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  • Les Nuits de la Peste

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Nuits de la Peste Orhan Pamuk Gallimard Mars 2022 683 pages traduites par Julien Lapeyre de Cabanes Polar Historique Chronique 24 décembre 2022 Un ouvrage de Orhan Pamuk est toujours multiple : grande fresque historique, roman d'amour passionné, et ici polar politique bien tortueux.Le texte est dense, somptueux, le dépaysement total, la réjouissance littéraire au summum. Tout en mettant en scène des êtres de fiction sur une île imaginaire, l'auteur traite de sujets réels et rapporte des faits historiques avérés. Dans ce contexte d'épidémie de peste en 1901 se déclarant sur l'île de Mingher après avoir frappé Smyrne, l'on ne peut être que stupéfait par la pertinence et l'actualité de certaines situations et de certains comportements décrits par Orhan Pamuk ; malheureusement rien ne change, aucune leçon du passé ne porte ses fruits. Cette peste est l'élément déclencheur de tout un mécanisme menant inexorablement à la chute d'un monde, d'une dynastie, d'un mode de gouvernance. Le signal pour l'Europe de la curée sous couvert de bienveillance hypocrite et de blocus sanitaire indéfendable. Le texte est riche, beau, d'une somptuosité telle que quelques pauses m'ont été indispensables pour venir à bout de cette épopée extraordinaire et intime, de près de 700 pages. Les digressions n'en sont pas, plutôt des chemins de traverse permettant de mieux contextualiser cette histoire. L'autrice de ce récit, comme elle se présente en ce début de roman, est émotionnellement et intimement liée au destin de la nièce du Sultan en place Abdülamid II, la princesse Pakizê, et de son mari, le docteur Nuri, spécialiste en épidémiologie. Ils sont le couple phare de ce roman auquel l'on revient toujours après s'être attaché à d'autres personnages. Les lettres que Pakizê envoie à sa sœur ainée restée à Istanbul forment la trame à partir de laquelle l'écriture sera possible. Un savant et délicat mélange de vrai et de faux, de réalité et de légende.... Des mots qui résonnent particulièrement en ces jours de clair obscur, de crise sanitaire, politique et systémique. Le dénouement est magnifique, intemporel comme tout ce roman, comme l'œuvre de Orhan Pamuk. Quatrième de couverture En avril 1901, il se murmure que la peste s'est déclarée à Mingher, une île au large de Rhodes sur la route d'Alexandrie. Deux éminents spécialistes des épidémies sont dépêchés sur place par le sultan Abdülhamid II. La maladie infectieuse est rapidement confirmée mais imposer des mesures sanitaires représente un véritable défi, en particulier lorsqu'elles se heurtent aux croyances religieuses. Dans cette île multiculturelle où musulmans et orthodoxes tentent de cohabiter, la maladie agit comme un accélérateur des tensions communautaires. Et si l'union était rendue possible par la construction d'une identité nationaleAffaiblie par les contagions croissantes mais vive dans ses élans révolutionnaires, Mingher, "perle de la Méditerranée orientale", va connaître des mois décisifs pour son histoire et voir son destin bouleversé.Avec un talent de conteur hors pair, Orhan Pamuk fait de cette île imaginaire, minutieusement dépeinte, le théâtre d'une grande fresque historique où s'amorce la chute de l'Empire ottoman. Mêlant habilement fiction et réalité, atmosphères funestes et élans amoureux, Les nuits de la peste est un roman grave et tendre qui nous montre comment une situation de crise peut devenir le terreau d'une révolution politique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Caves du Potala

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Caves du Potala Dai Sijie Gallimard Septembre 2020 192 pages Historique Chronique 5 mai 2022 Je lisais ce texte et résonnait en moi le deuxième mouvement de la symphonie numéro 3 de Henryk Górecki, joué par un orchestre à cordes, interprété par une soprano, dont le texte est une prière gravée sur le mur d'une prison où étaient enfermées des victimes du nazisme. Des tessitures les plus graves à la lumière resplendissante des aiguës. Une splendeur ! Une révélation ! La beauté et la foi plus fortes que la barbarie, armes douces pour vaincre l'inhumanité, l'indicible, le Mal. Le chemin fut long pour Bstan Pa, petit garçon aux dons de dessinateur hors du commun choisi pour suivre l'enseignement d'un maître, peintre du sacré honorant dans ses œuvres les déités et Bouddha. Un parcours ardu, initiatique, vers la sagesse, vers la maîtrise totale de son art qui consiste à peindre des représentations sacrées... Il est nommé peintre du Dalaï lama, a toute sa confiance, et est le témoin privilégié des évènements qui vont secouer le Tibet, le menant sur les routes, dans d'autres pays, auprès d'autres souverains, dans divers temples, jusqu'à ce jour fatidique de 1968 qui marquera le début de son calvaire dans les caves du Potala où peut s'exprimer toute la haine, la bêtise, le sadisme de son bourreau, un jeune des brigades communistes rebaptisé le Loup. Plus la fureur se déchaîne, plus Bstan Pa s'envole vers ses souvenirs, bien au-dessus de ces sous-sols. Un monde d'harmonie, de beauté, de recherche de perfection, obéissant à des rites ancestraux, baigné de magie et de spiritualité nous est alors offert par Dai Sijie, écrivain cinéaste, grâce à des descriptions d'un esthétisme et d'une finesse inégalés. La sensualité n'est pas absente de la vie ascétique de notre peintre, chaque mouvement de son pinceau est autant de caresses données à nos âmes, chaque regard est un frôlement, chaque couleur une vibration. Nous nous détachons peu à peu avec lui du charnel pour atteindre un autre niveau de compréhension de l'univers, bien au delà des contingences matérialistes, temporelles et anecdotiques qui animent tous les dictateurs, destructeurs de nos sociétés.L'horizon s'élargit brusquement pour devenir infini, espace de tous les possibles. Oui, un roman aussi puissant, bouleversant, essentiel que le deuxième mouvement de la Symphonie n°3 de Henryk Gorecki. Quatrième de couverture « 1968, palais du Potala au Tibet. L'ancienne demeure du dalaï-lama est occupée par une petite troupe de très jeunes gardes rouges fanatisés, étudiants à l'école des beaux-arts, menés par un garçon particulièrement cruel, "le Loup". Dans les anciennes écuries du palais, Bstan Pa, ancien peintre du dalaï-lama, est retenu prisonnier. Le Loup veut lui faire avouer sous la torture ses crimes contre-révolutionnaires. Alors que les jeunes gardes rouges profanent les plus hautes oeuvres d'art bouddhique, le vieux peintre se remémore une existence dédiée à la peinture sacrée. Il se souvient de son apprentissage auprès de son maître, des échelons gravis grâce à son talent exceptionnel jusqu'à approcher les plus hautes autorités religieuses et participer à la recherche du nouveau tulkou, l'enfant appelé à succéder au défunt dalaï- lama. Que peut la violence des hommes contre la beauté ? Dai Sijie nous fait pénétrer dans un univers d'harmonie et de méditation, nourri par l'évocation d'une tradition séculaire très raffinée que l'écrivain connaît à la perfection. Empreint d'une sensualité étonnante dans la description de l'art tibétain, ce nouveau roman de l'auteur de Balzac et la Petite Tailleuse chinoise procure un sentiment de dépaysement absolu dans l'espace et dans le temps. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le dernier Hyver

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le dernier Hyver Fabrice Papillon Belfond Octobre 2017 613 pages Thriller Chronique 15 juillet 2018 Le Dernier Hyver (Belfond, 2017), il a reçu le prix du Meilleur Polar 2018 des lecteurs de Points. En couverture, la reproduction du tableau fabuleux de Klimt « Hygie, déesse de la médecine ». Aussi sur ma page Eva Impressions littéraires : Heureuse d'avoir lu ce livre très complet, érudit mais sans fatuité, foisonnant, dense, passionné et passionnant, une grande fresque historique de 415 après Jésus-Christ jusqu'à aujourd'hui et même dans le futur. D'une extrême clarté quant à l'exposition des différentes théories et pensées philosophiques, alchimiques, métaphysiques et scientifiques, des évènements passés et présents, ce roman policier est servi par une construction judicieuse. Amusant puisque l'enquête de la Crim commence le 11 juillet 2018 et, pendant ma lecture j'entendais au dehors les pétards, cris et klaxons du 14 juillet puis de la victoire des bleus. A la fin de ce récit épique, j'ai mille sept ans, je me sens forte de toutes les expériences incroyables vécues par les femmes et hommes célèbres ou non de ce roman à travers le temps, je me sens fière de mon état de Femme, je suis confortée dans mes opinions, mes connaissances de l'Histoire de l'humanité grâce aux fictions, essais, biographies lus ces dernières années, et de plus de l'analyse que j'en fais au final. Je retrouve dans ce thriller des échos et références à tous ces ouvrages. J'ai la même joie qu'à la fin de la lecture de Jean d'Ormesson, grâce au rappel de ce que je peux savoir, et l'enrichissement de mes connaissances. Ma curiosité a été nourrie. De plus j'ai tremblé de peur, d'effroi, de bonheur, de stupeur.... Que demander de plus ? A la richesse des données adroitement distillées par un auteur qui jamais ne nous fait nous sentir ignorant, ce talent n'est pas donné à beaucoup de monde, ajoutons le côté ludique bien que sombre de l'enquête. Un sacré jeu de piste.... Et nous voilà face à un roman complet parfaitement équilibré, mené adroitement jusqu'à une conclusion étonnante et quelque part logique, ( souhaitable ?!?), servi par une écriture colorée et truculente dans les dialogues, presque lyrique dans les chapitres ayant trait au passé. La construction maline de mettre en parallèle 2018 et des flashbacks de 415 après Jésus-Christ à aujourd'hui, rend la progression de la narration claire, facile et attrayante. Peu à peu Fabrice Papillon nous informe sur le but réel poursuivi par ces missionnaires à travers les temps, lentement dévoilé en son ensemble. Et on frissonne de peur, les raisons sont louables, les méthodes beaucoup moins. Nous sommes face à des extrémistes, attention des limites sont franchies ! Ce roman est aussi un hommage rendu à tous les penseurs, scientifiques, philosophes, littérateurs qui prirent le risque d'affronter l'Eglise, l'Inquisition, la mort, et une louange à toutes ces femmes érudites, intellectuelles, qui furent réduites en général au silence et à l'oubli par des sociétés patriarcales successives. Peu ont vu leurs noms passer à la postérité comme Marie la Juive, première philosophe, Émilie du Châtelet, mathématicienne, femme de lettres, physicienne, Rosalind Franklin immense chercheuse spoliée de ses découvertes.... trois figures que je ne connaissais pas ou mal pour ma part. J'ai adoré croiser les pas de Hypathie d'Alexandrie en 415 ap. JC, de Synesius son disciple et futur évêque catholique, puis par le biais de leurs œuvres, Plotin, Lucrece, par leur légende Hermès Trismégiste, par leurs aventures, Poggio Bracciolini, le fabuleux Leonardo da Vinci rencontrant le tout jeune Paracelse remettant courageusement en question Galien et la médecine de l'époque, John Dee, mage et conseiller de Elisabeth Ière, Nostradamus et Ambroise Paré, Voltaire venu récolter les dernières paroles d'Isaac Newton, et d'Émilie du Châtelet sa maîtresse, géniale et fantasque scientifique, de Antoine Laurent de Lavoisier et son épouse, de Rosalind Franklin, de Marie Curie et sa fille jusqu'à notre héroïne Marie, héritière de tous ces illustres prédécesseurs dans la transmission d'un ouvrage mystérieux, la clef de toute connaissance, la quintessence du savoir, un Codex du Vème siècle, enrichi d'année en année par la somme des recherches, écrits et trouvailles de tous ces êtres éclairés, courageux, poursuivant le même but. Mais lequel ? J'ajoute enfin, que vous visiterez d'une façon très originale un quartier au sud de Paris que vous ne soupçonnez pas. Formidable odyssée que ce thriller ! L'alchimie à parfaitement réussi avec moi. Dans la bibliographie donnée par l'auteur je retrouve les biographies de Elisabeth Ière, « Quattrocento » de Stephen Greenblatt concernant « de rerum Natura » de Lucrece ; j'ajoute les policiers historiques de Henri Loevenbruck, pour une ouverture philosophique « Le clan Spinoza » de Maxime Rovere, le dernier opus de Ken Follet axé sur le règne élisabéthain, pour une connaissance accrue de l'histoire de la médecine « le huitième livre de Vésale » de Jordi Llobregat, et les biographies des illustres personnages de ce roman, Mary Tudor, Marie de Médicis, François Ier, etc... Quatrième de couverture "Août 415 après JC : la ville d'Alexandrie s'assoupit dans une odeur âcre de chair brûlée. Hypathie, philosophe et mathématicienne d'exception, vient d'être massacrée dans la rue par des hommes en furie, et ses membres en lambeaux se consument dans un brasier avec l'ensemble de ses écrits. Cet assassinat sauvage amorce un engrenage terrifiant qui, à travers les lieux et époques, sème la mort sur son passage. Inéluctablement se relaient ceux qui, dans le sillage d'Hypatie, poursuivent son grand œuvre et visent à accomplir son dessein. Juillet 2018 : Marie, jeune biologiste, stagiaire à la police scientifique, se trouve confrontée à une succession de meurtres effroyables, aux côtés de Marc Brunier, commandant de police de la " Crim" du quai des Orfèvres. Peu à peu, l'étudiante découvre que sa propre vie entre en résonance avec ces meurtres. Est-elle, malgré elle, un maillon de l'histoire commencée à Alexandrie seize siècles auparavant ? Quel est ce secret transmis par Hypathie et au centre duquel se retrouve Marie ? 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  • Le démon de la colline aux loups

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le démon de la colline aux loups Dimitri Rouchon-Borie Le Tripode Attila Janvier 2021 192 pages Thriller Chronique 20 février 2022 Un murmure dans l'obscurité, une confession chuchotée, un homme-enfant en urgence de raconter sa vie, sans presque de ponctuation, sans virgule, sans respiration en apnée, les mots s'entrechoquent, vite, il n'a pas de temps devant lui, il a le passé et le présent, il y a lui, sa solitude, les ressentis, la chaleur, les autres entités, les mots enfin , les noms, la lumière, et puis la Colline aux loups sur laquelle se dresse la maison-prison-enfer du petit et de sa fratrie. Un couple règne sur ses innocents, un tandem monstrueux qu'on ne peut nommer « parents ». Simplement, directement, sans violence, Duke narre ce qui ne peut l'être, l'indicible ... Mais lui trouve les mots, son pragmatisme, sa sidération encore présente, le fait de n'avoir pas utiliser de « parlement », de langage construit pendant longtemps, d'avoir été gardé en état de « sauvagerie », a décuplé sa capacité à ressentir. Ce qui se passe dans la cuisine le change à jamais, il est persuadé que le Diable est là sur cette Colline aux loups, qu'il est entré en lui, qu'il le possède, le Mal qui soudain se réveille et prend toute la place dans son corps et prend le contrôle. Le mal qu'il a subi l'a mené jusqu'à cette prison, jusqu'à cette table où il tape le texte que vous lisez. Le Diable lui a soufflé à l'oreille que jamais il ne s'échapperait, que la tendresse, l'affection, le bonheur, ce n'est pas pour lui. Et pourtant, dans cette longue nuit, des moments lumineux comme de brefs éclairs de joie, de possible, illuminent son visage. Votre cœur sera brisé, votre conscience de lire un roman singulier, viscéralement nécessaire, sera pleine. Si, lui, prend le risque de remettre les cicatrices à vif, de marcher à nouveau sur le fil du rasoir, c'est aussi pour mettre des mots sur l'impensable, pour graver la vérité, la traquer et comprendre comment il a fini dans cette cellule. Ce témoignage fictif, premier roman de Dimitri Rouchon-Borie, troublant de réalisme, a été distingué par de nombreux prix. À découvrir absolument. Quatrième de couverture « Un homme se retrouve en prison. Brutalisé dans sa mémoire et dans sa chair, il décide avant de mourir de nous livrer le récit de son destin. Dans une langue aussi fulgurante que bienveillante, il raconte son enfance perdue, sa vie emplie de violence, de douleur et de rage, d’amour et de passion, de moments de lumière... Il dit sa solitude, immense, la condition humaine. » Un premier roman étourdissant, une révélation littéraire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le club des pendus

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le club des pendus Tony Parsons La Martinière Fin 2017 328 pages traduites par Anne Renon Thriller Chronique 20 mai 2018 « Il y avait déjà foule sur la place ; les fenêtres étaient encombrées de gens occupés à fumer ou à jouer aux cartes pour tuer le temps ; on se bousculait dans la foule, on se querellait, on plaisantait : tout était vie et mouvement, sauf un amas d'objets sinistres qu'on apercevait au centre de la place : la potence, la trappe fatale, la corde, enfin tous les hideux apprêts de la mort. »Charles Dickens, Oliver Twist. « La peine capitale n'apporte rien de plus que la vengeance », Citation de Albert Pierrepoint qui sert d'exemple dans ce livre aux quatre membres de ce club particulier, ces quatre bourreaux qui vont décider d'appliquer une peine de mort, abolie depuis 1969, afin de palier aux manquements du système judiciaire anglais.Albert Pierrepoint, lui, savait de quoi il parlait car il fut le bourreau le plus célèbre d'Angleterre au milieu du XX ème siècle, exécutant avec une grande précision 435 personnes dont 202 nazis, coupables de crime de guerre. Pendre fut donc un art pour cet homme. La vengeance laisse un goût de fiel, ne fait pas revenir les morts, ne soigne pas les victimes détruites à vie.C'est ce qu'on dit !Donne-t-elle vraiment un sentiment de justice ? Certains pensent : « Quel mal y-a-t-il à se venger ? » , comme dirait le personnage John Cage, dans le Black Museum de Scotland Yard, dont j'ai ajouté des photos, édifiant pour les aspirants policiers : un musée du crime en quelque sorte. Il règne une ambiance très particulière dans ce Polar british, très XIX ème siècle, où la potence était montée et démontée plus ou moins au même endroit, où on pouvait être exécuté pour le vol d'une pomme, où la prison de Newgate dressait ses hauts murs, lieu de lamentations, tortures, douleurs. Celle-ci fut détruite au début de XX ème siècle et pourtant, nous parviennent toujours les cris des condamnés, comme si, tapis sous nos pieds, les morts attendaient de revenir nous hanter. La loi du Tallion ! Sujet maintes et maintes fois au centre de nombreux thrillers, moralement comdamnable, nul n'est censé se faire justice. Quand les juges libèrent ou n'appliquent que des peines légères, sous des prétextes fallacieux invoqués par des avocats tendancieux reinterprétant la loi, à des violeurs d'enfants multi-récidivistes, à des chauffards, à des tueurs et criminels, à des traîtres se réjouissant de l'exécution ignoble de soldats sur le terrain, en appelant au terrorisme, que sont sensés faire les citoyens ? Rien ? Quand tous ces suppôts du Mal s'en sortent avec l'aide des tribunaux, que reste-il aux victimes, parents, enfants, amis ? Le Silence, et la haine au ventre sans aucun espoir de soulagement. Le fonctionnement des forces de police lors des enquêtes, le sentiment d'inutilité face aux criminels, le découragement des inspecteurs et de leur hiérarchie sont parfaitement décrits dans ces pages terribles. Ces zones de gris permanentes sont de moins en moins supportables. Alors un groupe de quatre vengeurs va frapper, une première vidéo va être diffusée, l'exécution par pendaison d'un violeur de jeunes filles condamné seulement à six ans de prison alors qu'une de ses victimes ne s'en remettra jamais. Devenu chauffeur de taxi, noyé dans la foule, il va pourtant être pisté, piégé, pendu. « La conscience du détective Max Wolfe le tourmente. La justice est-elle vraiment là où on le croit ? Qui sont ces citoyens- vengeurs ? Pour y répondre, Max devra s'enfoncer dans les entrailles de la ville, là où les vestiges du passé ont encore une emprise sur les vivants. Dans un Londres caniculaire, plus que jamais le Bien et le Mal de confondent. » Cependant pour lui, pour sa fille Scout, pour son âme, il va bien devoir résoudre cette sombre enquête et trouver le moyen de se positionner en tant que policier et être humain. Toujours la même question du degré de civilisation réelle de nos sociétés modernes ?Un très bon thriller particulier non par le thème, mais par son ambiance et son traitement en demies teintes. Les interrogations perdurent après la fin de ce roman. Quatrième de couverture A Londres, les bourreaux sont de retour. Ils ont décidé de rétablir la peine capitale. Ils forment un étrange club avec pour modèle le célèbre bourreau anglais Albert Pierrepoint, responsable de plus de quatre cent cinquante exécutions au siècle dernier. Et c'est par la corde qu'ils ont décidé de punir violeurs d'enfants, chauffards et autres délinquants qui réussissent à échapper au système judiciaire. La conscience du détective Max Wolfe le tourmente. La justice est-elle vraiment là où on le croit ? Qui sont ces citoyens- vengeurs ? Pour y répondre, Max devra s'enfoncer dans les entrailles de la ville, là où les vestiges du passé ont encore une emprise sur les vivants. Dans un Londres caniculaire, plus que jamais le bien et le mal se confondent. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Chaudron militaire turc

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Chaudron militaire turc Pinar Selek Editions des Femmes Antoinette Fouque 5 octobre 2023 104 pages Roman Chronique 6 octobre 2023 Un texte d'une puissance folle qui m'a mise KO. Je n'ai pas arrêté de penser au livre de témoignages incroyable de Jean-Philippe de Tonnac, « Éloge de la vulnérabilité des hommes », traitant des moyens mis en place par certains d'entre eux afin de sortir du carcan masculiniste qui leur est imposé par la société et l'entourage depuis la naissance. J'ai découvert Pinar Selek grâce à son roman merveilleux faussement léger et d'une grande poésie, « Azucena ou les fourmis zinzines ». Quittons le sud de la France direction la Turquie, laissons la fiction pour la réalité. Ici, la sociologue au regard éclairé et acéré pose avec une infinie bienveillance et une réelle générosité ses yeux sur des hommes en souffrance, broyés par le rouleau compresseur d'un masculinisme violent, brutal, primaire. Le service militaire est une occasion parfaite pour faire subir un véritable lavage de cerveau à ces gamins, ces jeunes hommes. Toutes les techniques de tortures physiques ou mentales pour les casser, les formater, les réduire à leur seul genre, sont utilisées. Effroyable ! Courage ou honnêteté de ces victimes devenues parfois bourreaux à dévoiler leurs peurs, leurs fragilités, leurs erreurs... leurs crimes aussi ... Bravoure incroyable d'une femme en danger de mort animée de la mission de partager encore et toujours ses recherches et conclusions. En traitant de la condition masculine évidemment est abordé le sort qui attend les femmes qui seront liées, mariées, à ces hommes fracassés.... Un livre dur, effrayant, indispensable et incontournable d'une finesse d'analyse sidérante. Un électrochoc ! Gratitude envers l'autrice, remerciements aux Éditions des femmes Antoinette Fouque pour leur confiance renouvelée. Quatrième de couverture Un exemple de production de la violence masculine Pınar Selek s’intéresse aux différentes étapes de la construction de la domination hégémonique masculine, essayant de « sonder les ténèbres qui font d’un bébé un assassin ». L’enquête de terrain initiale menée en 2007, l’avait conduite à rencontrer des hommes d’origines géographiques et de milieux sociaux très différents sur plusieurs générations ayant seulement en commun d’avoir été obligés de faire leur service militaire, obligatoire en Turquie. Ce fut l’objet d’un premier ouvrage, Service militaire en Turquie et construction de la classe de sexe dominante – Devenir homme en rampant (L’Harmattan, 2014). L’autrice y étudiait les différents mécanismes à l’œuvre pour formater les individus : dépersonnalisation, violence, soumission, absurdité et arbitraire d’ordres auxquels les jeunes appelés ne peuvent se soustraire, nationalisme et culte du pouvoir, de la force. Avec ce nouveau livre qui réarticule les éléments de ses recherches précédentes, Pınar Selek élargit sa réflexion, nourrie de références philosophiques à nos sociétés toutes entières, régies par un capitalisme effréné et un mépris à l’égard des femmes dans un contexte mondial de guerres et une montée des régimes autocratiques. Un texte fort et nécessaire. C’est dans un cadre très particulier, celui du système répressif turc, que Pınar Selek a mené son enquête, défiant la censure omniprésente. Exilée en France depuis 2011, elle est victime d’un acharnement judiciaire de la part de l’État turc depuis 25 ans et menacée de mort. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Villa des Lauriers-roses

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Villa des Lauriers-roses Teresa Simon City Editions 14 juin 2023 480 pages traduites par Stéphanie Alglave Historique Chronique 8 juillet 2023 Le best-seller international qui a séduit des centaines de milliers de lecteurs. " La raison plutôt que les sentiments. La tradition à la place de la passion. Et bientôt, mon tour viendra de les imiter. Mais ce sera sans moi ! " Tous les ingrédients sont là pour faire de ce roman l'incontournable de votre été. On s'y plonge et on ne le quitte plus. Basculant entre juin 1936 dans les pas de Sophie et mai 2016 dans ceux de Jule, tout se passe à Hambourg, ville littéralement détruite par les bombes alliées pendant la Seconde Guerre mondiale aujourd'hui cité riante où il fait bon vivre et se mettre en terrasse pour prendre un bon café accompagné de douceurs. Jule compte bien que son petit établissement, "Perlette à la plage", séduira une clientèle de plus en plus variée grâce à la qualité de ses cafés et de ses pâtisseries. Déjà, au cœur d'un quartier populaire et sympathique, quelques habitués sont tous les jours au rendez-vous. Mais cela ne suffit pas lorsque le bailleur décide brusquement d'augmenter le montant du loyer de façon substantielle. Bien qu'elle ait lancé une nouvelle activité consacrée à écrire la vie des autres en s'appuyant sur tous les documents et photographies que l'on puisse mettre à sa disposition, cela n'est pas suffisant pour remplir son portefeuille. Jule est très inquiète malgré l'aide de ses amis et sa capacité à rebondir. Elle aimerait prouver qu'elle n'est pas une dilettante. Peut-être qu'une nouvelle venue dans son café, Johanna, sera l'élément déclencheur du changement ? Être une jeune fille en 1936 issue d'une famille aisée de commerçants de café, alors que le national-socialisme gagne du terrain, n'est pas une sinécure. D'autant plus lorsqu'on est secrètement amoureuse de Hannes, le fils de la cuisinière et que le petit frère Lennie se transforme en un triste représentant de la jeunesse hitlérienne. Sophie ne pense qu'à son amoureux, les hormones en folie, peu portée sur les études malgré l'aide de son meilleur ami Malte, un génie handicapé d'une jambe. En ces heures sombres, Sophie doit répondre aux exigences de son milieu et des nouveaux dirigeants du Reich. Tout se délite sous ses yeux ; ce n'est que le commencement, les éléments de la tragédie future se mettent inexorablement en place. L'ombre d'un certain Moers plane sur elle et ses amis, un être malsain et puissant lui faisant peur. L'ambiance est anxiogène, comme avant une catastrophe. Pourra-t-elle faire sienne la maxime gravée au fronton de la Villa des Lauriers ? « Dum spiro spero » « Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. » De Marcus Tullius Cicero, 106-43 avant J.-C. Sophie va devoir affronter et traverser des épreuves auxquelles sa jeunesse dorée ne l'a pas préparée. Le miroir des apparences va se briser, des vérités vont surgir comme d'une boîte de Pandore. Quel lien y-a-t-il entre une trentenaire de 2016 et une très jeune fille de 1936 ? Comment va-t-il se nouer ? Du bel ouvrage magnifiquement maîtrisé de bout en bout, un scénario au cordeau soutenant un suspense et une tension jusqu'aux révélations finales, des personnages très bien campés et attachants, une plongée dans le monde du café tout à fait passionnante, beaucoup de scènes vives et colorées concernant les aventures de Jule pour contrebalancer les ténèbres cernant Sophie. À mettre dans son sac ou sa valise absolument. En plus, l'autrice vous offre de délicieuses recettes de desserts en toute fin. Que demander de plus ? Quatrième de couverture À l'aube de la Seconde guerre mondiale, la jeune Sophie, fille d'un influent marchand de café de Hambourg, vit confortablement dans la luxueuse villa familiale. Les réceptions et les fêtes se succèdent, surtout pour trouver un bon mari à Sophie. Tandis que la jeune femme tente de faire bonne figure et de sourire aux invités, Hannes, le fils de la cuisinière, fait le service. Il est le confident de Sophie depuis leur enfance. Et au fil du temps, le sentiment très fort qui les a toujours liés s'est transformé. Mais comment une fille de la classe supérieure pourrait-elle imaginer épouser un homme qui n'a rien à lui offrir ? Un jour, le monde bien ordonné de la Villa des Lauriers-roses se fissure. Alors que le chaos de la guerre approche, Sophie découvre que ses parents dissimulent depuis des décennies un lourd secret. Un secret qui va bouleverser le destin de la jeune femme. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La maîtresse du peintre

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maîtresse du peintre Simone Van der Vlugt Philippe Rey Juin 2020 298 pages traduites par Guillaume Deneufbourg Historique Chronique 15 novembre 2020 En couverture : Jeune femme derrière une porte à battant, 1645, de Rembrandt Van Rijn :J'ai lu ce roman historique comme un thriller : il faut avoir le cœur solide devant un tel destin, une telle infamie. On ne devrait pas connaître la vie des artistes, quelques fois, afin de pouvoir continuer à admirer leurs œuvres en toute ignorance. Ou peut-être au contraire cela apporte-t-il un éclairage nouveau et plus large sur les représentations peintes, en les remettant dans leur contexte. Geertje Dircx est passé dans les oubliettes de L'Histoire et quand on se souvient d'elle, c'est pour lui faire un procès à charge ou l'insulter, quitte à mentir sur les faits et plus grave sur la teneur d'un document officiel. Des historiens, des directrice de cabinet d'estampes, des sommités, ont tout fait pour que le prestige du grand héros des Pays-Bas, Rembrandt, ne soit pas écorné. On se trouve ici dans la situation que nous avons tous connue : un couple se sépare, lui est charismatique, elle sa maîtresse, et tout le monde y va de son interprétation, certains apportent leur aide au monsieur, font de fausses attestations, tout est bon pour le grand artiste caractériel qui s'est lassé de sa compagne et veut en prendre une plus jeune. C'est son droit, sa liberté..... et si elle résiste, fait des histoires, cela devient insupportable, trouvons un moyen radical afin de l'éliminer du tableau : Rembrandt ira très loin, il fera emprisonné Geertje Dircx, la nourrice de son fils depuis huit ans donc la seule figure maternelle pour le petit Titus, également sa compagne et son assistante dans la gestion du magasin et des comptes, la femme qui a reçu de lui une bague et des bijoux de sa première épouse Saskia, en gage de son amour. Jamais il ne l'épousera car selon le testament de sa femme défunte cela lui est interdit s'il ne veut perdre l'usufruit de l'héritage de son fils. On se laisse imaginer une fin toute autre si Geertje avait eu le bonheur d'enfanter... Il aurait dû l'épouser tout de même. Pour rester avec lui elle accepte de passer pour une putain, de se présenter devant le consistoire afin de répondre de ses mœurs dépravées, de son concubinage hors lien du mariage avec le grand artiste. Quelle malchance pour Rembrandt et ses défenseurs que les archives municipales soient publiques depuis 1965 et que donc, toutes les pièces du dossier d'instruction, les documents notariaux soient aujourd'hui consultables par des chercheurs et historiens sérieux souhaitant présenter honnêtement les faits et rien que les faits. Ce n'est pas juste une réputation écornée que récolte Rembrandt, c'est bien pire. D'autant plus que l'écrivaine prend toutes les précautions pour ne pas tomber dans le piège de broder afin de remplir les vides. Non, elle reste au plus près de ce qui est dit dans les documents municipaux, notariaux, judiciaires.Lorsqu'elle prend des libertés, elles sont somme toute, secondaires ou fruits d'une déduction logique. Ainsi, afin de rétablir l'équilibre sur les plateaux de la justice et réhabiliter une femme qui ne méritait nullement une telle réputation à travers les siècles, Simone van der Vlugt lui redonne voix et en fait la narratrice de sa vie en commençant par son arrestation brutale pour être enfermée douze ans à la prison pour femmes de Gouda. Douze ans ! Aucune prostituée, arnaqueuse, ne se verra condamnée à une peine aussi lourde. Quelles sont les charges ? Qui peut vouer une telle haine à Geertje ? Le portrait que trace peu à peu l'écrivaine de Rembrandt est terrifiant, pourtant corroboré par des témoignages de ses proches, voisins, par les lettres et documents ayant trait à tous les procès qu'il a intentés....Un immense artiste qui ne peut plus cacher l'homme détestable, pervers, violent, emporté, menaçant dès lors qu'on ne lui obéit pas. Ce roman biographique comprend également un dossier reprenant les faits historiques incontestables, nous soumettant les traductions complètes des actes notariés ou déclarations écrites, de la levée d'écrou, etc ... Retenez bien ce nom, Geertje Dircx, celui d'une femme du XVII ème siècle qui se bat pour sa liberté, pour ne plus être écrasée, méprisée, tout en reconnaissant ses erreurs..... Quatrième de couverture L'histoire saisissante et vraie de Geertje Dircx, maîtresse désavouée du peintre Rembrandt, ici réhabilitée. Un jour de juillet 1650, Geertje Dircx est arrêtée par la ville d'Amsterdam, poussée de force dans une voiture et conduite à la Spinhuis de Gouda, maison de correction pour femmes où elle restera enfermée douze ans. À l'origine de cette arrestation aussi brutale qu'inattendue, Rembrandt van Rijn, l'amant de Geertje. Jugée par contumace, elle revient depuis sa cellule sur les années qui ont précédé son arrestation et sur son idylle avec le célèbre peintre. De milieu modeste, veuve à tout juste trente ans, Geertje entre au service de Rembrandt en tant que nourrice de son fils Titus. La femme du peintre, Saskia van Uylenburgh est alors alitée, souffrant selon toutes les apparences de la tuberculose, maladie dont elle ne se remettra pas. La mort de cette dernière laisse Geertje maîtresse de maison. La cohabitation laisse très vite place à l'amour, Rembrandt trouvant paix et réconfort dans les bras de la nourrice. Les deux amants vivent ainsi durant plusieurs années une liaison scandaleuse, hors mariage. Mais les belles choses ont une fin, dit- on, et Geertje en fera la douloureuse expérience avec l'arrivée de Hendrickje Stoffels dans la maisonnée, dont le charme éblouit Rembrandt... S'appuyant sur des documents historiques et des sources sérieuses, La maîtresse du peintre redonne voix à Geertje Dircx, injustement désignée par l'histoire comme une profiteuse et une déséquilibrée. À l'encontre de l'image répandue d'un artiste visionnaire et intouchable, Simone van der Vlugt dresse de Rembrandt le portrait d'un homme sombre et manipulateur. Un roman formidable et puissant qui redonne sa place à une femme réduite au silence car jugée trop gênante. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La petite Boutique aux Poisons

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La petite Boutique aux Poisons Sarah Penner Faubourg Marigny Octobre 2021 405 pages traduites par Laura Bourgeois Thriller Historique Chronique 12 septembre 2022 « Je jure solennellement devant Dieu, Créateur de toutes choses... De ne pas révéler les mystères du métier à des ingrats ou à des inconscients De ne jamais divulguer les secrets qui me seront confiés.... De ne jamais administrer de poisons... De désavouer et de fuir comme la peste les pratiques scandaleuses et pernicieuses des charlatans, de la secte empirique, et des alchimistes.... Et de ne jamais conserver de remèdes rances ou nuisibles dans mon officine. Que la bénédiction divine perdure, tant que je suivrai ces ordres ! » Ancien serment d'apothicaire Mais que se passerait-il si une apothicairesse décidait par désespoir, par colère, par désir de vengeance et de protéger et aider les autres femmes, ses sœurs dans le malheur, de rompre ce serment ?Qu'arriverait-il à celle qui ferait la promesse d'apporter une solution définitive aux victimes des hommes en ces années 1791 où le patriarcat règne en maître absolu sur la société ? Qu'adviendrait-il de son âme si en fournissant des poisons à des épouses, sœurs, mères, maîtresses de mâles coupables, elle contrevenait criminellement au serment d'apothicaire auquel elle devrait obéir aveuglément ?Au fond des quartiers sombres londoniens, Nella, fille d'une apothicairesse, après une trahison et une perte insupportables a basculé dans le crimes en série. Sa petite boutique au fond d'une ruelle cachée derrière un faux mur est bien connue de toutes les femmes en quête de liberté, d'honneur, de revanche.... L'intrusion d'une enfant, Eliza Fanning, au service d'une femme bafouée par son ignoble époux, dans son officine, va rebattre les cartes pour cette quarantenaire dont le corps peu à peu, après des années de préparation de mixtures létales dans des vapeurs fétides et pernicieuses, la lâche. En parallèle, de nos jours, Caroline, une jeune américaine épouse de James, infidèle et menteur, décide après l'avoir démasqué de partir tout de même à Londres, cité où ils devaient fêter leur dix ans de mariage.Malade de chagrin et encore sous le choc alors que le couple essayait d'avoir un enfant, Caroline accepte la proposition inhabituelle d'un certain Alf, de participer à des fouilles sur les bords boueux de la Tamise. Elle devient ainsi une "mudlark" à la recherche d'artefacts du XVIIIe et XIXe siècles. Pour cette passionnée d'histoire qui a mis fin à ses ambitions d'étudier à Cambridge pour épouser James, cela sonne comme un deuxième round, une deuxième chance.... Après quelques trouvailles décevantes, bien décidée à laisser tomber cette activité salissante et usante, elle tombe sur une petite fiole en verre avec un animal gravé dessus.Alf ne sachant qu'en dire ni la situer dans le temps, oriente Caroline vers une employée de la British Library, Gaynor.... L'aventure peut commencer. Une fiole relie les destins de Nella, Eliza et Caroline... Toutes sont en quête de réponses quant à leur avenir, leur mission sur cette terre. Nella et Caroline sont à la croisée des chemins : obtenir vengeance où se tourner vers un autre horizon ? Un roman historique qui devient polar lorsque l'étau se resserre sur nos trois héroïnes et que la justice est proche d'abattre son marteau définitivement.Un page turner parfait bien mené, construit et écrit qui recrée idéalement l'ambiance londonienne de la fin du XVIIIe siècle, qui décrit précisément les pérégrinations psychologiques de chacune en leur donnant tour à tour la parole. Pour tout passionné d'Histoire, de reconstitution, d'archéologie, de recherches dans les méandres des archives, cette petite Boutique aux Poisons vous enchantera.... Si vous devez vous venger d'un homme retenez bien l'adresse et recopiez avec soin les recettes données généreusement en fin d'ouvrage.... A vous d'ouvrir la grille menant à l'officine.... Quatrième de couverture Dans la liste des best-sellers du New York Times depuis sa parution (mars 2021) Lors d’une froide soirée de février 1791, à l’arrière d’une sombre ruelle londonienne, dans sa boutique d’apothicaire, Nella attend sa prochaine cliente. Autrefois guérisseuse respectée, Nella utilise maintenant ses connaissances dans un but beaucoup plus sombre : elle vend des poisons parfaitement « déguisés » à des femmes désespérées, qui veulent tuer les hommes qui les empêchent de vivre. Mais sa nouvelle cliente s’avère être une jeune fille de 12 ans, Eliza Fanning. Une amitié improbable va naître entre elles, et entraîner une cascade d’événements qui risquent d’exposer toutes les femmes dont le nom est inscrit dans le registre de Nella... De nos jours à Londres, Caroline Parcewell passe son dixième anniversaire de mariage seule, encore sous le choc de l’infidélité de son mari. Lorsqu’elle découvre sur les bords de la Tamise une vieille fiole d’apothicaire, elle ne peut s’empêcher de faire des recherches et va découvrir une affaire qui a hanté Londres deux siècles auparavant : « L’apothicaire tueuse en série ». Et alors qu’elle poursuit ses investigations, la vie de Caroline va heurter celles de Nella et d’Eliza. Et tout le monde n’y survivra pas... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'incendiaire de Notre-Dame

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'incendiaire de Notre-Dame Sylvia Schneider Les Presses Littéraires 23 septembre 2023 252 pages Polar fantastique Chronique 23 septembre 2023 « Le phare de l'Île de la Cité était en feu, le ciel avait pris, ce jour-là, des teintes rouge-orangé d'un tableau de Turner... » Vous souvenez-vous où vous étiez quand la cathédrale Notre-Dame a brûlé ? Moi oui ! Et je ressens encore la peine immense de voir celle qui avait accompagné mon enfance abîmée, partir en fumée. Je n'ai même pas pu, depuis, retourner sur les lieux, mon chagrin étant encore vif ainsi que ma sidération ! Nous étions le 15 avril 2019 et le couple de faucons crécerelles y ayant trouvé refuge jusque là avait disparu depuis la catastrophe.... Reviendra-t-il ? Que s'est-il passé ? Y a-t-il un coupable ? Est-ce un accident ? Comment un monument aussi symboliquement important a pu être la proie des flammes ? C'est à partir de ce postulat que Sylvia Schneider imagine la trame de son nouveau thriller digne des meilleurs Dan Brown, nous remettant en mémoire certaines croyances ancestrales entourant ce lieu de culte de mystère, et certains événements ayant jalonné son histoire. Nous retrouvons le journaliste André après ses aventures chez les Aztèques ( lire " Ils nourrissaient le soleil "), revenu dans la capitale, célibataire et nostalgique de son histoire d'amour avec la belle Alice. La page est difficile à tourner. Mais très rapidement, les évènements se précipitent, Notre-Dame s'efface, noyée dans la fumée de l'incendie et le monde semble basculer comme annoncé par Victor Hugo : « Notre-Dame est aujourd'hui déserte, inanimée, morte. On sent qu'il y a quelque chose de disparu. Ce corps immense est vide ; c'est un squelette ; l'esprit l'a quitté, on en voit la place, et voilà tout ». Ainsi l'auteur de tant de romans inégalables ponctue ce texte très contemporain sous forme d'extraits de ses œuvres nous rappelant que l'Histoire n'est qu'un éternel recommencement, que rien n'est immuable. Comme si ce drame n'était pas suffisant, une série de crimes frappe l'Île de France : les victimes sont toutes liées aux monuments historiques, à des lieux de culte, toutes issues du même corps de métier ! Sept morts ! Le chiffre 7 revenant comme un leitmotiv entêtant tout au long de l'enquête que mèneront conjointement André et son ami Raphaël de la Police judiciaire. L'érudition du premier et l'expérience du terrain du second seront-elles suffisantes pour résoudre les énigmes que laisse derrière lui, sous forme de textes mystérieux, le serial killer. Celui-ci monte en puissance, le temps presse. Un polar foisonnant et passionnant sans baisse de rythme, un tandem particulièrement affûté, dans Paris, ville des ténèbres et de la peur... Quatrième de couverture Frappé par les images de Notre-Dame en flammes, le journaliste André sera envoyé en reportage sur les traces de l’auteur présumé de l’incendie du siècle. Ses enquêtes seront l’occasion de découvrir des édifices millénaires, de Mantes-la-Jolie jusqu’à Paris, mais aussi les aspects les plus noirs de l’âme humaine. Dans cette intrigue parsemée d’énigmes, le reporter et son ami policier vont traquer un mystérieux serial killer à l’enfance agitée. Un livre composé de 7 chapitres en lien avec les 7 planètes, les 7 jours de la semaine et les 7 péchés capitaux. Ce roman autour de l’incendie de Notre-Dame de Paris explore un monde, ses mythes et ses codes en remettant en question bien des hypothèses... Un livre percutant sur un sujet brûlant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'étreinte de la bise

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'étreinte de la bise Alain Delage De Borée Terres d'écriture 15 juin 2023 368 pages Historique Chronique 17 juin 2023 Conspiration et vengeance au cœur de l'Aubrac. Pour les fans de cet auteur, bonne nouvelle ! Vous allez retrouver un héros que j'avais particulièrement aimé, rencontré dans « Le Banni des hautes terres » en 2021, j'ai nommé : Armand Ligourel. Le voici trois ans après de retour au pays après avoir fait son service militaire. Heureux de revoir bientôt les siens, sa mère, sa sœur et ses grands parents maternels. Mais à l'arrivée au village, un mauvais génie se charge à nouveau de détruire sa vie. Un drame terrible est survenu, sa famille n'habite plus dans la ferme ancestrale, les cartes ont été rebattues en son absence par le sort, bien aidé par le diabolique marquis de Macassargues, celui qui, déjà, lui avait tant nui par le passé. De fil en aiguille, le jeune homme remonte la piste et retrouve ses grands parents dans une bien triste situation. Sa mère, Rose, quant à elle, est plongée dans un état second, sa psyché s'est brisé par trop de malheurs. Marthe, la cadette, fait ses études en ville afin de devenir institutrice. Les grands parents l'ont éloignée après qu'elle ait été agressée par le marquis. Celui-ci voulait appliquer alors le droit de cuissage ; il continue par ailleurs à traiter les paysans, travaillant sur ses terres, comme des inférieurs inféodés. Armand ne décolère pas devant tant d'injustice et de bassesse mais bientôt le grand-père, après un accident de travail, est hospitalisé. Il restera certainement handicapé, finis les travaux des champs ! Heureusement que son petit-fils est revenu auprès des siens, mais l'avenir paraît bien sombre si la famille persiste à rester dans ce village où sa réputation est à jamais salie. Que faire ? Une mystérieuse lettre d'un notaire pourrait bien tout changer et dégager enfin le ciel au-dessus de nos amis. Cela paraît presque trop beau. Armand et Marthe héritent de la maison de leur grand-oncle paternel sur le plateau de l'Aubrac ! Celui-ci avait légué cette demeure et ses biens à Jeanne Gervais, une jeune femme qu'il avait recueillie, mais celle-ci ayant disparu depuis presque trois ans, le tribunal l'a déclaré morte. Ainsi, dans l'ordre de succession, c'est aujourd'hui le frère et sa sœur qui héritent des biens. Cela pourrait être le signe qu'attendaient enfin les Ligourel. Armand est heureux de retrouver l'Aubrac où il s'était caché pendant l'estive, en rejoignant les hautes terres avec les buronniers pour participer à la transhumance voici trois ans. Mais, dès son arrivée au village de Rieutort , chacun le met en garde contre la bise glacée qui immobilise la région chaque hiver. L'atmosphère est chargée de mystère, lourde de secrets honteux. Armand sent que l'énigme de la disparition de Jeanne est loin d'être résolue et que planent sur lui des ombres menaçantes. Les tempêtes de neige, le froid infernal, la suspicion, la paranoïa, étreignent notre ami qui, encore une fois, devra faire preuve de bravoure, de sens stratégique, et de ténacité pour sauver sa peau et faire éclater la vérité. Excellent thriller historique, roman de terroir fascinant, le suspense et la tension sont à leur comble tout au long de ce récit au scénario tortueux ménageant révélations et surprises jusqu'au bout. Une magnifique suite à l'opus précédent qui m'est resté en mémoire comme un excellent ouvrage remarquablement écrit et construit. Très belle reconstitution des us et coutumes de l'époque en cette région splendide, au climat rude, qui force à l'authenticité des rapports humains. Le piège dans lequel tombe Armand est complexe et se resserre inexorablement...mais ses ennemis ne connaissent pas cet homme qui nous a déjà prouvé sa valeur. Bravo à Alain Delage pour ce formidable roman. Quatrième de couverture 1893, un jeune conscrit revient au pays et reçoit de son grand-oncle un héritage qui ne lui était pas destiné. En 1893, Armand Ligourel, jeune conscrit libéré de son service militaire, est de retour auprès de sa famille. Le courrier d’un notaire lui apprend qu’il est l’héritier de biens provenant d’un grand-oncle, que celui-ci souhaitait léguer à sa servante avant qu’elle ne soit déclarée décédée quelque temps plus tôt. Mais rapidement, Armand trouve des indices troublants sur la destinée de la servante. Dans quelles circonstances Jeanne a-t-elle réellement disparue ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Odyssée agricole 150 ans de l'histoire ...

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Odyssée agricole 150 ans de l'histoire ... Le Collectif De Borée Beaux Livres 7 septembre 2023 168 pages, format 24 x 29 cm Beaux Livres Chronique 16 septembre 2023 Les Troyens de Hector Berlioz, Acte 3, récitatif et chœur n°23 : Didon Reine de Carthage : « Peuple ! Tous les honneurs pour le plus grand des arts, l'art qui nourrit les hommes ! « Choeur : « Vivent les laboureurs ! nous sommes leurs fils reconnaissants, ils nous donnent le pain. » Depuis la nuit des temps, celles et ceux qui savaient travailler la terre et apporter aux leurs de quoi survivre, ont été honorés, respectés. L'humanité savait ce qu'elle leur devait, ils étaient essentiels à la société.... Alors, comment a-t-on pu basculer, au fil des siècles et très récemment surtout, vers une indifférence, une incompréhension, voire un mépris des paysans, des cultivateurs, des éleveurs ? Je n'ajouterai rien à la présentation parfaite et complète qui est faite de ce très beau livre par l'éditeur, résultat magnifique d'une œuvre de longue haleine menée par un collectif de professionnels légitime dans sa démarche. Les photographies sont fabuleuses, les illustrations issues des journaux de l'époque savoureuses, passionnantes, étonnantes, édifiantes. Le traitement très superficiel qui est fait à l'école de l'histoire de la paysannerie, de l'agriculture, à travers les siècles, contrairement à celle de l'industrie, m'a frappée. Effectivement nous ne savons pas grand chose. Les Éditions De Borée ont cela de particulier et de formidable qu'elles nous remettent en mémoire et en lumière les invisibles et oubliés d'hier grâce à ses collections Beaux Livres et Terres d'écriture, où tout un patrimoine national et des terroirs sont ressuscités soit en image, soit par le biais de fictions. J'écris cette chronique sous l'œil d'une de mes aïeules posant sur le seuil de sa maison dont le sol est en terre battue, paysanne fière et droite, au visage sérieux, en robe simple du dimanche et tablier. Sa fille fut ouvrière spécialisée et représente parfaitement cette jeunesse partie de la campagne et montée à la ville pour devenir domestique ou ouvrière. Elle fut de toutes les manifestations avec ses collègues et camarades des usines Citroën alors que Léon Blum était au pouvoir. Ainsi au sein même d'une lignée de femmes, nous retrouvons ce qui est parfaitement décrit dans cet ouvrage, le lien indéfectible entre les ouvriers des villes et des champs. Leur cause commune est évidente, leurs actions, souvent réprimées par la force et dans le sang, à l'origine des grandes avancées de notre société. Autre point capital, le fait que la pandémie et le COVID ont, sans que les autorités ou l'Europe ne l'aient anticipé, rebattu les cartes. Aujourd'hui, le désir de consommer des produits cultivés non loin des points de vente dicte sa loi aux grandes enseignes de supermarchés et hypermarchés. La nécessité de baisser l'impact carbone de toutes nos actions, l'éducation en matière d'écologie, notre engagement à vouloir privilégier les circuits courts et à manger des produits venant de fermes voisines dans un périmètre limité, favorisent le retour à une agriculture raisonnée mêlant les techniques et savoirs ancestraux à une modernité dont on ne serait plus se passer. La question de la souveraineté de notre pays face à l'omnipotence de l'Europe se pose également. Gardons espoir, restons vigilants, et faisons preuve de curiosité et d'empathie pour ces artistes de la Terre. Quatrième de couverture La formidable histoire de l’agriculture française de 1870 à nos jours. Pour la première fois, un ouvrage richement documenté et illustré retrace sans complaisance l’histoire agricole de notre pays en faisant appel à un témoin majeur de son développement : la presse écrite. Pendant plus de deux ans, le collectif, mis en place par l’association Le Centre de la Presse, a travaillé sur le projet, en s’appuyant sur la presse écrite d’hier et d’aujourd’hui, dans toute sa diversité : presse agricole, presse d’information générale, nationale et régionale, presse spécialisée, etc. Des dizaines de milliers de pages ont été tournées pour reconstituer cette passionnante Odyssée agricole. L’ouvrage se compose de quinze chapitres chronologiques correspondant à quinze périodes de l’histoire de l’agriculture. Chaque période présente les sujets majeurs, un éditorial d’époque, des brèves, des réclames, des Unes de journaux agricoles de différentes régions françaises. Au total, plus de 150 documents ou photographies. Comment s’est développée l’agriculture au début de la IIIe République ? Quelle place ont tenu les femmes pendant la Grande Guerre ? Comment a réagi le monde agricole sous le Front populaire ? Comment la France agricole a-t-elle relevé la tête après les années sombres de la Seconde Guerre mondiale ? Comment l’Europe a-t-elle permis à l’agriculture française de se développer dans les années 1960-1980 ? Vache folle, OGM... que s’est-il passé ? Agriculture et environnement, quelle est la situation aujourd’hui et quels sont les enjeux de demain ? L’Odyssée agricole, qui retrace cette grande et belle aventure humaine, répond à ces questions et à tant d’autres encore. Une rétrospective sur ce secteur fondateur de la société française, à partager en famille. Le Centre de la Presse : L'association le Centre de la Presse, créée en 1993 dans le cher, au cœur du monde rural. Elle gère une collection de plus de 2 millions de revues et journaux régionaux, nationaux et internationaux de 1631 à nos jours, et mène de nombreuses activités autour de la presse écrite. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Julia Et la colère des Dieux

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Julia Et la colère des Dieux Santiago Posteguillo Cherche Midi 8 juin 2023 960 pages traduites par Hélène Serrano Historique Chronique 16 octobre 2023 Avertissement : « De façon générale, on emploie aujourd'hui le terme « césar » comme l'équivalent d'empereur ; des mots comme « tsar » ou « kaiser » dérivent précisément de ce vocable. Mais sous l'Empire romain, le titre de césar renvoyait uniquement à l'héritier ou aux héritiers désignés. Pour se référer à l'empereur, on employait le terme « auguste », en l'honneur du premier empereur de facto de Rome. Occasionnellement, la dignité d'auguste s'étendait à une femme, comme ce fut le cas de l'impératrice Julia Domnia, qui en reçut le titre dès le début du règne de Sévère. » Voilà qui est peu connu n'est-ce pas ? Une femme, impératrice certes mais femme, élevée au rang d'auguste, une Syrienne qui plus est. De qui se moque-t-on, c'est insupportable ! Et voilà que les dieux se réunissent en conclave sur le cas de cette Julia Domnia, de cette étrangère. Comme pour tous les humains, les divinités décident d'intervenir sur le destin des héros principalement ( Enée, Ulysse, Achille...), de leur envoyer des épreuves insurmontables, de les tester, de s'amuser à leur dépend. Qui prendra le parti de l'humain désigné, qui lui rendra l'existence infernale...? À vous de le découvrir. Vesta est contre la Syrienne, elle veut son anéantissement, sa destitution, sa mort, son effacement. Pourquoi tant de hargne et qui, dans l'Olympe, va s'opposer à Vesta et aider Julia à être victorieuse de toutes les calamités qui vont s'abattre sur elle et sa famille ? Un autre témoin de ces événements, et quel témoin ! le célèbre Claude Gallien, medicus de la famille impériale depuis des lustres, nous offre son point de vue dans un journal précis. Ainsi Santiago Posteguillo multiplie les perspectives sur les années de pouvoir de l'auguste Julia Domna auprès de son époux Septime Sévère, puis de son fils ainé, Antoninus, renommé par ses troupes Caracalla. Cinq épreuves terribles attendent notre héroïne qui en cette période de fin du Haut Empire romain use de tous les moyens envisageables même les plus immoraux à nos yeux pour assurer la pérennité de la dynastie des Sévères. Mais pourra-t-elle vaincre les Dieux ? Texte somptueux, hallucinant, fresque historique d'une sombre beauté, d'un hyper réalisme stupéfiant, je suis en admiration totale face au talent de l'auteur, qui comme les plus grands, rend son érudition accessible. Ce roman épique, « mythique » se basant sur des faits avérés, est un des plus beaux livres lus cette année, jubilatoire, exaltant, férocement drôle, sobrement bouleversant. Ne passez pas à côté de ce monument rédigé en l'honneur d'une femme inoubliable. Quatrième de couverture Grâce à son intelligence et à sa clairvoyance, Julia Domna a réussi à mettre son plan à exécution : son mari, Septime Sévère, est désormais l'empereur de Rome. Julia s'est hissée au sommet mais les trahisons et les divisions familiales risquent de tout gâcher. Tandis que ses fils se déchirent et que son monde menace de s'effondrer, Galien, le médecin grec de la famille, lui diagnostique une grave maladie. En plein chaos moral et physique, Julia a l'impression de se battre contre les dieux de Rome. Mais rien ne découragera cette femme exceptionnelle, prête à tout pour sauver l'empire... Intrigues, mensonges, passions amoureuses, trahisons : on retrouve tous les ingrédients qui ont conquis les millions de lecteurs de Moi, Julia. Le roman historique à son apogée ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Jeux de dupes

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Jeux de dupes Maud Tabachnik City Editions 13 janvier 2021 256 pages Thriller & Historique Chronique 1 février 2021 Un vrai Polar noir comme un film des années soixante, sombre et en même temps jubilatoire. Un plaisir de lecture où cruauté et inéluctabilité sont à l'œuvre.L'auteure s'amuse à torturer son personnage principal, à nous perdre dans un scénario imprévisible à partir d'un postulat déjà utilisé par d'autres écrivains. Mais, se faisant, elle réactualise certains des codes de la littérature noire en y ajoutant beaucoup, beaucoup d'humour et de cynisme. Abbot, cet anti-héros campé dans une position victimaire compréhensible mais agaçante, minable et raté aux yeux de ses proches et un peu du lecteur, attire tellement la malchance que son ridicule nous le rend finalement touchant. Étonnamment on s'attache à lui, on prend fait et cause pour cet écrivain spolié de son oeuvre, de sa gloire.Quand il relève enfin la tête et compte se battre, on espère, on commence à l'admirer et à l'aimer. Son plan pour se rapprocher de l'usurpateur devient sa mission comme le fut la rédaction de son livre. À nouveau, il écrit une histoire mais l'inscrit cette fois dans la réalité. Vous pensez alors que grâce à lui, devenu le secrétaire incognito du coupable, vous allez assister avec délectation à la mise à mort de ce dernier.... Et bien pas du tout, gros retournement de situation qui échappe à toutes prévisions, les vôtres et celles de notre ami. Le duo ainsi formé de ces lascars si semblables tant physiquement que moralement, nous emporte dans une aventure rocambolesque jusqu'aux ors d'Hollywood, ses faux semblants, ses extravagances, sa vénalité, son culte du fric et du pouvoir.Tout semble en carton pâte et toc, tous les sentiments semblent surjoués ; être naïf voire candide ou à l'inverse un escroc minable, vous condamne forcément au malheur... Nouveau personnage : le diable entre en scène .... On finit ce roman avec étonnement et un grand sourire en prime tant Maud Tabachnik nous a fait partager son plaisir sadique jusqu'au bout de cette histoire déjantée et machiavélique. Scénario au cordeau, traitement très cinématographique, trouvailles et retournements soudains font de ce livre un bonbon dont la saveur sucrée-acide laisse également en bouche un fond d'amertume tenace.... Cruel ! Quatrième de couverture Détesté par sa femme, méprisé par sa fille, Abbot ne trouve du réconfort que dans l’écriture. Il vient de terminer un roman qu’il s’apprête à envoyer à un éditeur. Mais un jour, l’impensable se produit : il oublie son manuscrit dans un taxi. Et quelques mois plus tard, le livre est publié sous le nom d’un autre et devient un best-seller ! Qui est l’usurpateur ? Comment dénoncer son imposture ? Abbot retrouve sa trace et entre à son service en devenant son secrétaire particulier. Il le suit même jusqu’en Californie, où les droits du livre viennent d’être vendus à Hollywood. Progressivement, la fascination d’Abbot pour celui qui a aussi facilement endossé sa création se mue en une haine irrépressible. Mais s’il l’élimine, son œuvre risque également de passer aux oubliettes. À moins que ? Pour se venger, Abbot commence à enclencher une formidable machination... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Je reviendrai sur tes pas

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je reviendrai sur tes pas Liam McAllister Editions du 123 2016 314 pages traduites par Dominique Thomas Thriller Chronique 17 juillet 2019 Un thème central déjà évoqué maintes fois au cinéma, en littérature ( Franck Thilliez, Nicolas Beuglet, Vincent Hauuy, Naomi Klein, Sandrone Dazieri..... ), Donc je ne fus pas vraiment étonnée. Un peu dommage. Cependant ce premier tome d'une nouvelle série de Thrillers policiers ayant pour héros Martin Peterson et sa partenaire Kate Mulligan est très bien mené : le style, les rebondissements, l'empathie avec les personnages, la construction au millimètre très bien pensée, nous font tourner rapidement les pages alors même que la fin est prévisible. Mais pas entièrement, j'ai tout de même été surprise. Londres de nos jours : Tout commence par Adam que nous allons suivre dans les rues glaciales en cette nuit d'hiver peu avant Noël, sur le chemin de son prochain meurtre. Un accrochage avec une prostituée ne semble pas l'inquiéter, il prend même le temps de s'arrêter dans une cabine pour téléphoner à son psy.... Nous assisterons ensuite aux crimes, aux séances avec le thérapeute et à l'enquête elle-même, menée par l'inspecteur Martin Peterson à qui l'on adjoint une nouvelle partenaire issue du MI5, Kate Mulligan. Leur collaboration commence très mal, Peterson est un homme désagréable, veuf inconsolable de Suzan depuis des années. La jeune Kate est très jolie, a de la répartie, de l'humour distancié à revendre...pour toute famille, sa grand mère, Anna. Kate semble cacher des secrets et inquiète le MI5 et la CIA. Fuller un grand ponte demande à Peterson de la surveiller... C'était la meilleure façon de resserrer les rangs et de transformer ce mauvais duo en tandem très efficace. La ténacité et la logique de l'une alliées à l'intuition et l'expérience de l'autre forment une équipe d'enquêteurs hors pair. Mais les assassinats se poursuivent, la nasse se resserre soudain autour de tous les acteurs et particulièrement Kate. Pourquoi ? La solution se trouve t'elle dans les souvenirs oubliés de la jeune femme ou de ceux de Adam. Un final essouflant parfaitement maîtrisé, un duo de policiers exceptionnels aux portes d'une longue collaboration. Sur une bande son consacrée à Bowie, une mise en page et une couverture soignées, un thriller parfait pour cet été. Quatrième de couverture Un impitoyable tueur en série, des victimes sans lien apparent, une enquête saisissante.... Qui est cet assassin qui tue si froidement ? Comment choisit-il ses proies ? Et pourquoi ces macabres mises en scène ? Pour l'arrêter, Martin Peterson, inspecteur bourru et taciturne de Scotland Yard, doit collaborer avec la mystérieuse et séduisante Kate Mulligan envoyée par le MI5. Eux qui croyaient avoir tout vu ne sortiront pas indemnes de cette terrifiante affaire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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