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  • Contes, légendes et autres dires d'Auvergne - Quand rôdaient les diables et les loups

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Contes, légendes et autres dires d'Auvergne - Quand rôdaient les diables et les loups Daniel Brugès De Borée Histoire & Documents 28 octobre 2021 296 pages Beau Livre Chronique 14 novembre 2021 « La sauvegarde des contes n'est pas une besogne puérile. Puissent-ils durer encore, ces contes, non comme pièces de musées, mais comme des sources vives. » Marie-Aimée Méraville, Contes d'Auvergne, 1956 « Le bon et le beau ne s'oublient pas, ils vivent dans les légendes et dans les chants. » Hans Christian Andersen, La vieille pierre tombale, 1852 Un moment hors de notre époque anxiogène vers un passé où les choses n'étaient pas faciles, où l'on affrontait le malheur en imaginant que c'était le diable ou des êtres maléfiques qui agissaient... Avait-on vraiment tort ? Où l'on travaillait dur pour nourrir les siens, où les rapports humains étaient certainement plus simples, plus authentiques, où l'on savait encore d'où l'on venait, où l'on parlait en patois, où l'on respectait les anciens, où la solidarité n'était pas un vain mot, où la foi en Dieu était une sauvegarde contre la douleur, le désespoir. Où l'on profitait de chaque moment de joie pour danser, partager, chanter à la veillée et raconter des histoires, légendes et contes, véritable richesse de notre culture commune, patrimoine transmis par oral et que bien heureusement des chasseurs de trésors ont lentement, avec beaucoup de respect et souci du détail, retranscrits pour les générations futures. Simples amoureux de la culture du terroir ou folkloristes avertis, nous leur devons de garder nos pieds bien plantés dans la Terre d'origine, de garder des racines nous stabilisant lorsque souffle la tempête des évènements. Uniquement en sachant d'où nous venons, en nous appuyant sur l'expérience de nos aînés pour prendre les bonnes décisions dans le présent, pouvons-nous raisonner avec bon sens, pragmatisme tout en nous disant que rien n'est impossible. Ce recueil de contes, légendes et autres dires, comme les devinettes ou les chansons traditionnelles, possède un charme fou, m'a enchantée par son authenticité, son humour, sa beauté et par dessus tout l'amour de l'auteur pour son sujet et la passion qu'il déploie en accomplissant cette mission. Une photographie prise par Daniel Brugès en couverture de ce format poche, de très jolies gravures et illustrations jalonnant ce récit, un livre réconfortant comme une grande embrassade. Parfait pour les veillées et Noël. Cet ouvrage est une réédition actualisée et remaniée d'une version de 1984. Quatrième de couverture L’Auvergne est terre de contes, de légendes et de bien d’autres dires... Lorsque la nuit déploie sa cape noire, il fait bon se souvenir les veillées d’antan. C’était au temps où l’on parlait du diable, du Drac, du Rapatou, de la Galipote mais aussi des fées, des loups et des croyances entourant certains lieux. C’était au temps où, pour endormir les petits, on fredonnait quelques comptines et, pour amuser les plus grands, on échangeait des devinettes. Glanés sur des chemins de traverse, ces « histoires » populaires d’hier racontent le pays d’ici. Partez à leur découverte, retrouvez l’âme secrète de l’Auvergne et de ses gens." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La race des orphelins

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La race des orphelins Oscar Lalo Belfond Août 2020 288 pages Historique Chronique 23 mars 2021 Prix d'honneur de filigranes 2020 La forme en premier lieu, illustration du fond, d'où une mise en page particulière : « Peu de lignes par page. Déjà un miracle qu'il y ait ces mots sur ces pages que vous tenez entre vos mains. Vous auriez pu tenir du vide. Mon histoire n'a pas de début. Pas de chapitres non plus. J'ai perdu mon enfance. Ma vie, ce vide. » L'ouverture : « Je m'appelle Hildegard Müller. Ceci est mon journal. Je m'appelle Hildegard Müller. En fait, je crois que je ne m'appelle pas. J'ai soixante-seize ans. Je sais à peine lire et écrire. Je devais être là gloire de l'humanité. J'en suis la lie. » Parce qu'elle ne peut écrire elle-même son histoire ou plutôt sa non-histoire, une femme âgée souhaitant transmettre à ses enfants une vérité même parcellaire quant à leurs origines, autant de son côté que de celui de son mari Olaf, fait appel à un scribe. Le mot n'est pas anodin car littéralement il va graver pour l'éternité ce qui ne fut jusque là que du vent, de l'invérifiable. L'auteur dit avoir accouché de ce roman comme son personnage principal accouche d'elle-même. Je pourrais reprendre cette image concernant la rédaction de cette chronique. Mais ce serait tout de même fort peu modeste, même si effectivement, il y a une réelle douleur à écrire ce texte ; je sais que je ne serai de toute façon pas à la hauteur de la bravoure de l'auteur, remplissant sa part du travail de mémoire, et de celle de TOUS LES ENFANTS victimes du Reich, du Führer, de Heinrich Himmler. Je suis en deuil en fin de lecture, en deuil de ces enfances volées, sacrifiées sur l'autel des croyances nazies quant à une supposée race supérieure nordique. Pour remplacer tous les garçons et filles nés de parents inférieurs selon Hitler et son sbire, il faut créer une génération d'êtres parfaits. C'est le Programme Lebensborn, mot qui traduit signifie "source de vie". Vie - mort, mort - vie... Tout se mélange. Des milliers et des milliers d'enfants vont naître de géniteurs réputés bons aryens puis abandonnés dans des espèces de fermes ou règne "la rationalisation de cette industrie du bébé parfait". Une infirmière en remplacement d'une vraie maman, des repas protéinés, une éducation sans amour, tout n'étant que réduit à du "mesurable, quantifiable, identifiable." De "l'amour théorique. Un oxymore." Des innocents qui porteront dès leur conception la marque SS de leur père et le sceau de la collaboration supposée de leur mère. Les nazis détruiront toutes archives sur ce Secret monstrueux. D'où le vertige du vide ensuite pour les orphelins. L'enfer ne s'arrêtera pas pour autant avec la victoire des alliés. Tous ces enfants retrouvés dans les différents centres Lebensborn européens vont devoir expier la faute du père inconnu, et ils vont effectivement payer durement, injustement. Gamins torturés, maltraités, laissés à l'abandon, non éduqués ni alphabétisés, leur faiblesse les désigne comme cibles faciles, évidentes... Ce roman, sous la forme de ce journal ténébreux, terrifiant, nous raconte donc le calvaire intime dès la conception et toutes leurs vies, des enfants Lebensborn, tout en nous donnant les informations historiques sur ce programme infâme. De plus, l'auteur redonne ainsi à ces personnes leur place de victimes du nazisme auprès de tous les êtres torturés, assassinés, dans les camps ou ailleurs. Le parallèle avec Anne Frank est évident pour Hildegard Müller... elle pleure sur elle-même, sur les victimes, sans haine. Nous sommes alors, impuissants et sidérés, en mesure d'imaginer une infime partie des conséquences psychologiques dévastatrices sur ces orphelins de parents, de leurs origines, d'eux-mêmes. Un roman à la poésie crépusculaire qui pourtant débouche sur la lumière de la vérité. Quatrième de couverture « J'ai longtemps rêvé que l'histoire de ma naissance exhibe ses entrailles. Quelle que soit l'odeur qui en surgisse. La pire des puanteurs, c'est le silence. » Je m'appelle Hildegard Müller. Ceci est mon journal. Je m'appelle Hildegard Müller. En fait, je crois que je ne m'appelle pas. J'ai soixante-seize ans. Je sais à peine lire et écrire. Je devais être la gloire de l'humanité. J'en suis la lie. Qui est Hildegard Müller ? Le jour où il la rencontre, l'homme engagé pour écrire son journal comprend que sa vie est irracontable, mais vraie. J'ai besoin, avant de mourir, de dire à mes enfants d'où ils viennent, même s'ils viennent de nulle part. Oscar Lalo poursuit son hommage à la mémoire gênante, ignorée, insultée parfois, toujours inaccessible. Il nous plonge ici dans la solitude et la clandestinité d'un des secrets les mieux gardés de la Seconde Guerre mondiale. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • On the Brinks

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires On the Brinks Sam Millar Seuil 7 mars 2013 358 pages traduites par Patrick Raynal Thriller et Biographie Chronique 29 mai 2017 J’ai attendu patiemment d’avoir fini tous les livres de Sam Millar (deux romans et la série consacrée au détective Karl Kane dont j’attends la suite), avant de découvrir sa biographie. Je voulais me plonger dans ses thrillers sans aucune connaissance de la réalité, je ne voulais pas chercher dans ses fictions des traces d’événements ou faits réels, pour profiter de leur virtualité. Cependant aujourd’hui au lendemain de cette lecture, j’analyse et retrouve de mémoire des détails ou des décors des drames directement issus de cette autobiographie. L’enfance, le premier job, l’emprisonnement, les odeurs et sensations. Tout affleure dans une écriture et un style crus, organiques, orduriers parfois, ou tendre, profondément humanistes, avec toujours cet humour pour ne pas pleurer, ce sourire triste, et l’honneur de se tenir droit. La première partie relate les huit ans en section H à la prison de Long Kesh en Irlande du Nord de Samuel, très jeune homme, après une enfance loin d’être idyllique, engagé dans la lutte avec l’IRA, et arrêté pour une broutille. A son entrée il refuse de porter l’uniforme de la geôle, et se retrouve donc nu avec juste une couverture pour se protéger, un blanketman. Ils sont plusieurs à s’engager dans cette protestation, devant subir le froid, l’absence d’hygiène, les tortures, le tabassage en règle, l’avilissement, la déshumanisation. Mais ils tiennent, les belfastois sont têtus, tenaces, forts surtout quand ils se battent pour leur cause, et leur libération. D’autres dans des quartiers différents de la prison feront la grève de la faim. Comment survivre à cela, comment fait-on ensuite pour sortir de cet enfer et ne pas replonger dans la haine ? Un texte de Nelson Mandela ouvre un des chapitres, lui aussi considéré par le gouvernement d’Afrique du Sud comme un terroriste. Tous les pays colonialistes ont eu cette attitude, et les méthodes de répression ont toujours été tristement les mêmes. Des crimes contre l’humanité ni plus ni moins, perpétrés par des sadiques, mais aussi des gens normaux qui se cachent derrière l’obéissance aux ordres, comme les nazis, comme d’autres de tous temps. Comment ensuite accorder le pardon ? A mes yeux c’est impossible lorsque les bourreaux n’ont pas fait œuvre d’expiation. Et même pouvons-nous vraiment pardonner ? Une chose est sûre, de mon point de vue, on peut en tout cas chasser la haine de son cœur et de son esprit, on peut rendre moralement à ceux qui ont fait le mal leurs actes car ils leurs appartiennent, et construire sa vie ensuite sur la création, le beau, le bien, on peut sauver son âme et ne pas tomber dans l’obscurité. Ce n’est pas une vision catholique, « Dieu m’en garde », l’Eglise étant ici encore coupable de lâcheté et de participations aux crimes en Irlande du Nord, c’est une évidence vécue en ce qui me concerne ; c'est la seule issue pour continuer à vivre, avec les flashs et quelque fois la fureur qui remonte. Une rédemption pour soi, peut-être pour les coupables enfin conscients de leurs actes terribles. On n’en sort pas indemne de cette première partie, même si toujours l’humour et la camaraderie illuminent le texte. La deuxième partie se passe pour Samuel et sa famille (mention spéciale à sa femme Bernadette d’un courage et d’un contrôle incroyables) à New York dans le Queens. Avec ce passé politique, la seule solution est d’utiliser une fausse identité et de travailler dans l’illégalité. Dans les casinos clandestins, puis comme pour tenter encore le diable après être réchappé de l’enfer, on organise le casse improbable d’un dépôt de la Brinks, on vole plus de 7 millions de dollars à l’état, à deux braqueurs et comme dans un jeu d’indiens et de cowboys avec des armes factices. Grotesque, ubuesque, mais ça marche ! Totalement incroyable, cet opéra bouffe où chacun, FBI sur les dents, procureur, presse, avocats et même Sam faussement naïf et ses partenaires, jouent leurs rôles dans cette pièce tragi-comique jusqu’à la caricature quelque fois et au ridicule. L’argent n’est toujours pas retrouvé à ce jour. On dirait un film avec Steeve McQueen ou Pierce Brosnan. Drôle, caustique, irrévérencieux, on souhaite vraiment que la période américaine a apporté la paix à Sam Millar et les siens. Nous, en avons-nous le meilleur grâce aux thrillers. Evidemment je vous conseille ce livre, s’y plonger sans sens moral strict, SVP, faire la part des choses entre les vrais crimes des forces de l’ordre en Irlande et les délits d’un homme encore à la limite, déboussolé à son arrivée aux USA. D’ailleurs le titre On the Brinks fait évidemment référence à la société Brinks, mais traduit cela signifie aussi : à la limite, au bord de. Samuel jeune homme et adulte a testé les limites, maintenant sa vie a pris un autre tournant. Incroyable que ce livre vérité ait pu être imprimé ! Sacré courage des éditeurs ! Quatrième de couverture De fait, le spectaculaire récit autobiographique de Sam Millar a tout d'un thriller. À ceci près que si on lisait pareilles choses dans un roman, on les trouverait bien peu crédibles. Catholique, Millar combat avec l'IRA et se retrouve à Long Kesh, la prison d'Irlande du Nord où les Anglais brutalisent leurs prisonniers. Indomptable, il survit sans trahir les siens: voilà pour la partie la plus noire, écrite avec fureur et un humour constant. Réfugié aux États-Unis après sa libération, il conçoit ce qui deviendra le 5e casse le plus important de l'histoire américaine. La manière dont il dévalise le dépôt de la Brinks à Rochester, avec un copain irlandais, des flingues en plastique et une fourgonnette pourrie, est à ne pas croire. Même Dortmunder, dans un roman de Westlake, s'y prendrait mieux. Il n'empêche, le butin dépasse les 7 millions de dollars ! Un procès et une condamnation plus tard, il retrouve la liberté, mais entretemps, la plus grande partie de l'argent a disparu. Millar semble avoir été roulé par ses complices... Saura-t-on jamais la vérité ? En tout cas, le FBI cherche toujours ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Éclair d'argent

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Éclair d'argent Véronique Chauvy De Borée 11 mars 2021 351 pages Historique Chronique 25 mars 2021 En cette période troublée, depuis plus de deux ans, et de 150 ème anniversaire de la Commune de Paris, ce roman historique entre peinture sociale édifiante et thriller "Polar" sur fonds de vengeance et de quête de vérité, tombe à point et éclaire notre présent à la lumière du passé. Pouvons-nous tirer de l'expérience de nos aïeux l'enseignement nécessaire à la construction d'une société égalitaire et juste ? Amoureuse de sa région, l'Auvergne majestueuse et laborieuse, Véronique Chauvy nous colorise et nous restitue les sons et les voix de nos ancêtres, avec énormément de soin et de talent : ainsi le film de ces années 1871-1880 et plus, nous rend palpable et proche, dès l'ouverture de ce roman digne d'un opéra vériste, ce Paris à feu et à sang de la Commune puis, huit ans après, ce microcosme très particulier créé autour des mines argentifères de Pontgibaud. On découvre le lien existant entre cette région et l'Angleterre, les collaborations entre ingénieurs et financiers des deux côtés de la Manche, autour de l'exploitation de mines d'une importance capitale pour la survie et l'essor de ce bout de France. Également, en suivant les personnages principaux, en particulier la franco-anglaise, Anabella Wright, cherchant à connaître les circonstances exactes de la mort de son père ingénieur dans un des couloirs souterrains alors qu'elle était enfant, nous découvrons et apprenons quelles étaient les conditions de travail et de vie des mineurs, des familles françaises et anglaises. Nous assistons aux différentes étapes du labeur menant au fameux "Éclair d'argent" où enfin celui-ci se révèle, qui peut également figurer les éclairs de vérité absolue qui ponctuent nos vies et qui ne manqueront pas d'illuminer non seulement la jeune femme sur les pas de son père, mais aussi Julien, venu assouvir une vengeance. Certains réussissent à percevoir ce déclic qui peut changer toute leur vie, d'autres en sont incapables. Dans une société en mutation, où des premières interrogations écologiques se font jour, où les femmes sont encore sacrifiées sur l'autel du patriarcat, et ne sont encore que des êtres inférieurs sans droit de vote, assujetties aux hommes de leur famille, où les ouvriers, les artisans et les employés les plus modestes se soulèvent enfin contre l'injustice et prennent conscience de leurs droits, les destins qui nous sont contés avec tant de passion et d'humanité, sont des illustrations parfaites de ce tournant de cette fin du XIX ème siècle. Une grande réussite pour l'auteure qui, roman après roman, ressuscite le passé avec un soin particulier tout en nous faisant frissoner, victimes consentantes d'un suspense haletant. Quatrième de couverture Mai 1871, en pleine Commune de Paris, Julien, quatorze ans, assiste impuissant à la mort de son frère, tué par un soldat de l'armée versaillaise. Injustement condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie, il jure de se venger. De retour du bagne après l'amnistie générale votée en 1879, Julien part sur la trace du meurtrier de son frère, à Pontgibaud en Auvergne, où il se fait embaucher à la Compagnie qui exploite les mines de plomb argentifère. Dans le même temps, échappant à un mystérieux passé douloureux, arrive dans la cité auvergnate une Anglaise, Annabella Wright. Venue se recueillir sur la tombe de son père, un ingénieur tragiquement décédé alors qu'elle était enfant, elle est accueillie par ses compatriotes travaillant pour le compte de la société minière. Alors que des doutes l'assaillent sur les circonstances qui ont coûté la vie à son père, elle croise le chemin de Julien. Leur quête respective de la vérité les rapprochera-t-elle ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Toyer

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Toyer Gardner McKay Pocket 2013 768 pages traduites par Fabrice Pointeau Thriller Chronique 7 avril 2020 Thriller psychologique et analytique par excellence tournant autour de la personnalité psychotique d'un criminel qui ne tue ni ne viole ses victimes, « ses femmes », qui leur vole leur vie en les lobotomisant après avoir joué avec elles au propre comme au figuré. Mais tout est un jeu dans ce roman situé évidemment dans la cité des anges déchus, L.A., où les apparences sont reines, où chacun joue sa partition parfaitement selon les codes de cette société de l'image et de la désinformation. Et cela se traduit dans la mise en page par des chapitres en italique où la pensée réelle des intervenants nous est livrée, et ce n'est pas toujours joli joli, ni raccord avec la situation. Tout le monde porte des masque par convention, par peur, par stratégie, par obligation. Et Toyer n'est pas le seul à savoir travestir sa nature réelle, tous ont des lignes de fracture qui peuvent se colmater ou au contraire s'approfondir. C'est un livre scénario, télégraphique et factuel avec quelques entorses parfois ; nous y sommes spectateurs, nous n'intervenons pas, nous sommes comme les victimes, sans possibilité d'influer sur le cours de l'histoire, piégés dans ces lignes droites, dans un décor aux angles aigus. Également les frontières entre chaque classe sociale sont très nettes, et curieusement les couples se forment par catégorie professionnelle : acteurs, journalistes, médecins. Les femmes, quand elles ne sont pas abaissées à un rôle de poupée, ont des métiers créatifs, de pouvoir, d'influence. Cependant, ce qui m'a paru très curieux et en même temps très juste, c'est que malgré cela, nous naviguons dans un monde totalement patriarcal et paternaliste où les hommes toujours dominent, jusque dans les scènes intimes, plus proches de la baise pure et dure que du partage. L'espèce de pic à glace utilisé par Toyer, le trocart, s'apparente au pénis violeur. Symboliquement c'est évident, pas original mais très efficace, comme tout ce récit vif, précis, saccadé, brillant. Un bémol, certains dialogues que j'ai trouvés très datés, verbeux comme dans les films en noir et blanc des années 1950. L'auteur décrit aussi le petit monde de la presse écrite, de l'édition, des acteurs de Los Angeles avec dureté, sévérité, amusement ou ironie teintée de dégoût. Vitriol pur pour dégommer tout ce qui pervertit notre société ou les rapports humains. Toyer va être seulement le révélateur des dysfonctionnements de notre univers moderne en devenir, étant donné que cela se passe à un moment où le téléphone mobile n'est pas encore dans chaque main ni les réseaux sociaux démocratisés. Gardner McKay est malheureusement décédé en 2001 après un parcours très atypique lui donnant toute légitimité quant à ses avis tranchés sur les microcosmes du cinéma, de la presse, de l'édition. Adapté par Philippe Djian pour le théâtre et par Brian de Palma pour le grand écran, ce livre est un des chef-d 'œuvres oubliés du thriller, paru aux États-Unis en 1999, publié en France en 2011. Quatrième de couverture Los Angeles est la proie d'un monstre très particulier. Un homme qui ne viole ni ne tue les femmes mais leur réserve un sort peut-être pire encore : il les séduit, les kidnappe, joue avec elles, puis les abandonne à l'état de mort cérébrale. Neurologue, Maude Garance est en charge des neuf victimes de celui que la presse a surnommé Toyer. Bouleversée par le sort de ces femmes, elle accepte la proposition que lui fait Sara Smith, une jeune journaliste ambitieuse : s'adresser directement au coupable par voie de presse. C'est le début d'une relation très particulière, par médias interposés, entre Maude et Toyer, qui bien vite passionne un lectorat avide de sensations. Grisé par une célébrité grandissante, Toyer commettra-t-il le faux pas qui permettra de l'identifier ? Alors que dans l'ombre Maude et Sarah continuent d'enquêter, elles ne tardent pas à réaliser que leur mystérieux interlocuteur est beaucoup plus proche d'elles qu'elles ne le croyaient. Avec ce thriller très stylisé, qui ne laisse pas une minute de répit au lecteur, Gardner McKay nous offre avec un art magistral de l'intrigue et du suspense une réflexion passionnante sur les relations entre le mal, la société et les médias. Sujet en or pour Brian de Palma qui a adapté Toyer au cinéma. « Los Angeles, la ville des masques, est le cadre idéal pour cette danse macabre et ambiguë entre un tueur et une neurologue. C'est une véritable descente effrayante dans les catacombes de l'esprit que nous offre ici Gardner McKay. » James Cameron Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Roues libres

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Roues libres Jean Bertolino De Borée 4 novembre 2021 320 pages Biographie Chronique 18 novembre 2021 « Toute ma vie, l'un de mes désirs les plus ardents a toujours été celui de voyager, de nager dans des mers inconnues, parcourir le monde, voir chaque chose pour la première et dernière fois. » Nikos Kazantzakis Le voyage, partir, s'oublier ailleurs, ouvrir les yeux, contempler, comprendre, échanger avec le reste de l'humanité.... Ô combien je fais mienne cette déclaration ! Avec originalité et drôlerie, en attachant nos pas ou plutôt nos roues à celles des vélos et d'une 2 CV, destriers des plus cocasses que le reporter choisit pour affronter les routes du monde pendant des mois, Jean Bertolino nous fait découvrir les coulisses, les chemins de traverse du Vietnam, du Cambodge, du Liban, de la Syrie, du Kurdistan, les ruelles de Jérusalem, de Ninive, Bagdad, Damas, les jardins de Babylone, l'intimité des habitants touchants, bouleversants, courageux, évanouis aujourd'hui dans les fumées des guerres, des attentats, tués, détruits, transformés pour certains en victimes pour d'autres en guerriers sans pitié, tous sacrifiés sur l'autel du profit, du pouvoir, de l'ambition démesurée et criminelle de dictateurs et grands chefs d'entreprise. C'est un monde disparu que l'auteur nous offre, c'est le cadeau de la mémoire afin que nul ne soit oublié, que les clichés, les textes restent comme gravés pour l'éternité. En ces temps de désinformation, de contrôle de l'opinion publique, il est bon de rappeler ce que représente le métier nécessaire et périlleux de grand reporter et de photographe de terrain. Certains indépendants continuent à rapporter les faits, à nous communiquer la vérité semaine après semaine, ils sont les dignes héritiers de l'auteur. Jeune homme tenace, d'un milieu très modeste, avec ses amis ils se débrouillent pour avoir des bécanes, pour sillonner les routes, pour admirer les paysages. Son premier souvenir date de 1943 alors même que la France est sous occupation allemande.... Petit garçon dans la tourmente déjà.... " Toute mon existence, je l'ai vécue en roue libre." Quelle magnifique première ligne ! Et sa vie entière, accompagné de Constance l'infatigable, l'entêtée, au regard tendre, acéré, ironique et toujours bienveillant et émerveillé, puis par leurs trois enfants, il sera fidèle à cette indépendance, à cette liberté de penser, à cette envie irrésistible de présenter les faits dans leur vérité absolue, sans concession, impartial... Un témoignage précieux qui nous rend nostalgique d'un passé, d'un monde disparu à l'instar des chefs-d'œuvre et monuments détruits ou volés par les extrémistes, par les forces armées américaines également. On pleure tout en remerciant tous ceux qui ont capturé les images de tous ces lieux sublimes violés, anéantis... Jean Bertolino a été un témoin de l'Histoire, il en a aussi été un des acteurs par certains de ses reportages marquant ou réveillant les consciences, ayant une influence indéniable sur cette fameuse opinion publique. À la lecture de sa biographie officielle exhaustive, on est très impressionné, et lorsqu'on lit ce livre, notre admiration s'accroît devant tant de simplicité, d'amour des autres, d'intelligence du cœur. Un très beau recueil de souvenirs, un témoignage précieux et essentiel en ces jours d'obscurité. Quatrième de couverture Gamin d'origine modeste, initié très tôt au goût de l'effort par sa passion de la bicyclette, Jean Bertolino réalise son rêve sous nos yeux de lecteurs : devenir grand reporter. Car les roues auront porté Jean Bertolino très loin, à vélo, en auto-stop ou au volant d'une increvable 2 CV. Ainsi a-t-il parcouru dans les années 60 des milliers de kilomètres à travers les pays de l'Extrême et du Moyen-Orient et rencontré des personnages fabuleux. Plus tard, en France, mais à vélo encore, l'auteur explore quelques-unes de nos plus belles régions. La fin du parcours nous mène à Antibes, où rêveries se confondent avec souvenirs de baroudeur, à l'ombre d'un micocoulier. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un crime sans importance

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un crime sans importance Irène Frain Seuil Août 2020 256 pages Biographie Roman Chronique 20 janvier 2021 Un crime sans importance est lauréat du prix Interallié 2020. Quel courage a-t-il fallu à Irène Frain pour rédiger ce texte si délicat, si difficile, si intime au cœur même de la douleur et de la tourmente puisque rien n'est fini ? Je suis profondément admirative de la force couplée au talent de l'auteure dans la nécessité incontournable, inévitable de dire, de raconter, de dénoncer aussi .... Un fait divers pour certains, un drame inacceptable toujours. Un texte qui reste volontairement indéfini, distancié au départ. Les faits, rien que les faits... Et puis le réveil, la souffrance de la perte mais aussi causée par l'absence de réponse des forces de l'ordre, des enquêteurs, par le parcours du combattant imposé aux proches de la victime de ce crime barbare, brutal .... l'incompréhension n'est pas supportable, il faut savoir... Il faut analyser la scène de crime, la ville, la société, dresser le portrait de la disparue... Le tout avec pudeur, respect, par touche.... Mais surtout rompre ce silence meurtrier pour la seconde fois, assourdissant, anxiogène pour les proches mais aussi pour toute la cité. La disparition brutale, l'assassinat d'une personne concerne sa famille mais aussi toute la collectivité. À lire absolument et à suivre dans les mois qui viennent. Quatrième de couverture Les faits. Le peu qu'on en a su pendant des mois. Ce qu'on a cru savoir. Les rumeurs, les récits. Sur ce meurtre, longtemps, l'unique certitude fut la météo. Ce samedi-là, il a fait beau. Dans les commerces et sur les parkings des hypermarchés, on pointait le ciel, on parlait d'été indien. Certains avaient ressorti leur bermuda et leurs tongs. Ils projetaient d'organiser des barbecues dans leur jardin. L'agresseur, a-t-on assuré, s'est introduit dans la maison de l'impasse en plein jour. On ignore à quelle heure. Pour trancher, il faudrait disposer du rapport du policier qui a dirigé les investigations. Malheureusement, quatorze mois après les faits, il ne l'a toujours pas rendu. " Face à l'opacité de ce fait divers qui l'a touchée de près – peut-être l'œuvre d'un serial killer –, Irène Frain a reconstitué l'envers d'une ville de la banlieue ordinaire. Pour conjurer le silence de sa famille, mais aussi réparer ce que la justice a ignoré. Un crime sans importance est un récit taillé comme du cristal, qui mêle l'intime et le social dans des pages tour à tour éblouissantes, drôles ou poignantes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Femmes sans merci

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Femmes sans merci Camilla Läckberg Actes Sud Actes Noirs 2020 143 pages traduites par Rémi Cassaigne Thriller Chronique 30 septembre 2020 Toujours pour illustrer le phénomène #MeToo l'auteure a décidé de revenir sur un passage de son précédent roman « La cage dorée » : des femmes témoignaient sur un numéro d'appel des maltraitances, violences, crimes et délits dont elles étaient victimes au quotidien. Dans ce nouvel opus plus proche du format « nouvelle » , Camilla Läckberg pousse le curseur plus loin en détaillant en trois parties la vie, la prise de conscience et le passage à l'acte de trois femmes. Tout est parfaitement détaillé dans la quatrième de couverture ci-dessous. Le postulat est la vengeance ici jusqu'à la mort des maris. Bon ! C'est bien mené, on le lit vite... Je suis mitigée. J'avoue que je ne vois pas très bien l'utilité de ce roman surtout aussi court. Il n'ajoute rien à ce qui a déjà été évoqué dans le dernier opus. J'aurais préféré un vrai scénario long, bien tordu, qui soit plus axé sur la justice et non la vengeance. Un peu léger à mon goût. À vous de voir. Quatrième de couverture Prisonnières de leur mariage, trois femmes qui ne se connaissent pas échangent des confidences sur un forum internet. Ingrid, qui a sacrifié sa carrière de journaliste au profit de celle de son mari, découvre que ce dernier la trompe sans scrupules. Et n'aspire qu'à se venger. Birgitta se sait malade depuis plusieurs mois mais n'a cessé de repousser le moment de consulter un médecin. Les ecchymoses qui couvrent son corps pourraient trahir les violences qu'elle subit dans l'intimité ; or Birgitta a jusqu'ici préservé l'unité de son foyer. Victoria a quitté sa Russie natale pour venir s'installer en Suède avec un homme dont elle a fait la connaissance sur un site de rencontres. Mais il n'est en rien le mari qu'elle imaginait. Sa nouvelle vie a tourné au cauchemar. Humiliées, battues, blessées, elles échafaudent ensemble un plan. Et le mettent en œuvre. Un procédé imparable, sans mobiles apparents. Pour libérer chaque femme, il faut supprimer son bourreau. En réussissant des meurtres parfaits... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Louis XIV L'Enfant Roi

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Louis XIV L'Enfant Roi François-Guillaume Lorrain XO Editions 16 janvier 2020 327 pages Biographie Chronique 16 janvier 2020 « Ce noble chevalier avec beaucoup de gloire Tiendra par la main la Victoire, Ses faits effaceront son père et son aïeul : Qu'il a de majesté, que sa grâce est extrême ! On le mène encore lui-même Mais dans six mois il ira tout seul. » « Le soleil me suit et c'est Louis. » « Sur la cime des Monts, commençant d'éclairer, je commence déjà de me faire admirer." » En cette période très particulière où enfin la voix des victimes s'élève après des décennies de silence, où enfin elles demandent à ce que leur parole, leurs mots soient pris en compte, respectés par la justice et la société, François-Guillaume Lorrain décide de nous faire écouter attentivement, précisément, le murmure qui deviendra plus tard déclaration et même déclamation, émis par Louis-Dieudonné, futur Louis XIV à travers les siècles. Nous avions cru que depuis le XVIIIe siècle, le soin à apporter aux enfants, la protection de leur pureté, de leur innocence, étaient entrés dans les mœurs. Nous pensions, à tort semble-t-il aujourd'hui, que l'enfant était devenu une personne à part entière, méritant notre bienveillance, notre amour et notre soutien. Adieu donc maltraitance, tortures mentales et physiques, viols.... L'enfant avait gagné ses galons d'être humain, il n'était plus un bien qu'on échange, vend, cède, un motif de tractations, de trafics, il n'était plus un exutoire à la folie des adultes, une manière pour certains de se venger des sorts contraires. Enfin il pouvait vivre pour lui-même. C'est ce que la société a présenté en vitrine depuis le Siècle des Lumières grâce à Jean-Jacques Rousseau et Cie, oui, hypocritement, pour se donner bonne conscience.... Mais actuellement, il n'en est toujours rien en cette Europe et cet Occident si "civilisés" et à l'étranger, où les enfants ne sont souvent ni plus ni moins qu'interchangeables et mis en esclavage... Revenons donc à ce petit homme, Louis-Dieudonné : attachons-nous à lui, à ses pas d'enfant du XVIIe siècle. Faisons preuve d'empathie.... Ne voyons pas plus loin que la période de sa minorité jusqu'à 14/15 ans. On se dit que lui au moins nait du bon côté de la barrière, il ne sera pas un traîne-misère ; nous sommes certains qu'on prendra soin de lui. Pensez donc, roi à cinq ans.... Le voici parti pour 72 ans de règne, pas moins.... On l'imagine entouré d'amour et d'affection réelle de la part de sa mère, Anne d'Autriche et de son parrain et mentor, Mazarin. Le rendez-vous affectif avec son père, Louis XIII, a été raté par manque de pratique des relations humaines de la part du roi, descendant d'une longue lignée d'handicapés du cœur. On ne sait dire les choses les plus importantes. Et puis, le jeu est pipé dès le départ, Louis-Dieudonné sera son successeur, cela suffit à pourrir toute relation. On fait peser sur ses épaules fragiles des ambitions, des angoisses, des haines, qui ne sont pas les siennes. L'héritage est bien lourd pour un garçonnet. L'apprentissage de son rôle de futur maître de la France, auprès d'une meute de professeurs assoiffés de reconnaissance et de privilèges, et d'un Mazarin bien peu paternel, lui donne une envie irrépressible de s'amuser, d'être lui-même, et de se jouer des autres : entre paraître et être, Louis apprend à mettre en pratique, en place, consciemment ou non, des moyens de fuir, de se protéger, d'affronter le monde extérieur. Il va se dédoubler, se démultiplier, offrir aux autres le visage attendu. Il n'en pense pas moins. Il a une qualité extraordinaire en plus de son intelligence : sa faculté d'indignation... Il est indigné par ses conditions déplorables de vie, dans la faim et le froid, alors même que son parrain vit dans l'oppulence dans le bâtiment en face du sien. Il s'indigne de l'absence d'amour et d'affection de cette mère comploteuse, calculatrice, toute occupée à asseoir sa régence, même au prix d'accords avec des aristocrates hypocrites et traîtres à la royauté. Il juge, tout en étant triste à pleurer, du peu de cas que l'on fait de ses sentiments lorsque l'on renvoie sa nurse et les femmes qui lui ont témoigné une réelle attention, tendresse... Sa vie appartient aux autres, tout est mascarade, théâtre. Pas d'intimité, pas de secret.... Même jusqu'à ses premières amours contrôlées par Anne d'Autriche qui joue les maquerelle en le faisant déniaiser à treize ans par une dame de la cour, une adulte. Un viol ni plus ni moins orchestré par une personne ayant autorité.... La peine serait, j'espère, lourde si cela passait aujourd'hui en justice.... Rien n'est moins sûr.... Vous me direz, c'était un autre temps.... Vraiment ? Mais lui, comment l'a-t-il vécu cette enfance maltraitée, épouvantée, dans la terreur générée par la Fronde, par tous ces ennemis autour du couple Anne d'Autriche-Mazarin... Et lui au milieu, leur enfant de substitution, ce Louis si indispensable à leur dessein, à leur destin.... Il y a donc d'une part cette enfance sacrifiée et de l'autre cette question de l'héritage. Ce rôle de roi dans une France en grande souffrance, due à la disette, la famine, les impôts.... Louis XIII et Richelieu ont façonné une nouvelle manière de gouverner, l'idée d'absolutisme est là, exercé à deux... D'où révolte de tous : population, parlementaires, aristocrates.... Les futurs régicides se profilent déjà à cette époque, naissent de cette Fronde qui ne trouvera sa résolution qu'à la fin de la minorité du jeune roi. On a cru que la régence affaiblirait le pouvoir royal, mais Mazarin et son surintendant des finances, Particelli, veillent aux grains. Les caisses doivent se remplir pour financer la guerre contre l'Espagne qui assombrira les premières années de règne de Louis. Celui-ci va apprendre son métier en pleine tourmente, pourchassé de châteaux en maisons par ses ennemis, par sa propre famille, les d'Orléans, par le Grand Condé et le Cardinal de Retz.... La leçon va être comprise au-delà même de ce qu'espéraient Mazarin et Anne d'Autriche. Cela se retournera contre eux.... On lui a appris la duplicité, qu'il en soit ainsi.... Il deviendra le meilleur acteur et metteur-en-scène de sa vie et de sa cour. On lui a volé son intimité, sa dignité, il imposera une étiquette à tous les courtisans. Il va les faire danser Sa chorégraphie. Plus d'ombre, une pleine lumière sur chacun. L'absolutisme, oui, mais à sa sauce, seul, omnipotent ; l'état c'est lui, le soleil au firmament, c'est encore lui. Quant aux femmes, il les consommera comme on l'a consommé. Un retour à tous les envoyeurs.... A-t-il eu le choix ? Peut-on le juger ? A-t-il dans sa vie eu un véritable ami, un véritable amour ? N'est-il pas resté finalement cet enfant trop sérieux toute sa vie ? Il l'a jouée, mais l'a-t-il vécue ? Un roman historique fabuleux comme une psychanalyse et plus encore, une réflexion en profondeur sur la place et l'héritage que nous laissons aux enfants de demain..... Incontournable ! Quatrième de couverture On connaît le Roi-Soleil, mais comment le jeune Louis est-il devenu ce monarque qui fit briller si haut la grandeur de la France ? L'enfance de Louis XIV est aussi romanesque que douloureuse. Écrasé de professeurs, surveillé par Mazarin qui l'initie aux intrigues et à l'art d'être roi, fouetté par sa mère Anne d'Autriche, qui ne lui passe rien, il reçoit une éducation qui s'apparente à un dressage. Souverain à cinq ans, il se retrouve projeté dans l'une des périodes les plus tourmentées de notre histoire, la Fronde. Le parlement le malmène, les princes le défient, le peuple envahit son palais. Louis est à la fois un enfant, capricieux, buté, et un jeune roi qui doit subir en silence le mépris de ses aînés. Parce qu'il fut humilié, Louis XIV ne songera ensuite qu'à démontrer sa toute puissance. Avant que le soleil ne se lève, il y avait un « petit homme ». Et c'est à cette intimité que François-Guillaume Lorrain, en romancier passionné d'histoire, redonne vie sous nos yeux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le syndrome Copernic

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le syndrome Copernic Henri Loevenbruck Flammarion Thriller 2007 448 pages Divers Chronique 27 décembre 2017 Après un prologue qui vous happe immédiatement comme pris dans la déflagration d'une bombe, la première partie s'intitule: Le murmures des ombres « Toi, tu rêves ; souvent du fond des geôles sombres, sort, comme d'un enfer, le murmure des ombres. » Victor Hugo, les Châtiments, livre 7 Thriller scientifique et d'action avec des parfums de SF ; on le voudrait bien, mais non, c'est réel. Depuis la sortie du livre, les évènements à Paris, Nice, et ailleurs, nous ont rappelé que l'indicible était possible. Nous n'en sommes pas encore à l' Etat Islamique en 2006 lorsque la rédaction du livre fut terminée, mais tout se met en place depuis déjà des années pour son émergence. Ce roman n'est donc pas une fiction complète et s'appuie, comme toujours avec cet auteur, sur une érudition formidable résultante d'une immense curiosité pour les sciences, l'histoire mondiale, les figures célèbres à travers les siècles. Et en particulier un homme à part Copernic, génial révélateur de l'héliocentrisme. Pendant des années, il criera la vérité, mais comme Cassandre, il ne sera pas cru. Évidemment, les autorités voudront classifier cette obsession et la nommer : Syndrome de Copernic ; "trouble qui fait que vous vous mettez au centre d'un événement exceptionnel, comme acteur principal. Vous vous placez au cœur de l'attention du monde entier. Et quand ce trouble se double du sentiment que personne ne veut vous croire, on parle alors de ce syndrome Copernic" ( résumé de quelques lignes pages 98) . Notre héros est Vigo Ravel, il est schizophrène, a un travail de saisie de données des plus faciles dans une entreprise parisienne, et tous les lundis, il se rend au quarante quatrième étage de la Tour SEAM, à la Défense, pour son rdv avec son psychiatre le Dr Guillaume qui lui fait sa piqûre habituelle. Nous sommes donc le lundi 8 août, un peu après huit heures du matin, il fait une chaleur torride. Soudain, Vigo entend un message dans sa tête, et inexplicablement se rue vers la sortie, quand à trente mètres de la tour..... À vous de lire la suite.... Ce qui est confondant avec Henri Loevenbruck c'est sa capacité à nous mettre en empathie avec son héros, qui de prime abord n'en a pas les caractéristiques loin s'en faut, ( malade, amnésique, cassé, sous médication, avec la larme facile et une attitude infantile). Dés les premiers mots, on est pris dans son histoire sans fond. Et même si les thèmes évoqués l'ont été par d'autres, il réinvente le style, nous plaçant au plus près de Vigo, presqu'à le toucher. C'est imparable ! De plus de péripéties en rebondissements avec quelques digressions scientifiques ou historiques pour le plaisir, le sien et le nôtre, plus qu'utiles, on découvre peu à peu un nouvel homme, un vrai premier rôle. Intéressant aussi est le stratagème de passer le témoin entre plusieurs personnages secondaires pour que Vigo soit toujours aidé dans sa quête de lui-même et de vérités. L'une d'entre elles est qu'il sait très vite que les voix qu'il entend ne sont pas des hallucinations, mais bien les pensées intimes des personnes qui l'entourent.... Un très bon thriller d'action, scientifique en premier lieu, touchant également à notre histoire et notre destin commun, à certaines questions philosophiques et déontologiques et évidemment, à la géopolitique. Complet donc, avec un héros troublant dans ses interrogations et ses imperfections. J'ai également énormément aimé tous les passages écrits dans ses carnets de moleskine noir où il note tout, et particulièrement ceux où il pense perdre la tête, la conscience de la réalité. Là stylistiquement je dis chapeau maestro ! Les jeux de mots répétés, transformés, détournés, génial ! Grand plaisir donc de lectrice fan mais aussi critique, à la recherche d'un beau moment de littérature pure. Mission totalement remplie. Quatrième de couverture Ils lui avaient dit qu'il souffrait d'une schizophrénie paranoïde aiguë. Mais Vigo Ravel le sait : les voix qu'il entend dans sa tête ne sont pas des hallucinations. Ce sont les pensées des gens. Les vôtres. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le chant d'Haïganouch

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le chant d'Haïganouch Ian Manook Albin Michel 28 septembre 2022 384 pages Historique biographique Chronique 18 décembre 2022 « Aux innocents d'Arménie et d'ailleurs. À ceux que j'aime encore, et aux autres quand même. À moi ! « « Être l'enfant d'une diaspora, c'est devenir un nomade culturel, même si le nomadisme n'est en fait qu'une technique de survie en milieu hostile... » Suite de « L'oiseau bleu d'Erzeroum » (lauréat des Trophées littéraires des Nouvelles d'Arménie magazine), ce très bel hommage testimonial de Patrick Manoukian, alias Ian Manook, à ses grands parents, remet en scène, pour notre plus grande joie, tous les personnages que nous avions laissés qui en URSS, qui en France à Meudon. Araxie et Anissa (qui se fait appeler Haïganouch) sont respectivement mariées à Haïgaz et Agop. Les deux couples vivent ensemble avec leurs enfants après avoir traversé de véritables cauchemars depuis 1915. Les voici, heureux et comblés, pourrait-on penser, en ces années d'après Seconde Guerre mondiale mais il n'en est rien pour Agop. La manière dont la France s'est comportée avec les Arméniens pendant l'occupation allemande ne passe pas. Il vit dans la rancœur et la nostalgie d'une Arménie fantasmée. Or, en cette année 1947, Staline lance une opération séduction auprès des ressortissants arméniens via le Parti Communiste et les organisations arméniennes en France. Des milliers de familles vont croire en cette propagande et en la possible résurrection de leur patrie. Agop, à près de cinquante ans, veut être de l'aventure. Il se propose de partir en éclaireur et de faire venir sa famille ensuite à Erevan si tout va bien. Évidemment, Haïgaz, Haïganouch 2 et Araxie sont très inquiets et sentent que c'est un piège. Comment croire aux belles paroles de ce fou de Staline ? Haïgaz sait que Haïganouch, la sœur véritable de Araxie, l'oiseau bleu aveugle, est vivante, poétesse et musicienne en URSS. Il révèle cette vérité à son vieil ami avant que le paquebot Rossia n'appareille de Marseille : en effet, Agop sera sur place pour retrouver la trace de la disparue qui se fait maintenant appeler Haïganouch Tertchounian. Au même moment, nous retrouvons cette dernière à Koultouk en Sibérie avec son mari et son fils Assadour sous le nom de Volochine. Mais bientôt, un de leurs ennemis, Anikine, les retrouve et reconnaît Sergueï Alexander Pliouchkine en l'époux de Haïganouch, recherché par le NKVD et le MGB. Le monde de la petite famille s'écroule. Haïganouch assiste à l'exécution de son compagnon et au rapt de son enfant sans pouvoir réagir, coincée dans les ténèbres de sa cécité. Le cauchemar recommence, la barbarie s'abat sur elle comme lors du génocide de 1915. Le destin semble s'acharner sur nos héros comme sur le peuple arménien massacré, torturé, exilé de par le monde. Ian Manook, investi du devoir de témoigner, de raconter à la place de ses chers disparus l'enfer traversé par les siens, réussit à nous plonger dans un cauchemar absolu tout en usant d'humour, d'ironie, élégance suprême afin de ne pas pleurer. À cette fin, l'auteur ajoute des personnages haut en couleurs, tel le jeune Zazou rencontré sur le paquebot. La grande force de ce texte d'une dimension universelle, est de ne jamais verser dans le victimaire, le pathos facile ou le trash gratuit. Il reste digne, teinté d'un sourire triste, souvent désespéré. Mais toujours, nos héros trouvent l'occasion de crier « Guenatz », et de trinquer à la Vie, à l'Amour, à l'Espoir. La tragédie sidérante du peuple arménien est restée trop longtemps niée par les Turcs, par les soviétiques, par tous. Il a été trahi, oublié, trompé, instrumentalisé, mais ses chants, sa musique et ses poèmes s'élèvent toujours plus haut, plus fort, en un grand crescendo pour que nul ne puisse ignorer son existence, son importance. Un livre d'une grande puissance, d'un grand courage, essentiel et incontournable. Je pressens une suite... Quatrième de couverture « On leur avait promis une terre qu'ils ne quitteraient plus. Et c'est à nouvel exil qu'ils sont contraints... » Ils en rêvaient : reconstruire leur pays et leur histoire. Comme des milliers d'Arméniens, Agop, répondant à l'appel de Staline, du Parti Communiste français et des principales organisations arméniennes de France, quitte sa famille et embarque en 1947 à bord du Rossia dans le port de Marseille. Mais au bout du voyage, c'est l'enfer soviétique qu'il découvre et non la terre promise. les bords du lac Baïkal, Haïganouch, une poétesse aveugle, séparée de sa sœur lors du génocide de 1915, aujourd'hui traquée par la police politique, affronte elle aussi les tourments de l'Histoire. Des camps de travail d'Erevan aux goulags d'Iakoutsk, leurs routes se croiseront plus d'une fois, au fil d'une odyssée où la peur rencontre l'espoir, le courage et l'entraide. Agop et Haïganouch parviendront-ils à vaincre, une fois de plus, les ennemis de la liberté, pour s'enfuir et retrouver ceux qu'ils aiment ? Après le succès de L'oiseau bleu d'Erzeroum ( lauréat des Trophées littéraires des Nouvelles d'Arménie magazine ), Ian Manook signe une nouvelle fresque familiale bouleversante et une saga historique tumultueuse, hymne à la résistance et à la mémoire d'un peuple. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Outsider

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Outsider Stephen King Albin Michel 2019 570 pages traduites par Jean Esch Divers Chronique 1 mai 2019 « La pensée ne confère au monde une apparence d'ordre que pour ceux qui ont la faiblesse de croire à ces faux semblants. » Colin Wilson « The country of the blind » Treize jours de poursuite d'un criminel très particulier, forçant les enquêteurs, avocat, procureurs, les familles, à revoir leur interprétation du monde, à envisager des vérités différentes. Nous avons perdu le rapport à l'incompréhensible que d'autres continents, l'Amérique du Sud ou l'Afrique ont gardé. Un récit très bien mené, une incompréhension pendant longtemps de ce qui se passe réellement, l'auteur flirtant avec les frontières de la SF, ménageant le suspense, ajoutant peu à peu des personnages intrigants, se permettant une énorme fracture dans l'histoire, lui donnant ainsi un aspect encore plus dramatique. Les acteurs de cette tragédie sont très bien caractérisés, les rebondissements multiples venant accélérer le rythme d'une narration très détaillée, peut-être parfois trop, que j'ai lue avec intérêt et plaisir. Et puis, malheureusement, cette fin, tout compte fait assez banale, assez classique dans le genre, qui ne m'a pas enthousiasmée ni étonnée. Toujours les mêmes poncifs, une référence à Ça, un de ses premiers romans. Si les écrivains rendent hommage à leurs propres livres, on n'a pas fini de rester, stagner dans le vintage. J'aurais vraiment souhaité plus d'inventivité. J'ai eu l'impression d'être dans un vieil épisode de X Files. Mais bon, en dehors de cette conclusion un peu grandguignolesque, c'est une histoire bien menée, bien construite, où sont campés des personnages attractifs et crédibles. Quatrième de couverture « Parfois le bien prend le visage du mal. Le corps martyrisé d'un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussi le coupable : Terry Maitland, l'un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l'équipe locale de baseball, professeur d'anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses d'ADN ne laissent aucune place au doute. Pourtant, malgré l'évidence, Terry Maitland affirme qu'il est innocent. Et si c'était vrai ? » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Bon Sens

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Bon Sens Michel Bernard Editions De La Table Ronde 3 janvier 2020 208 pages Historique Chronique 30 avril 2023 Version illustrée des oeuvres de Jean Fouquet P rix Vialatte - Prix de l'Académie française Maurice Genevoix - Prix Terre de France - Grand Prix catholique de littérature - Prix Fulbert de Chartres. Lecture du début de cet ouvrage enregistrée en vidéo sur Eva Impressions littéraires et Eva Résonances littéraires : « L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie... » Charles De Gaulle, Message radiodiffusé du 22 juin 1940 « ...tous hommes n'ont pas bon sens rassis... » François Villon, Épitaphe Et heureusement que tous les témoins de l'infamie que fut le procès à charge de Jeanne d'Arc n'ont pas perdu tout sens de l'honneur, tout sens de la vérité et de la justice. Guillaume Manchon, notaire à Rouen, en cette fin d'août 1449, est de ces êtres qui ne supportent pas le travail mal fait, les anomalies, les fautes, les mensonges qui pourraient jalonner les minutes d'un procès- verbal sous sa responsabilité. Ce sont souvent les invisibles, comme cet homme œuvrant en toute discrétion dans l'ombre de la librairie archiépiscopale, qui font la différence, qui mettent sous la lumière les crimes des autres. Accusée d'hérésie, condamnée au bûcher par l'Eglise collaborant avec les Anglais, Jeanne d'Arc fut sacrifiée sur l'autel du pouvoir de certains et oubliée en raison de la lâcheté coupable de celui qui pourtant lui devait tout. Mais, ironie du sort, l'acte de condamnation n'entache pas que l'honneur de la jeune fille et de sa famille mais aussi celui de Charles VII, l'amnésique : si Jeanne est hérétique alors son sacre à Reims n'est qu'une vaste comédie et son règne une bouffonnerie. Fort de l'amour d'Agnès Sorel, Charles VII est devenu un autre homme plus sûr de lui car se sentant aimé.... Déjà en 1435, quatre ans après la mort de Jeanne, alors que les anglais sont presque tous morts ou repartis sur leur île, l'on s'inquiète de mettre en ordre les archives et le compte rendu des évènements ayant mené à l'assassinat de la Pucelle. Un certain Thomas de Courcelles est diligenté à Rouen pour relire et compléter avec Guillaume Manchon le fameux procès-verbal. Thomas de Courcelles qui a l'oreille du roi mais fut juge au procès. Or, certaines informations contenues dans ce document sont explosives... Commence alors un thriller politique de quatorze ans, passionnant, incroyable, jusqu'à la réhabilitation totale de la jeune femme sans laquelle la Guerre de Cent Ans ne se serait pas terminée ainsi. À lire absolument ! Vous allez frissonner... Quatrième de couverture Novembre 1449, dix-huit ans après la condamnation pour hérésie de Jeanne d’Arc, Charles VII chasse les Anglais de Rouen. La fin de la guerre de Cent Ans est proche : il faut achever la reconquête du territoire, panser les plaies des provinces dévastées et réconcilier les partis engagés dans la guerre civile. Promettant le pardon et l’oubli, le roi ordonne pourtant une enquête sur le procès de 1431. Malgré la résistance d’une partie de l’Église et de l’Université, quelques hommes opiniâtres, rusant avec la raison d’État, vont rechercher preuves et témoins pour rétablir la vérité, le droit et l’honneur de la jeune fille. Après Le Bon Cœur, Michel Bernard relate l’histoire d’une poignée d’hommes en quête de justice. Bouleversés par la parole qu’ils découvrent dans les actes du procès, ils conduiront Charles VII à rendre à Jeanne un peu de ce qu’elle lui a donné. Chez cet homme insaisissable qui fut un grand roi, ils feront jouer au bon moment le bon ressort. Il a le visage d’Agnès Sorel, la beauté morte fixée par Jean Fouquet. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Memory

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Memory Arnaud Delalande Cherche Midi 2021 320 pages Thriller Chronique 1 octobre 2021 « J'ai eu tort, je suis revenue Dans cette ville, au loin, perdue Où j'avais passé mon enfance... J'ai eu tort, j'ai voulu revoir Le coteau où glisse le soir Bleu et gris, ombre de silence... » Barbara, Mon enfance, Le Soleil noir, 1968 Ouverture sur Marcus a moto qui fuit une berline. Vite atteindre l'aéroport d'Annecy ! Trop tard, une mère et son enfant traversent soudain, pas de possibilité de freiner... L'accident, le trou noir. « L'Éternel est mon berger. Je ne manquerai de rien. Grâce à Lui, je me repose dans des prairies verdoyantes, et c'est Lui qui me conduit au bord des eaux calmes. » Enterrement au cimetière des Îles, toujours à Annecy. Jeanne notre héroïne enterre son père adoptif Guy peu de temps après le décès de Alice sa deuxième mère. Les fractures de l'âme se rouvrent, les flashs sont de plus en plus nombreux. Insomnie, prescience d'une catastrophe à venir. Le père ne savait plus rien, Alzheimer ayant frappé, Jeanne commence à se souvenir de sa petite enfance avant, avec ses parents de naissance. Dîner avec les proches dans la maison de famille, Franck Ruffier son ami, son supérieur hiérarchique, le commissaire est là ainsi que Davy Maurice son partenaire. Jeanne Ricœur est lieutenant, comme Guy, après avoir eu une adolescence difficile, révoltée. Musique : « Erbarme dich, mein Gott « de J. S. Bach extrait de la Passion selon Saint Matthieu. « Prends pitié de moi, Seigneur » est un leitmotiv qui ponctuera tout ce récit comme un mantra protecteur face aux épreuves qui attendent Jeanne. Dans un tiroir, son dossier d'adoption... Le puzzle va-t-il se reconstituer ? « Pourquoi suis-je donc revenue Et seule, au détour de ces rues J'ai froid, j'ai peur, le soir se penche Pourquoi suis-je venue ici, où Mon passé me crucifie Elle ne dort jamais mon enfance ? » Réveil brutal dans le monde actuel, la délinquance, les crimes, les délits... Si seulement elle n'avait pas des bouffées d'angoisse ! Jeanne est en apnée, il lui faut une vraie première enquête pour acter sa promotion toute fraîche. Franck le lui a promis et effectivement il tient parole, direction, dans une ambiance très Stephen King, une clinique au milieu d'une forêt désenchantée, son nom : Harmonia. « Erbarme dich, mein Gott » Jeanne voit en superposition sur l'image qu'offre le centre psychiatrique Harmonia, celle du Foyer Sainte Cécile où elle fut conduite à quatre ans. Jeanne est paumée, lutte pour revenir à aujourd'hui, maintenant. Ce qui les attend, elle et l'équipe de policier est un microcosme étrange, particulier, une unité pilote où sont hospitalisés des malades n'ayant plus de mémoire immédiate, souffrant d'amnésie antérograde. Un pendu, huit témoins avec une mémoire de poisson rouge.... suicide ou crime parfait ? Décidément le destin se moque de Jeanne, celle dont les souvenirs de ses premières années fichent le camp. Huis clos en partie, ce thriller, construit autour du thème de la mémoire mais pas seulement, vous emportera au limite de la folie, celle qui se cache derrière des apparences maîtrisées qui soudainement se fissurent. Se sont ses moments de craquage que le lieutenant va devoir traquer, repérer... Qui était le mort Marcus, qui sont les autres patients, doit-elle se méfier du personnel soignant, de la Directrice ? Un voyage au bout d'une longue nuit psychologique et mémorielle qui peut-être mènera à la lumière ? Quatrième de couverture Un patient est retrouvé pendu dans une clinique spécialisée perdue dans la montagne. Un suicide qui a tout l'air d'un meurtre déguisé : huit personnes ont assisté à la scène. Un homme mort, huit témoins, un huis clos, voilà une enquête facile ! Mais les résidents souffrent d’une amnésie bien particulière : leur mémoire n'excède pas six minutes. En plein deuil de son père adoptif, Jeanne Ricœur, jeune inspectrice de police, hérite de cette affaire impossible. Elle découvre une étrange communauté de patients au quotidien hanté de post-it et de mémos. Elle essaie de reconstituer le puzzle du drame, mais ses propres démons refont surface et bientôt, on la menace… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Vagabond

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Vagabond Franck Bouysse La Manufacture de Livres 2016 127 pages Thriller Chronique 7 octobre 2018 Quelle écriture ! Texte court, ciselé, plus onirique à certains moments que ceux lus précédemment, comme un blues au bord du Mississippi. La nuit parisienne, les cachetons pour quelques soirs, une femme au fond de la salle qui capte le regard, un cœur fracassé incapable de se remettre à battre, une guitare dormant dans son étui avec une arme, un désespoir sidéré, une vision floue des choses à travers un verre de whisky... L'homme est sur une pente dangereuse déjà au départ, une affiche annonçant le concert de son amour perdu n'arrange rien. Il reste obscurité, elle est lumière. " L'homme est traqué. L'homme joue du blues chaque soir dans un obscur bar de la rue des Martyrs. Lorsqu'il dérive vers son hôtel, au milieu de la nuit, il lui arrive de dialoguer avec des clochards et autres esprits égaré. Il lui arrive de s'effondrer sur les pavés des ruelles antiques et de s'endormir, ivre ou épuisé. Il lui arrive aussi de ne jouer sur scène que pour une femme qu'il semble le seul à voir. Mais l'homme est traqué. Pas par un tueur. Ni par un flic. Quelque chose comme des ombres." Quatrième de couverture La journée, il erre dans les rues et s’arrête parfois pour écrire des chansons, voyant à peine ceux qui sillonnent la ville d’un pas pressé. Ses soirées, il les passe à jouer du blues dans les cafés, habité par sa musique. La nuit, il rejoint son hôtel miteux pour dormir, pour rêver à Alicia, celle avec qui il y a quinze ans il partageait la scène, celle qui est partie et lui a brisé le cœur. Et justement Alicia est en ville pour y chanter. L’apparition de ce fantôme va pousser l’homme à replonger dans son passé, dans son enfance et ses mystères. Errant sur les traces de ce vagabond, Franck Bouysse nous entraîne sur une trajectoire incertaine, guidés par une voix littéraire profonde et puissante, dans une mélopée poétique qui côtoie autant l’ombre que la lumière. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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