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- La Juive de Shanghaï
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Juive de Shanghaï Marek Halter XO Editions 3 novembre 2022 362 pages Thriller Historique Chronique 1 janvier 2023 « L'homme fait des projets, et Dieu rigole.» Proverbe yiddish « De Berlin a Shanghai, l'histoire d'un destin fascinant. » Encore un roman fabuleux de Marek Halter qui n'en finit pas de m'éblouir, de me passionner, de me faire voyager, de m'instruire. Un travail de mémoire extraordinaire qui cette fois-ci revient sur un épisode méconnu de l'histoire du peuple juif. L'exode de milliers d'entre eux pourchassés par les allemands et s'enfuyant toujours plus à l'Est jusqu'à Shanghaï après un périple éprouvant, cauchemardesque. Pour résister il faut survivre coûte que coûte. Une partie de la Chine est sous domination du Japon, futur allié des Nazis si la guerre éclate. C'est donc un sauve-qui-peut général, une course contre la montre. Shanghaï apparaît comme un paradis à atteindre. La cité est surtout le lieu de rassemblement du meilleur et du pire, la plaque tournante sur laquelle rivalisent des espions de toute origine, hommes et femmes aux doubles visages. Œuvrent également des organisations chinoises, américaines, dont le rôle est de sauver un maximum de juifs très vite avant que le conflit mondial ne les rattrape, là aussi. C'est le récit de l'épopée de deux jeunes femmes, parallèlement, Ruth, la juive polonaise couturière dans une maison de haute couture berlinoise et de Carla, allemande résistante communiste recherchée par les nazis. Une troisième voix viendra se joindre finalement à celle de Ruth s'élevant de son journal intime dédié à son amie Carla : celle de la petite fille de la Juive de Shanghaï, Bo Xiao-Nao. Un texte bouleversant jusqu'aux larmes en ce qui me concerne, me tenant en haleine jusqu'au dénouement émotionnellement très fort. Magnifiquement écrit, c'est la profonde humanité de l'auteur qui se donne pour mission de préserver la mémoire des disparus, de leur redonner voix au chapitre, qui fait des romans de Marek Halter des ouvrages à part, essentiels à notre histoire commune, juifs ou non. Toute ma gratitude à cet écrivain. Magistral ! Quatrième de couverture Un roman vrai sur un incroyable exode oublié Berlin, 1937. Ruth, juive et talentueuse couturière de 22 ans, se lie d'amitié avec Clara, jeune résistante allemande. Pourchassées, elles décident de rejoindre une destination inattendue : Shanghai, où des milliers de juifs se sont réfugiés. Clara est la première à partir pour la Chine. Ruth, elle, doit traverser l'Europe entière... jusqu'en Sibérie. Grâce au consul japonais de Lituanie, elle obtient un visa pour Kōbe, le grand port du pays du soleil-levant. Parvenue enfin à Shanghai – ville bouillonnante où se côtoie un monde interlope d'espions, de trafiquants d'opium et de résistants –, elle y retrouve miraculeusement Clara, devenue agente des communistes. La suite ? C'est Bo Xiao-Nao, la fille de Ruth, qui la raconte. orpheline, elle tombe sur un carnet tenu par sa mère. En le feuilletant, elle découvre, bouleversée, le destin fascinant de celle qu'on appellera à jamais la Juive de Shanghai... Une œuvre magistrale de Marek Halter. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Bibliothèque de Minuit
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Bibliothèque de Minuit Matt Haig Mazarine (Fayard) 6 janvier 2022 414 pages traduites par Dominique Haas Fantastique Chronique 23 avril 2022 Magnifique roman en cette période très particulière où la croisée des chemins se présente devant nous. Dans une société qui nous met en permanence en concurrence les uns par rapport aux autres, où tout n'est qu'apparence, matérialisme et individualisme, où l'on mesure son niveau de réussite en se référant à une échelle des valeurs erronée, en comparant stupidement le jardin du voisin au nôtre, où l'on nous fait insidieusement un beau lavage de cerveau via la pub et les médias, où l'on a du coup tendance à ne voir que ce que l'on a pas, à ne considérer que le vide du verre et non le plein, ce roman devient une cure de jouvence. C'est une leçon d'espoir appelant à ne rien lâcher ou abandonner, à être conscient de ce qui est positif dans notre vie, à changer la lentille de vue à travers laquelle nous regardons le monde qui nous entoure, en bref à rallumer la lumière alors que tout est fait pour nous éteindre. Nous sommes les seuls interrupteurs permettant d'éclairer notre existence. Vivre avec des regrets de ce que nous aurions pu faire ou ce que nous aurions pu réaliser ne mène à rien sauf à nous empêcher de considérer chaque nouvelle journée comme une page blanche sur laquelle nous allons écrire notre destin. En partant d'un postulat déjà vu mais particulièrement bien développé, l'auteur nous fait glisser d'une version de Nora Seeds à une autre, et insidieusement nous mène, tout en lisant, à nous interroger sur notre propre vie, sur nos regrets, sur nos blocages. Nous prenons conscience que nous pouvons être notre pire ennemi ou notre meilleur ami. C'est un livre poétique sur le fond, initiatique, surfant sur le concept d'univers parallèles ou multivers, extrêmement bénéfique et optimiste. J'ai pris un grand plaisir à le découvrir alors même que les évènements actuels me désespèrent et me terrorisent. Un texte qui va certainement m'aider à affronter demain. Ce serait un merveilleux film ! J'ai beaucoup aimé suivre cette héroïne attachante et touchante, si belle dans son imperfection ou grâce à elle, justement. Une grande bouffée d'oxygène. Quatrième de couverture « Entre la vie et la mort, il y a une bibliothèque, avec des rayonnages infinis et une multitude d'autres vies à essayer. » À trente-cinq ans, Nora Seeds a l'impression d'avoir tout raté. Lorsqu'elle se retrouve un soir dans la mystérieuse Bibliothèque de Minuit, c'est sa dernière chance de reprendre en main son destin. Si elle avait fait d'autres choix, que se serait-il passé ? Avec l'aide d'une amie bibliophile, elle n'a qu'à prendre des livres dans les rayonnages, tourner les pages et corriger ses erreurs pour inventer la vie parfaite. Pourtant, les choses ne se déroulent pas comme elle l'imaginait. Avant que minuit sonne, pourra-t-elle répondre à l'énigme la plus importante : qu'est-ce qu'une vie heureuse ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'étrangleur de Pirita
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'étrangleur de Pirita Indrek Hargla Gaïa 2016 383 pages, traduites par Jean-Pascal Ollivry Thriller Historique Chronique 17 avril 2017 Le quatrième tome « L'étrangleur de Pirita », tout aussi réussi et prodigieux, se situe en 1431 quelques jours avant la consécration du Monastère des brigittines à Pirita dans la vallée de Mariendal, encore en pleine construction, non loin de Tallinn. Celui-ci est sous les ordres de la Prieure Kandis, venue de Suède. Ce monastère obéissant aux préceptes de Sainte Birgitta qui disait recevoir ses ordres directement de la Vierge, est mixte, sous protectorat du souverain scandinave Erik de Poméranie et donc provoque bien des révoltes tant politiques, économiques que religieuses. Un Concile aura d'ailleurs lieu pour déterminer si cet ordre est hérétique quelques années plus tard. On en est pas là au début de cette histoire, effectivement les ennemis du projet pullulent, mais c'est surtout la mort par étranglement d'une nonne Taleke, d'une vieille famille estonienne, muette soudainement sauf lorsqu'elle prononce des borborygmes incompréhensibles, qui secoue comme un séisme la fausse sérénité des lieux. Venu pour un Conseil réunissant plusieurs autorités, la veille du meurtre, pour comprendre ce qui arrivait à la jeune femme, Melchior se trouve donc en bonne place pour commencer avec l'accord de la "Majesté" Kandis, de l'Ordre et du Conseil, une enquête dangereuse et passionnante. Là encore légendes, superstitions, luttes intestines géopolitiques, espionnage vont nous multiplier les pistes pour notre plus grand plaisir. C'est donc un Melchior de plus de 50 ans, que nous suivons, père de jumeaux : Agatha ( surdouée et d'une grande aide dans cette enquête) et Melchior junior (apprenti apothicaire), toujours aussi amoureux de sa femme, qui sera encore d'un grand secours pour comprendre que le passé se rappelle toujours cruellement et qu'il ne faut pas oublier les vieilles légendes ! La fin est très surprenante ! Quatrième de couverture Tome 4 - Hiver 1431. À une lieue de Tallinn, le monastère des brigittines abrite moines et religieuses, menés d'une main de maîtresse par une énigmatique abbesse. L'une des sœurs n'émet plus que borborygmes, et un collège de savants se réunit. Melchior l'Apothicaire découvre en chemin, sous la neige, le cadavre d'un homme, mort étranglé depuis l'automne. Melchior ne tarde pas à faire appel à sa fille Agatha, qu'il a initiée à l'obscur art de la médecine. Un polar médiéval sur fond de rivalités culturelles et religieuses, aux confins de la Baltique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'énigme de la Stuga
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'énigme de la Stuga Camilla Grebe Calmann-Lévy Noir 1er février 2023 384 pages traduites du suédois par Anna Postel Thriller Chronique 27 avril 2023 « Tout commence et tout s'achève avec les enfants, -tu. Ils nous sont arrivés comme un don, la promesse de quelque chose de plus grand que la vie elle-même. Nous n'étions pas préparés, bien sûr - qui le serait ? Mais nous ne pouvions pas imaginer l'ampleur de l'amour, de la peine et de la peur qui suivrait. » Voici les lignes d'introduction qui, sans que nous le sachions, marquent de leur empreinte tout ce thriller policier suédois. Une particularité : l'action se déroule dans le milieu de l'édition, des deux côtés de la barrière, création et diffusion. L'autrice connaît bien le sujet comme sa biographie le démontre. Quelques phrases assassines parsèment d'ailleurs ce texte démontrant que la passion d'écrire ou des livres doit être particulièrement chevillée au corps et à l'âme pour continuer à évoluer dans ce microcosme. Lykke Andersen est éditrice, mariée à un écrivain célèbre de quinze ans son aîné. Mais surtout elle est mère de deux garçons, jumeaux très dissemblables, Harry et David. La vie s'est écoulée merveilleusement pendant dix sept ans pour cette famille installée dans une ferme baptisée L'Éternité. Cependant, le soir de la fête de l'écrevisse tout bascule. L'enfer vient de s'ouvrir pour les parents et leurs enfants. Bonnie, l'amie d'enfance des garçons, est retrouvée morte au petit matin dans le bungalow qu'occupent les fils sur la propriété. Ivres, ils se sont couchés tard avec la musique à fond. Tout est fermé de l'intérieur. L'étau se resserre sur les enfants. Les forces de l'ordre sont persuadés que l'un des deux a étranglé la jeune fille. Camilla Grebe reprend ici une forme littéraire très usitée à l'instar du "Mystère de la chambre jaune" et autres énigmes policières parues entre 1920 et la Seconde Guerre mondiale. Nous la retrouvons huit ans plus tard arrêtée pour un crime dont on ignore la nature et les circonstances. La vie de sa famille a été détruite par l'enquête de police. Elle n'a qu'une exigence : ne parler qu'à l'inspecteur qui fut chargé du dossier Bonnie, Manfred Olsson. À partir de cet instant, le récit va se partager entre hier et aujourd'hui, donnant la voix à Lykke et Manfred tour à tour, nous donnant à suivre les heures terribles traversées par les Andersen. Intercalés, des textes en italique de lykke accentuent le suspense. Lykke est celle qui dirige, elle n'est plus celle qui met les autres dans la lumière comme l'exige son travail d'éditrice, mais devient celle qui rédige l'histoire. Elle réagit tout au long de ce cauchemar en femme de lettres, enquêtant en parallèle des policiers. La mise en garde à vue des coupables potentiels est un sujet sensible en Suède, d'autant plus lorsqu'ils sont mineurs. En choisissant Manfred, Lykke poursuit un but précis mais lequel ? Réussite totale encore une fois pour ce thriller classique certes, et pourquoi pas, où tout n'est qu'apparence, faux semblants, jeu de dupe dans le contexte très singulier du monde de l'édition et de la création littéraire. C'est aussi un portrait touchant d'une mère prête à tout pour sauver sa famille. Un très bon opus vraiment ! Quatrième de couverture Lykke Andersen mène une vie heureuse, mondaine et épanouie : éditrice accomplie, compagne d’un auteur renommé et mère de jumeaux. À l’occasion de la fête suédoise de l’Écrevisse, elle organise un dîner intimiste dans leur maison en pleine campagne, où sera invitée Bonnie, la meilleure amie des garçons, et plusieurs proches du milieu de l’édition. En ce doux mois d’août où les orpins et les rosiers éclosent, l’alcool coule à fl ot et les convives entonnent à cœur joie des chants traditionnels nordiques. Personne ne peut se douter que le lendemain, ce cadre idyllique se transformera en scène de crime effroyable. Le cadavre de Bonnie est retrouvé dans la stuga, une petite dépendance dans le jardin, où vivent les garçons. Ces derniers nient catégoriquement avoir commis le crime mais il s’avère que la porte était fermée à clé de l’intérieur… Huit ans plus tard, Lykke est placée en détention provisoire. Face à l’inspecteur responsable de l’affaire, elle va devoir retracer le fil de l’enquête afin de trouver le véritable coupable du crime. L’Énigme de la stuga est un puzzle littéraire habilement construit qui rend hommage au mystère à huis clos et un thriller psychologique redoutablement efficace Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'ombre de la baleine
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'ombre de la baleine Camilla Grebe Calmann-Lévy Noir 27 février 2019 400 pages traduites par Anna Postel Thriller Chronique 31 janvier 2020 J'avais beaucoup aimé les deux tomes précédents surtout "Journal de ma disparition", j'ai été heureuse de retrouver les personnages récurrents de cette série, Malin et Manfred, celui-ci étant au centre de l'attention en parallèle de l'enquête de police sur des corps de jeunes hommes s'échouant sur les rives. Il vit un véritable drame personnel, celui qui touche à la maladie ou le risque de mort de nos enfants. Ce que tout parent redoute dès l'arrivée au monde du premier né. Également, sont abordés les relations entre parents et descendants, les mensonges, les limites de chacun à communiquer, les erreurs que l'on voudrait tant effacer. Comme d'habitude, bien écrit, très bien traduit, une analyse des sentiments de chacun tout en finesse.... Mais je n'ai pas accroché. Avant la page 180, j'avais déjà tout compris, envisagé, et je n'ai fini ce roman que pour être certaine que je ne passais pas à côté d'une belle surprise et par respect pour l'auteure. Malheureusement non, cela fut ce que j'imaginais à quelques détails près. Je vois ce tome comme un livre de passage vers un nouvel épisode plus exceptionnel et original. Donc mitigée ! Quatrième de couverture « LA NOUVELLE STAR DU POLAR SUÉDOIS NOUS PLONGE DANS DES EAUX BIEN SOMBRES... » Quand des cadavres de jeunes hommes échouent sur les côtes de l’archipel de Stockholm, la jeune flic Malin et son supérieur, Manfred, sont missionnés pour résoudre ce sombre mystère. Hélas, chacun est plus vulnérable que d’habitude : Malin est très enceinte, et Manfred meurtri par le terrible accident qui a plongé sa petite fille dans le coma. En parallèle, nous rencontrons Samuel, adolescent rebelle, dealer à mi-temps, élevé par une mère célibataire aussi stricte que dévote. Sa vie bascule quand celle-ci jette à la poubelle des échantillons de cocaïne que le baron de la drogue de Stockholm lui a confiés. Alors que Samuel trouve une planque idéale sur la petite île de Marholmen, où il est embauché par la jolie Rachel pour devenir l’auxiliaire de vie de son fils Jonas, Malin et Manfred font fausse route. Mais toute leur enquête change de cap le jour où la mère de Samuel signale enfin sa disparition... Une triple narration redoutable qui confirme à nouveau le talent exceptionnel de Camilla Grebe pour tisser des intrigues complexes. Fausses pistes et retournements incroyables côtoient une réflexion passionnante sur la fragilité de l’adolescence et de la filiation. Un grand cru, pour une grande dame du polar, désormais couronnée du très prestigieux Glass Key Award. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'enfant du sud
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'enfant du sud Amélie Grégoire City Editions 19 mai 2021 352 pages Historique Chronique 7 juillet 2021 « Deux femmes fortes et indépendantes. Deux destins liés à jamais. 1930-1952 deux années entre lesquelles vous basculerez jusqu'au final bouleversant. Deux héroïnes narratrices de ce double récit de jeunes femmes en quête de liberté, en recherche de leur propre identité dans une Amérique et une région sudiste où il ne fait pas bon être noir ou côtoyer la communauté afro-américaine. Joséphine et Joyce vont sans le savoir se transmettre ainsi, dans cette course à la vérité, un témoin : celui de la musique et plus particulièrement du Jazz. Une ombre tutélaire veillera sur elles deux : le saxophoniste Marvin Chanman. Nous assistons émus à plusieurs coups de foudre bien plus puissants que n'importe quel racisme, n'importe quelle ségrégation, n'importe quel régime politique blanc et patriarcal. L'amour au premier regard, la possession à la première note entendue ; l'harmonie magique entre deux êtres peut surgir dans n'importe quel club de Jazz de la Nouvelle Orléans. Les peaux au-delà de leur carnation se reconnaissent, l'évidence éclatante se rit de tout, traverse les années, les frontières de la mort. Ce pas de deux Joséphine-Joyce, d'une grande poésie et d'une indéniable force, est un bel hymne à la tolérance, au métissage des coeurs, des cultures, au Jazz, et un hommage à toutes ces femmes qui se sont battues pour nos libertés et le respect de nos droits les plus fondamentaux, quelle que soit notre couleur. Très beau roman historique, bien écrit et construit, ménageant avec un art consommé le suspense tout au long du scénario. Deux héroïnes originales car musiciennes et instrumentistes en plus d'une reconstitution soignée et d'une galerie de personnages très réalistes. Pour toutes ces qualités, vous ne pourrez qu'être attiré par ce récit et vous y attacher dès la première page. Quatrième de couverture Au cœur de l’Amérique des années 1950, Joyce est au chevet de sa grand-mère. Avant de rendre son dernier souffle, la vieille dame lui révèle qu’elle l’a adoptée à sa naissance. Un secret de famille bouleversant pour la jeune femme qui décide de retrouver ses vrais parents. Un seul indice la guide : une simple carte postale de la Nouvelle-Orléans que sa grand-mère lui a léguée. Avec son courage et sa détermination pour seuls bagages, Joyce part en direction du Sud en espérant trouver les réponses à ses questions. Peu à peu, elle remonte le fil de son histoire familiale. Une histoire commencée 23 ans plus tôt, alors qu’une jeune femme blanche issue de la bourgeoisie étouffe dans le carcan parental. En quête de liberté, elle tombe amoureuse d’un musicien de jazz. Noir. Le point de départ d’un drame dont personne n’est sorti indemne... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'atelier des poisons
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'atelier des poisons Sylvie Gibert Pocket 23 février 2017 416 pages Historique Chronique 8 avril 2017 Merci Sylvie Gibert pour cette nuit presque blanche que vous m'avez offerte, car après avoir fini ce merveilleux livre, j'étais excitée comme une puce. Je déteste quand je vois cette phrase en début de retour mais là, je vais me la permettre J'AI ADORE !Lire avec bonheur la Postface où l'auteure explique que tous les personnages ont existé, sauf évidemment les deux principaux, qui sont ceux qui vont nous faire découvrir et visiter la capitale de ses plus beaux quartiers au bouges les plus infâmes. Ce qui est particulièrement touchant est aussi la description de la condition féminine quelque soit le niveau social. De la Nourrice, à la tenancière de troquet, de la domestique, de la femme du monde, de l'immigré russe, de l'étudiante en mal de liberté, de l'artiste, de la modèle, de la femme traditionnelle, etc.... En tant que femme et artiste, la filiation entre nous est immédiate. La description également des sensations, de la fièvre au moment où l'on dessine, où l'on cherche le geste juste, le trait parfait, la vérité, où l'on court après l'excellence jusqu'au bout de nos forces sans plus de notion de temps, est d'une rare justesse. Enfin l'enfance décrite dans ces pages est terrible et son sort nous bouleverse. Paris 1880, les ruines du Louvre qui a brûlé voici 10 ans défigurent encore le bout des Jardins de Tuileries où se rencontrent nos deux héros Zélie Murineau, jeune artiste peintre, et Alexandre d'Arbourg Commissaire de Police, beau, agaçant, mystérieux. La fée électricité gagne peu à peu toute la capitale, Worth vend ses magnifiques robes sur mesure au Bon Marché, Carmen a été boudé par le public de la capitale après un vrai succès à Vienne, Les peintres académiques tiennent encore le haut du pavé dans cette société corsetée issue de celle de Napoléon III, heureusement la fin du siècle s'annonce timidement avec les impressionnistes que nous croisons, Degas, Monet, et des écrivains tels Maupassant et le trublion Alphonse Allais ; les roues des fiacres sur les pavés des beaux quartiers nous plongent dans un bruit infernal, le tramway se développe, la Seine en cet hiver exceptionnellement rigoureux, devient une patinoire sublime ( quelles belles pages !), puis dangereuse lorsqu'elle charrie des blocs de glace qui emporte les piliers des ponts ; c'est le moment charnière entre le vieux monde et la modernité, où dès qu'on sort de Paris on est à la campagne, où certaines femmes vont choisir de se libérer du joug des hommes et de la société, des femmes peintres se formant avec la rage au ventre dans les ateliers ouverts pour elles comme l'Académie Julian. Elles ont l'ambition d'être acceptées et reconnues, des femmes talentueuses incontestablement comme l'est notre héroïne Zélie. Elle est littéralement habitée par son art, ne joue pas le rôle social qui lui a été imposé, elle n'est pas dans un rapport aux autres sexué, ne s'habille pas pour parader. Elle est PEINTRE, et cela est l'essentiel, elle y sacrifie tout, toute à sa transe picturale, sa recherche de vérité absolue. Jusqu'auboutiste elle se met en danger, et Alexandre le sentira dès leur rencontre. Drôle de tandem pour enquêter sur plusieurs événements privés ou de sécurité publique. En premier lieu, le cousin par alliance de Alexandre, banquier, pense qu'on a voulu l'assassiner, et demande son aide. Zélie va donc sous prétexte de faire le portrait de sa fillette, enquêter en catimini. En échange elle demande à Alexandre de retrouver le bébé de 6 mois d'une nourrice qu'elle a peinte, disparu soudainement. Enfin des parisiens pris de coups de folie commettent des actes sanglants et horribles dans toute la capitale, il faut vite enrayer cette hémorragie et comprendre ce qui est à l'origine de cette démence. Ce livre est un incontournable, policier historique sur le milieu de la peinture féminin, il est aussi d'une grande originalité, les descriptions sont fabuleuses, le style aisé et coloré. Courrez vous le procurer ! ( Retour également sur ma page Eva Impressions littéraires) Editions PLON , février 2016, 351 pages. Quatrième de couverture Paris, 1880. À l'académie Julian, le premier atelier à ouvrir ses portes aux femmes, la vie n'est pas facile. L'apprentissage du métier de peintre est ardu, long et coûteux. Seules les jeunes filles dotées d'un véritable talent et, surtout, d'une grande force de caractère, parviennent à en surmonter les obstacles. Du talent, Zélie Murineau n'en manque pas. De la force de caractère non plus. Pourtant, lorsque le commissaire Alexandre d'Arbourg lui demande de faire le portrait de sa filleule, sa belle assurance est ébranlée : comment ne pas croire que cette commande dissimule d'autres motifs ? Mais même si elle en connaît les risques, elle n'est pas en mesure de refuser le marché du beau commissaire : elle sera donc " ses yeux " dans cette famille cachant bien des secrets. Des auberges mal famées jusqu'aux salons de la grande bourgeoisie, elle va l'aider à discerner ce que les grands maîtres de la peinture sont les seuls à voir : les vérités qui se cachent derrière les apparences. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'horizon d'une nuit
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'horizon d'une nuit Camilla Grebe Calmann-Lévy Noir 9 février 2022 464 pages Thriller Chronique 6 juin 2022 « CONNAÎT-ON VRAIMENT LES GENS QU’ON AIME ? » Roman indépendant où sont simplement cités les noms de certains personnages récurrents de la série Peter Hanne Malin, histoire de tout relier, d'offrir aux lecteurs une œuvre cohérente. Thriller psychologique très bien mené qui ne m'a pas stupéfaite au moment du dénouement mais qui a le très grand mérite de traiter de certains sujets sociétaux dramatiques avec bien plus de délicatesse, d'élégance et de nuances que d'autres autrices s'étant attachées aux mêmes thèmes plus frontalement. Pas de concession chez Camilla Grebe pour les manquements, les injustices, les dérives de la société suédoise... En résumé, balayons devant nos portes avant de stigmatiser d'autres pays ou mœurs étrangères car ne nous sommes pas, en Europe, exemplaires, loin s'en faut. En nous racontant la même histoire vue par différents personnages, l'écrivaine multiplie les pistes et les prismes, réussissant à nous faire douter de ce que nous avions deviné. Également, en prolongeant ce récit quelques années après les faits dramatiques, la disparition de Yasmin et ce qu'il advient de son père, Camilla Grebe nous fait réfléchir sur les conséquences de ce que notre aveuglément d'un jour peut provoquer sur le destin de toute une famille et des proches. À nouveau, elle aborde la question de la cécité qui nous touche lorsque nous refusons consciemment ou inconsciemment de repérer les symptômes, les signes distinctifs d'une tragédie en cours. Jouer à l'autruche pour se donner l'illusion que tout va bien n'a jamais été une solution. Les vrais coupables ne sont pas forcément ceux que l'on croit, certains vont en prison, sont conspués alors que d'autres ne paieront jamais pour leurs fautes. L'ignorance peut être criminelle.... Un très bon thriller ! Quatrième de couverture Dans sa grande maison aux abords de Stockholm, Maria aime sa famille recomposée avec son nouveau mari Samir, son petit Vincent, si fragile et attachant, et sa splendide belle-fille Yasmin, qui couvre ce dernier d’amour. Par une terrible nuit d’hiver, Yasmin disparaît près de la falaise, mais aucun corps n’est jamais retrouvé. Bientôt, tout accuse Samir. Après tout, n’avait-il pas une relation conflictuelle avec sa fille ? Maria ne peut y croire, mais petit à petit, le doute l’envahit… Les inspecteurs Gunnar Wijk et Ann-Britt Svensson sont chargés de l’enquête. Jamais faux-semblants et mensonges n’auront autant régné. L’Horizon d’une nuit est un nouveau tour de force psychologique, aussi captivant que bouleversant, car chaque membre de la famille dévoile tour à tour sa version du drame, nous menant tout droit vers un rebondissement final qui laisse sans voix. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'arracheuse de dents
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'arracheuse de dents Franz-Olivier Giesbert Gallimard 10 mars 2016 448 pages Historique Chronique 9 mai 2017 Quel plaisir j'ai eu à lire ce roman ! Le même quand petite je me cachais derrière le rideau en velours qui séparait le salon des chambres pour regarder Le grand échiquier ou Apostrophes. L'intelligence, la fantaisie, l'érudition sans fatuité, l'humour et la causticité. Et surtout l'Histoire vue par une héroïne improbable, truculente, pragmatique, une pirate de la vie, qui nous enivre comme un grand vin lors d'un déjeuner dominical composé de recettes bien de chez nous ou plus exotiques. Délicieux ! Le temps d'une lecture de quelques heures je suis revenue chez moi, j'ai retrouvé le bonheur de notre langue, j'ai beaucoup souri en découvrant les aventures épiques de cette héroïne frappadingue, libre et attachante. Je souris encore en rédigeant ce texte, c'est vous dire. L'auteur est très ingénieux et a dû énormément s'amuser en prenant le prétexte de mémoires d'une aïeule Lucile Bradsock retrouvés par hasard par un de ses descendants sous le plancher de la maison de famille. Ainsi presque cent ans de l'histoire de France et des Etats-Unis vont nous être relatés par une des premières femmes dentistes qui grâce à son métier va rencontrer quelques uns des personnages les plus célèbres de 1789 à 1876. Tous sont égaux face à la douleur dentaire...... Ainsi croisera-t'elle soit pour les soigner, soit par nécessité Robespierre, Danton, Louis XVI, Marie Antoinette, Bonaparte, Jefferson, Grant, Lee, etc... J'en oublie.... La révolution française, l'esclavagisme, la guerre de sécession, le massacre des Indiens, l'empire sous Bonaparte puis les tergiversations du peuple français, qui ma foi n'a pas changé, entre république et royauté, et surtout la place de cette Femme, grande perdante de la révolution et ensuite asservie par le code Napoléon, et partout dans ce monde franco américain... Donc un texte qui semble léger mais soulève, mine de rien et avec beaucoup d'élégance et de talent, des questions cruciales et éternelles de liberté et de place dans ce monde. Merci monsieur Giesbert. Quatrième de couverture Sous le plancher de sa maison de famille, un professeur retrouve par hasard les Mémoires inédits de son aïeule Lucile Bradsock, réfugiée en pleine Révolution française chez un célèbre dentiste parisien qui lui a appris le métier. Sa vie claque comme une épopée. Devenue l’une des premières femmes dentistes de l’Histoire, cette scandaleuse soigne Robespierre aussi bien que le fils du roi, avant de partir en Amérique sur un bateau négrier. Grâce à ses talents de praticienne et au fil de ses aventures entre les deux continents, Lucile rencontre Louis XVI, Washington, La Fayette ou Napoléon, tous décrits sous un jour inattendu. Prenant fait et cause pour les esclaves du Sud ou les Indiens de l’Ouest, ce Monte-Cristo en jupons cherche toujours à infléchir le cours de l’Histoire sans oublier de redresser les torts et de faire justice elle-même. Infatigable séductrice, Lucile Bradsock professe un goût immodéré de l’amour et des hommes. Sa devise : «Merci la vie !» Cette odyssée truculente est finalement un hymne à la joie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'ange blanc
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'ange blanc Louis Mercadié De Borée 14 février 2019 296 pages Historique Chronique 14 février 2019 « Ma petite fille est morte, ma petite fille est morte, on me l'a tuée ! « « Ce soir-là, le ciel se vida de toutes les larmes qu'il possédait, comme s'il lui fallait absolument se laver de ce crime affreux. Les trombes d'eau qui se déversèrent n'apaisèrent pas pour autant la colère, la douleur et l'incompréhension qui hantaient chaque villageois. Après le pansage dans les étables, chacun rentra chez lui en silence, la mine noire et renfrognée, une boule à la place du coeur. Les femmes fermèrent leurs volets et verrouillèrent leur porte... Le malheur était tombé sur la petite bourgade de Saint-Albrac... » L'auteur, originaire du Nord-Aveyron, au pied du Mont Aubrac, est fils d'un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire et l'exigence du travail bien fait. Louis Mercadié, artisan d'excellence, est un amoureux du passé, il transmet la mémoire des petits choses comme des évènements marquants avec clarté et précision, tout en nous emportant dans un récit hautement romanesque. Chevalier des Arts et Lettres, membre de la société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron et historien, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont "Marie Talabot, une aveyronnaise dans le tourbillon du XIX ème siècle" , pour lequel il a reçu deux prix littéraires. Il s'attache à faire revivre devant nos yeux des femmes héroïques natives de son département, aux destins extraordinaires et aux actes exceptionnels. Ce livre n'est pas seulement un roman historique, de guerre ou de terroir, mais également une source d'information sur la condition féminine en 1914-1919 et le métier d'infirmière tel qu'il se dessine alors, préfigurant son statut actuel. Ajoutez à ces ingrédients, un crime inexpliqué d'une rare violence, l'arrestation arbitraire du seul étranger au pays et vous voici avec un thriller. Une fiction complète, remarquablement écrite et construite, des Terres de l'Aubrac, à la ferme familiale puis à l'usine de munitions, jusqu'à Paris à l'Hôtel-Dieu ou au Val-de-Grâce pour finir au Chemin des Dames, dans la boue et le sang des champs de bataille, où volaient à la rescousse des blessés tous ces Anges blancs, opiniâtres, téméraires, efficaces, plus de 100 000 infirmières et femmes selon les chiffres officiels. Ne négligez surtout pas les notes en bas de page qui regorgent de précisions souvent incroyables : par exemple que l'état accordait généreusement, pour la durée du conflit, l'autorité paternelle aux femmes restées au pays pour remplacer les hommes aux champs, dans les usines, dans les commerces....qui, de fait, devenaient chefs de famille mais qui restaient mineures aux yeux de la loi. Génial ce paternalisme ! Quatrième de couverture Touchés par un mystérieux crime, les habitants du petit village de Saint-Albrac, comme tant d'autres, vont devoir payer un lourd tribut au conflit qui se dessine en cette année 1914. Alors que les hommes tombent sur le front, Pauline veut participer à l'effort de guerre, à sa manière, en allant travailler dans une usine de munitions. Mais lorsqu'elle rencontre Guillaume, un jeune médecin, elle décide de le suivre en région parisienne et de se consacrer au soin des soldats blessés. Loin de son village natal et de sa famille, la jeune femme sait qu'elle a trouvé là sa vocation. Pourtant convaincue que l'affreux crime de Saint-Albrac n'a pas été résolu, elle ne se départit pas de l'idée qu'elle trouvera un jour le vrai coupable... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Inconnue de Vienne
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Inconnue de Vienne Robert Goddard Sonatine 25 août 2022 448 pages traduites par Laurent Boscq. Policier Chronique 15 janvier 2023 Dernières lignes du roman : « Les photographies ne font pas la distinction entre les vivants et les morts. Aujourd'hui, je le sais. Dans les fragments de temps et de lumière qui les composent, tout le monde est égal. Marian, Isobel, Amy, Eris, Conrad même moi - nous étions tous les mêmes. Un jour, visibles, disparus le lendemain. Peu importe qu'on ait l'œil dans le viseur et qu'on appuie sur le déclencheur. Peu importe qu'on ouvre les yeux ou qu'on les ferme. Les images demeurent. Tout comme les gens qui y figurent. » Le temps s'efface lorsque nous regardons une photo, la personne que nous détaillons nous semble si proche ; nous formons une immense ronde humaine à travers les années, tous égaux, tous liés les uns aux autres. Notre vie est éphémère mais les clichés restent longtemps et même éternellement aujourd'hui grâce aux nouvelles technologies. De ce postulat, Robert Goddard imagine un thriller prodigieux aux limites de la littérature d'anticipation projetant ses héros dans un passé plus vrai que nature pour ensuite les en extraire et les faire redescendre brutalement dans un présent cauchemardesque. Ont-ils réellement cette faculté de revivre les évènements d'hier ? La Marian Esguard d'aujourd'hui, qui suscite chez Ian Jarrett, le photographe, dès le premier regard, une passion dévorante et soudaine alors qu'il est à Vienne en plein hiver pour un reportage, est-elle vraiment la réincarnation de la femme du même nom, ombre du 19ème siècle ? Pour elle, il sacrifie sa famille à son retour à Londres n'ayant plus qu'attendre sa venue dans une auberge qu'ils ont choisie comme point de départ de leur nouvelle vie à deux. Mais rien, plus rien. Ian Jarrett est démuni, non seulement il n'a plus de femme, plus de fille, plus de maison, mais il n'a plus de carrière non plus car les rouleaux rapportés d'Autriche étaient voilés. Où est Marian ? Ian est détruit et n'a plus qu'une pensée : la retrouver ; il la pense en danger auprès d'un époux richissime et puissant, à sa merci. À partir du peu d'éléments qu'il a, il débute une enquête presque policière ; plus il remonte la piste menant à la jeune femme, plus le temps semble se distordre, plus la réalité devient intangible. Nous approchons des limites de la folie. La quête de la figure idéalisée, fantasmée est aussi un parcours initiatique pour cet homme qui, jusque là, ne s'est pas beaucoup arrêté sur la trajectoire qu'il a empruntée, sur ce qu'il apporte au monde, sur les conséquences de ses actes. Ce faisant, l'auteur nous retrace les années passionnantes ayant précédé l'invention de la photographie et nous pousse à nous interroger sur la place réelle laissée aux femmes dans l'Histoire de cet art. Cet ouvrage est tout à la fois un thriller essoufflant, un polar tortueux, un roman historique somptueux, une fresque sociale engagée et militante, un hommage émouvant aux femmes créatrices et artistes, grandes oubliées de nos manuels scolaires. Cela commence comme un roman d'amour passionné pour sombrer peu à peu dans l'incertitude et la terreur en une recherche de l'autre et finalement de soi. Une oeuvre en clair obscur que je vous conseille vivement. Hypnotique ! Quatrième de couverture « Son meilleur roman, sans hésitation. » The Daily Telegraph Prisonnier d'un mariage malheureux, Ian Jarrett est persuadé que plus jamais il ne connaîtra l'amour. Et pourtant... Lorsqu'il rencontre Marian Esguard dans un parc enneigé de Vienne, où il est venu prendre des photos pour un magazine, le coup de foudre est immédiat. De retour à Londres, Ian n'a plus qu'une idée en tête : se séparer de sa femme et rejoindre comme promis l'élue de son cœur. Mais lorsqu'il arrive enfin au rendez-vous tant attendu, sur la côte anglaise, Marian n'est pas là. Obsédé par cet amour qui a bouleversé sa vie, Ian décide alors de retrouver sa trace. Ce qu'il apprend le déconcerte davantage. Qui est vraiment cette femme insaisissable ? Une manipulatrice ou la victime d'un passé que quelqu'un souhaite garder secret, à n'importe quel prix ? Dissection fascinante et méticuleuse de l'obsession et de la passion, L'Inconnue de Vienne est surtout un redoutable roman d'enquête. À travers un siècle et demi d'histoire, Robert Goddard balade personnages et lecteur d'une révélation à l'autre, jusqu'à une conclusion ahurissante. Un chef-d'œuvre de manipulation, signé par un maître en la matière. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Iliade des femmes et L'Odyssée des femmes
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Iliade des femmes et L'Odyssée des femmes Homère Editions des Femmes Antoinette Fouque Bibliothèque des voix 2016 2h37, lu par Daniel Mesguich et Emmanuel Lascoux Classique Chronique 14 juillet 2019 Réalisation de Francesca Isidori. Est-ce bien la peine de présenter Daniel Mesguich ? Non évidemment, de magnifiques souvenirs de jeunesse pour ma part dans le rôle par exemple de Bonaparte... Un physique étonnant, marquant, un regard inoubliable, une voix et un phrasé uniques, un très bel interprète et grand homme de théâtre et de cinéma. Pour le plaisir je vous recopie sa biographie et ajoute celle de Emmanuel Lascoux, indispensable afin de comprendre le caractère exceptionnel et passionnant de ces deux enregistrements. " Célèbre acteur de théâtre et de cinéma, metteur en scène, Daniel Mesguich a été l'élève d'Antoine Vitez et de Pierre Debauche au Conservatoire supérieur d'art dramatique de Paris où il enseignera avant d'en devenir le directeur de 2007 à 2013. Il a également dirigé le Théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis et le Théâtre de la Métaphore de Lille. En 2017, il inaugure une nouvelle école d'art dramatique, le cours Mesguich, et publie Estuaire, aux Éditions Gallimard, qui témoigne d'une riche carrière de plus de quarante ans de théâtre. Emmanuel Lascoux est helléniste, latiniste, récitant et pianiste. Il travaille aux confins du langage et de la musique et enseigne les langues anciennes en classes préparatoires à Rouen. Il est membre du CRLC ( Centre de Recherche en Littérature Comparée) Paris-Sorbonne et du jury de l'Agrégation interne de Lettres classiques." Ainsi donc ce duo d'exception nous laisse à redécouvrir, ou plutôt découvrir, deux textes d'anthologie dont nous pensions tout savoir, mille fois rebattus, mille fois étudiés et pourtant... Je fus Hécube, puis Cassandre et Didon dans les Troyens de Hector Berlioz, c'est dire si je porte en moi ces trois voix : celle de la mère universelle préfigurant la pietà et toutes les femmes en deuil, celle de la prêtresse visionnaire jamais entendue, celle de la reine amoureuse jouet du destin. Celui-ci s'abattant toujours selon les désirs et les complots des dieux mais aussi des déesses, que ce soit Vénus ou Aphrodite, que ce soit Athena, quel que soit le nom de la déité, le mauvais sort s'acharne sur l'humanité, sur les femmes. J'ai eu une grande joie à écouter ses récits d'après Homère, et ai été surprise, et d'abord décontenancée, par les premiers mots du récitant Emmanuel Lascoux en grec ancien, dont il connaît toutes les subtilités de prononciation et d'accents. Déclamation étonnante, lyrique, grandiloquente, qui me fit penser au théâtre No, je sais c'est curieux. Et tout de suite après, le texte en français interprété magistralement par Daniel Mesguich. Celui-ci, plus simple dans son jeu, semble-t-il, en comparaison avec l'éloquence grecque, rejoint peu à peu son partenaire dans l'intensité extériorisée, jusqu'à ce que les deux voix n'en fassent plus qu'une. Ainsi les langues antique et contemporaine s'entremêlent et les mots anciens deviennent actuels. Un sacré prodige ! J'ai été bluffée lorsque j'en été consciente.... Un vrai tour de force grâce à une adaptation et une découpe du texte au cordeau, et une mise en scène sonore luxueuse. Nous sommes dans le domaine de l'artisanat d'art, pas celui d'un simple enregistrement audio : il y a un supplément d'âme, une implication artistique et personnelle de chaque intervenant ayant collaboré à ce projet. Cela se ressent à chaque instant de l'écoute. D'autre part, le parti pris de regarder les évènements de la guerre de Troie puis du long voyage de retour de Ulysse vers sa patrie par le prisme féminin est d'une vérité évidente, criante, qui malheureusement n'est presque jamais choisi. Excepté chez Berlioz qui à l'instar de Homère, de Virgile, donne une place plus que prépondérante aux femmes, centrale, déterminante. l'Iliade, l'Odyssée et l'Enéide comme l'Opéra Les Troyens sont des œuvres profondément "féministes". Les figures de Hécube, Andromaque, Hélène loin d'être juste une belle potiche, Pénélope, ne sont pas faibles, même si elles doivent supporter les conséquences d'un destin ou plutôt des décisions des déesses et des dieux. Les femmes sont à égalité avec les hommes face aux malheurs, tous sont les jouets du sort, leur genre n'entre pas en ligne de compte face à la mort, au drame. Elles font preuve de courage, de ténacité, d'entêtement, d'amour immense, d'intelligence, ce sont des héroïnes, des guerrières, des symboles. l'Iliade est plus dramatique que l'Odyssée qui vous réserve de beaux moments de rires et d'humour. Ce deuxième volet est parfois une comédie truculente, possédant une faconde presque marseillaise ( je fais référence à la plage seize, drôlissime, à l'accent provençal), basculant soudain dans le drame touchant, bouleversant, beau, tout simplement. Dieu que cette fin est magnifique ! Comme ces deux voix murmurantes m'ont faite frissonner...! Oui j'ai redécouvert ce que je croyais bien connaître et magie du talent de deux artistes qui s'oublient eux-mêmes, ils n'ont plus été Daniel et Emmanuel, mais un seul être redonnant vie au poète et son oeuvre. Deux enregistrements à part, pour tous, jeunes, expérimentés, hellénistes ou non. Il y a des vérités qui sont éternelles et intemporelles. Quatrième de couverture - L'Iliade des femmes : « Qu'est-ce qu'une femme ? Une déesse mortelle. Une déesse ? Une femme immortelle. Qui parle ? Le poète ( inutile, autrefois, de préciser « Homère »), dans l'Iliade, notre naissance en littérature. Loin d'être là faiblesse des hommes et des dieux, la femme et la déesse sont la force du chant : tout part de la déesse invoquée ; tout remonte à Hélène, la femme désirée, selon le vouloir d'Aphrodite. Elles sont là, reines, mères et filles, sœurs et épouses, amantes ou solitaires. Inséparables des hommes et des dieux. Bien avant que Flaubert soit Emma Bovary, Homère est Andromaque, Hécube, Athena, Chryséis, toutes ! La guerre de Troie, il fallait mieux que de la lire, qu'on l'entende d'elles. Car l'Iliade n'est pas un livre : elle est femme, donc chant. Doublement... » - L'Odyssée des femmes : « Après l'Iliade des femmes, voici l'Odyssée des femmes. "Homère au féminin", comme le philosophe Raymond Ruyer le percevait dans ce duo de l'aède et du héros. Voici le premier retour d'un mari vers sa femme, sa vie, son île. Ulysse, l'homme de tous les lieux et de toutes les ruses, est celui d'une seule mortelle, Pénélope. Partout déesses, nymphes, sorcières, ogresses, sirènes, princesses même, lui voudront le meilleur et le pire, et tenteront de le garder près d'elles. Il n'aura pas trop d'Athena pour le guider, jusque chez les Mortes, et pour le venger des Prétendants, jusque dans son palais. Père, fils, serviteurs, nourrice, épouse, il faut entendre l'Odyssée pour apprendre la reconnaissance. Daniel Mesguich, fils aimé de la Muse française, déploie l'étoffe de notre langue tissée ici pour lui par Emmanuel Lascoux, helléniste rêveur à haute voix de grec ancien, et l'invite à y broder le fil antique. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Archipel des larmes
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Archipel des larmes Camilla Grebe Calmann-Lévy Noir 26 février 2020 448 pages traduites par Anna Postel Thriller Chronique 5 juin 2021 Impressionnant de maîtrise totale concernant tant la construction du récit que l'intelligence du traitement d'un tel sujet. Là où d'autres usent de scènes trash et violentes gratuitement, d'un ultra féminisme extrémiste outrancier, Camilla Grebe, lentement mais indéniablement, nous offre une description rigoureuse et presque clinique du traitement inacceptable des femmes dans la société et au sein des forces de l'ordre de 1944 à aujourd'hui, de la part des hommes mais aussi de certaines représentantes féminines, (et je trouve formidable, enfin, de le préciser). Ainsi, l'auteure nous explique les origines et mécanismes de cette discrimination, les conséquences et les drames qui peuvent en découler sur l'existence de la victime mais aussi de ses proches. Elle réussit sa démonstration tout en brossant un portrait socio-historique d'un quartier de la banlieue de Copenhague autour du parc de Berlin ; regroupant d'abord des foyers modestes il sera peu à peu récupéré par les bobos et autres hipsters. Dans cet épisode, un monstrueux serial killer est le fantôme qui hante les cauchemars de plusieurs générations de policiers, et, surtout d'enquêtrices, dont les aptitudes et les capacités sont en permanence et injustement remises en question par leur hiérarchie et tous les collègues misogynes... ils sont légion. Faire sa place dans ce milieu en temps que femme n'est pas une sinécure... Si en plus on est mère, les condamnations d'indignité tombent comme des couperets. « Ce récit allait traiter de ceux qui ont essayé de l'arrêter ; des femmes devenues ombres qui n'ont jamais pu vivre leur vie. Des femmes dont les espoirs se sont dissous en un archipel de larmes. Celles qui se sont éteintes comme des bouts de chandelles dans le faible courant d'air d'une fenêtre ouverte - Britt-Marie, Hanne, Linda et les autres... » Un thriller historique puissant, nécessaire, animé d'une profonde indignation et colère, un roman hanté par les voix de toutes les mortes et des victimes collatérales du meurtrier, un texte digne, élégant, argumenté, qui rend justice à toutes celles qui, générations après générations, ont dû subir en silence l'indignité au sein de leur foyer, de la part d'une société inégalitaire ou d'un milieu professionnel réservé jusque là aux seuls hommes. C'est un hommage rendu à toutes celles et tous ceux qui ont oeuvré et agissent encore pour la juste considération de chaque citoyen [ne]. Quatrième tome pour moi particulièrement réussi de la série consacrée à Peter, Hanne, Malin, avec un réel engagement de l'écrivaine, un supplément d'âme. On retrouve avec joie, en dernière partie, les personnages récurrents que nous connaissons bien, les détails de leurs existences passées et de leur quotidien actuel. On découvre avec émotion Hanne, la jeune profiler pleine de promesses lors de son premier parachutage sur l'affaire du tueur qui depuis 1944 crucifie les femmes, les détruit, les humilie. Les trois premiers opus étaient indéniablement formidables et bluffants, celui-ci est exceptionnel. Des ténèbres, Camilla Grebe réussit à faire jaillir la lumière et s'impose comme une écrivaine majeure. Chapeau bas ! Quatrième de couverture « TROP DE LARMES ONT COULÉ SUR L’ARCHIPEL DE STOCKHOLM » Une nuit de février 1944, à Stockholm, une mère de famille est retrouvée morte chez elle, clouée au sol. Trente ans plus tard, plusieurs femmes subissent exactement le même sort. Dans les années 80, le meurtrier récidive mais ce n’est qu’aujourd’hui que des indices refont surface. Britt-Marie, Hanne, Malin… À chaque époque, une femme flic se démène pour enquêter, mais les conséquences de cette traque pourraient s’avérer dévastatrices. L’Archipel des larmes, magistralement construit, nous fait traverser les décennies suédoises en compagnie de femmes hors du commun, avides de justice, et déterminées à arrêter ce monstre Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Expérience
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Expérience Alan Glynn Sonatine 2019 301 pages traduites par Fabrice Pointeau Thriller Chronique 15 décembre 2019 J'ai beaucoup pensé au film "Limitless" tout du long, l'adaptation cinématographique du roman « The Dark Fields » de Alan Glynn. Le film est réalisé par Neil Burger (Illusionniste) avec Bradley Cooper. Titre original "Under the night", "Une mémoire inépuisable, des capacités démultipliées, que feriez vous à la place de Ned Sweeney?" En restant dans les pas de Ray Sweeney à la recherche de la vérité sur la mort de son grand-père Ned en 1954, l'auteur nous fait basculer alternativement de 2013 à cette période post seconde guerre mondiale où tout était à réinventer, ou des choix multiples dans tous les domaines se présentaient, où la folie de la chasse aux communistes était à son paroxysme, ou le nucléaire paraissait être une solution pour établir un rapport de force en faveur des USA, ou le consumérisme à tout crin, l'usage des ordinateurs, les nouvelles technologies étaient en vogue.... Où cela va-t-il mener le monde. Ned est le produit parfait de cette société, publicitaire, moyennement intelligent, marié, un fils, un logement en banlieue. Rien ne le destine à l'aventure extraordinaire et terrifiante qu'il va affronter de New York à Washington jusqu'à Santa Monica. Après une réunion de travail avec un client en ville, accompagné de son boss Mike Sutton, passage obligé dans un bar pour fêter ça... Trop tard pour revenir au bureau un vendredi après-midi, autant rester entre hommes. Bientôt les rejoint un ancien copain de fac de Mike... Ils finissent chez ce vieux pote, l'alcool a un goût bizarre.... Rideau sur l'ancien Ned ! Une nuit complètement démente commence dès la sortie de l'immeuble.... Ned comprend qu'il a absorbé un substance étrange, qui décuple ses capacités intellectuelles et lui enlève en plus son envie de fumer.... Son attitude est de plus en plus étrange et parait même dangereuse à sa femme. 2013, Ray Sweeney conseille des personnalités du monde de la politique et en particulier la sénatrice Stephanie Proctor qui doit bientôt se représenter... Son staff aimerait que Ray donne son avis sur Clay Proctor son père de 92 ans, ancien conseiller de Nixon et bien d'autres choses.... La rencontre se déroule bien jusqu'à ce que Proctor évoque le grand-père de Ray.... Il laisse entendre que la version officielle du suicide ne serait pas la bonne. Cette mort violente a littéralement fichu en l'air la vie de Tommy, le père de Ray, et sa jeunesse par la même occasion... Ray est hameçonné..... Proctor n'a plus qu'à tirer la ligne.... Thriller historique politico-scientifique flirtant avec la SF mais pas vraiment, ce roman se lit vite, car construit comme un scénario, très cinématographique, nous conduisant sur tous les lieux où il fallait être dans ces années-là aux USA, divertissant par le fait de nous faire croiser Maryline, Brando, Johnson etc.... On connaît l'histoire de l'usage du MK-Ultra par la CIA sur des cobayes humains dans ces années 1950... Alan Glynn pousse juste le curseur un peu plus loin... Ainsi peut-il exposer devant nos yeux écarquillés tout le processus du passage de notre société au tout numérique et nos débuts quant au décodage de notre génétique ( Page 215-216), grâce à notre intelligence, notre matière grise. Clay Proctor : « Mais depuis un bras de fer se joue entre les deux tendances, et maintenant nous sommes en train de le perdre, car il semblerait que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour laisser à la technologie la seule chose que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre, notre intelligence. Encore vingt, trente ans, et elle aura disparu. Ce n'est pas l'essor des machines, Ray, c'est l'essor des foutus algorithmes, l'essor des mégadonnées. Et le problème soit-disant insoluble ? Celui qui concerne la nature de la conscience - d'où elle vient, où elle est localisée, ce qu'elle signifie, le mystère qui l'entoure ? Eh bien, on le laisse derrière nous, on l'oublie dans l'expansion incessante et infinie des un et des zéros. Ce sera vraiment une intelligence artificielle... » SF, je ne pense pas, terrifiant et prémonitoire plutôt... Un très bon thriller donc, qui pose les questions essentielles... l'auteur tire la sonnette d'alarme... Quatrième de couverture New York, années 2000. Tout ce que Ray Sweeney, lobbyiste, sait de son grand-père Ned, c’est que ce dernier a mis fin à ses jours en sautant par la fenêtre d’un hôtel de Manhattan. Jusqu’à ce qu’il rencontre Clay Porter, ex-conseiller de Richard Nixon, qui semble avoir bien connu Ned. Et le vieil homme a une autre histoire à raconter : celle d'une drogue mystérieuse développée par la CIA, décuplant l’intelligence de ses utilisateurs. New York, années 50. Simple employé dans une agence de publicité de Madison Avenue, Ned vit une expérience des plus particulières. Au contact d'une substance étrange, il est comme transporté au-dessus de ses capacités, il pénètre les arcanes de la haute société, rencontre Marlon Brando, Dylan Thomas et Marilyn Monroe, voit son horizon s’élargir de façon littéralement hallucinante. Mais combien de temps peut-il tenir un tel rythme, et à quel prix ? Après Champs de ténèbres, adapté au cinéma sous le titre Limitless avec Robert de Niro et Bradley Cooper, Alan Glynn plonge dans le monde caché des années 1950, celui des riches et des puissants, peuplé de stars sous influence et de conspirations majeures." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'America
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'America Michel Moutot Seuil Mars 432 pages Thriller historique Chronique 21 septembre 2021 « En mémoire de mon grand-père Francesco qui un jour, sur le port de Gênes, embarque pour le Nouveau Monde. » « Devant nous, il y a des milliers de vies qu'on pourrait vivre, mais quand le moment sera venu il n'y en aura plus qu'une. » John Steinbeck, Les raisins de la colère. Tragédie épique doublée d'un roman d'amour passionné, ce récit historique, s'étalant sur huit ans, de la Sicile aux Etats Unis, en ce début de XXe siècle, ressemble furieusement, inévitablement, aux légendes antiques où les dieux semblent s'acharner sur les pauvres humains, d'autant plus s'ils sont beaux et méritants. Ajoutez à cela les débuts sanglants et meurtriers de la Mano Nera bientôt Mafia étendant ses réseaux jusque sur la côte Est des USA, et vous voici soudain catapultés au côté de Vittorio Bevilacqua, pêcheur de 20 ans, soutien de famille pour sa mère et ses deux petites sœurs à courir éperdument pour échapper aux sbires du Fontaniero Salvatore Fontarossa, padrone né dans la misère, aujourd'hui terreur des cultivateurs et paysans de la région. Qu'a-t-il fait pour mériter cette haine, être la victime d'une vendetta terrible ? Avoir seulement, un jour, croisé le regard d'une jeune fille Ana, belle comme la Madone, d'en être tombé fou amoureux et d'avoir cédé aux avances explicites de la jeune fille. Problème, son père, le Fontaniero y voit offense, ainsi que son neveu Enzo. Nous sommes en plein Opéra vériste qu'un Leoncavallo ou un Ponchielli ne renierait pas. Les amants sont évidemment séparés : l'un part pour les Etats-Unis grâce à l'aide d'une des grandes familles siciliennes ennemie du Fontaniero, et l'autre subit le sort des filles déshonorées, traitées comme des putains. Direct le couvent puis les bras du cousin Enzo, violent et pervers, qui obtient le grade de second du capo moyennant l'acceptation de Ana pour épouse et de sa future progéniture. Cet enfant la relie indéfectiblement aux yeux de la jeune mère à son amour pour la vie, cela lui donnera la bravoure, la ténacité pour un jour rejoindre son Vittorio. Un autre fait de taille augmente la fureur du Fontaniero contre Vitto : celui-ci en situation de légitimité défense a tué son fils aîné, donc le frère d'Ana. La vengeance ne peut se terminer que dans le sang. En attendant de retrouver sa trace, Don Salva assassine et massacre toutes personnes ayant aidé le fugitif. Sur près de dix ans, nous suivons les parcours cahotiques de Ana et Vitto, nous découvrons le quotidien des marins, des pêcheurs, des petites gens sur les deux continents, nous suivons des émigrants d'Amérique venus de partout survivants, après des traversées cauchemardesques de l'Atlantique, dans des conditions iniques et indignes. Le racisme, le patriarcat, les violences faites aux faibles, aux femmes sont légion.... Comment Vitto pense-t-il échapper aux hommes du Fontaniero alors que sur toute la côte Est vivent des Siciliens ? Comment Ana peut-elle se sauver avec son enfant des griffes d'un père et d'un mari indignes et criminels ? Un grand roman aux accents de tragédie humaine intemporelle où le destin est semble-t-il inéluctable. Fresque somptueuse de cette italie et de ses États Unis en pleine mutation sociale, politique et économique. La Pieuvre étend ses tentacules sur le monde, passe des contrats avec tous les politiciens et chefs d'industries véreux, l'ère moderne commence sous des auspices ténébreux.... Quatrième de couverture Marettimo, petite île au large de la Sicile, juillet 1902. Quand il tombe amoureux de la belle Ana, venue passer l'été dans la maison de son père, Vittorio Bevilacqua, jeune pêcheur, ne peut se douter qu'il met en marche un engrenage qui l'obligera à fuir à l'autre bout du monde. Ana est la fille de Salvatore Fontarossa, le fontaniero le plus puissant de Trapani, chef d'un clan mafieux enrichi dans les vergers de citrons de la ville. Don Salva envoie son fils aîné châtier le misérable qui a déshonoré sa fille. Mais la balle de revolver ne part pas, Vittorio se défend, le sang coule. " Quitte cette île cette nuit, pars le plus loin possible. Va en America. Ne reviens jamais, ou nous sommes tous morts ", lui dit un ancien. De Naples à New York, puis de La Nouvelle-Orléans à la Californie, Vittorio tente d'oublier Ana. Enceinte de lui, elle surmontera toutes les épreuves. Pour, un jour, retrouver l'homme qu'elle aime ? À travers la trajectoire de deux amants en quête de liberté et que tout sépare, Michel Moutot signe un roman d'aventures passionnant sur l'essor de la Mafia et le destin des émigrants partis tenter leur chance en Amérique à l'aube du XXe siècle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















