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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

La Correspondante

Virginia Evans

La Table Ronde

Le 8 janvier 2026

336 pages traduites par Leïla Colombier

roman épistolaire

Chronique

28 février 2026

Un phénomène éditorial ! 


"Ce que j'ai accompli par moi-même est d'ordre personnel, mais ce n'est pas exactement la paix. (...) La plupart d'entre nous ont vécu de manière moins théâtrale, mais demeurent les survivants d'une époque singulière et repliée sur soi."

Joan Didion, "Au lendemain des années soixante", The White Album


Que savons-nous réellement de nos parents, de nos enfants, de nos proches, de nos voisins, de nos amis ? Que leur taisons-nous, que nous cachent-ils ? Et pourquoi ? Par peur d'être jugé ? Par lâcheté ? Par malhonnêteté ? Par terreur à l'idée d'une possible rupture ? Est-ce la conséquence d'une fracture de jeunesse, d'un manque que nous ne savons combler, d'une incapacité à jouer le jeu social des apparences et de la normalité ? 


Pourquoi ne réussissons pas à communiquer véritablement à l'heure du tout numérique, de l'hyper connexion, des réseaux sociaux, de l'étalage de la vie privée ? 


Voici un roman épistolaire d'une grande beauté, source d'une variété incroyable d'émotions et de coups au cœur, abordant tous ces sujets délicats et primordiaux en nous traçant peu à peu, ligne après ligne, petit coup de crayon après l'autre, le portrait d'une femme à l'hiver de sa vie, Sybil Van Antwerp. 


Qui est-elle cette septuagénaire réfugiée depuis toujours dans la lecture et l'écriture de lettres adressées à des inconnus célèbres ou non, à des écrivains qui l'ont touchée, à ses proches ? Sa vie est parfaitement réglée, tout est noir sur blanc comme dans un code pénal ou civil, manichéenne à l'extrême, en contrôle. 

Lorsque l'on se retourne sur son parcours professionnel au sein du système judiciaire, on ne peut qu'être admiratif, impressionné, bien qu'un mystère demeure ! Pourquoi est-elle restée greffière d'un juge qui vient juste de mourir au lieu de prendre son envol ? 

Qu'en est-il de ses rôles de mère, d'épouse, de sœur, d'amie ? N'y a-t-il pas eu des accidents de vie, des évènements tragiques, des moments de doute ou de honte ?


C'est l'instant où tout bascule : sa vue baissant inexorablement, elle comprend que bientôt, elle ne pourra plus se réfugier dans la lecture ou l'écriture de lettres... Les témoins de son passé disparaissent les uns après les autres... La réception de courriers menaçants laissant présager que peut-être tout ne fut pas si parfait, finalement, qu'elle n'est pas en sécurité... Son cœur se serre en se remémorant une voix si chérie disparue trop tôt, ou en constatant la distance qui grandit entre elle et sa fille...

Combien de non-dits, de secrets, de zones d'ombre persistent dans l'existence de celle qui fut adoptée, comme son frère Felix, par des parents aimants et traditionnalistes ?


Une métamorphose est-elle possible à son âge ? Theodore, son voisin si attentionné, ou ce texan si drôle et si entreprenant, pourraient-ils l'accompagner sur ce dernier tronçon de chemin ? 


Et puis, arrive le cadeau offert par ses enfants, Fiona et Bruce, sous la forme d'un test ADN ! 

Soudain les fondations de son existence si ritualisée vacillent. Que faire ? A-t-elle vraiment besoin de connaître ses origines ethniques ? Ce pas franchi ne la mènera-t-il pas vers plus de désillusions, de chagrins, qu'elle ne peut en supporter ?


Femme aux multiples facettes, complexe, imparfaite et intranquille, tétanisée par la peur depuis toujours malgré les apparences, elle nous est décrite en détail, avec délicatesse et justesse, par le biais de cette correspondance d'hier et d'aujourd'hui. 

Un peu comme si nous tournions les pages d'un album de photographies et d'émotions d'une inconnue devenue proche, familière, à laquelle nous nous attachons, évidemment. 


Magnifique plongée humaniste dans l'intimité d'une vie, hommage à la littérature et aux écrivains, appel à la tolérance et à la curiosité, ce roman, à la très belle couverture et à la mise en page soignée, merveilleusement bien traduit, ne pourra que vous interpeller, vous pousser à ne pas perdre de temps en silence et en mensonge vis à vis des autres mais surtout vis à vis de vous-même. 


Gratitude Virginia Evans !

Quatrième de couverture

"Je me suis mise à écrire des lettres, et c'est devenu une obsession. Le plus souvent, quand j'en écrivais une, j'en recevais une en retour. Cela surprend, mais j'ai découvert que la plupart des gens répondent. La première lettre de ma vie remonte à 1948, et je l'avais adressée à P. L. Travers, au sujet de son livre Mary Poppins." Mère puis grand-mère, femme divorcée, retraitée d'une brillante carrière dans le droit, Sybil Van Antwerp vit seule et n'aspire qu'à une existence paisible, aiguisant chaque jour sa plume pour rédiger des courriers avec un franc-parler capable de désarmer avocats de renom et grands écrivains. Mais tandis que sa vue baisse inexorablement, des lettres anonymes toujours plus menaçantes sont déposées une à une dans sa boîte, la forçant à replonger dans un passé douloureux. Greffière au chignon strict passant la porte du tribunal ; vieille dame longeant le fleuve avec une canne ; adolescente dévorant Tolkien et C.S. Lewis ; correspondante cherchant le mot juste : lettre après lettre, Virginia Evans compose le portrait d'une femme multiple, dans un premier roman mordant.

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