ait été tué dans un accident de la route. La voilà seule avec ses quatre garçons, en état de sidération, ravagée par le manque de l'être aimé, anéantie par ce drame que rien ne présageait. Son Riri, son grand amour, fan des films hollywoodien, ancien de la marine, de la gendarmerie, était le seul à travailler. Forte personnalité solaire vers laquelle toutes les têtes se tournaient, écrasant de fait la nature plus discrète de sa si séduisante et courageuse femme, il n'avait prévu que peu de choses pour protéger les siens en cas de malheur. Et pourtant, cela faisait six mois qu'il venait de commencer un nouveau travail à l'essai pour une compagnie d'assurance auprès de laquelle, ironiquement , il avait contracté une police. Quelle que soit la période, toute personne ayant traversé une telle expérience de veuvage, jeune et avec des enfants mineurs, se retrouvera dans ce texte tout en délicatesse et justesse s'attachant à décrire le parcours du combattant avec les administrations, les tribunaux et l'assurance que va devoir affronter Marie, aidée miraculeusement par un bénévole mais aussi par sa foi. L'auteur décrit également avec beaucoup de sensibilité les tourments émotionnels s'abattant sur la mère de famille et chacun de ses fils pris dans la tourmente. Conseillée par un ami cher du défunt, le "parrain" des enfants, elle consent à envoyer ses deux fils du milieu en internat militaire tandis que l'aîné repart sur sa base de Toulon. Reste avec elle le petit dernier de six ans, choqué sans le dire, par tous ces changements brutaux, à l'instar de ses frères meurtris par la séparation et la perte de leurs repères. Ils sont devenus les jouets du destin... La disparition du père et époux ainsi que les décisions prises dans l'urgence par Marie auront des conséquences sur la vie de chacun. Lesquelles ? Peut-on mesurer l'importance des répliques du tsunami qu'est le deuil lorsque l'on doit s'organiser vite alors que le cœur saigne toujours et que l'on ne souhaite que dormir pour oublier ? Peut-on refaire sa vie, aimer à nouveau ? Et pour une femme de cette époque, comment s'affranchir du carcan sociétal, se construire un avenir professionnel et amoureux ? Comment continuer à avancer, simplement ? Un très beau texte d'une grande finesse d'analyse et d'une réelle humanité, une reconstitution historique réaliste et bluffante. Quatrième de couverture Il faisait bien chaud, à Cavaillon, en ce samedi de juillet. Ce devait être une belle journée pour Bob et ses frères. Mais ce soir, leur père ne rentrerait pas... Brutalement veuve, sans profession ni revenus, Marie doit désormais réorganiser l’ensemble de sa vie pour assurer le quotidien et l’éducation de ses quatre fils. À une époque où les femmes ont encore bien peu de droits, la jeune mère se retrouve confrontée aux dédales administratifs, aux difficultés sociales, et à la délicate recherche d’un emploi. Mais à ces nombreuses épreuves s’en ajoute une, bien plus terrible : assister, impuissante, au délitement de sa famille meurtrie par le deuil. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Une offrande à la tempête | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une offrande à la tempête Dolorès Redondo Folio Policier 28 janvier 2021 592 pages traduites par Judith Vernant Thriller Chronique 2 novembre 2023 Final de la trilogie de Baztán montant encore en puissance poussant l'héroïne, l'inspectrice Amaia Salazar, dans ses retranchements. Le faux pas qui peut la faire chuter dans un gouffre sans fond où le Mal absolu l'attend patiemment, n'a jamais été aussi envisageable. Et nous tremblons pour elle, sa famille, pour toutes les victimes d'un nouveau monstre sorti des cauchemars et légendes basques, l'Inguma, troisième entité surnaturelle puisque chaque opus fut consacré à l'une de ces figures traditionnelles de la mythologie de ce pays d'ombres et de brouillard. Le chemin sera long pour s'extraire de cette brume collante et souffrée. Le Diable est là qui guette Amaia. Il peut revêtir un aspect séduisant, inoffensif, attention ! Mais pourquoi notre héroïne est-elle à ce point au centre de l'attention d'un être démoniaque ou d'un groupe sectaire ? Qui est-elle vraiment, que représente-t-elle ?L'heure du dénouement est venu enfin, celle de la justice également pour tous les enfants morts mystérieusement. Un dernier opus de tous les dangers, de toutes les révélations. Pourra-t-elle en sortir indemne ? Réussite totale, apothéose tant sur le plan de l'intelligence du scénario que du style littéraire. Maléfique et beau simplement. Envoûtant et addictif. Une mention spéciale pour la qualité de la traduction. Quatrième de couverture Dans la vallée du Baztán, une petite fille décède étouffée dans son berceau. Alors que la police soupçonne le père d'être impliqué, la grand-mère attribue ce meurtre au génie maléfique Inguma, issu de la mythologie basque. Rapidement, cet étrange décès lève le voile sur une série de morts subites de nourrissons suspectes. L'inspectrice Amaia Salazar décide de se consacrer entièrement à cette nouvelle enquête, entre légendes mystiques et meurtres barbares, au risque de mettre de côté son rôle d'épouse et de mère. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Nouvelle Babel | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nouvelle Babel Michel Bussi Presses de la Cité 3 février 2022 446 pages Thriller divers Chronique 12 octobre 2022 « Le territoire est Janus, précieux et dangereux. Manquer de repères, d'ancrages, de prise, est risquer de perdre son identité ; cela fait des moutons, des prophètes, des démagogues et des risque-tout. À l'inverse, s'accrocher aux racines et au pré carré natal pour n'exister que par et dans le groupe territorial, pur de toute intrusion, fait les haines et les guerres tribales. Le résultat est le même, toujours inquiétant. » Roger Brunet, Mondes nouveaux, Géographie universelle, 1990 « [...]En ce temps-là, les hommes dans le monde parlaient tous la même langue, ne formaient qu'un seul et même peuple, et comme symbole de leur union, ils décidèrent de construire une tour, la plus haute possible, dont le sommet toucherait le ciel. C'était un projet démesuré, une utopie, mais puisque tous les hommes et toutes les femmes sur terre s'associaient autour du même dessein, aucun rêve n'était impossible à réaliser. La Bible raconte que Dieu, vexé que les hommes puissent le défier, se contenta de brouiller leur langue. En se réveillant, un matin, les hommes furent incapables de se comprendre. On croit souvent que Dieu, dans sa colère, a détruit la tour de Babel. On se trompe, ce sont les hommes, empêchés de communiquer entre eux, qui ont abandonné leur projet et se sont dispersés. Chaque peuple recroquevillé autour de sa langue, s'est approprié un coin de la Terre [...] » Excellent Polar futuriste où naissent toujours des moments de pure poésie comme toujours avec cet auteur inspiré et brillant ! À l'heure où le nouvel ordre mondial imaginé par un certain Klaus Schwab et des individus richissimes est instauré peu à peu avec la complicité de certains chefs de gouvernement et de grandes entreprises, où une concentration des pouvoirs et des décisions vitales pour notre survie est imposée par une Commission européenne et une certaine Ursula au mépris des particularismes de chaque nation et de leur souveraineté, où la mondialisation à outrance comme tout rouleau compresseur efface, écrase, nivelle tout vers le bas, où l'on retrouve les mêmes enseignes partout rendant impossible tout dépaysement lors des voyages, au moment crucial où nous prenons de plein fouet les conséquences de l'ultralibéralisme, du capitalisme le plus effréné sur la vie sociale, économique, sur la démocratie, sur l'état de la planète, après qu'une partie de la population mondiale ait été discriminée, interdite de voyager, de bouger, où enfin les raffineries françaises se mettent en grève l'une après l'autre rejointes dans la lutte par d'autres professionnels de la chaîne de production et de diffusion de l'essence immobilisant peu à peu le pays, ce récit vient à point nommé, sous forme de thriller policier nerveux, décoiffant, nous projeter aux quatre coins du monde pour nous mener à nous poser une question essentielle : la démocratie, le respect des droits de l'homme, le retour à un monde non polluant, seraient-ils garantis par un nouvel ordre mondial, une centralisation des pouvoirs, une vision de la Terre à l'échelle de la planète entière, l'espagnol comme unique langue de communication, et la technologie comme nouvelle religion ? L'écrivain pousse le curseur au bout et évidemment, au fil d'une enquête inaugurée par dix meurtres, menée par trois représentants des forces de l'ordre, il nous guidera dans les coulisses du pouvoir central jusqu'au noyau d'où toute vie sur terre est régie, contrôlée pour le bien de tous. Face aux policiers, une jeune institutrice et un journaliste pris au piège d'un plan qui les dépasse et menace de les détruire. Un système véritablement démocratique est-il possible, garant du respect des droits des hommes, de leurs différences, de leurs opinions ? Les inventions technologiques et scientifiques sont-elles vraiment synonymes de liberté et de communication entre les humains accrues, de sauvegarde de notre santé, de notre espèce, de notre âme ? Un Polar futuriste, philosophique et politique au sens noble du terme, nous alertant, sous la forme d'un récit palpitant, très imaginatif, presque ludique, des conséquences de ce qui peu à peu nous est imposé par une poignée d'hommes et de femmes aux intentions troubles et dangereuses. Nous sommes au point de bascule, trouvons le juste équilibre. Jamais déçue par Michel Bussi et sa capacité à traiter de sujets difficiles, délicats, avec originalité, finesse et ouverture d'esprit. Un très beau roman. Quatrième de couverture Jouant avec les codes du suspense, de la manipulation et du roman d'anticipation, Michel Bussi ne vous aura jamais autant fait voyager. La méthode, calme et systématique, du tueur terrifia les trois enquêteurs. Qui était cet assassin progressant à visage découvert ? Déjà, leurs tabletas se connectaient aux bases de données planétaires de reconnaissance faciale. Plus personne ne pouvait rester anonyme dans le monde actuel. Dans quelques secondes, ils connaîtraient l'identité de ce monstre. La suite du film fut plus sidérante encore. 2097. Sur une île privée paradisiaque inaccessible, de paisibles retraités sont assassinés... Trois policiers, un journaliste ambitieux et une institutrice nostalgique s'engagent dans une folle course contre la montre pour préserver l'équilibre d'un monde désormais sans frontières, où la technologie permet aux humains d'être à la fois ici et ailleurs. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Animal memoriam | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Animal memoriam Jean-François Regnier Librinova Le 12 janvier 2026 183 pages roman singulier Chronique 20 février 2026 Belle couverture mais bien intrigante ! Quel lien relie cet ara, ce chat et cet ours portraiturés et cet homme de dos en soutane, énigmatique, les admirant ? Un village tranquille, une paroisse comme il y en a tant en France et un prêtre, le père Marceau, en charge des âmes de ses ouailles et, en particulier, des plus jeunes en pleine préparation de leur communion. L'étape de la confession est un moment important dans le processus de transformation des gamins en bons croyants. Ainsi trois loustics friands de bêtises attendent non loin du confessionnal multipliant les provocations. Le Père Marceau décide donc que le plus agité des trois passera en dernier ; mais loin de coller à l'image du gosse excité, soudain le jeune Zambla, très sérieusement, avoue ce qu'il a sur le cœur, ce qui le trouble profondément et lui fait peur. C'est maintenant au religieux de craindre pour l'équilibre de l'enfant tout en y voyant peu à peu une solution possible à ses propres interrogations de quinquagénaire fatigué. Car si, extérieurement, le père Marceau semble parfaitement à sa place, il n'en est rien, étouffant peu à peu dans cette routine ecclésiastique, peu sûr d'avoir encore la foi, rêvant d'une autre vie qui, cette fois, ne lui serait pas imposée. Mais peut-il se servir de ce que Zambla lui a dit sous le sceau du secret ? Ne serait-ce pas une trahison ? Pire, une porte ouverte vers le péché, le danger ? Mais la tentation est trop forte et notre homme est faible... Alors.... Un coup de feu et le voilà qui glisse soudain comme sur un toboggan... vers l'inconnu, vers l'impensable... Histoire de la métamorphose d'un être enfermé dans une existence qui ne lui convient plus, prêt à tout pour se libérer... Attention, si vous aussi aspirez à une autre vie, ne vous plaignez pas lorsque le résultat va au-delà de ce que vous pouviez imaginer. Roman court et original flirtant avec le fantastique et l'onirique. Merci infiniment Jean-François Regnier pour ce cadeau singulier qui nous obsède bien après en avoir fini la lecture. Quatrième de couverture Dans un village reculé, le père Marceau veille sur les âmes comme on garde une mémoire fragile. Mais lorsqu’un jeune garçon lui révèle ce qu’il n’aurait jamais dû savoir, c’est tout l’édifice de sa foi, de sa mission, de sa vie, qui commence à vaciller. Pour un serviteur de Dieu, il est des vérités qu’on ne peut pas porter seul, des fautes qu’on ne peut pas absoudre. Et, un moment, peut-être, où l’homme prend le pas sur le prêtre qui, en voulant changer de vie, est assassiné. Du moins, c’est ce qu’il croit... Certaines morts ne sont, en réalité, que des passages. Animal memoriam est le récit d’un glissement intérieur, de la lutte d'un croyant entre conscience et tentation. Jean-François Regnier signe avec Animal memoriam son roman le plus personnel. Ce neuvième livre interroge ce qu'il nous reste quand tout s'effondre : la foi ou la mémoire Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • De plume et d'ailes | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires De plume et d'ailes Ella Balaert des femmes Antoinette Fouque Le 2 mai 2024 204 pages Essai Chronique 3 mai 2024 J'ai été : Sidérée, éblouie, réjouie, passionnée, bluffée, réconfortée, instruite par ce texte brillant, pertinent, drôle, percutant, courageux.... Pourquoi ? Parce que je travaille artistiquement depuis 2011 sous pseudonyme, et que mes employeurs ont parfaitement accepté ce changement de nom. Peut-être ont-ils été rassurés de retrouver une femme plus sereine et devenue elle-même grâce à ce subterfuge bénéfique et indispensable. Je n'ai pas pris un pseudo contre qui que ce soit ou pour renier ma famille et mes parents même s'ils le méritaient. Non, j'ai fait cela pour moi, pour être capable de me remettre dans la lumière sans paniquer, pour n'avoir aucune valise à porter, pour atteindre l'essence de mon être. Et en effet, je me suis retrouvée dans ce livre et les portraits ciselés ou réflexions poussées, d'une grande acuité et perspicacité, offerts par une autrice ayant longuement réfléchi et s'étant parfaitement documenté sur cette question. Nous croisons les chemins d'écrivains, artistes, hommes ou femmes, célèbres ou moins visibles, nous suivons l'analyse toute en finesse de Ella Balaert quant à ce phénomène, nous découvrons les jugements portés par la postérité ou les contemporains, familles, proches, sur celles et ceux recourant à ce moyen de se masquer pour peut-être mieux se révéler. J'ai noté toute une série de pages dont j'ai souligné des passages pour vous les recopier et puis non, car votre lecture sera forcément subjective et donc, ce qui m'a sauté aux yeux ne concerne que moi. De plus la forme ludique d'abécédaire ajoute un aspect joyeux à cet essai intelligent en une époque où tout n'est qu'apparence et mensonge, où pourtant la quête de soi est toujours le but de nos vies. Quatrième de couverture Écrire sous pseudonyme est une question de liberté, d’envol, de renaissance. Mais parvient-on à échapper à un destin ? Ella Balaert nous livre dans ce texte, malicieux et émouvant, ses réflexions sur les notions de masque, d’origine, de racines, d’identité. De plume et d’ailes raconte 30 ans de vie sous pseudonyme de l’autrice, sous forme d’un abécédaire original dans lequel se croisent confessions autobiographiques, éclairages historiques, fiches pratiques, témoignages et réflexions. La forme courte du fragment permet de piocher ce que l’on souhaite dans ces petits textes. À partir de cas concrets, le sien ou d’autres, Ella Balaert s’interroge : pourquoi prend-on un nom de plume ? De Romain Gary à Stendhal en passant par… Ella Balaert ! De celle qui porte le nom de ton enfance et de celle qui choisit le nom de ta plume, laquelle vit, et laquelle joue la comédie de la vie ? Laquelle met en scène l’autre, et laquelle met en mots ? Ta vraie vie se joue-t-elle derrière le rideau – tandis que ton fantôme s’agite sur la scène devant des fauteuils vides ? Qui ne connaît la clairvoyance des aveugles et l’aveuglement des bien-voyants ? C’est bouche fermée que tu parles le mieux. E.B. Avec le concours du CNL Centre National du Livre. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Mathilde et Napoléon D'alliance en trahison | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Mathilde et Napoléon D'alliance en trahison Aline Voinot De Borée 6 juin 2024 248 pages historique Chronique 9 juin 2024 Dans la collection Vents d'Histoire. Quel diable d'homme que ce Bonaparte ! Nous avons quitté Mathilde, épouse de l'archichancelier Cambacérès après quatre années d'intrigues, de complots, de manœuvres suicidaires ou désespérées afin de rester dans les bonnes grâces du tyrannique Napoléon jouant avec ses courtisans, les manipulant et les déplaçant selon son bon vouloir sur un jeu d'échecs que lui seul visualisait. Mathilde a réussi à tirer son épingle du jeu malgré tout, sous surveillance de l'intrigant et inquiétant Fouché, bien mieux que Juliette Récamier sa cousine ou Germaine de Staël, toutes deux incapables de cacher leurs opinions et leurs critiques à l'encontre du dictateur. Ce nouvel opus des plus passionnants et réussis, se focalise sur les onze années pendant lesquelles, Napoléon après son sacre et celui de son épouse Joséphine se met en tête, tel un nouvel Alexandre, de conquérir par la force toute l'Europe. Dans un premier temps, ses fidèles compagnons depuis des années le suivent dans sa quête de gloire et de pouvoir, ses frères et soeurs également, mais à être trop gourmand et trop tyrannique, il prend des risques et se met les dirigeants et monarques d'Europe ainsi que ses proches à dos. "Napoléon ne le savait pas encore, mais ce refus était l'oeuvre de son ministre des Relations extérieures, qui jouait un double jeu. Talleyrand était convaincu que l'Europe ne pouvait être dominée par une seule puissance. Le continent deviendrait sinon le théâtre d'une guerre capable de s'étendre au monde entier." Prophétique, n'est-ce pas ? Certains aujourd'hui devraient s'inspirer des leçons du passé ! "Terminé ! Louis Bonaparte était excédé. Ce frère tyrannique qui les avait placés, Joseph, Jérôme et lui, sur des trônes, dans le seul but de servir ses intérêts, l'insupportait. Les volontés de Napoléon étaient incompatibles avec leurs devoirs de rois envers leurs propres peuples. Que ce soit Louis en Hollande, Joseph en Espagne, Jérôme en Westphalie, ou Murat, le mari de Caroline, à Naples : tous étaient régulièrement humiliés par l'empereur. " Sans oublier Bernadotte en Suède. Nous assistons donc à la chute de ce despote par les yeux de Mathilde, qui tout en gardant les meilleures relations avec Juliette et Germaine, reste fidèle à Napoléon envers et contre tout. Est-ce la bonne stratégie sur le long terme sachant la versatilité du destin et la détermination des ennemis de l'empereur ? Celui-ci prend de plus en plus de risques au mépris des avertissements de sa garde rapprochée, au mépris de la vie de ses soldats. Narcissique, incontrôlable, obsédé par la naissance d'un fils et la création de sa dynastie, trop imbu de lui-même, il se fourvoie en Russie, sous estimant cet adversaire déterminé. Les dernières lignes de ce roman historique fabuleux, somptueux, nous laissent sans voix comme les contemporains de ce Bonaparte que l'on juge et en même temps admire pour sa capacité incroyable de résilience. Ce n'est pas un être ordinaire mais un phénix. Attention le retour de celui que tous pensaient à terre est annoncé ainsi qu'un troisième opus. J'ai hâte. ans la collection Vents d'Histoire Quatrième de couverture 1804-1815 : ascension et chute de Napoléon, revue des grands noms de l'histoire de France sous le regard de Mathilde, seul personnage de fiction 1804. Le règne de Napoléon est sur une pente ascendante. Tout réussit à cet homme qui se fait sacrer empereur des Français en décembre et place sa famille à la tête des territoires conquis. À Paris, Mathilde Cambacérès organise des salons où savants, inventeurs, mathématiciens, écrivains se croisent pour présenter les avancées du siècle. Elle vient d’avoir un fils avec son amant et devient bientôt dame de compagnie de Joséphine. Mais le vent finit par tourner pour Napoléon, qui a été trop gourmand. Certains diront que tout a commencé avec la répudiation de Joséphine… Et tandis que le Congrès de Vienne redessine la carte de l’Europe, Napoléon s’évade de l’île d’Elbe. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un Hosanna sans fin | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un Hosanna sans fin Jean d'Ormesson Héloïse d'Ormesson Novembre 2018 141 pages Roman Essai Chronique 17 novembre 2018 Voilà, terminé, une épure effectivement comme le disait si bien sa fille Héloïse mercredi dernier à La Grande Librairie. Limpide, drôle, brillant, fulgurant, essentiel, à lire à haute voix pour refaire naître, l'espace de quelques dernières minutes, le regard pétillant et l'intelligence truculente et lumineuse de cet homme en questionnement constant, en quête, en espérance. Magnifique dernier message de Jean d'O à nous enfants entre deux siècles où la science domine, mais où la question de savoir ce qu'il y avait avant tout et ce qu'il y aura après nous, à notre mort, n'est toujours pas tranchée. Dieu dernier refuge, croire ou savoir.... Voilà la vraie interrogation ! Ou peut-être en fin de compte cela n'a pas autant d'importance, seule l'espérance en un "Dieu", en autre chose, est vitale. S'il n'y a rien, alors là franchement, c'est à désespérer. « Autant que toute mort, et peut-être plus encore, toute naissance est une énigme. » « Détective métaphysique, Jean d'Ormesson apporte, avec un « Hosanna sans fin », la dernière pierre à sa trilogie- comme un chant d'espérance, Guide des égarés- et tente de trouver la réponse à l'inépuisable question : « Que fais-je donc là ? » À travers ce livre-testament, il poursuit avec gaieté la clef de ce mystère, et nous invite à rêver, à espérer, à croire. » Quatrième de couverture « Grâce à Dieu, je vais mourir. Comme tout le monde. Comme vous. Avant vous sans doute : ma vie est déjà longue, j'approche du bout du chemin. Mais rien de plus capricieux que cette mort si certaine. L'histoire est imprévisible. Ce qu'il faut dire avec force dès le début de ce petit livre, c'est que personne n'est sûr de rien. » Ainsi s'ouvre Un hosanna sans fin. « Disons les choses avec simplicité, avec une espèce de naïveté : il me semble impossible que l'ordre de l'univers plongé dans le temps, avec ses lois et sa rigueur, soit le fruit du hasard. Du coup, le mal et la souffrance prennent un sens ? inconnu de nous, bien sûr, mais, malgré tout, un sens. Du coup, je m'en remets à quelque chose d'énigmatique qui est très haut au-dessus de moi et dont je suis la créature et le jouet. Je ne suis pas loin de penser qu'il n'y a que l'insensé pour dire : « Il n'y a pas de Dieu. » Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu'il y a une histoire et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande d'où elle pourrait bien venir s'il n'y avait pas de Dieu. » Avec ce livre testament Jean d'Ormesson achève sa trilogie (Comme un chant d'espérance, Guide des égarés) qui constitue trois tentatives de réponse à la question : Que fais-je là ? Détective métaphysique, il poursuit ce questionnement et tente avec gaieté de percer ce mystère. Et au fil des pages nous invite à rêver, à espérer, à croire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Exil et Deuil | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Exil et Deuil Chahla Chafiq Metropolis Le 11 septembre 2025 respectivement 171 et 89 pages traduites par Zeinab Zaza nouvelles Chronique 9 novembre 2025 Réunis dans le coffret "Chemins et brouillard" lors de leur première parution en 2005, aujourd'hui épuisé, il était essentiel de les rééditer. Exil : difficile d'imaginer ce que s'exiler pour raison politique, afin de sauver sa peau, signifie, implique. Quitter son pays aimé basculant dans l'épouvante, comprendre lorsqu'une limite est franchie et qu'une course contre la montre s'enclenche, se mettre en route, trouver un passeur, commencer à mentir, devenir autre, et enfin, après bien des horreurs traversées, arriver à Paris, la ville fantasmée des lumières et de la déclaration des droits de l'homme... Une autre barrière s'érige entre les exilés de toutes nationalités et les Français, forts de leur petite vie bien sécurisée leur conférant l'impression fausse d'être supérieurs. De madame Girard qui profite du malheur de ces déracinés, à celui qui détient le pouvoir de donner son aval ou non à un dossier. Comment ne pas se perdre dans ce pays inconnu, comment préserver son essence, ses coutumes, son mode de penser alors que tout vous bouscule, vous fait chavirer, vous heurte ? Comment survivre matériellement alors que les diplômes d'hier ne sont pas reconnus par cette nouvelle patrie, comment supporter le manque violent de la terre d'origine, comment accepter les nouvelles de ceux qui sont restés et vous ont parfois effacés ? Avec infiniment de pudeur et de courage, Chahla Chafiq aborde tous ces thèmes si chargés d'émotions et de souffrances dans les 7 nouvelles de ce premier recueil. Deuil : Après le deuil d'un pays, d'un passé, l'autrice poursuit son analyse des sentiments en abordant le sujet de la perte d'un enfant, le pire, l'inacceptable. Cependant elle le fait sans tomber dans le pathos, non elle préfère traiter ce thème difficile en choisissant d'autres angles de vue. Se remet-on jamais d'une telle tragédie ? Comment celle-ci vous accompagne au quotidien, dans la plus insignifiante action ou rencontre ? L'ombre de l'enfant perdu plane toujours, sa présence est perceptible ; quand on se prend à vivre presque normalement soudain, un souffle glacé vous tétanise à nouveau de douleur. Le deuil est omniprésent mais n'est jamais le centre des nouvelles. Pourtant celles-ci crient silencieusement la souffrance incandescente et invisible. Bouleversant ! Quatrième de couverture Deux recueils de nouvelles, Exil, Deuil. Déracinement, arrachement. Le passé qui refuse de quitter le présent. L’ailleurs, toujours, dans l’ici. « C’est un recueil de nouvelles. Cela pourrait être un journal que la pudeur, ou la volonté de se tenir à distance, transforme en récits à la troisième personne », écrit très justement Simone Arous dans la revue Transfuge. Seuls deux récits sont au « je », Le mur et La blessure, ceux qui peut-être portent le plus l’épouvante : l’un face aux foules fanatisées s’en prenant à deux femmes dont l’une est enceinte, l’autre face à la perte d’une enfant de quinze ans. De Téhéran à Paris en passant par la frontière turque, Chemins et brouillard met en scène, sur fond politique, une humanité blessée dont les protagonistes traversent l’errance, les dangers et les chutes avec une profonde dignité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Inconnu du bourg | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Inconnu du bourg Éric Bohème de Borée Le 6 novembre 2025 256 pages roman de terroir Chronique 20 novembre 2025 Paru dans la collection Terres d'écriture. "Dans un village du Berry, l'enquête sur la mort suspecte d'un employé viticole révélera bien des secrets ." " On ne sait jamais ce que le passé nous réserve. " Françoise Sagan En effet, et notre Inconnu devra comprendre rapidement cette leçon de vie s'il veut se sortir du guêpier où il s'est précipité, sans repasser par la case prison. Lui le Parisien flambeur, rebaptisé l' "escroc en costume de luxe", le "spoliateur cynique des petits épargnants" par la presse au moment de son procès, juste après l'élection de Giscard d'Estaing en 1974, se retrouve sans rien après cinq ans de cabane, accueilli chez un ami, le vieux Tourangin, au village faussement tranquille de Mehun-sur-Yèvre. Ceux qui ont lu l'opus précédent "Le Café du Centre" de Éric Bohème apprécieront... À lui le charme inénarrable de la province berrichonne, la joie d'être au centre de l'attention pesante et inquisitrice de tous, de devenir l'objet des potins des cancanières nombreuses dans le patelin, d'être jugé, soupesé, avant d'être peut-être accepté. Il faut dire qu'il ne se passe pas grand chose dans le coin si ce n'est un mystère qui ne cesse de tracasser le papet : les causes réelles de la mort d'un ouvrier du principal domaine viticole du coin. Après avoir partager ses doutes avec son invité, v'la t'y pas qu'il casse sa pipe. C'est bien la veine de notre enquêteur amateur : le voilà chargé d'une mission par le défunt qu'il ne peut refuser de mener à bien mais qui risque de le mettre en délicatesse avec les habitants du bourg, du plus humble au plus nanti. Tout se sait dans une si petite localité, radio-trou- du-Berry y fonctionne parfaitement. L'auteur a le chic pour faire renaître la vie quotidienne d'un village haut en couleurs, pour nous offrir des dialogues savoureux, des descriptions aux petits oignons des situations cocasses et personnages truculents de ce récit, dont le scénario par ailleurs est très bien ficelé jusqu'aux dernières pages. En plus... vous attend une surprise du chef des plus goûteuses illustrant parfaitement, délicieusement, ce roman de terroir aux allures de polar rural bien tordu, à la verve imaginative et réjouissante. Un livre joyeusement caustique en cette période de cynisme détestable, nous rappelant les vraies valeurs de notre douce France. Nostalgie quand tu nous tiens ! Quatrième de couverture À sa sortie de prison, « l'Inconnu » se rend chez son vieil ami Tourangin, qui l'informe de la mort suspecte d'un employé viticole quelques jours plus tôt, avant de décéder à son tour dès le lendemain. « L'Inconnu » tient alors sa promesse d'élucider le mystère autour de ce qui s'apparente plus à un meurtre qu'à un accident du travail. Son passé douteux éveille toutefois les soupçons de certains villageois. Mais dans cette enquête, qui manipule qui ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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