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- L'Arbre à pain | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Arbre à pain Christian Laborie Presses de la Cité Le 13 février 2025 409 pages historique terroir Chronique 27 mars 2025 Paru aux Presses de la Cité dans la collection Terres de France. Paru en 2003 aux Éditions De Borée. Donc réédition de ce très beau roman de terroir d'une beauté stylistique indéniable. Un récit tantôt nostalgique, tantôt factuel, témoignant d'un art de vivre ensemble et de travailler durement, disparus aujourd'hui, d'un amour pour la magnificence des Cévennes et d'un respect pour ces aïeux sachant vivre au rythme des saisons même s'ils sont totalement conscients de la marche irréductible du progrès qui, tel un rouleau compresseur, écrasera tout sur son passage. Histoire d'une famille, les Monteil, sur quatre générations, mais aussi d'une région agricole qui, à l'instar de la France entière, passera d'un monde à l'ancienne perpétuant des traditions ancestrales, des modes de vie dépassés, à une ère de modernité et de mécanisation post Seconde Guerre mondiale. La Vieille Morte, montagne témoin des heurs et malheurs qui s'abattent sur les hommes, reste inchangée, immuable, présence successivement protectrice, menaçante ou réconfortante. Et les années passent, et les nuages traversent le ciel, et des générations de paysans tentent de survivre jusqu'à ce que la décision de partir s'impose. Mais entre temps que de rires, de joies, de pleurs, de cris, de souffrances entre les murs du Castanet, la ferme des Monteil ; que de rêves et de désillusions... Mais ce qui caractérise ces paysans protestants est leur capacité fascinante de résistance. Alors oui, ils aimeraient quelques fois fuir ces lieux, aller à la ville, ne plus s'user à la tâche comme le vieux Élie et son fils Étienne et son épouse Marthe, mais les racines sont là, la rage de vivre aussi. L'arbre à pain veille sur la maisonnée quelque soient les tourments du siècle, quelque soit la métamorphose de la société. Très beau roman écrit avec un supplément d'âme par un auteur amoureux de sa région de cœur, que l'on sent profondément admiratif de tous ceux qui nous ont précédé avec courage, ténacité. Cet ouvrage est aussi un hommage à une certaine simplicité de vie. Retour à l'essence des choses. Merci à Christian Laborie pour ces magnifiques pages si bienfaitrices. Quatrième de couverture : Début XXe siècle, une saga au coeur du quotidien et des traditions des paysans cévenols. Un hommage au courage et au labeur de gens humbles mais dignes, un grand "classique" de Christian Laborie. Il est l'arbre à pain, l'arbre généreux dont le fruit est la ressource nourricière des plus démunis. Il est le châtaignier, celui qui donne son nom au mas isolé du Castanet, propriété d'une famille de paysans huguenots, dans cette région reculée des Cévennes. Les Monteil vivent là, enracinés sur le versant aride de la montagne schisteuse, la Vieille Morte. Une existence immuable, égrenée au rythme régulier des saisons, que rien ne semble devoir perturber, tant elle est inscrite dans l'éternité. Samuel Monteil, témoin et héritier d'une époque révolue, raconte ses jeunes années entre les murs du mas ancestral avec les siens, la figure puissante de l'aïeul, Élie, les souvenirs de la guerre, le maquis, l'Occupation, les temps qui changent... Bientôt viendra pour Samuel le choix d'une vie : rester au Castanet ou partir ? Un magnifique roman de la terre, des Cévennes, et de ceux qui en sont l'âme. Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Contrat | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Contrat John Grisham Robert Laffont 19 avril 2012 382 pages traduites par Johan-Frédérik Hem Guedj Thriller Chronique 13 mai 2020 Dans le monde du lobbying et des consultants en communication, aux USA, vous trouverez des groupes dont la mission est de faire élire à des postes de juges, des personnes souvent jeunes sans réelle expérience, manipulables, chrétiennes extrémistes, inattaquables sur le plan personnel, conservatrices proches des grandes entreprises, contre les procédures en civil visant à protéger les consommateurs et les citoyens. Ainsi, le paysage juridique américain en est transformé grâce à ces hommes (et ces femmes moins nombreuses), aux ordres de l'ultralibéralisme. Les sujets sur lesquels ils ne transigent pas sont : l'interdiction de l'IVG et du mariage homosexuel, la censure des progressistes, des opposants aux armes à feu et à la peine de mort, la promotion de la fermeture des frontières, et la défense de certains fondements passéistes du mode de vie américain. Toutes les méthodes de contrôle de l'opinion publique sont utilisées avec une indignité insupportable. Ainsi les campagnes et tournées d'élections des juges sont financées par des grands empires commerciaux et la justice se retrouve entre les mains des plus riches. Ajoutez à cela, une séparation de l'Eglise et de l'État inscrite dans la loi et la constitution mais non appliquée au quotidien, et vous pouvez commencer à avoir très peur. Ce thriller est paru en France en 2012 : aujourd'hui cette évolution déviante de la société ultra capitaliste américaine touche plusieurs pays, plusieurs démocraties occidentales. La France est infectée par cette épidémie, chaque jour la liberté et l'indépendance de la justice, par rapport à l'État et les grands groupes, sont mises à mal par les nouveaux amendements et lois. L'égalité des droits est bafouée. Nous nous dirigeons vers une société où la santé, la justice seront accessibles aux plus aisés et fermées au commun des citoyens. Ce thriller caustique, terrifiant, prédicateur, en plus de reprendre le thème traité magistralement dans le film Erin Brockovich, la pollution des eaux par des grandes entreprises irresponsables et criminelles, complète le tableau par la description des rouages et des coulisses de l'élection des juges, (qui en soit est une aberration), des recours collectifs, des cabinets d'avocats petits et grands, du quotidien des milliardaires propriétaires de multinationales et de leurs victimes broyées, courageuses, oubliées. John Grisham fait ainsi un portrait sans concession, dans ce thriller politique et judiciaire, du monde des affaires, souhaitant s'offrir des sièges au sein des Cours suprêmes, partout sur le territoire américain. Page 264 : « Il prend pour cible des juges [...], des juristes humains et modérés, qui prêtent une oreille favorable aux droits des travailleurs, des consommateurs, des citoyens victimes de la négligence d'autrui, des défavorisées, et des accusés. Le principe même de la loi était de protéger les membres les plus faibles de notre société. En règle générale, les riches ont de quoi se prendre en charge. Le monde des affaires, par le truchement d'innombrables organisations, coordonne une vaste conspiration en vue de modifier radicalement notre système judiciaire. Pourquoi ? Pour protéger ses intérêts. Comment ? En barrant l'entrée des salles d'audience, en limitant la responsabilité des entreprises malhonnêtes, des médecins négligents, des hospices indignes, des compagnies d'assurance arrogantes...La triste liste n'avait pas de fin. » Un scénario au cordeau d'une grande efficacité et clarté, un hommage aux victimes et leurs défenseurs, un signal d'alarme que nous ne pouvons plus ignorer. Un roman très actuel, malheureusement.... Une claque afin de nous réveiller rapidement... Quatrième de couverture Dans une salle de tribunal surchauffée, douze jurés rendent un verdict historique : l'entreprise Krane Chemical est lourdement condamnée pour avoir empoisonné l'eau d'une ville et provoqué des cancers mortels par dizaines. C'est le triomphe du Bien sur le Mal... Cependant Cari Trudeau, propriétaire de Krane Chemical, est prêt à tout pour que le jugement en appel tourne en sa faveur. Même à manipuler la Cour suprême du Mississippi. L'instrument de sa machination se nomme Ron Fisk. Aussi séduisant que naïf, ce gentil père de famille accepte imprudemment le financement de sa candidature au poste de juge à la Cour suprême. Mais bientôt Ron comprend ce qu'on lui demande en échange de sa compromission... Une mécanique subtile et perverse, une plongée dans les recoins les plus sombres de l'âme humaine... Le nouveau thriller de John Grisham a la dureté d'un diamant noir. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Éva a lu pour vous | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Liste complète des ouvrages lus et chroniqués Faites votre choix (In)visible Sarai Walker Gallimard Série Noire Thriller 368 pages traduites par Alexandre Guécan Découvrir 1793 Niklas Natt och Dag Sonatine Thriller Historique 442 pages traduites du suédois par Rémi Cassaigne Découvrir 1795 Niklas Natt och Dag Sonatine Thriller Historique 496 pages traduites par Rémi Cassaigne Découvrir 1991 Franck Thilliez Fleuve Thriller & Polar 504 pages Découvrir 5 secondes Catherine Benhamou Des femmes Antoinette Fouque Roman 40 pages Découvrir 7m2 Jussi Adler Olsen Albin Michel, Thriller policier 624 pages traduites par Caroline Berg Découvrir 12 poèmes en escale Sylvia Schneider Les Presses Littéraires poésie 16 pages illustrées Découvrir 1794 Niklas Natt och Dag Sonatine Thriller Historique 544 pages traduites par Rémi Cassaigne Découvrir 1986 Sioux Berger De Borée Roman anticipation 235 pages Découvrir 22/11/63 Stephen King Albin Michel Suspense SF 934 pages traduites par Nadine Gassie Découvrir 66 histoires de Diable Roger Maudhuy De Borée Beau Livre 221 pages, version illustrée Découvrir A bout de nerfs James Barnaby De Borée Marge Noire Thriller 408 pages Découvrir
- Une bonne épouse | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une bonne épouse Ingrid Desjours Harper Collins, Le 11 mars 2026 368 pages thriller psychologique Chronique 20 juillet 2026 " Le nouveau thriller domestique choc et fascinant qui explore l'univers troublant des tradwives ! " " Rien n'est jamais acquis. Il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Votre vie durant, vous devrez rester vigilantes. " Simone de Beauvoir Tradwife : Femme qui revendique, met en scène et promeut un modèle de féminité fondé sur les rôles genrés traditionnels, la soumission volontaire à son mari et l'idéalisation de la domesticité. À ne pas confondre avec la femme au foyer qui fait un choix personnel, libre et évolutif, tout en restant indépendante dans ses décisions et non soumise à son conjoint. Un procès. Une femme à la barre tenant dans sa main une poupée Barbie détruite... Comme cette survivante qui revient sur les évènements survenus à la Fosse aux Anges, la communauté dont elle s'est enfuie. Mais ne brûlons pas les étapes... Tout commence par l'arrivée d'Alice. Voici un an, Alice Lidel a tout perdu, son mariage, sa fille confiée à la garde de son ex mari, son travail... Au bout du rouleau ! Et puis, soudain, sur l'écran de son ordinateur, un signe du destin peut-être : "Retraite Héra - réveillez votre déesse intérieure. " Elle mord à l'hameçon, est acceptée par l'équipe, direction ce hameau dans les Alpes avec soulagement. Les membres du groupe l'accueillent avec bienveillance. Esprit féministes hippie... Pourquoi pas. Heureusement, elle a apporté une romance, ses livres guimauves étant son péché mignon. Elle reçoit une notification d'un compte Instagram "Pax Domestica". Elle ne le sait pas mais un piège vient de se refermer sur elle... Excellentissime thriller psychologique par une autrice passée maîtresse dans l'art de ménager le suspens, de nous offrir des scènes d'action sidérantes et terrifiantes, d'analyser dans les moindres détails les méandres de la pensée de ses personnages. On pense que ce n'est qu'une fiction poussant les curseurs de l'impensable au maximum. Il n'en est rien, je peux en témoigner ayant eu affaire à des hommes charmants se transformant soudain en prédateurs, en masculinistes de la pire espèce, ou avoir eu en cours une jeune femme ultra religieuse se préparant à une vie de tradwife. Énorme malaise dans les deux cas, symptômes d'une société qui va mal, en pleine métamorphose. Celle-ci provoque de violents soubresauts et des victimes collatérales. Bienvenue donc à vous tous dans l'univers anxiogène de la Fosse aux Anges... Respirez calmement, gardez les yeux bien ouverts face aux dangers qui vous guettent. Bravo à l'autrice pour cet opus des plus réussis. Quatrième de couverture Alice a trente ans, Paris pour décor et le cœur en morceaux depuis qu’on lui a enlevé la garde de sa fille. Jusqu’au jour où une publicité attire son regard : une retraite dans un lieu enchanteur en pleine montagne, présentée comme une promesse de renouveau. C’est cher, un peu fou… mais que pourrait-elle perdre de plus ? Au fil des jours, Alice se découvre, se reconstruit. Lors d’une soirée dans un bar local, elle rencontre Marcel : charmeur, mystérieux et convaincant. Il l’invite à s’installer dans un village coupé du monde à deux pas de là, un havre de paix où d’autres couples filent déjà le parfait amour : la Fosse aux anges. Séduite et pleine d’espoir, Alice accepte. Mais le vernis idyllique ne va pas mettre longtemps à se craqueler : les femmes qui vivent ici sont-elles aussi heureuses qu’elles le paraissent ? Car, après tout, un cauchemar n’est qu’un rêve qui a mal tourné, n’est-ce pas ? En revisitant le mouvement tradwife, Ingrid Desjours signe un thriller glaçant où les apparences se fissurent au rythme des révélations. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Chroniques (All) | EvanancesLittéraires
Item List (In)visible Sarai Walker Read More 12 poèmes en escale Sylvia Schneider Read More 1793 Niklas Natt och Dag Read More 1794 Niklas Natt och Dag Read More 1795 Niklas Natt och Dag Read More 1986 Sioux Berger Read More 1991 Franck Thilliez Read More 22/11/63 Stephen King Read More 5 secondes Catherine Benhamou Read More 66 histoires de Diable Roger Maudhuy Read More 7m2 Jussi Adler Olsen Read More A bout de nerfs James Barnaby Read More
- Cette nuit là | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Cette nuit là Linwood Barclay Belfond Noir 2 février 2011 438 pages, traduites par Marieke Surtel Thriller Chronique 18 juin 2017 Diabolique et addictif ! Impossible de lâcher ce thriller, le premier que je lis de cet auteur. Je me suis déjà renseignée pour trouver ses autres titres. Pourtant le début semble classique : Cynthia une adolescente sortie sans permission avec un mauvais garçon est retrouvée par son père Clayton Bigge saoule, et ramenée au bercail manu militari. Le lendemain matin elle se réveille après une nuit comateuse, mais elle est seule dans la maison, ses parents et son frère Todd sont absents. Elle s'invente des histoires pour ne pas s'inquiéter, part au lycée mais là elle apprend que son frère n'est pas venu en cours. La peur enfle, elle court chez elle, le vide.... Ils ont tous les trois disparu. 25 ans après nous retrouvons Cynthia participant au tournage d'une émission reprenant le drame. Le narrateur est Terry, c'est lui que nous allons suivre tout au long de ce vrai cauchemar. Déjà leur vie n'est pas facile tous les jours, le mal être de son épouse, sa paranoïa, ses cauchemars rendent le quotidien insupportable et a des conséquences psychologiques également sur leur fillette Grace. Celle-ci pour protéger ses parents surveille les météorites susceptibles de tomber du ciel comme autant de malheurs potentiels et de dangers possibles. Le 25ème anniversaire de cette nuit terrible se profile et pour tous l'ambiance est délétère et anxiogène. Pour tante Tess qui a élevé l'adolescente abandonnée et déboussolée, pour l'entourage aussi comme le patron de Terry, Torry. En plus la famille n'étant pas sur liste rouge et habitant le quartier d'enfance de Cynthia, le passage à la télévision de toute cette histoire est un déclencheur pour toutes sortes d'évènements. Le problème est que les incidents dont se dit victime son épouse appel téléphonique, mot, .....ne peuvent être réellement pris au sérieux. Terry est fatigué, ne sait plus qui croire..... Et il n'est qu'au début de sa peine. Un détective est engagé par le couple, il faut en sortir mais......à vous de découvrir la suite. Le doute et la suspicion au sein d'une famille est ce qui est le plus terrorisant, quand ceux qu'on aime ne sont peut-être pas ceux qu'on croit, quand tout semble n'être que le reflet de la vérité et non la réalité elle-même, quand on porte une culpabilité sur les épaules en raison d'une responsabilité qu'on endosse à tort comme les trois membres de cette famille qui ne savent comment réagir. Une ombre plane, et un mystère doit être résolu, il en va de leur subsistance psychologique. Terrifiant, ce thriller illustre parfaitement l'expression " l'enfer est pavé de bonnes intentions". La fin est magistrale et même si vous avez pu comprendre certains aspects de cette histoire, l'écrivain garde les meilleures cartouches pour les dernières pages. Très très bon livre bien retors et diablement bien construit et écrit. À lire absolument pour les accros du genre.... Il serait bien en film. Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un souffle une ombre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un souffle une ombre Christian Carayon Fleuve Noir 2016 540 pages Thriller Chronique 12 février 2018 « La guerre, c'est la nuit. Même quand elle s'achève. On s'y égare. On ne sait plus reconnaître des gens et des lieux familiers. On n'entend plus les mêmes sons. Et il y a la peur, le plus grand de tous les silences. Permettez-moi de conclure avec une phrase extraite du Petit Poucet.... : La nuit vint et il s'éleva un grand vent qui leur faisait des peurs épouvantables. » La peur ! Au centre de tout, omniprésente, qui vous broie les entrailles, vous liquéfie, vous réveille la nuit dans un cri, qui vous reprend soudainement quand vous pensiez aller bien et qu'un événement de rien, des paroles de chanson, un signe nouveau de décadence de notre société, réveillent. La bête est de retour et se nomme terreur. Il y a des livres qui resteront longtemps dans votre mémoire de par leur qualité et en raison du contexte dans lequel vous le lisez. Ce thriller est un de ces livres pour moi. Récit heureusement lent et progressif, je n'aurais pas supporté d'être bousculée en ce moment, abordant cette Peur qui reste après un drame, en l'espèce un triple meurtre et une victime détruite à vie sur une petite île au large de la base nautique des Crozes. Une belle journée d'été, un rendez-vous annuel des membres d'un club de loisirs se mêlant pour une fois aux habitants de la commune d'à côté, et l'horreur au petit jour. Le narrateur trente cinq ans après, prend conscience que cette tragédie dont il a été indirectement le témoin, a définitivement changé sa vie, l'a orientée, ainsi que l'existence des familles, des habitants, de la vallée, de la région. Un effet boule de neige. Une seule rescapée à la mémoire cassée ne peut révéler la vérité. Plusieurs coupables ont été désignés à tort, l'un d'entre eux emprisonné, mais un goût d'inachevé perdure. L'imaginaire du narrateur va être squatté par ce qui s'est déroulé au bord du lac de Basse- Misère. Il va en bon historien et chercheur mener minutieusement l'enquête, extrapoler puis prouver ce qu'il imagine être la réalité. Il va tout faire pour se libérer de cette histoire et de sa propre peur. La progression du récit volontairement ralentie, à la première personne " je", nous offre l'opportunité de nous laisser porter, hypnotiser, par ce mystère. L'ombre de Justine violée, brisée passe et vous souffle son histoire au creux de l'oreille. Certaines scènes entre autres de viols sont effectivement très réelles, difficiles à lire, mais elles sont nécessaires, et s'inscrivent dans un contexte de temps et de lieu, une narration, où le rôle de chacun est clairement définie. Le bien et le mal sont à leurs places . Tout est limpide. Le lecteur n'est pas pris à froid, il est préparé, le travail de documentation de l'auteur pour coller à la réalité de ce type de crime est perceptible, le respect aux victimes évident. Ce n'est pas du sensationnalisme. Là est la grande différence avec une chanson et son auteur qui font polémique aujourd'hui, et dont je tairai volontairement le titre et le nom. Ce thriller est une œuvre de fiction basée sur le réel, les lieux existent sous d'autres noms, je ne me suis pas sentie agressée en le lisant. Je garderai longtemps en mémoire le bruit du vent dans les branches de cette forêt sous la neige où court notre héros poursuivi par ses terreurs, par son monstre. Un beau livre à l'ambiance très particulière. Quatrième de couverture Été 1980. Le lac de Basse-Misère, dans le sud du Massif central. Un groupe d’adolescents de bonne famille est massacré sur l’îlot où il était parti camper, en marge de la fête du club nautique local. Dans toute la région, l’onde est sismique. Comme un point de bascule irréversible, qui signe la fin d’une époque d’insouciance, et le début du déclin de la vallée. À Valdérieu, principale agglomération du pays, quelque chose s’est brisé pour toujours. Trente-quatre ans plus tard, le meurtrier supposé croupit derrière les barreaux. Mais à l’université de Toulouse, le chercheur en histoire Marc-Édouard Peiresoles ne croit pas en sa culpabilité. Originaire de Valdérieu, et témoin impuissant du cataclysme alors qu’il n’était que collégien, il décide de retourner sur place, et de reprendre toute l’enquête. Comme on replonge dans ses propres traumatismes. Comme on lève le voile sur trois décennies de non-dits, en grattant le vernis d’une communauté beaucoup moins lisse qu’il n’y paraît. Derrière les fantômes des adolescents disparus, c’est bientôt le lac de Basse-Misère qui se réveille, tel un prédateur endormi. Déjà prêt à engloutir ses prochaines victimes.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Étoffe du temps | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Étoffe du temps Lars Mytting Actes Sud, Le 5 octobre 2022 448 pages traduites par Françoise Heide historique Chronique 4 juillet 2026 "Tout ce qui est couvert d'un voile sera dévoilé, Tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu en pleine lumière." Évangile selon saint Luc "Ton visage à toi aussi est quelque part sur le tapis de Hekne." Astrid Hekne Deuxième tome de la trilogie consacrée aux Cloches jumelles, Halfrid et Gunhild : T1 Les Cloches jumelles (2020) T3 Nuit indigo (2025) J'ai entamé la découverte de cette série par le dernier opus. Puis j'ai décidé de reprendre l'histoire à son début ce qui m'a permis de prendre la mesure de toute la maestria de l'auteur quant à l'articulation des évènements jalonnant ce récit sidérant de beauté et d'intelligence sur près de 350 ans. Tout a débuté au début du XVIIe siècle à Butangen, petite localité en Norvège. Deux sœurs siamoises, génies du tissage, semblant douées du don de divination, filles de Eirik Hekne, meurent. Mais avant de passer dans l'autre monde, elles finissent une mystérieuse tapisserie. La légende dit qu'elles auraient représentée dans cette ultime oeuvre apocalyptique les circonstances dans lesquelles le dernier pasteur du village allait disparaître... Leur père inconsolable, décide de faire fondre toute son argenterie transformée en deux cloches du nom des jumelles inoubliables. Celles-ci, à leur instar, sonnent toujours d'elles- mêmes pour annoncer de prochaines catastrophes... Plus de deux siècles plus tard, alors que la société se métamorphose offrant plus d'opportunités aux femmes, que les modes de vie changent radicalement sous l'effet du progrès, de la révolution industrielle et de l'arrivée, en particulier, de l'électricité dans les bourgades éloignées, la légende entourant les sœurs Hekne reste vive dans toutes les mémoires. Comment oublier alors que tous les habitants souffrent encore de la séparation des cloches suite aux actes malheureux du pasteur, Kai Schweigaard, alors jeune homme inexpérimenté. Maintenant soixantenaire, il porte toujours en lui la culpabilité de cette perte inestimable, augmentée de la douleur causée par la disparition de la belle Astrid Hekne, morte en couche voici 25 ans, en 1881. Il s'est fait un devoir de ramener son nourrisson, Jehans, à Butangen, village de ses ancêtres, où il grandira sous la protection du religieux. L'une des cloches a été cachée au fond du lac alors que l'autre est en Allemagne, dans le clocher de l'ancienne église en bois debout de Butangen, démontée et reconstruite à Dresde. Une autre légende dit que seuls deux frères nés l'un après l'autre seraient capables de faire émerger celle gisant toujours au fond de l'eau. Kai Schweigaard ne voit pas comment cela pourrait être possible. Il continue par ailleurs à chercher la tapisserie, conscient que celle-ci pourrait apporter bien des réponses à ses interrogations et lui permettre d'accéder à une forme de rédemption. Décrivant un mode de vie authentique dans des décors somptueux encore préservés de toute modernité, Lars Mytting s'attache à relater l'existence âpre, cruelle, des habitants de ce hameau reculé, régie par des règles d'un autre âge. Les superstitions et croyances millénaires sont toujours respectées bien que les premiers effets du progrès se fassent ressentir. Nous assistons donc, en mettant nos pas dans ceux des différents protagonistes de ce récit somptueux, de 1881 à la fin de la Première Guerre mondiale, à l'émergence d'une nouvelle ère. Mais tant que le message des deux sœurs au travers de l'étoffe sacrée qu'elles ont tissée ne sera pas délivré, l'histoire ne trouvera pas sa conclusion. Deux sœurs, deux cloches, deux frères... Avec ce deuxième opus, Lars Mytting signe une fresque grandiose où règnent le merveilleux et l'inexplicable : chacun devra affronter des épreuves iniatiques ne laissant aucune chance à celles et ceux dont le cœur ne serait pas purs. Une oeuvre mythique nait sous nos yeux émerveillés... Quatrième de couverture Norvège, 1881. Le pasteur Kai Schweigaard revient à Butangen après avoir enterré Astrid Hekne, qu’il aimait en secret, et ramené avec lui Jehans, l’un des jumeaux de la défunte. Éploré, il demeure hanté par une trahison qui a conduit au drame, au démantèlement de l’église en bois debout du village et à la séparation des deux fameuses cloches qui le surplombaient. Afin d’absoudre ses péchés, Kai se donne pour mission de les réunir à nouveau. Pour ce faire, il doit retrouver la tapisserie réalisée par les soeurs siamoises, les célèbres tisseuses Hekne. Cette oeuvre, issue d’un mythe ou de la réalité, semble être la clé de plusieurs énigmes. Devenu adulte, Jehans passe son temps libre à chasser. C’est là, seul dans la montagne, avec un renne dans le viseur, qu’il se sent à sa place. Un jour, alors qu’il se confronte à la bête la plus majestueuse qu’il ait jamais vue, un jeune et riche Anglais sort des bois. Cette rencontre va bouleverser son existence et illuminer son passé mystérieux… Au coeur des paysages montagneux de la Norvège où les personnages vont vivre d’incroyables aventures, Lars Mytting nous entraîne dans une course effrénée vers la vérité, sur fond de tragédies collectives autour de la Première Guerre mondiale et de la grippe espagnole, de découvertes historiques avec les prémices de l’électricité, et de révolutions intimes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nous nous verrons en août | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nous nous verrons en août Gabriel García Márquez Grasset Le 13 mars 2024 144 pages traduites par Gabriel Iaculli roman Chronique 27 mai 2025 Roman inédit ! Le 28 mars 1999, les lecteurs fidèles et admirateurs de Gabriel Garciá Márquez apprirent, grâce à la journaliste Rosa Mora de El País, que celui-ci travaillait à un nouveau roman composés de 5 récits indépendants dont l'héroïne serait Ana Magdalena Bach. Cependant, le prix Nobel colombien, dans les dernières années de sa vie, luttait contre des pertes de mémoire invalidantes. On peut imaginer, pour un tel perfectionniste, à quel point la rédaction de ce texte lui demandait d'efforts et combien il devait se désespérer, à certains moments du processus de création, de ne plus être en possession de toutes ses capacités mentales. Il déclara : "La mémoire est à la fois ma matière première et mon instrument de travail. Sans elle, il n'y a plus rien." "Ce livre ne marche pas. Il n'y a qu'à s'en débarrasser." Ce livre est donc, en lui-même, au delà du texte, un témoignage bouleversant du courage de cet homme amoindri face à une montagne qu'il avait jusque là affrontée et vaincue sans problème. Ce livre est aussi poignant et émouvant car il témoigne de l'affection et du respect de Rodrigo et Gonzalo Garciá Barcha envers leur père. En effet, presque dix ans après la mort du grand homme, en relisant cette histoire, ils la trouvent tout à fait représentative de la créativité, du style littéraire incomparable, de la finesse psychologique, de l'originalité de leur géniteur, malgré, effectivement je les ai notées, des répétitions, des incohérences quant à certains détails. Ces défauts mineurs sont gardés dans la première version et la présente dans un esprit de préservation du manuscrit "Nous nous verrons en août", tel qu'il avait été approuvé et édité du vivant de l'écrivain. Ces imperfections apportent à mon sens, un supplément d'âme au roman et de grandeur à cet homme se battant contre lui-même, affaibli. Il n'en est que plus humain et proche. Ses fils déclarent : " Peut-être que la"perte des facultés" qui n'avait pas permis à Gabo de le terminer, pouvait tout aussi bien l'avoir empêché de l'apprécier à sa juste valeur. Placer le plaisir de la lecture avant les autres était peut-être le trahir. Mais si les lecteurs jugent le livre digne d'estime, Gabo nous accordera peut-être son pardon. C'est ce en quoi nous avons bon espoir. " Je trouve cela très beau, comme le texte en lui-même et l'héroïne, tout à fait singuliers. L'amour est au centre de l'oeuvre de Gabriel Garciá Márquez. Celui-ci s'accompagne ici d'un thème peu traité d'habitude : le désir au féminin, celui d'une femme vieillissante, Ana Magdalena Bach, ( quel nom !), épouse d'un chef d'orchestre, mère de deux grands enfants, reconnue professionnellement, qui une fois par an, le 16 août exactement, prend un bac pour se rendre sur une île où repose sa mère. Chaque année donc, elle fait le trajet seule, achète des glaïeuls à la même fleuriste, et se rend sur la tombe de la défunte. Où sommes-nous réellement, quand situer ce récit, nous ne le savons pas. Pourquoi la mère s'est-elle faite enterrer dans ce lieu improbable, non plus. Un mystère plane. Cette fois, Ana Magdalena franchit un pas sans analyser vraiment ses propres raisons. Il fait chaud, on danse le soir, on boit de l'alcool, on se frôle, on se regarde, on s'apprivoise et on partage des heures érotiques et sensuelles dans l'humidité nocturne, anonymement. Une aventure fugitive et éphémère qui devrait lui laisser un souvenir unique et intime. Mais le lendemain matin, son amant de passage a laissé, avant de partir, 20$ entre deux pages du livre déposé à son chevet. Rien ne l'a préparée à ce qu'elle prend pour une humiliation. Ni sa vie de bourgeoise, ni sa culture musicale et littéraire, ni son expérience d'épouse et de mère. L'escapade du 16 août devient une épreuve dont elle voudra, année après année, revenir gagnante. De plus, ce qu'il advenait dans l'île, restait jusque là indépendant de sa vie quotidienne. Sauf que, dorénavant, les deux existences s'entremêlent et l'incident malheureux déteint sur tout le reste de l'année.... Le portrait intime de Ana Magdalena est ainsi ciselé et d'une justesse sidérante. La beauté de ce personnage réside dans ses imperfections et limites. Une remise en question de toute sa vie s'ensuit. Jusqu'où va-t-elle aller afin de réussir à retrouver son équilibre ? Le regard de l'auteur sur cette femme en lutte avec elle-même est tour à tour incisif, tendre et doucement ironique. L'on sourit beaucoup, on palpite, on reste sidéré par la pertinence du propos et l'on est ébloui par l'originalité du scénario. Merci aux fils de Gabriel Garciá Márquez pour ce cadeau inestimable. Quatrième de couverture Nous nous verrons en août est le roman inédit de Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature en 1982. Cette sortie mondiale est un événement éditorial majeur qui advient une dizaine d’années après la disparition de l’écrivain colombien, en 2014. Chaque seize août, Ana Magdalena Bach prend un ferry pour se rendre sur une île des Caraïbes où est enterrée sa mère. Malgré la splendeur d’une lagune peuplée de hérons bleus, elle se contente de déposer un bouquet de glaïeuls sur sa tombe, ne passe qu’une nuit dans le vieil Hotel del Senador et retourne chez elle avec le bac du lendemain. Mais l’été de ses quarante-six ans, ses habitudes sont bouleversées. Le soir du seize août, Ana Magdalena remarque un homme qui finit par lui offrir un verre sur un fond de boléro. Lorsqu’elle se retrouve avec lui dans sa chambre, elle réalise que c’est la première fois qu’elle trompe son mari Domenico. Prise pour une prostituée par cet homme dont elle ne connaît même pas le nom, Ana Magdalena repense sans cesse à lui. Enfin de retour sur l’île, le seize août suivant, Ana Magdalena ne retrouve pas son amant. Débute néanmoins une nouvelle phase de sa vie où chaque été, elle connaîtra une nouvelle aventure. De l’évêque en vacances au tueur en série en passant par l’ami d’enfance, Ana Magdalena multiplie les rencontres estivales tout en laissant son mariage partir à vau-l’eau. Lorsqu’elle comprendra la raison pour laquelle sa mère a choisi ce coin des Caraïbes comme ultime demeure, cette spirale érotique pourra-t-elle enfin se terminer ? Nous nous verrons en août est un roman d’une intense sensualité. Avec la découverte de la passion à l’âge mur, Gabriel García Márquez déploie tout son humour pour brosser le portrait d’une femme libre. Des retrouvailles avec un immense écrivain autant qu’une publication historique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le mangeur d'âmes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le mangeur d'âmes Alexis Laipsker Pocket 10 février 2022 362 pages Thriller Chronique 9 février 2023 « Car le salaire du péché, c'est la mort. » Romains, VI, 23 « Il n'a pas crié. Ils ne crient jamais. Ils ne se débattent pas non plus. La stupéfaction et la terreur les paralysent trop pour qu'ils puissent réagir et encore moins se défendre. Vous voulez rire ? Ce sont eux qui se sentent coupables. Ils ont peur d'avoir fait quelque chose de mal ! C'est pas dingue, ça ? Mais la vérité, la voici : il n'y a rien de plus simple que d'enlever un enfant. » Vous voilà accueillis comme il se doit par le maître des ténèbres en personne ; il rôde dans l'obscurité, il guette vos fils, il se les octroie comme des gourmandises, il dévore leurs esprits, le vôtre... Il est le trou noir, le gouffre, le néant.. il a bien des noms dans ce pays de superstitions, de magie noire, de brouillard glacé : « Il y a eu de nombreux cas de sorcellerie dans la région, et dans cette ville en particulier. » « Décidément, le diable vous poursuit ! » « La gouve est vide ! » « Satan, le Malin, Belzébuth, l'Adversaire, Lucifer...le diable a bien des noms. » « Vous oubliez l'un des frères. Son âme à lui appartient au diable. » « Le Mangeur d'âmes... » « .. c'est lui qui tue les gens. » Sur une scène de crime des plus sanglantes, un chalet de montagne, première rencontre du commandant de police Elisabeth Guardiano et de l'enquêteur de l'OCDIP, l'Office central chargé des disparitions inquiétantes de personnes, Franck De Rolan. Ce singulier tandem, contre toute attente, se lance à la poursuite d'une ombre s'insinuant mystérieusement dans la pensée de ses proies, dans celles de ceux qui la chassent, empuantissant l'atmosphère de sa présence pestilentielle. La mise en scène est étudiée, l'effet saisissant, l'incompréhension totale. Ses victimes semblent s'entretuer ou se suicider... Est-ce un être humain ou une entité qui frappe ? L'enfant retrouvé dans la cave du chalet évoque le " Mangeur d'âmes... " Frissons... Franck recherche d'autres jeunes garçons enlevés dans la région : Anthony 9 ans, Lucas 8 ans, Leandro 10 ans ! S'il existe un lien entre ces kidnappings et ces tueries, nos partenaires le trouveront mais ils risquent de se perdre : leurs propres enfers intimes menacent de les engloutir. Tout est possible dans ce pays ensorcelé, maudit. La vérité pourrait être bien pire que tout ce qu'ils imaginent. Excellentissime deuxième opus de Alexis Laipsker après la réussite de " Et avec votre esprit " ! La beauté de l'écriture, sa fluidité, accentue le sentiment de danger, d'inéluctabilité, de bestialité de l'humanité sous une douceur apparente. Je poursuis mon parcours Laipskerien, je dois être masochiste ou envoûtée, avec « Les Poupées ». Question : Alexis Laipsker ne serait-il pas, lui aussi, un sorcier jouant avec nous comme avec des poupées vaudous ? Quatrième de couverture Dans l'horreur, la réalité peut dépasser la légende. « Il n'a pas crié. Ils ne crient jamais. » Certains secrets, pourtant bien gardés, s'avèrent parfois trop lourds à porter... Quand des disparitions d'enfants et des meurtres sanglants se multiplient dans un petit village de montagne sans histoire, une vieille légende nimbée de soufre ressurgit... Diligentés par leurs services respectifs, le commandant Guardiano et le capitaine de gendarmerie De Rolan sont contraints d'unir leurs forces pour découvrir la vérité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Sur le toit de l'enfer | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sur le toit de l'enfer Ilaria Tuti Robert Laffont 2018 399 pages traduites par Johan-Frédérik Hel Guedj Thriller Chronique 28 mars 2019 Collection La Bête Noire. Titre original « Fiori sopra l'inferno ». Autriche 1978 : l'Ecole, un lieu glaçant, une infirmière Sarah Braun, 40 sujets bien alignés dans une salle à l'étage, un silence assourdissant, le n°39 est le seul à réagir, à mordre, « carnivore » pense Sarah. Dangereuse exception, et ce n'est pas une supposition mais une certitude. De nos jours, dans la forêt près du village de montagne Traveni, un corps d'homme nu est retrouvé, les yeux absents. Ses vêtements ensanglantés ont servis à recouvrir un épouvantail.Entrée en scène d'un personnage principal formidable, original, auquel je me suis beaucoup attachée pendant la lecture : le commissaire Teresa Bataglia, la soixantaine, diabétique, en surpoids, présentant des symptômes de maladie d'Alzheimer, bourrue, acerbe en surface, tendre, fragile, bienveillante en réalité. Un drame l'a traumatisée pour toujours d'où un supplément d'âme. Elle est un flic d'exception, respectée de ses hommes, vue comme une étrangère inopportune par les habitants de cette région qui vivent repliés sur leurs secrets, leurs coutumes. Elle s'en fiche totalement, seul l'intéresse ce dossier. Arrive sur place en retard couvert de boue l'inspecteur Marini, jeune gravure de mode muté dans ce coin perdu. Il accumule les gaffes dès le premier pas sur la scène de crime. C'est mal parti, pourtant un tandem de choc vient de se former à l'insu des deux enquêteurs. Bientôt d'autres victimes sont retrouvées mortes ou vivantes, auxquelles manquent toujours un nez, des oreilles, la peau.... L'enfance trahie, maltraitée est au centre de la toile tissée par le tueur instinctivement.Bataglia, profileuse de génie comprend peu à peu le fonctionnement du criminel qui ne semble pas être un banal serial killer. Autre chose l'anime que le simple besoin de tuer. La racine du Mal est à trouver dans le passé ténébreux de cette région. Effroyable cauchemar perdurant jusqu'à nos jours ... Ilaria Tuti s'est appuyée sur des faits réels dont elle rappelle les détails dans ses notes finales. C'est un premier tome formidable d'une future trilogie, unique grâce à ce personnage atypique de Bataglia... J'attends impatiemment la suite. Un grand thriller au suspense parfaitement dosé mêlant adroitement frissons, stupeur et émotions. Quatrième de couverture Les tueurs voient l'enfer que nous avons sous nos pieds, tandis que nous, nous ne voyons que les fleurs... " Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia, la soixantaine, la langue acérée et le coeur tendre, est appelée sur les lieux d'un crime pour le moins singulier : un homme a été retrouvé mort, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages... et ses vêtements ensanglantés. Pour Teresa, spécialiste du profilage, cela ne fait aucun doute : le tueur frappera à nouveau. Elle va devoir rassembler toute son énergie et s'en remettre à son expérience pour traquer cette bête humaine qui rôde dans les bois. Si tant est que sa mémoire ne commence pas à lui faire défaut... Une auteure au talent magistral. Un thriller au rythme implacable. Une héroïne d'une extraordinaire humanité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les aventures de Lady Eleanor Swift - Tome 2 : Mortelle Mascarade | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les aventures de Lady Eleanor Swift - Tome 2 : Mortelle Mascarade Verity Bright City Editions 8 juin 2022 304 pages traduites par Karine Xaragai Polar historique Chronique 11 juin 2022 "Chaque saint a un passé et chaque pécheur a un avenir." Oscar Wilde, Une femme sans importance Nous voici à nouveau dans le petit village du Buckinghamshire où Lady Eleanor Swift avec son majordome Clifford a su s'illustrer lors de l'enquête contée dans le tome 1. Sa réputation n'est donc plus à faire. Ce deuxième opus s'attachera à nous faire découvrir les folles nuits de la bonne société, en particulier des fameux Bright Young Things, cette jeunesse dorée collectionnant les actes les plus fous, s'ennivrant d'alcool, de drogues, allant jusqu'à commettre certains délits. Malgré leur triste réputation, ils sont toujours invités aux soirées organisées par les meilleures familles du gotha. Eleanor est conviée en ce début de roman au bal masqué donné par la famille du beau pilote d'avion Lancelot rencontré voici quelques mois. Le jeune homme, membre des Bright Young Things n'est pas insensible aux charmes de notre lady garçon manqué. Mais la soirée tourne au fiasco et à l'arrestation du dandy accusé de meurtre et de vol. Lady Swift n'a pas le choix : à la demande des parents de Lance, elle va tout mettre en œuvre pour prouver l'innocence de son ami ; elle doit donc infiltrer le groupe des jeunes noceurs. Elle devra mettre dans la lumière toutes les zones d'ombre de ce groupe, aller au delà des apparences et des faux semblants... Une tâche des plus difficiles sans aide de la police mais heureusement avec le soutien indéfectible du majordome Clifford. Une plongée donc dans les coulisses de la bonne société anglaise.... Délicieux, faussement léger comme toujours, parfaitement exécuté comme la meilleure des recette de pudding. Beaucoup d'ingrédients pour obtenir une saveur inégalable et mettre nos papilles en fête. Quatrième de couverture Plus à l'aise dans la savane africaine que sur une piste de danse, Lady Eleanor Swift est confrontée à un sérieux problème : le jeune et beau Lancelot l'a invitée à un bal masqué. Dans la foule de personnages costumés, masqués et grimés, elle cherche désespérément son cavalier. Lorsqu'elle le découvre enfin, la scène est atroce : Lancelot est debout, brandissant un chandelier en argent au-dessus d'un cadavre. Au mur, un coffre-fort ouvert et vide ! Quelques instants plus tard, le jeune homme est arrêté pour meurtre et vol de bijoux. Mais Eleanor est persuadée qu'il est innocent. Avec l'aide d'une brochette d'amis, des gars de la haute société qui conduisent vite et boivent encore plus vite, elle mène l'enquête. Mais en voulant innocenter Lancelot, elle se retrouve en première ligne et risque bien de sortir de scène les pieds devant... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Salamanca | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Salamanca Alexis Arend Auto édition 29 août 2017 291 pages Thriller fantastique Chronique 16 février 2024 Partie en voyage, j'ai emporté ma vieille liseuse et me suis plongée dans certains titres téléchargés mais non lus. Je me souviens que ce thriller très inspiré de l'univers de "Stephen King", entre autres, avait fait l'unanimité à sa sortie. Et je comprends l'engouement d'alors : très bien mené, dosant les scènes terrifiantes, suivant un scénario exigeant, ménageant parfaitement le suspens et mettant nos nerfs à dure épreuve, ce roman fantastique nous plonge avec brio dans un monde parallèle, terrifiant, incompréhensible, très cinématographique. Généralement ce genre littéraire n'est pas ma tasse de thé mais cette fois j'ai bu le contenu de cette tasse et de la théière l'accompagnant avec un plaisir masochiste. L'ambiance anxiogène de la ville américaine de Salamanca perdue au milieu de nulle part, les habitants plus inquiétants les uns que les autres, des voyageurs piégés dans cette bourgade, pris en otage par une entité inconnue pour des raisons incompréhensibles, font de ce huis clos un récit hypnotique ranimant nos peurs les plus intimes et inavouables. Très bon récit, bien écrit et imaginé. Je vous le recommande. Quatrième de couverture SALAMANCA, thriller fantastique / épouvante par l’auteur de HEAVEN’S ROAD. Une ancienne route abandonnée, au cœur d’une inquiétante forêt... Le seul murmure du vent pour rompre le silence et la solitude la plus absolue… Une ville à la consonance étrange, perdue au milieu de nulle part… Que feriez-vous si vous n’aviez aucun souvenir de la façon dont vous avez atterri en un tel endroit ? Que feriez-vous si le seul choix qui se présentait à vous était de vous rendre dans cette petite ville isolée ? Que feriez-vous si vous découvriez ce que cache réellement cette ville ? Ce qui s’y dissimule dans l’ombre ? Seriez-vous alors capable de résister au déferlement de folie et de terreur ? Et surtout, seriez-vous capable de faire face à l’effroyable vérité ? Quels que soient les choix que vous serez amené à faire, prenez bien garde à ce qu’aucun d’entre eux ne vous mène à SALAMANCA… "Une histoire dans laquelle on se laisse facilement embarquer, et qui n’est pas sans rappeler les romans à la Stephen King..." (carolineplouffeauteure.com). Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Apocryphe | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Apocryphe René Manzor Editions de l'Epée 3 octobre 2018 400 pages Thriller Chronique 4 octobre 2018 Prix Polar des Petits Mots des Libraires 2018. « Apocryphe se dit d'un texte qui n'est pas authentique comme un testament par exemple mais aussi, de tout écrit qui se présente comme un livre inspiré de Dieu qui ne fait pas partie du Canon biblique juif ou chrétien. » Définitions du Larousse « Tant que nous ne sommes pas touchés par le malheur, il est facile de choisir le bien. » « Ce ne sont pas les défunts qui nous quittent, c'est nous qui les quittons en cessant de croire à leur existence. » C'est l'histoire d'un garçon de 7 ans qui assiste impuissant à l'exécution de son père. C'est la vie d'un enfant en rage, avec un gouffre à la place du coeur, suite à cette perte qu'il vit comme un abandon. C'est le destin d'un jeune homme de quatorze ans qui après le drame veut retrouver la tombe paternelle, éliminer toutes les zones d'ombre, regagner le monde, la ville sainte et maudite, lieu du crime, se battre avec les zélotes, des patriotes résistant aux envahisseurs, afin de repousser et chasser les romains.... Cela vous rappelle quelque chose ? J'ai oublié de dire nous sommes en 30 après JC au tout début de cette grande épopée sombre, violente, inspirée, et notre héros se nomme David de Nazareth.... Jeshua et Maramne sont ses parents, Shimon le zélote est son oncle paternel et son parrain. Il le protège et lui apprend le maniement des armes. Tous trois vivent dans une ferme isolée pendant sept ans après la crucifixion. Les Nazoréens regroupent en 37 des milliers de fidèles à Jeshua. Ce n'est pas apprécié par le grand prêtre Caiphe, ni par le Sanhédrin, qui sont à l'origine de sa condamnation. Cela agace aussi profondément Pilate aux ordres de Rome d'abord sous Tibère puis le sinistre Caligula. Est mandaté pour trouver le chef des Nazoréens, Saül le Tarse, un meurtrier en puissance, un psychopathe, chef de la sécurité du Temple. La révolte gronde, les différentes tribus juives se déchirent, certaines collaborent avec les autorités, d'autres fomentent des complots et rêvent de liberté. Un jour, un Centurion, Longinus, aux yeux lilas se présente à la ferme. Mariamne a un haut le cœur en le voyant, Shimon ne comprend pas ce qui se déroule sous ses yeux : se connaissent-ils ? En quelles circonstances ? David ne voit que l'arrachement du romain et la haine prend possession de lui..... Mais les évènements dramatiques qui vont suivre vont changer la donne. Un thriller sur une trame historique, biblique, comme une grande fresque antique mêlant moments intimistes, plans larges sur des paysages immenses, des vues d'ensemble ou des scènes de bataille hallucinantes. J'ai beaucoup pensé à la série « Rome » esthétiquement superbe, osée et transgressive sur le fond. Excepté que l'auteur ici ne recherche aucunement à choquer, ou déranger. Au delà de la distorsion que permet l'écriture d'une fiction, sont abordés des thèmes essentiels et incontournables de l'histoire de l'humanité : la foi, la naissance d'une religion, l'interprétation des évènements passés réécris parfois par des personnes qui n'y ont pas assisté, la décadence d'un monde en déclin, l'insupportable persistance des guerres et des massacres dans une course effrénée au pouvoir, la résistance, la ténacité, le courage.... Et évidemment ici la quête éperdue d'un enfant à la poursuite du père. Émouvant, haletant et pour ma part prolongeant encore ma réflexion sur ma propre spiritualité. Chacun y trouvera ce qu'il voudra en fait, de la grande aventure épique au récit plus personnel. Je l'ai beaucoup aimé, je l'ai lu d'une traite. Quatrième de couverture Jérusalem. An 30. Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix. Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire. Un adolescent en quête de justice et de vérité, Une fresque épique, violente et émouvante, un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l'histoire officielle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nos Âmes au diable | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nos Âmes au diable Jérôme Camut et Nathalie Hug Fleuve 17 mars 2022 374 pages Thriller Chronique 17 septembre 2022 « À l'insouciance des jeunes filles, Aux femmes qu'elles deviennent Aux photos en noir et blanc qui témoignent À Rosemarie Checking et à Elisabeth Soulès" Le hasard des emprunts en bibliothèque m'ont fait lire l'un après l'autre le dernier titre de Olivier Norek, "Dans les brumes de Capelans" et celui-ci : il semble que le thème traité soit d'actualité car dans ces deux romans la trame, dans ses grandes lignes, est la même, à quelques détails près qui font tout de même que j'ai eu autant d'intérêt à lire l'un comme l'autre de ces thrillers psychologiques très réussis. Barbara Abel également avait eu le courage d'aborder magistralement ce qui est, dans notre société, un véritable tabou. Premier livre de ce tandem pour moi qui ne sera pas le dernier, je pense, tant le tout est bien écrit, mené, développé jusqu'à un final attendu et cependant bouleversant. En trois parties, (l'enlèvement de la fillette à proprement dit et ses conséquences immédiates, puis six ans après la disparition, et enfin deux heures après le kidnapping de la mère), ce récit présente, sans concession mais sans être gratuitement trash, tous les aspects matériels, psychologiques de ce qu'un tel événement traumatique peut générer pour une famille mais aussi pour les forces de l'ordre, les proches, toute la société, symptôme d'une maladie systémique dont on ne veut pas parler et qui pourtant est bien réelle. La mère de Sixtine, Jeanne, est narratrice d'une partie du drame et nous guide auprès d'autres parents victimes directes de l'indicible, du silence, de l'ignorance quant au sort réservé à leurs enfants. Une analyse poussée des différents types de réactions face à cela nous est offerte, de l'écroulement, à la lutte, à la lâcheté, à l'aveuglement. Le huis clos de la troisième partie nous fait nous diriger adroitement, en des chapitres extrêmement courts, vers une conclusion dévastatrice et... incontournable d'une certaine façon. C'est un récit qui brise le cœur, qui nous remet en mémoire tous ces visages de petits disparus, tous ces cris de parents qui ne se résignent pas, qui voudraient au moins pouvoir enterrer leurs petits... Très bon thriller ténébreux et profondément humain, traversé d'instants de joie, d'amour, de solidarité, d'amitiés... Quatrième de couverture Il vaut parfois mieux ignorer la vérité... Mi-juillet, Sixtine, dix ans, disparaît sur une plage de l'île d'Oléron. Pour Jeanne, sa mère, c'est tout son monde qui s'écroule. Elle s'en veut d'avoir été trop accaparée par son métier. Elle en veut à son mari, qui aurait dû surveiller leur petite brune aux yeux bleus, mais qui a failli, trop occupé à donner un énième coup de canif dans leur contrat de mariage. Lorsque les recherches conduisent finalement à un multirécidiviste connu par la justice pour le viol de quatre fillettes, Jeanne comprend que rien ne sera jamais plus comme avant. Et son travail de résilience s'annonce d'autant plus long que le corps de Sixtine n'a jamais été retrouvé. Une absence qui laisse planer comme une incertitude... Et si la vérité s'avérait plus sordide et glaciale encore que la mort d'un enfant ? Les auteurs se livrent : Avec Nos âmes au diable, vous abordez un sujet très sensible, à savoir la disparition d’un enfant, et vous nous ouvrez ainsi les portes de l’insoutenable, vous poussez le lecteur dans ses derniers retranchements. Comment vous est venue l’idée de ce roman ? Regarder les gens vivre, c’est la base de notre travail. Pour animer des personnages de papier, les rendre attachants, terrifiants ou détestables, il faut connaître la nature humaine. Et dans cette espèce qu’est l’humanité, il y a des individus dont le devenir nous préoccupe particulièrement, ce sont nos enfants. Comme beaucoup de parents, il nous arrive de penser à un monde où ils n’existeraient plus, et cette idée nous est insupportable. Pour poursuivre sur la genèse de ce roman, écrire permet de vivre par procuration, de déposer un fardeau, d’approcher l’insoutenable sans jamais vraiment s’y exposer. L’idée naît en partie de la volonté de nous confronter dans l’écriture à ce que l’on ne supporterait pas dans la vie. Mais pas uniquement. Ces dernières années, de nombreux crimes ignobles ont impliqué des enfants et des adolescents. Nous nous sommes demandé où les proches trouvaient la force de continuer à vivre, et pour certains d’accorder leur pardon aux coupables. Tant de gens différents sont impactés par ces affaires. Les victimes elles-mêmes, leurs proches, leurs amis, les enquêteurs, mais aussi les familles des assassins. Et puis, nous avions également envie de créer le personnage d’une mère, une femme qui bascule dans l’horreur et qui se relève pour être à nouveau confrontée à l’indicible. Comment traverse-t-on ce que l’on imagine de pire ? Plusieurs fois ? Et comment ressort-on d’une telle épreuve ? L’idée de Nos âmes au diable, c’est un peu tout ça à la fois. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs














