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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

Sans pitié, ni remords

Nicolas Lebel

Marabout

Août 2015

384 pages

Thriller et polar

Chronique

9 mai 2020

Tome 3 de la série consacrée au Capitaine Mehrlicht.

« Et cependant voilà des siècles innombrables

Que vous combattez sans pitié ni remord,

Tellement vous aimez le carnage et la mort. »


« Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.

Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :

Une atmosphère obscure enveloppe la ville,

Aux uns portant la paix, aux autres le souci. »


Deux extraits des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, présents en exergue des chapitres.


Un troisième tome crépusculaire s'interrogeant sur l'éphémère de cette vie, sa fragilité, se questionnant sur le but et l'utilité de nos existences, sur la mission que nous devons mener à bien.


À la mort de son ami de toujours Jacques Morel, le capitaine Mehrlicht, outre son immense chagrin, se retrouve à la croisée des chemins, pas certain d'avoir pris les bonnes décisions dans sa vie, le cœur déjà lourd de son veuvage, cachant sous des réflexions mordantes et souvent cocasses, et une bougonnerie permanente, une tristesse de fond qu'il essaie de noyer dans l'alcool. Son fils tente par tous les moyens de lui remonter le moral, de lui témoigner son amour ; idem pour Carrel le médecin légiste, son équipe formée de Dossantos et Latour, et le commissaire Matiblout.


Tous se retrouvent autour du cercueil au cimetière du Montparnasse lors d'une homélie d'anthologie, drôlissime, dernière blague du défunt anticlérical convaincu. Sitôt le déjeuner terminé, les évènements déjà s'emballent pour Carrel appelé sur une scène de suicide et pour notre petit capitaine au surnoms variés ( Kermit, Google, le batracien...) dans l'obligation d'aller chez le notaire pour l'ouverture du testament dont il est le bénéficiaire, avant de partir en vacances méritées chez son amoureuse Mado.


Les compères ayant partagé la passion des mots, des jeux, des énigmes les plus variées, Jacques a concocté pour son ami endeuillé une chasse au trésor aux petits oignons, compliquée par la présence dans la capitale de deux mercenaires psychopathes.

Les deux itinéraires empruntés, d'un côté par l'équipe de Mehrlicht, sous les ordres d'un remplaçant Cuvier, sur le présumé suicide, et de l'autre par Mehrlicht lui-même bientôt en tandem avec le capitaine Kabongo de l'OCBC ou " police de l'art", vont se rejoindre.


Une ambiance fin d'un monde digne de l'ancien testament s'empare de la capitale jusqu'à Lens, avec l'apparition de quatre cavaliers de l'Apocalypse des temps modernes, apportant horreur, mort et terreur. La guerre n'est plus dans un pays lointain mais ici sur notre territoire. Pour certains groupuscules et partis politiques extrémistes de tous bords, c'est le signe précurseur d'une nouvelle ère à laquelle il faut se préparer en s'armant, en s'entraînant hors des radars. Pour d'autres comme notre héros et les siens c'est le moment de se remettre en question, de redéfinir les priorités et les fondamentaux.


Une plongée dans les coulisses des grands musées parisiens que j'ai trouvée passionnante concernant, entre autres, en 2003, le déménagement du Musée de la Porte Dorée et de l'éclatement et réorganisation des collections d'art premier... Une mystérieuse statue, celle du Gardien des esprits, originaire du Congo-Brazzaville, va être l'enjeu de cette dangereuse quête. Elle va montrer le chemin : aux risques et périls de chacun de le suivre ou de s'enfuir. Des forces qui dépassent les protagonistes de ce roman vont agir, peut-être ancestrales, peut-être magiques.


Un texte qui apporte la preuve, s'il en était besoin, du grand talent de conteur de l'auteur qui voit et ressent ce qui l'entoure avec énormément d'intelligence et d'empathie, capable de reformuler sa vision humaniste, engagée et citoyenne, dans une fiction toujours construite sur des faits réels et avérés. Attention, outre l'humour et la causticité, vous découvrirez de fort belles pages d'une poésie et d'un lyrisme bouleversants, d'une grande sensibilité et inventivité.


Un très bel opus.

Quatrième de couverture

9 novembre, cimetière du Montparnasse. Le capitaine Mehrlicht assiste, en compagnie de son équipe, aux obsèques de son meilleur ami, Jacques Morel. Quelques heures plus tard, il se retrouve dans le bureau d'un notaire qui lui remet, comme « héritage », une enveloppe contenant un diamant brut. Il s'agit de l'un des yeux d'une statue africaine, le Gardien des Esprits, dérobée dix ans auparavant lors du déménagement du Musée des arts africains et océaniens, que Jacques avait supervisé, et recherchée depuis par la « Police de l'Art ». Merlicht prend un congé et son équipe se retrouve sous le commandement du capitaine Cuvier, un type imbuvable aux multiples casseroles, quand les inspecteurs Latour et Dossantos sont appelés sur la scène de l'apparent suicide d'un retraité. Quelques heures plus tard, ils assistent impuissants à la défenestration d'une femme qui, se sentant menacée, avait demandé la protection de la police. Les deux «
suicidés » avaient un point commun : ils travaillaient ensemble au MAOO lors de son déménagement. Ces événements marquent le début de 48 heures de folie qui vont entraîner Mehrlicht et son équipe dans une course contre la montre, sur la piste de meurtriers dont la cruauté et la détermination trouvent leur origine dans leur passé de légionnaires. Une enquête sous haute tension, dans laquelle débordent la fureur et les échos des conflits qui bouleversent le monde en ce début de XXIe siècle.

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