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- Tant que dure ta colère | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tant que dure ta colère Asa Larsson Albin Michel 31 août 2016 336 pages traduites par Rémi Cassaigne Thriller polar Chronique 2 mars 2017 Imaginez vous au bord d'un lac gelé d'une beauté presque insupportable. Le soleil brille sur la glace lisse....« Un bijou d'argent au Cœur de la forêt ». Imaginez les sapins et les fins bouleaux « noueux, hirsutes, et courbés comme de vieilles Laponnes, des bouleaux qui guettent le printemps à la lisière de la forêt ». Regardez les rennes, les ours, cherchez les lichens et les buissons de myrtilles. Caressez le pelage doux des chiens. Ecoutez le murmure des ruisseaux, les rivières tumultueuses, le feu crépiter, buvez un café noir, regardez la neige, les flocons lourds, les tempêtes brutales d'avril, à travers la fenêtre d'un chalet ; mais surtout restez ouverts à la voix de Wilma une ombre, un fantôme, entourée de corbeaux à la "robe de plumes moirée au soleil comme un arc-en-ciel" tournant à la cime des arbres ; ils l'accompagnent, gardiens des morts facilitant le passage lors de son dernier vol. Elle vient murmurer à l'oreille de la procureure Rebecka Martinsson, de Anni son arrière grand-mère, de Anna-Maria Mella enquêtrice, de tous les acteurs du drame qui s'est joué lorsque le cadavre de la jeune fille remonte à la surface du lac Vittangijarvi. Un récit prenant racine en 1943 lors de la seconde guerre mondiale. Qui a intérêt à ce que les secrets d'hier restent noyés sous la surface de l'eau?. L'authenticité des livres nordiques entre légendes, pouvoir de la nature, et relations humaines sans maniérisme, n'est plus à prouver. Un beau texte, une histoire remarquable, des personnages vivants ou morts parfaitement dessinés, c'est encore une réussite de l'auteure suédoise Asa Larsson. Entendez-vous la voix s'élever dans un chant d'espoir « comme une magnifique source divine, riche et puissante, profonde et vaste, sont l'amour, la grâce et la vérité dans le Coeur de Jésus...... »? Quatrième de couverture Au nord de la Suède, à la fonte des glaces, le cadavre d'une jeune fille remonte à la surface du lac de Vittangijärvi. Est-ce son fantôme qui trouble les nuits de la procureure Rebecka Martinsson ? Alors que l'enquête réveille d'anciennes rumeurs sur la mystérieuse disparition en 1943 d'un avion allemand dans la région de Kiruna, un tueur rôde, prêt à tout pour que la vérité reste enterrée sous un demi-siècle de neige... Après Le sang versé et La piste noire, Asa Larsson, nous entraine une fois encore dans une intrigue aussi complexe qu'envoûtante, où elle dissèque les recoins les plus obscurs de l'âme humaine. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La femme de l'Ombre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La femme de l'Ombre Arnaldur Indridason Métailié 2017 331 pages traduites par Eric Boury Thriller et polar Chronique 1 mars 2018 Deuxième tome de la Trilogie des ombres comptant déjà « Dans l'Ombre ». Prix Blood Drop du roman policier islandais en 2017. C'est curieux, comme au théâtre ou à l'Opéra, la seconde représentation est celle de tous les dangers, la première étant passée on se relâche à tort, au lieu de monter en puissance. C'est bien cependant.... Un peu ce sentiment avec ce deuxième tome après « Dans l'Ombre » , je l'ai lu sans aucune difficulté, j'ai évidemment remarqué la qualité du récit, sa pertinence car répéter certaines vérités est toujours utile, sa construction parfaite, mais je ne sais pas..... J'attends la suite voilà et l'impression que l'auteur également annonçant déjà " Passage des Ombres" pour le printemps 2018. Les éléments présents au premier tome le sont encore : cette occupation pénible par les troupes anglaises puis américaines en Islande, le décor aussi de baraquements, de bars, de prostitution, de racisme et d'incompréhension des deux côtés de la barrière, de la nécessité donc d'une police militaire incarnée par Thorson canadien et islandais, qui travaille en bonne intelligence avec la police du coin représentée par Flovent. Le livre s'ouvre sur un quai devant le paquebot Esja, où attend une jeune femme de plus en plus inquiète, espérant voir son fiancé qui n'arrive pas. Ils sont rapatriés chez eux avec l'autorisation des Allemands en ce début de conflit mondial. Au printemps 43, trois affaires se présentent : la disparition d'une femme fréquentant les militaires signalée par sa logeuse, le corps d'un noyé recherché depuis quinze jours par Flovent à la demande de sa femme Agneta, et la découverte macabre du cadavre d'un jeune homme défiguré et horriblement assassiné derrière un bar à soldats. Habilement l'auteur trace le portrait de toute cette population obligée de cohabiter, fait renaître cette ambiance particulière de camps de base étrangère dans un pays étrange, on s'attache à certains personnages, la résolution des énigmes est somme toute assez évidente. Du bel ouvrage oui ! J'aurais aimé que les caractères et la vie des deux policiers soient plus fouillés, détaillés, que cette histoire personnelle en parallèle des enquêtes soit aussi prolongée dans ce tome. Presque rien.... Attendons le prochain.... Quatrième de couverture Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d’une balle de Colt et le front marqué d’un « SS » en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941. Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue. L’afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d’agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s’émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n’ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l’île. Par ailleurs on attend en secret la visite d’un grand homme. Les multiples rebondissements de l’enquête dressent un tableau passionnant de l’Islande de la « Situation », cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine. Ils révèlent aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus. Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu’incarnent les personnages que par l’intrigue, imprévisible. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Voyant d'Étampes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Voyant d'Étampes Abel Quentin De L'Observatoire Le 18 août 2021 384 pages roman Chronique 9 mai 2026 Lecture de cette chronique sur la chaîne YouTube Evangéline Brunoy Prix de Flore 2021 Prix Maison Rouge Prix Choucri-Cardahi 2022 Prix littéraire du barreau de Marseille " Je ne suis pas prisonnier de l'Histoire. Je ne dois pas y chercher le sens de ma destinée. " Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, 1952 " La lune se noyait dans tous les Potomac Je mendiais ton amour et ses très grands bûchers " Robert Willow, Massachusetts Avenue, 1951 Je me suis demandé un peu inquiète si finalement je n'était pas un soixantenaire, blanc, hétérosexuel, universitaire, totalement perdu dans cette époque de wokisme effréné, où le monde se partage en clans, en ghettos, en racisés non-racisés, en LGBTQ and co, où il faut impérativement tout étiqueté, labellisé, et surtout faire attention à ce que l'on dit ou écrit au risque d'être vilipendé immédiatement, blacklisté, sacrifié sur l'autel des réseaux sociaux s'enflammant dès qu'un individu joue les troubles fête, dépasse les limites du pré carré qui nous est assigné. Je suis mal barrée. Jean Roscoff, sors de ce corps ! C'est un ordre ! Faudrait-il donc comprendre : exit toutes les velléités et les efforts de près de trente ans d'arriver à un universalisme égalitaire sans être évidemment oublieux des drames vécus au cours des siècles par certains, bien au contraire, mais enfin libéré du principe de race explosé par les scientifiques puisque celle-ci n'existe tout simplement pas. C'est prouvé, on peut enfin respirer mais..... non, trop facile : est-ce à dire que ceux qui, d'un côté ou de l'autre de la barrière, j'ai nommé les racistes de tous poils ridiculisés par ces dernières découvertes sur les gènes et le sang et en face, certaines de leurs cibles, détestées sous le prétexte imbécile et insupportable de la couleur de leur peau, se sont soudain trouvés perdus si on leur retirait le mot "race" du vocabulaire, s'il était relégué aux oubliettes ? Que leur reste-il, alors ? Vaste question ! Voici donc une satire féroce, ironique, cruelle, pertinente, époustouflante, dérangeante et tellement drôle se rapprochant d'un roman d'Alessandro Piperno, postérieur à celui-ci, "Un air de famille" où son personnage Alessandro Sacerdoti, double italien de notre anti héros, le dit Jean Roscoff, voit sa vie, sa réputation détruite par une cabale montée de toute pièce, via les réseaux sociaux, concernant la supposée misogynie de ce professeur accusé fallacieusement par une de ces anciennes élèves en quête de visibilité et de followers. Ici, la faute commise est tout autre. Jugez-en vous même : après avoir fait paraître un texte en début de carrière sur le couple Rosenberg, osant défendre la thèse de leur innocence, des archives avaient malheureusement été rendues publiques trois jours après la parution, infirmant totalement le propos de Roscoff, faisant de lui un paria, la cible d' injures et de quolibets inouïs. L'avenir avait été, dès lors, fort sombre pour ce spécialiste de l'histoire américaine en particulier de la période cauchemardesque du maccarthysme ! Relégué pendant des années dans l'obscurité, marqué au fer rouge de la bourde magistrale, le voilà à l'heure de la retraite, divorcé depuis peu, père d'une fille en couple avec une Virago très dans son temps, au verbe haut et à la parole assassine, le traitant à charge évidemment sans possibilité de remise de peine. Que faire ? Voici que lui revient en mémoire les poèmes d'un certain Robert Willow, communiste, ayant fui les États-Unis dans les années 1950 pour arriver à Saint-Germain-des-Prés et se mêler aux existentialistes et à la cour entourant Sartre. Il prend bientôt ses distances avec ce microcosme pour s'installer à Etampes et composer des poèmes. Sa fin tragique au début des années 1960 a peut-être privé l'humanité d'une œuvre fabuleuse. Pour Roscoff, écrire une biographie de ce personnage inscrit dans une période qu'il connait très bien pourrait parfaitement lui permettre de retrouver sa place au sein de l'intelligentsia française, lui redorer le blason. Sauf que des décennies sont passées entre son premier ouvrage et celui-ci intitulé "Le Voyant d'Étampes". Non seulement concernant les moyens de communication, de recherche sur internet, mais aussi de frilosité et de sévérité de l'opinion publique ; les # ceci ou # cela étant légion, de véritables extrémistes de la pensée propre, cadrée, normative sous couvert hypocrite de libérer la parole, censurent à tout va, condamnent impitoyablement... Notre ami a commis une faute impardonnable : Robert Willow n'est pas que poète, communiste, exilé en France, américain, il est avant tout NOIR. Comment un blanc peut-il se permettre de raconter la vie d'un noir, que peut-il y comprendre lui le non-racisé, quelle légitimité a-t-il ? Aucune ! Lui, bêtement, naïvement, a voulu écrire sur un artiste dont il aimait les poèmes, rien d'autre. Mais de quel droit !?!? Lui crient tous les chantres des nouvelles règles. Une descente aux enfers commence pour le pauvre Jean, menaces, procès d'intention, coups bas, relations tendues avec son ex, avec sa fille tiraillée entre son père et sa compagne Jeanne toujours plus intransigeante, avec son faux cul d'éditeur. Comment va-t-il pouvoir se sortir de ce guêpier inimaginable ? Nous sommes tous pris à partie par ce texte bousculant nos convictions, les remettant en question, brossant une fresque contemporaine de l'histoire de la France, à grands coups de brosses, même plus de pinceaux ! Impitoyable et savoureux tant le propos est brillant, sans pitié avec le pauvre Jean Roscoff et nous-mêmes, avec l'époque démente que nous traversons. Et que c'est bien écrit, un vrai bonheur ! La fin est La cerise sur le gâteau longuement concocté par Abel Quentin ! Un grand éclat de rire tant la conclusion est cyniquement réjouissante. Fantastique ! Quatrième de couverture « J’allais conjurer le sort, le mauvais œil qui me collait le train depuis près de trente ans. Le Voyant d’Étampes serait ma renaissance et le premier jour de ma nouvelle vie. J’allais recaver une dernière fois, me refaire sur un registre plus confidentiel, mais moins dangereux. » Universitaire alcoolique et fraîchement retraité, Jean Roscoff se lance dans l’écriture d’un livre pour se remettre en selle : Le voyant d’Étampes, essai sur un poète américain méconnu qui se tua au volant dans l’Essonne, au début des années 60. A priori, pas de quoi déchaîner la critique. Mais si son sujet était piégé ? Abel Quentin raconte la chute d’un anti-héros romantique et cynique, à l’ère des réseaux sociaux et des dérives identitaires. Et dresse, avec un humour délicieusement acide, le portrait d’une génération. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Alibi | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Alibi C.J. Skuse City Editions 14 octobre 2020 352 pages traduites par Fanny Montas Thriller Chronique 7 novembre 2020 « Elle pensait n'être qu'une ombre. Elle a tort. » « Captivant et envoûtant : Un thriller psychologique best-seller. » « Brillant, original, captivant. Tout simplement excellent ! » B. A. Parris Je ne vais qu'abonder dans le sens de ces déclarations.Un thriller psychologique très original nous permettant de suivre, puis de poursuivre, une héroïne tour à tour attendrissante, bouleversante, flippante, insupportable, déroutante et incompréhensible. Une éternelle enfant : mythomane gravement atteinte ou victime en plein Syndrome Post-Trauma. On ne sait si on veut l'aider ou la repousser, si on veut appeler les services sociaux ou psychiatriques....Cette femme qui a tout de la sale gamine, adulescente, nous inquiète terriblement, on ne distingue plus le vrai du faux dans ce qu'elle raconte. Et son protecteur, Scants, en est au même point. Donc si elle dit qu'elle est surveillée, épiée, qu'elle se sent en danger, fait-elle une énième crise de paranoïa ? Ce qu'elle interprète comme des indices, des preuves d'un péril à venir, ne sont-ils pas seulement de faux ALIBIS pour détourner toute l'attention encore sur elle ? Elle est de moins en moins crédible, son entourage, ses collègues, Scants, n'ont plus la patience..... Quand le cadavre d'une rousse étranglée est retrouvée dans une des chambres de l'hôtel où elle travaille, rien ne va plus.... Les limites sont atteintes, elle ne réussit plus à se contrôler... Elle est persuadée que c'est elle la vraie cible du meurtrier.... Mais elle a trop menti.... Qui peut encore la croire.... ?Qu'a-t-il pu arriver dans le passé pour que cette femme se bloque émotionnellement à l'âge de dix ans ? Est-elle vraiment en danger ? Dans toutes les histoires qu'elle raconte, y a-t-il une once de vérité ? Toute la deuxième partie de ce thriller addictif, obsédant, vous dévoile les pans entiers du drame qui s'est joué voici dix- neuf ans... Nos sentiments pour ce personnage sont tellement ambivalents depuis le départ que l'auteure réussit à nous faire ressentir de la gène, presque de la honte.....Nous voici à courir après elle pour la rattraper, nous rattraper, mais que nous réserve encore l'avenir ? Notre méfiance vis- à-vis de Joanne, ou quel que soit son nom, n'était-elle pas finalement justifiée ? Un scénario prodigieux parfaitement maîtrisé jusqu'au bout qui insidieusement, forcément, nous interpelle quant à nos jugements à l'emporte-pièce sur ceux qui nous paraissent bizarres, étranges, différents... Sont-ils vraiment malades, ou n'est-ce pas plutôt notre société normative qui l'est ?Un passage à la littérature noire adulte pour C. J. Skuse très réussi. Une écrivaine au regard original, captivant, à suivre... Mais déjà, je vous conseille fortement de lire cet opus. Quatrième de couverture Qui est vraiment Joanne Haynes ? Aux yeux de sa coiffeuse, elle est une femme médecin, mère de cinq enfants. Pour le vendeur de beignets, elle est une romancière à succès. Et pour le caissier du supermarché, c’est une patiente atteinte d’un cancer qui subit une chimio. En réalité, toutes ces identités, Joanne les a inventées, ce ne sont que des alibis. La seule chose certaine, c’est que personne ne doit savoir qui elle est. Depuis des années, la jeune femme prend soin de se dissimuler sous de faux noms, de changer d’apparence. Alors quand une femme qui lui ressemble fortement est assassinée dans l’hôtel où elle travaille, Joanne sait que la menace est de retour et que son passé la rattrape. Quelqu’un a percé à jour ses secrets et il s’agit forcément d’un proche... Alors, à qui faire confiance lorsque votre vie n’est qu’un tissu de mensonges ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le héros, le monstre, la mort | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le héros, le monstre, la mort Efi Papavassilopoulou Editions du Panthéon 22 février 2019 84 pages Essai Philosophie Chronique 15 juin 2021 On peut vaincre les monstres, mais peut-on vaincre la Monstruosité ? Mais qu'est-ce qu'un monstre ? Et plus encore, qu'est- ce qui fait le héros ? Ses gènes, son éducation, son lien à la mère, les lois édictées par la société, la communauté, les dogmes, une idée de la beauté ou vérité opposée à la laideur ? Quel est son rapport à l'héroïsme, à la Mort évidemment ? Et en transgressant toutes les limites pour la bonne cause, celle que l'on dit supérieure, le héros ne devient-il pas un monstre, une partie de l'indicible : la Monstruosité ? Se battre, faire la guerre, obéir à certains principes sociétaux, à certains ordres pour vaincre cet ennemi monstrueux n'est ce pas vain ? Inutile ? Le meilleur moyen de se perdre soi-même, de se perdre tel Héraclès, Persée, ou Thésée. Surtout n'oublions pas que sans monstres il n'y a pas de héros et inversement... " Le héros par son acte, devient autre, il se transforme grâce à la confrontation avec le père, le peuple, le dieu. Il se nie partiellement comme nature, donnant la priorité à la logique, soumis au droit de la cité et devient être de la culture. Il sublime son être. Il aboutit à une identité qui devient. Dans cette identité, il y a du permanent et une partie qui est vouée au changement. Celui-ci est soumis à une puissance du raisonnement qui est évolutive. Durant son parcours, le développement des idées a augmenté sa capacité à sentir, à saisir, dans une liberté accrue par le mérite." Quatrième de couverture Après avoir étudié les liens féminins d'Ulysse et leur rôle dans son ascension, Efi Papavassilopoulou porte ses recherches sur un autre pan de la mythologie : l'image inébranlable du héros. Le héros qui vainc le monstre mais pas la monstruosité, engageant une lutte perpétuelle et manichéenne, millénaire et éternelle. À travers certains personnages emblématiques de la mythologie grecque, elle fait un parallèle entre le héros des mythes et l'humain, recherchant l'identification et l'évolution. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Belle d'amour | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Belle d'amour Franz-Olivier Giesbert Gallimard Mars 2017 374 pages Historique Chronique 15 janvier 2018 Le mot de passe est « Dieu est comme un enfant qui nous regarde ». C'est celui utilisé par la famille de notre héroïne Thiphanie Espinasse, du pays d'Anjou. Et il est vrai que le Dieu de ce livre joue avec le destin des hommes. Depuis ce jour de 1246, où elle se voit obligée de fuir vers Paris après la disparition de ses parents, Thiphanie à les yeux morts. « Cherchez bien, vous ne trouverez jamais rien dedans, ni haine, ni remords, ni désir de vengeance. J'ai le regard inexpressif de ceux qui se sont retranchés du monde après avoir trop souffert, trop pleuré, trop vécu. Mais ne vous y fiez pas. C'est une ruse, celle des survivants qui ont décidé de passer inaperçus sur cette terre de brutes.... Je suis belle de nuit le jour et belle de jour la nuit On m'appelle Belle d'amour Parce que je suis belle toujours » . Tout est déjà résumé dans ces quelques lignes du début. Il est évident qu'être trop belle en ce XIIIème siècle n'est pas une bénédiction, cela peut même vous gâcher carrément la vie. De plus quand on est lettrée, troubadour, musicienne, intelligente, instruite, tout se complique en ces temps troublés de superstition, de peurs imbéciles, d'accusation de sorcellerie en veux-tu en voilà, où l'Inquisition sévit, où enfin Louis IX, ce roi futur saint, capable de lâcheté et d'abomination contre les juifs ou les blasphémateurs, va également lancé avec un courage non démenti la septième croisade pour reprendre Jérusalem. Cette fresque historique est murmurée à l'oreille du narrateur de 2016, par Thiphanie, pour que la vérité et les raisons de ce départ de milliers d'hommes en Terre sainte soient comprises. Qui sait encore aujourd'hui que jusqu'à l'an mille, des terres d'Occident étaient encore sous domination arabe, bien après la fameuse bataille de Poitiers en 800 ? Qui a véritablement conscience encore de la rapidité proprement hallucinante avec laquelle les mahométans, les croyants d'une toute jeune religion, ont conquis des terres immenses, étendant leurs pouvoirs par la force sur le monde ?C'est une vérité historique à laquelle sont confrontés les occidentaux du XIIIème siècle. Il y a urgence donc pour eux à reprendre la main, à ce que la chrétienté retrouve sa position. Le roi franc en a conscience et contre l'avis de sa mère omnipotente, va lancer l'avant dernière croisade en Terre sainte. Cette âme ancienne, Thiphanie, veut prévenir, d'un danger toujours présent aujourd'hui, l'écrivain et ses lecteurs et contemporains ; la lutte contre certains terroristes issus d'une lignée membre de la secte multi-séculaire des assassins est toujours d'actualité. C'est bien un parallèle entre les deux périodes qui constitue un des buts cruciaux de ce roman. Ainsi nous lisons le texte écrit sous la dictée de Thiphanie, commencé en Anjou, puis poursuivi à Paris sur le Pont Neuf dans la boutique de sa tante pâtissière, et après maints malheurs, viols, esclavage, fuite éperdue pour échapper à ses bourreaux, en route avec son tout nouveau mari pour la première croisade. Elle deviendra grâce à ses talents de guérisseuse et de traductrice une proche de Louis IX, voyagera en Arménie, en Orient, en Afrique du Nord... Une vie incroyable jusqu'après la huitième croisade racontée avec truculence, érudition, violence et crudité par Franz-Olivier Giesbert. Celui-ci met tout son talent de narrateur aux avis tranchés et à la parole claire et sans détour, afin d'illustrer cette période de troubles tant religieux que politiques du moyen âge et de notre époque toute aussi effrayante. Rien n'a changé et c'est là le plus terrifiant, les armes ne sont pas les mêmes, la bêtise, l'ignorance et l'aveuglement des terroristes ou assassins sont semblables. C'est un livre qui fera grincer beaucoup de dents, certes, cependant il est clairvoyant sur beaucoup de points, magistralement construit et documenté, avec toujours cette verve, ce plaisir de la langue, colorée de vocabulaire imagé du passé. Une héroïne sacrément courageuse, affrontant la cruauté du monde avec un pragmatisme et un bon sens confondants, menant à bien en réalité une mission.... À vous de découvrir laquelle... Une grande amoureuse aussi et humaniste, au sens politique et au talent de diplomatie admirables. Un très beau portrait de femme du Moyen-Âge singulièrement actuelle. Quatrième de couverture Experte en amour, pâtisseries et chansons de troubadour, Tiphanie dite Belle d’amour a été l’une des suivantes de Saint Louis et a participé, en première ligne, aux deux dernières croisades en Orient. Mais sa vie, qui aurait pu être un conte de fées, tourne souvent au cauchemar. Jetée très jeune sur les chemins du royaume après la condamnation à mort de ses parents, elle est réduite en esclavage à Paris d’où elle s’échappe pour répondre à l’appel des croisés, s’embarquer vers la Terre sainte et entamer un voyage d'initiation. Grâce à ses talents de guérisseuse, elle gagnera la confiance du roi avant d’apprendre auprès de lui l’Islam, la guerre et beaucoup d’autres choses. Épopée truculente et pleine de rebondissements, Belle d’amour raconte un destin de femme mais aussi le Moyen Âge au temps des croisades. Une époque qui rappelle beaucoup la nôtre : politique et religion s’y entremêlent pendant que l’Orient et l’Occident se font la guerre au nom de Dieu. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Mrs Dalloway | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Mrs Dalloway Virginia Woolf Editions des Femmes Antoinette Fouque Bibliothèque des voix 20 janvier 2022 7 h 23, lu par Catherine Deneuve Roman Chronique 20 janvier 2022 Texte édité par Gallimard en 1994 et traduit par Marie-Claire Pasquier. Réalisation de Francesca Isidori : « Elle ne dirait plus jamais de personne, il est ceci, il est cela. Elle se sentait très jeune; et en même temps, incroyablement âgée. Elle tranchait dans le vif, avec une lame acérée ; en même temps, elle restait à l’extérieur, en observatrice. Elle avait, en regardant passer les taxis, le sentiment d’être loin, loin, quelque part en mer, toute seule; elle avait perpétuellement le sentiment qu’il était très, très dangereux de vivre, ne fût-ce qu’un seul jour. » V. W. C'est un challenge presque insurmontable que d'écrire un avis sur un tel enregistrement, une telle œuvre, une telle interprétation. Masochisme ou inconscience totale ? Je ne sais pas encore... Folie douce certainement, de celle qui anime chaque artiste, créateur, citoyen engagé... La folie d'exprimer puis de diffuser une pensée libératrice, profondément intime tout en étant universelle. Tant d'analyses éclairées existent au sujet de l'œuvre de Virginia Woolf ou concernant le jeu de Catherine Deneuve, que je ne me sens pas légitime, moi lectrice lambda certes chanteuse lyrique soliste et addict aux mots, (est-ce suffisant ?), à asséner un quelconque jugement sous forme de vérité absolue. Ridicule ! Car ce qu'un roman de Virginia Woolf ou une interprétation de Catherine Deneuve nous apprennent, c'est bien qu'il ne faut être catégorique en rien, que la réalité se pare de multiples apparences, qu'elle est mouvante, changeante d'un individu à l'autre, que sous un sourire de façade peuvent se cacher une violence, un désespoir, une révolte. Choisir Catherine Deneuve, pour ce texte en particulier, semble le seul choix possible, tant elle est passée maîtresse dans l'art d'évoquer bien des sentiments, des réalités, parfois dérangeantes, sous une beauté faussement parfaite, un sourire énigmatique, un regard indéchiffrable.... telle l'hôtesse idéale que sera Clarissa Dalloway pour ses invités d'un soir.Or la maîtrise, chez le personnage ou chez sa créatrice, cache la peur, la conscience de sa propre imperfection, de ses limites.... de son envie soudaine de tout arrêter.... Joue-t-on à être heureux visiblement, où l'est-on ? Tout le jeu social, en cette journée de juin 1923 semble vain, factice, voué à l'échec... On est joyeux, on profite de petits bonheurs puis brusquement tout apparaît inutile, sans consistance... La voix de Catherine Deneuve aujourd'hui mûrie, faillible, illustre parfaitement, malgré ou grâce à la rapidité du débit, cet air de rester en surface, de ne pas creuser, afin de ne pas sombrer dans le gouffre, celui ressenti par une femme de 53 ans sur le fil d'un rasoir.Nous sommes, nous lecteurs, à l'instar de cette société anglaise corsetée du début des années 1920, comme enfermés dans un cadre, celui d'une caméra en plein travelling, sans aucune pause, du matin à la fin de la réception dans la nuit. Nous voyons le décor, nous ressentons tout par le prisme de Clarissa partie acheter des fleurs pour décorer son intérieur. Quartier de Westminster, Arlington Street, Piccadilly, St James's Park, Bond Street... Tout en ayant les images de ce périple sous les yeux, l'esprit de Clarissa Dalloway bouillonne, fait des digressions, remonte le temps, comme le nôtre le fait en permanence, bégayant, beugant, avançant subitement.... Virginia Woolf réussit à rendre cet état d'auto analyse inconsciente, tout en étant en action. Le présent et le passé sont ses compagnons de voyage... Soudain les yeux de Clarissa se pose sur une autre personne et nous voilà projetés dans ce nouveau protagoniste. Ainsi faisons-nous la rencontre intérieure de Lucrezia, jeune épouse italienne, désespérée par l'état de son mari Septimus, victime d'un syndrome post traumatique violent dû à la première Guerre Mondiale qui n'en finit pas de tuer en écho de nouvelles victimes, de Peter Walsh revenu des Indes, ancien amour de Clarissa, de Richard Dalloway, compagnon parfait, de Elizabeth leur fille, de Sally l'amie de jeunesse..... Toute une galerie de portraits contrastés, de la bourgeoisie, de l'élite, de la domesticité, de la classe moyenne.. tous jouant une partition commune avec plus ou moins de bonheur, certains décidant soudain de quitter le groupe, d'arrêter la mascarade, de ne plus essayer d'être celui ou celle que les autres veulent que vous soyez.... Tous fragiles, tous des fragments de l'écrivaine. Si l'un tombe, si le jeu s'arrête et si l'un d'entre eux abandonne la partie, le risque est grand que d'autres veuillent le suivre. Virginia Woolf le sait, Ô combien. Elle sait le désespoir, elle sait l'envie d'en finir, elle sait ce que des mondanités, des apparences peuvent cacher, elle sait le danger que représentent les autres pour une femme essayant de garder difficilement l'équilibre, le sourire, la maîtrise. Son mal-être perceptible sous le maquillage, le savoir vivre, l'application des règles, est celui de chacun au sortir de cette effroyable boucherie que fut la première Guerre Mondiale.Les fondements de la société ont tremblé ; tous en frissonnent encore, par intermittence. On retrouve ici certaines nouvelles écrites auparavant par Virginia Woolf insérées dans ce long Continuum que constitue cette journée de préparatifs à la réception donnée chez les Dalloway.Il n'y a pas de scénario ni d'intrigue à proprement parler, comme toujours avec cette autrice impressionniste qui déroule les heures - The Hours - précédant l'événement du soir en nous plaçant à l'intérieur d'une caméra, s'attachant à nous montrer les autres.... Pour brusquement nous faire devenir ces autres.... C'est brillant, drôle, cruel, juste, bienveillant, d'une acuité psychologique folle. Virginia Woolf n'a pas peur de flirter avec la mort, la détresse, à frôler le précipice. L'interprétation de Catherine Deneuve n'en est pas une, c'est une re-création, et telles certaines divas de l'opéra, change des mots, des respirations, en ajoute d'autres, à l'instar d'une Maria Callas ou d'une Régine Crespin qui savaient que pour respecter l'essence d'une oeuvre, il fallait quelques fois l'adapter. Ce n'est pas trahison, c'est une nécessité afin de, étonnamment, coller encore plus à la vérité exprimée ou suggérée. J'aime, par exemple, la Cassandre de Régine Crespin dans Les Troyens de Hector Berlioz ; pourtant elle change par endroits la partition faisant en sorte d'être Cassandre sans être stoppée par une syllabe maladroite sur une note trop haute. Une oeuvre vit encore, bouge, se métamorphose à travers le temps, bien après la mort de son auteur. C'est en cela qu'elle reste contemporaine, moderne, essentielle, vibrante. Un enregistrement à garder précieusement, à réécouter. Quatrième de couverture A Londres, ce soir, Clarissa Dalloway offre une fête ! La haute société anglaise a intérêt à s’amuser. Or, de vieilles connaissances ressurgissent des limbes et exhument des souvenirs comme on ouvre une boîte de Pandore. Ce mois de juin d’après-guerre n’en est pas moins radieux. Quant à Lucrezia, déracinée de son Italie natale, elle tente de retrouver son mari dans la froide Angleterre. Septimus est là, mais absent. Pâle vétéran décoré, le jeune homme reste hanté par les tranchées et les bombes. Parfois, il entend la voix d’un de ses amis mort au front. Mrs Dalloway fait le récit de la journée d’une femme de la haute société dans l’Angleterre du début des années 1920. Alors que Clarissa Dalloway se rend chez le fleuriste, l’écrivaine profite de l’occasion pour dresser un portrait de la ville de Londres et de ses habitants. Mais le roman permet surtout à Virginia Woolf de déployer la langue virtuose qui l’a rendue célèbre, à mesure que Clarissa Dalloway prépare la réception qu’elle organise et qui aura lieu à la fin du roman. Au fur et à mesure que la focale s’attarde sur tel ou tel personnage et ses souvenirs, c’est le thème de l’altérité qui semble s’imposer comme véritable sujet du texte – l’altérité de soi face aux autres aussi bien que de soi pour soi-même. « Elle aurait de beaucoup préféré être de ces gens qui, comme Richard, faisaient les choses pour elles-mêmes ; alors qu’elle, se disait-elle en attendant de traverser, la moitié du temps, elle ne faisait pas les choses tout simplement, pour elle-même ; mais afin que les gens pensent ceci ou cela ; et c’était complètement idiot car personne ne s’y laissait prendre une seconde. » V. W. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Délivrance de la mer | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Délivrance de la mer Xavière Gauthier des femmes Antoinette Fouque Le 20 février 2025 144 pages roman Chronique 20 février 2025 "Toute lune est atroce et tout soleil amer... Ô que ma quille éclate... Ô que j'aille à la mer." "Il n'y avait personne à la maison à cette heure-ci. Pas âme qui vive. Tous à leurs tâches. J'ai laissé la vaisselle sale dans l'évier. Là-haut, le cahier d'écolière. Le stylo-plume. Je serai un Rimbaud femelle." Mais avant cela, la jeune fille révoltée, en fureur, qu'est Agathe, doit impérativement fuir. Fuir cette mer insupportable dont l'odeur et le va-et-vient incessant, lui donnent la nausée, la répugnent. Tout lui fait horreur dans ce village de pêcheurs. Frappée par "Le Bateau ivre" de Rimbaud découvert grâce à son ancienne institutrice, Madame Legagneux, notre révoltée sait qu'elle doit partir, s'éloigner de la mer et de la mère, cette génitrice de famille nombreuse, piaillante, envahissante dont Aimée, la petite bossue, symbolise toute "l'anormalité". Être femme de pêcheur ? Jamais ! Être esclave des marées, des vagues, des dangers océaniques ? Il n'en est pas question ! Vivre dans un hameau où tout le monde sait tout sur vous ou colporte des horreurs, des mensonges ? Ou une réputation est vite mise à mal ? Plutôt mourir ! Et tout comme le poète "maudit", Agathe, profitant d'un événement qui la salit irrémédiablement, injustement, part pour s'oublier, franchir les limites imposées, s'immerger dans une ivresse alcoolique, sensuelle, sexuelle à Paris. Griserie dangereuse, venimeuse, brumeuse d'une jeune fille en rupture de tout et surtout d'elle-même. Une chute peut-elle mener à une renaissance ? L'adolescente en passe de devenir adulte réussira-t-elle à traverser cette période de mutation sans dommage ? Sa famille l'a-t-elle condamnée, oubliée ? Un retour à cette mer, à cette mère, est-il envisageable ? Histoire charnelle d'une métamorphose, celle d'une exploratrice à bord d'un navire sans boussole, dont la hargne et la fureur semblent infinies... Un texte iodé comme le sont les larmes, le vent au bout de la terre, l'eau régénératrice et maternelle : "Plénitude de l'écriture océane, immersion. J'écrirai salé, liquide. La mer me joint, m'entoure, me colmate et me déverse. La mer me délivre et j'explose. L'eau qui était noyade est envol." Naissance d'une écrivaine de l'onde, poétique. Quatrième de couverture Agathe, née et élevée dans un village maritime, rêve d’évasion. Enfermée dans une vie dictée par les cycles de la mer, la rudesse de la pêche, la monotonie des tâches familiales, oppressée par l’océan, elle oppose un refus farouche à son « destin » féminin. Elle s’enfuit. Mais la jeune femme parviendra-t-elle à saisir sa liberté et à assouvir ses désirs rageurs ? Les utopies de l’adolescence résisteront-elles à l’âpreté d’une vie sur les routes ? En se frottant aux vaches ou contre la peau de son amant ou sur les lèvres de la poétesse, sa sensualité exigeante pourrait se diluer dans la mer… « La mer est une violence qui va et qui vient, qui se fracasse contre la roche et qui m’impose sa véhémence. La mer me besogne et me sale. Et les mouettes me traversent la cervelle de part en part. Les goélands déchiquettent le vent et me braillent aux oreilles. Je prends leur cri et je le lance, à travers ma gorge, à travers mes poumons, je le lance à la face du monde, puissante, survoltée de leurs voix de bêtes. » X. G. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Roger héros, traître et sodomite | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Roger héros, traître et sodomite François Reynaert Fayard 8 septembre 2021 342 pages Biographie Chronique 2 mars 2023 Paru le 15 mars prochain chez Le Livre de Poche sous le titre « Les trois vies de Roger Casement ».J'ai découvert Roger Casement par les deux derniers titres de Jennifer Richard, "Il est à toi ce beau pays" et "Notre royaume n'est pas de ce monde", traitant entre autres du Congo Belge, de la colonisation, de l'impérialisme, des crimes commis par les occupants de toutes nationalités et de leurs dénonciations par quelques hommes courageux, dont notre héros du jour. Cette biographie, rééditée aujourd'hui en format poche sous un titre plus consensuel, revient sur tout le parcours d'un homme hors du commun capable du meilleur comme du plus discutable, posant des actes forts et inouïs en un temps et un pays où être homosexuel est honteux et condamnable, être un défenseur de la cause irlandaise en s'alliant avec les allemands, une folie passible de la peine de mort pour trahison. L'auteur ne cache rien des failles du personnage, de ses aberrations, de ses faiblesses, de sa quête sans fin d'excitation sexuelle, de sa bêtise aussi, en un mot de son imperfection humaine. Mais oublier sa bravoure, son élégance, sa générosité, sa pertinence, sa ténacité à faire triompher la justice, serait malhonnête. Après la gloire, le statut de héros, les récompenses pour son action contre la barbarie colonialiste au Congo Belge et au Brésil comme consul, il se fourvoie en toute bonne foi et perd son sens des réalités. La cause est juste, l'indépendance de l'Irlande, mais les moyens utilisés totalement incompréhensibles. Pourquoi lui, qui fut perspicace jusque là, se perd-il à ce point en cherchant une alliance germanique en pleine période de bascule dans la première guerre mondiale ? Ce diplomate de haut rang reconnu par ses pairs....anglais ne comprend-il pas qu'il se condamne lui-même ? Dépression, déchéance, arrestation, mais enfin, au fond du gouffre, il se retrouve, redevient l'être de beauté, d'élégance et d'intelligence qu'il fut. Cet ouvrage est également une formidable description historique de l'homosexualité masculine à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. Car le procès très formel, très civilisé en apparence du traître Casement par les anglais n'est en fait qu'une mascarade cachant des pratiques ignobles pour salir l'accusé. Attaquer publiquement Roger Casement sur son homosexualité considérée comme un crime en ces temps joyeux aurait été logique puisque ses carnets intimes avaient été retrouvés dans ses effets personnels. Mais non ! Ils vont le salir insidieusement en laissant fuiter des révélations... L'hypocrisie d'une époque et d'une société de discrimination, d'inégalité, de conservatisme et de mépris envers les femmes, les pauvres, les colonisés, les homosexuels, etc, etc.... Les analyses de François Reynaert, dans un style littéraire réjouissant et somptueux, sont d'une grande finesse, d'une grande justesse, tant par les portraits dressés de tous ces blancs civilisateurs venus piller et martyriser l'Afrique, l'Amazonie, et autres colonies, se les appropriant comme un dû, que par la dissection du grand corps malade qu'est l'Europe. On en voit les conséquences aujourd'hui. Le ton est caustique, drôle, les formules épicées au service d'une dénonciation précise et sans concession d'un impérialisme insupportable. Très belle biographie complète, passionnée et nécessaire en ces temps où les mêmes criminels sévissent toujours pour notre plus grand malheur. Quatrième de couverture En 1903, alors consul britannique, Roger Casement enquête sur les atrocités commises dans le Congo du roi Léopold de Belgique. Le rapport qu’il en tire le rend célèbre. En 1910, il débarque en Amazonie pour dénoncer les exactions contre les Indiens. Anobli par le roi, il est considéré comme l’un des plus grands héros du Royaume-Uni. Coup de tonnerre en 1914. Il est à Berlin. Devenu militant de la cause irlandaise, il y négocie l’appui militaire de l’Allemagne à l’indépendance de son île natale. Aux yeux des Anglais, le héros est désormais un traître. Quand elle réussit à le capturer, en 1916, la police britannique est prête à tout pour le salir, y compris à utiliser contre lui de mystérieux documents : cinq agendas où il a noté avec force détails ses centaines de rencontres avec des jeunes hommes... Adulé en Irlande, longtemps haï au Royaume-Uni, Roger Casement est quasiment inconnu en France. Quelle erreur ! Il n’y a pas de destin plus en prise avec les préoccupations de notre XXIe siècle, hanté par le bilan de la colonisation, la question de l’identité nationale ou celle de l’orientation sexuelle. Avec Roger, héros, traître et sodomite, récit historique haletant où tout est vrai, François Reynaert signe un formidable livre sur le sens de l’engagement. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nous sommes la nuit | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nous sommes la nuit Gwenaël le Guellec Les Nouveaux Auteurs 8 juin 2023 500 pages Thriller Chronique 15 novembre 2023 « Insaisissables comme l'ombre Frappant comme la foudre Nous sommes la nuit. » Tome 3 de la trilogie consacrée à Yoran Rosko qui clôt cette série avec brio pour notre plus grande joie de lecteurs fidèles à cet écrivain singulier, qui année après année nous a offert des récits de plus en plus aboutis, magnifiquement rédigés, lyriques, originaux, dépaysants, tantôt thrillers psychologiques et sombres, tantôt romans d'action à 100 à l'heure, jalonnés de moments éphémères, oniriques et contemplatifs devant la magnificence de ce monde, devant l'Amour, devant ce que l'humanité peut créer de plus beau. Originaire de Brest, le jeune homme atteint d'achromatopsie, donc ne distinguant que le noir et le blanc, s'est finalement installé à Tokyo se rapprochant de son but ultime : la Femme aimée.Le jeune photographe armoricain a déjà réussi à arrêter un serial killer baptisé le Tailleur de sel en 2020 ; puis alors qu'il était hospitalisé à Rotterdam pour ses yeux, il avait été entraîné dans une course effrénée afin de stopper les crimes d'un chasseur d'êtres humains. Ces deux épisodes nous avaient emportés en Islande, à Berlin, Helsinki, Tallinn.... La passion de l'auteur pour la photographie et les voyages le portait à mettre en scène des scénarios sidérants, nous faisant basculer dans un univers nocturnes où chaque infime détail compte, des textes violents et poétiques à la fois. Certaines scènes d'un voyage en train en particulier restent gravées dans ma mémoire. Le Japon semble être le pays idéal pour le jeune homme travaillant en free-lance, capturant des scènes de la mégalopole de nuit avant de partager ses oeuvres sur une plateforme de photo game international.Et justement, au retour d'une de ces escapades avec une cliente, il tombe par hasard sur un cliché horrifiant mettant en scène la mort atroce d'un homme, client d'un love hôtel. L'appareil interne de Yoran est enclenché automatiquement. Il réussit à enregistrer la photo avant que celle-ci ne soit effacée du site. Voilà notre limier en roue libre sur les traces d'un tueur de haut vol. Depuis le temps qu'il est au Japon, Yoran a élargi son cercle d'amis. Et l'une d'entre eux, ancienne geisha aujourd'hui propriétaire d'un restaurant, aux connaissances phénoménales quant à la culture nippone, va lui donner des éléments importants quant à l'arme utilisée.Le mécanisme est ainsi mis en mouvement dans l'esprit de notre héros qui ne pourra s'arrêter que lorsqu'il aura compris les tenants et aboutissants de cette tuerie qui n'en est qu'à son début. Tokyo, Sienne, Prague, Brest... préparez-vous à voyager, Gwenael Le Guellec est un excellent guide. Peu à peu, alors que le sort semble s'acharner contre lui bien trop proche de la solution, que le danger devient mortel, nous voyons cependant notre ami sortir de son monde monochrome pour rejoindre la lumière, (d'où la couverture), celle libératrice menant à l'essentiel : l'Amour ; mais le chemin est ardu, piégé, interminable. Heureusement, certains personnages d'hier et d'aujourd'hui aident notre étrange enquêteur, apportant la part d'humour et d'ironie indispensable à un thriller par ailleurs ténébreux et cruel. Quel magnifique parcours littéraire que celui de l'auteur ! Quel merveilleux guide « touristique » est-il, nous donnant l'envie de réserver immédiatement un billet d'avion pour Tokyo, pour Sienne ou Prague ! La curiosité sans fond de l'écrivain, son empathie extraordinaire, sa soif de connaissance des autres font de lui un romancier à part. La trilogie se termine sans qu'aucune zone d'ombre ne soit enfin éclairée ; tout est parfaitement équilibré, à sa place, comme une estampe japonaise réalisée d'un geste sûr et parfait. Félicitations Gwenael Le Guellec.(J'ai beaucoup pensé, par certains aspects, à l'univers créé par Sébastien Raizer). Quatrième de couverture Retrouvez le nouveau thriller de l'auteur gagnant du prix du suspense 2019, un vrai page-turner ! Atteint d'une maladie rare l'obligeant à percevoir le monde qui l'entoure en nuances de noir et de blanc, Yoran Rosko exerce désormais comme photographe professionnel au Japon. Fuyant son ancienne vie tout autant que ses vieux démons, il a définitivement renoncé à regagner un jour la pointe armoricaine. Sa participation à un photo game international va bientôt l'amener à croiser la route d'un étrange collectif d'artistes, amateurs de scénographies macabres, et se servant des réseaux sociaux pour mettre en lumière leurs créations. Cette plongée hypnotique et envoûtante dans la nuit tokyoïte le conduira à affronter ce groupe d'assassins, surnommés les « Tueurs aux estampes », dans le domaine qu'il affectionne le plus : la photographie. Mais alors que les victimes s'accumulent et que le jeu n'a plus de frontières, Yoran va progressivement prendre conscience que laisser son passé remonter à la surface pourrait bien lui sauver la mise, une dernière fois... 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- Sous un grand ciel bleu | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sous un grand ciel bleu Anna McPartlin Cherche Midi 29 avril 2021 528 pages traduites par Valérie le Plouhinec Roman Chronique 9 octobre 2021 Voici la suite tout aussi poignante de « Les derniers jours de Rabbit Hayes ». « Pour Anna McPartlin, il était inconcevable de ne pas donner une suite à cette histoire tant appréciée, qui lui a autant manqué à elle qu’à ses lecteurs et lectrices ! ». « La chaleureuse, la merveilleuse et bordélique famille Hayes est de retour ! » En effet, et cela est un grand bonheur lorsque l'on a adoré le premier opus, et qu'en cette période troublée et anxiogène, nous avons tous besoin de réconfort, de tendresse, d'espoir. Cela aurait pu être très "casse-gueule" de donner une suite à un tel best-seller ! L'auteure relève le gant avec brio, talent, humour, empathie et beaucoup de tact et de profondeur d'analyse. Elle pose des touches de couleurs peu à peu au cours de la narration et effectivement, quand le portrait de cette famille agrandie des ami(e)s se dévoile finalement, nous donne à admirer une peinture très réaliste, émotionnellement forte ou nous pouvons nous retrouver évidemment. Comme dans "Les derniers jours de Rabbit Hayes", le lectorat qui aura traversé ce type d'épreuve, se sentira compris, concerné et peut être aidé par certains passages. Les étapes qui suivent invariablement le décès d'un proche sont parfaitement décrites avec tendresse, empathie, drôlerie mais plus souvent un sens du dramatisme exacerbé. On rit beaucoup, certaines scènes sont forcément cultes, dès qu'un élément tragique arrive immédiatement l'absurde ou l'ironie le temporisent, les larmes sont autant de rire que de tristesse, tout est toujours intimement lié en particulier chez les Irlandais. L'humour est peut être une armure pour certains, mais ici est un geste d'une extrême élégance quand tout n'est que ténèbre. Fort bien écrit et traduit, mise en page et couvertures soignées et poétiques, galerie de personnages attachants et bouleversants de vérité, il est de plus une exploration de la question difficile d'être porteur d'un gène vous prédisposant au cancer. Que faire ? Quel impact sur les enfants, l'entourage, le couple... ? Une suite donc que je trouve particulièrement réussie, courageuse, challenge relevé haut la main pour cette écrivaine aussi comédienne de stand up qui connaît donc tous les ressorts d'un bonne tragi-comédie sans temps mort ni lourdeur... chapeau ! Quatrième de couverture Rabbit Hayes est morte, laissant derrière elle une famille brisée par le chagrin. Désespérée, sa mère Molly se questionne sur sa foi tandis que son père Jack s'enferme dans le grenier durant des heures pour se perdre dans ses journaux intimes. Et peut-être son passé. C'est à Davey, son frère, qu'on confie la garde de Juliet, douze ans, que Rabbit élevait seule. Mais comment aider Juliet à surmonter son chagrin quand lui-même parvient à peine à faire face au sien ? Il faudra du temps et beaucoup de courage aux Hayes pour réinventer leur vie ensemble. Mais le souvenir radieux de Rabbit et l'amour inconditionnel qui relie chaque membre de cette famille peu conventionnelle sauront leur faire traverser cette épreuve. Il y aura des sourires qui transperceront la tragédie et beaucoup, beaucoup de fantaisie pour que chacun profite pleinement de cette vie, comme Rabbit l'aurait voulu. L'auteur à succès des Derniers Jours de Rabbit Hayes nous revient un roman éclatant de générosité et de résilience. Un livre émouvant sur la mort, la famille et la joie qu'il ne tient qu'à nous de faire subsister aux moments les plus désespérés. Sous un grand ciel bleu d'Anna McPartlin vous fera rire, pleurer et hurler de joie. Quelques mots de l’éditeur : « Vous êtes nombreux et nombreuses à avoir découvert Anna McPartlin avec son roman Les Derniers Jours de Rabbit Hayes. Larmes de joie, larmes de tristesse, ce livre à mille émotions a conquis des milliers de lecteurs et lectrices françaises. C’est avec beaucoup d’émotion que nous publions aujourd’hui sa suite, Sous un grand ciel bleu. Il est temps de retrouver, pour la dernière fois, la fabuleuse, attachante et bordélique famille Hayes ! » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Éclair d'argent | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Éclair d'argent Véronique Chauvy De Borée 11 mars 2021 351 pages Historique Chronique 25 mars 2021 En cette période troublée, depuis plus de deux ans, et de 150 ème anniversaire de la Commune de Paris, ce roman historique entre peinture sociale édifiante et thriller "Polar" sur fonds de vengeance et de quête de vérité, tombe à point et éclaire notre présent à la lumière du passé. Pouvons-nous tirer de l'expérience de nos aïeux l'enseignement nécessaire à la construction d'une société égalitaire et juste ? Amoureuse de sa région, l'Auvergne majestueuse et laborieuse, Véronique Chauvy nous colorise et nous restitue les sons et les voix de nos ancêtres, avec énormément de soin et de talent : ainsi le film de ces années 1871-1880 et plus, nous rend palpable et proche, dès l'ouverture de ce roman digne d'un opéra vériste, ce Paris à feu et à sang de la Commune puis, huit ans après, ce microcosme très particulier créé autour des mines argentifères de Pontgibaud. On découvre le lien existant entre cette région et l'Angleterre, les collaborations entre ingénieurs et financiers des deux côtés de la Manche, autour de l'exploitation de mines d'une importance capitale pour la survie et l'essor de ce bout de France. Également, en suivant les personnages principaux, en particulier la franco-anglaise, Anabella Wright, cherchant à connaître les circonstances exactes de la mort de son père ingénieur dans un des couloirs souterrains alors qu'elle était enfant, nous découvrons et apprenons quelles étaient les conditions de travail et de vie des mineurs, des familles françaises et anglaises. Nous assistons aux différentes étapes du labeur menant au fameux "Éclair d'argent" où enfin celui-ci se révèle, qui peut également figurer les éclairs de vérité absolue qui ponctuent nos vies et qui ne manqueront pas d'illuminer non seulement la jeune femme sur les pas de son père, mais aussi Julien, venu assouvir une vengeance. Certains réussissent à percevoir ce déclic qui peut changer toute leur vie, d'autres en sont incapables. Dans une société en mutation, où des premières interrogations écologiques se font jour, où les femmes sont encore sacrifiées sur l'autel du patriarcat, et ne sont encore que des êtres inférieurs sans droit de vote, assujetties aux hommes de leur famille, où les ouvriers, les artisans et les employés les plus modestes se soulèvent enfin contre l'injustice et prennent conscience de leurs droits, les destins qui nous sont contés avec tant de passion et d'humanité, sont des illustrations parfaites de ce tournant de cette fin du XIX ème siècle. Une grande réussite pour l'auteure qui, roman après roman, ressuscite le passé avec un soin particulier tout en nous faisant frissoner, victimes consentantes d'un suspense haletant. Quatrième de couverture Mai 1871, en pleine Commune de Paris, Julien, quatorze ans, assiste impuissant à la mort de son frère, tué par un soldat de l'armée versaillaise. Injustement condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie, il jure de se venger. De retour du bagne après l'amnistie générale votée en 1879, Julien part sur la trace du meurtrier de son frère, à Pontgibaud en Auvergne, où il se fait embaucher à la Compagnie qui exploite les mines de plomb argentifère. Dans le même temps, échappant à un mystérieux passé douloureux, arrive dans la cité auvergnate une Anglaise, Annabella Wright. Venue se recueillir sur la tombe de son père, un ingénieur tragiquement décédé alors qu'elle était enfant, elle est accueillie par ses compatriotes travaillant pour le compte de la société minière. Alors que des doutes l'assaillent sur les circonstances qui ont coûté la vie à son père, elle croise le chemin de Julien. Leur quête respective de la vérité les rapprochera-t-elle ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La maison aux lumières | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maison aux lumières Donato Carrisi Calmann-Lévy 4 octobre 2023 350 pages traduites par Anaïs Bouteille-Bokobza Thriller Chronique 21 janvier 2024 Précédemment dans la série Pietro Gerber : 1/ La maison des voix Une jeune femme s'accuse de la mort de son frère pendant son enfance. 2/ La maison sans souvenirs La disparition d'un petit garçon et de sa mère cachent un crime effroyable Règles du jeu des statuettes de cire, ou jeu des statuettes : 1. La statuette capture les vivants. 2. Qu'à on est touché, on devient une statuette et on poursuit les vivants. 3. Les statuettes n'ont pas le droit de parler. Elles peuvent seulement siffler. 4. Le jeu prend fin quand le dernier survivant prononce le mot "Arimo" 5. Si le dernier survivant ne prononce pas le mot "Arimo", le jeu ne se termine jamais. Un simple jeu dans un jardin, l'été 1997, des enfants de cinq à 11 ans se cachant un peu partout pour ne pas être trouvés par celui devenu la statuette, des sifflements, des respirations rapides, des joues enflammées, des regards nerveux, des rires étouffés, et surplombant la scène, Pietro, gamin avec une jambe dans le plâtre, assistant du haut de son promontoire à l'enchaînement des évènements qui mèneront inexplicablement au drame : la disparition du plus petit, Zeno....les adultes perdent trois heures avant d'appeler la police et de comprendre que la situation est très grave malgré l'insistance du père de Pietro, psychologue spécialisé dans les thérapies pour enfants par l'hypnose. 25 ans plus tard, son fils a repris le flambeau et continue à endormir de jeunes patients tentant de leur venir en aide. L'épisode douloureux et dramatique de la disparition de Zeno n'a jamais été digéré. De plus, des drames récents ont mis à mal la réputation du thérapeute pourtant considéré jusque là comme une autorité en la matière. Il ne professe plus guère. Par ailleurs, il pense qu'une ombre terrifiante le suit partout, une revenante, Hannah Hall. Ainsi lorsqu'après une séance difficile avec un petit garçon, pressé de rejoindre un détective privé chargé de vérifier s'il est paranoïaque ou effectivement pisté par cette femme, l'arrivée inattendue d'une certaine Maja Salo devant sa porte du cabinet ne lui plaît pas du tout. Étudiante, venue d'Helsinki, de père italien, celle-ci le supplie de l'aider. Elle est en charge de la garde d'une petite fille, Eva, qui présente des symptômes inquiétants de maladie mentale, agoraphobie, ami imaginaire, violence sur elle-même, etc, etc... La jeune femme se dit dépassée ne sachant pas si l'enfant présente les signes d'une schizophrénie enfantile ou d'autre chose. Après bien des hésitations, ne voulant pas être en retard, il se doute que la jeune fille au pair a fait le tour des psychologues et qu'il est un peu sa dernière chance. Il accepte à contre cœur de rencontrer la patiente le lendemain après midi dans le manoir perdu dans la campagne toscane. Alors, Mia lui remet une lettre de Eva à son attention. Un seul mot est inscrit : Arimo.... Bascule dans un passé douloureux, persistance à vouloir rester pragmatique, les pieds sur terre, à déjouer les pièges, à soulever le voile sur les fausses apparences, la vérité rien que la vérité. Eva est-elle malade, manipulée ou manipulatrice, dotée de dons extra sensoriels, capable de communiquer avec les morts ? Pietro ne sait pas, lui-même balloté entre hier et aujourd'hui, encore traumatisé par le drame de 1997. Il pèse chaque information, suit toutes les pistes imaginables, doute de tous et de lui-même en particulier. Son attirance pour Maja ne l'aide pas, il se sent vulnérable. Cependant il reste toujours extrêmement vigilant d'autant plus pendant les séances d'hypnose de la petite. Des incidents inexplicables et des occurences avec Zeno se multiplient, Pietro redevient aussi fragile qu'à dix ans... Des sifflements résonnent ; le jeu des statuettes a-t-il repris à son insu ? Fabuleux thriller psychologique flirtant avec le surnaturel, une plongée effarante dans les arcanes du cerveau humain, un suspense et une tension maintenus de main de maître jusqu'à la dernière ligne. Bravissimo ! Je n'ai pas lu les épisodes précédents mais cela ne m'a pas gênée. Je vais tenter de les trouver. Thème très original, personnage principal particulièrement attachant de par sa fragilité, dans un décor somptueux... Que demander de plus ? Quatrième de couverture Dans une vieille bâtisse isolée en Toscane, une fillette souffre de maux bien étranges… Lors de phases de transe, Eva semble habitée par le mal et obéit aux ordres d’un ami imaginaire inquiétant. C’est en tout cas ce que rapporte sa jeune fille au pair à Pietro Gerber, illustre hypnotiseur pour enfants. Ce dernier, traumatisé par sa précédente affaire, hésite à prendre en charge cette patiente. Mais au cours de leurs séances, elle dissémine des indices sur une histoire qui ronge Gerber depuis des décennies : la disparition brutale de son ami, survenue dans son enfance. Comment peut-elle être au courant de détails que même Gerber a enfouis en lui ? En sondant les affres de la mémoire d’Eva, Pietro Gerber va être victime d’un jeu de piste dangereux, qui l’obligera à se confronter à ses pires démons. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Jeux de dupes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Jeux de dupes Maud Tabachnik City Editions 13 janvier 2021 256 pages Thriller & Historique Chronique 1 février 2021 Un vrai Polar noir comme un film des années soixante, sombre et en même temps jubilatoire. Un plaisir de lecture où cruauté et inéluctabilité sont à l'œuvre.L'auteure s'amuse à torturer son personnage principal, à nous perdre dans un scénario imprévisible à partir d'un postulat déjà utilisé par d'autres écrivains. Mais, se faisant, elle réactualise certains des codes de la littérature noire en y ajoutant beaucoup, beaucoup d'humour et de cynisme. Abbot, cet anti-héros campé dans une position victimaire compréhensible mais agaçante, minable et raté aux yeux de ses proches et un peu du lecteur, attire tellement la malchance que son ridicule nous le rend finalement touchant. Étonnamment on s'attache à lui, on prend fait et cause pour cet écrivain spolié de son oeuvre, de sa gloire.Quand il relève enfin la tête et compte se battre, on espère, on commence à l'admirer et à l'aimer. Son plan pour se rapprocher de l'usurpateur devient sa mission comme le fut la rédaction de son livre. À nouveau, il écrit une histoire mais l'inscrit cette fois dans la réalité. Vous pensez alors que grâce à lui, devenu le secrétaire incognito du coupable, vous allez assister avec délectation à la mise à mort de ce dernier.... Et bien pas du tout, gros retournement de situation qui échappe à toutes prévisions, les vôtres et celles de notre ami. Le duo ainsi formé de ces lascars si semblables tant physiquement que moralement, nous emporte dans une aventure rocambolesque jusqu'aux ors d'Hollywood, ses faux semblants, ses extravagances, sa vénalité, son culte du fric et du pouvoir.Tout semble en carton pâte et toc, tous les sentiments semblent surjoués ; être naïf voire candide ou à l'inverse un escroc minable, vous condamne forcément au malheur... Nouveau personnage : le diable entre en scène .... On finit ce roman avec étonnement et un grand sourire en prime tant Maud Tabachnik nous a fait partager son plaisir sadique jusqu'au bout de cette histoire déjantée et machiavélique. Scénario au cordeau, traitement très cinématographique, trouvailles et retournements soudains font de ce livre un bonbon dont la saveur sucrée-acide laisse également en bouche un fond d'amertume tenace.... Cruel ! Quatrième de couverture Détesté par sa femme, méprisé par sa fille, Abbot ne trouve du réconfort que dans l’écriture. Il vient de terminer un roman qu’il s’apprête à envoyer à un éditeur. Mais un jour, l’impensable se produit : il oublie son manuscrit dans un taxi. Et quelques mois plus tard, le livre est publié sous le nom d’un autre et devient un best-seller ! Qui est l’usurpateur ? Comment dénoncer son imposture ? Abbot retrouve sa trace et entre à son service en devenant son secrétaire particulier. Il le suit même jusqu’en Californie, où les droits du livre viennent d’être vendus à Hollywood. Progressivement, la fascination d’Abbot pour celui qui a aussi facilement endossé sa création se mue en une haine irrépressible. Mais s’il l’élimine, son œuvre risque également de passer aux oubliettes. À moins que ? Pour se venger, Abbot commence à enclencher une formidable machination... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- En lieux sûrs | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires En lieux sûrs Linwood Barclay Belfond Noir 2017 425 pages traduites par Renaud Morin Thriller Chronique 9 septembre 2017 Décidément ce pauvre Terry Archer n'a pas de chance avec sa femme Cynthia et sa fille Grace. On aurait pu penser que sept ans après les événements décrits dans le thriller de 2009 "Cette nuit là" la petite famille aurait compris combien elle avait eu de la chance de s'en sortir. Mais non ! Cynthia alors adolescente difficile avait été ramenée manu militari par son père après qu'il l'ait retrouvée en compagnie d'un petit loubard Vince. Le lendemain matin réveillée avec une sérieuse gueule de bois, Cynthia ne retrouve ni ses parents ni son frère. Ils ont disparu. 25 ans plus tard au moment de l'anniversaire de cette tragédie d'étranges événements étaient survenus. Tous les trois avec son mari Terry et leur petite fille de 7 ans avaient trouvé de l'aide auprès de Vince et de sa belle fille Jane, également élève de Terry, Les leçons du passé ne sont pas comprises dirait-on et c'est cette fois, Grace âgée de 14 ans qui fait des siennes avec un copain Stuart. Ils s'introduisent dans une maison figurant sur une liste étrange détenue par le père de Stuart, membre de la bande de Vince devenu un bandit et trafiquant dangereux. Ils veulent juste emprunter la voiture de luxe dans le garage pour faire un tour. Mais où sont les clefs de cette fichue bagnole ? Grace panique, Stuart s'entête, mais bientôt ils comprennent qu'ils ne sont pas seuls dans la maison. Un coup de feu et ..... Le cauchemar va reprendre pour les Larcher, et nous allons retrouver Vince et Jane. Le tome deux donc en quelque sorte, bien ficelé et écrit, toujours aussi ironique et amoral, surfant à nouveau sur la notion de confiance entre les membres d'une même famille. Un sacré retournement final encore une fois qui laisse un goût de fiel dans la bouche. Personne n'est innocent ! Très réussi ! Quatrième de couverture Cynthia a quatorze ans. Elle a fait le mur pour la première fois, telle une adolescente rebelle devant l'autorité familiale. Sauf que, le lendemain, plus aucune trace de ses parents et de son petit frère. Et aucun indice. Vint-cinq ans plus tard, elle n'en sait toujours pas davantage. Jusqu'à ce qu'un coup de téléphone fasse resurgir le passé... Une intrigue magistrale qui se joue de nos angoisses les plus profondes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















