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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

Où s'adosse le ciel

David Diop

Julliard

Le 14 août 2025

368 pages

historique

Chronique

3 juillet 2026

" l'Afrique occidentale fut autrefois un désert dont les forêts étaient remplies d'animaux sauvages. Cette contrée fut peuplée par des invasions venues d'Égypte, d'où fuyaient les populations accablées par mes incessants travaux auxquels les forçaient les rois de ce pays. " Yoro Diaw, "Les Six Migrations de l'Égypte auxquelles la Sénégambie doit son peuplement ", in Siré-Abbâs-Soh, Chroniques du Foûta sénégalais, Maurice Delafosse et Henri Gaden (eds.), 1913


" Tant de relais ont disparu, tant de sources ont tari.

Tant de trésors des trois règnes ont été ensevelis dans l'océan de sable houleux du Sahara. " 

Léopold Sédar Senghor, "Standards critiques de l'art africain " African Arts, vol. 1, n°1, 1967


Bilal Seck ne peut l'imaginer mais lorsque son "ami" d'enfance, Yérim Thiaw, le fils de son maître, l'abandonne lâchement à son sort au port de Djeddah alors que le choléra s'abat sur les fidèles accomplissant leur pèlerinage à La Mecque, en réalité cet événement d'apparence tragique, cette trahison, devient la chance de sa vie. 


Lui, le 72e passeur d'une légende expliquant pourquoi lui et ses prédécesseurs sont maudits, de sang impur, va vivre une aventure hors du commun, une "odyssée " comme les plus grands héros de la mythologie grecque. Certes le voyage sera long mais Ô combien extraordinaire, inoubliable et libératoire...

 

Comme la maladie ne semble pas l'atteindre, il est une énigme pour un des médecins français souhaitant ardemment comprendre cette immunité. 

Mais pour notre ami, cette particularité l'amène à se poser une question essentielle remettant en cause tout ce qu'on lui a imposé : son sang est-il vraiment impur ? 

Sur quels fondements repose le mythe condamnant sa famille à être les esclaves des Thiaw depuis des centaines et centaines d'années ?


Libéré de la surveillance de Yérim, le voici donc entamant un long périple de retour, en cette fin du XIXe siècle colonialiste, de Djeddah jusqu'à Saint-Louis du Sénégal en passant par Abydos, Bilma, Agadès, Gao, Djenné, pour ne citer que ces lieux. Ceux-ci sont autant d'étapes par lesquelles sont passés ses aïeux... 


Nous allons donc découvrir peu à peu les circonstances ayant mené la lignée de Bilal à être maudite...

 Il était une fois, un groupe d'Égyptiens sous le commandement du Grand Prêtre d'Osiris, Ounifer, condamné à l'exil par le nouveau Pharaon Ptolémée : direction l'extrémité des terres occidentales jusqu'au Pays des Morts. 

Qui a dénoncé Ounifer aux autorités quant à sa sédition ? 


De farouches guerriers les accompagnent commandés par Ptahhotep : la troupe doit respecter une distance égale au tir de la flèche du bel archer, Antef, entre les exilés et leur régiment. Ainsi fut fait. 

À partir de cet instant, basculons-nous entre Bilal et ces Égyptiens, entre deux périodes de l'Histoire, mettant nos pas dans ceux des hommes et femmes pris dans les tourments de cette traversée d'un désert autant intérieur que réel.


jouets du destin cruel et de leurs sentiments exacerbés, que de périls vont mettre en danger leur existence et la paix de leur âme !

 

Trahisons, complots, manipulations, haine, soif de pouvoir, passion, mais aussi amour le plus pur, le plus bouleversant, seront de ces deux voyages parallèles... 

Bilal découvrir a-t-il la source de la malédiction ? Pourra-t-il s'en libérer ? Réussira-t-il  enfin à se trouver,

à atteindre la quintessence de son être véritable ? 


Mais ne brûlons pas les étapes....

Il était une fois.... Non ! 

Nous sommes en Afrique donc : 

"Je suis l'élu des scribes des destins, le rapporteur omniscient. Je suis le seul capable de dévider la trame cachée au plus profond des âmes anciennes. Le premier passeur du chant des origines a dit, et je le répète tel que je l'ai entendu et appris : .... " 

Superbe ! Intemporel et universel ! 


Où s'adosse le ciel ?


Quatrième de couverture

À la fin du XIXe siècle, Bilal Seck achève un pèlerinage à La Mecque et s'apprête à rentrer à Saint-Louis du Sénégal. Une épidémie de choléra décime alors la région, mais Bilal en réchappe, sous le regard incrédule d'un médecin français qui cherche à percer les secrets de son immunité. En pure perte. Déjà, Bilal est ailleurs, porté par une autre histoire, celle qu'il ne cesse de psalmodier, un mythe immense, demeuré intact en lui, transmis par la grande chaîne de la parole qui le relie à ses ancêtres. Une odyssée qui fut celle du peuple égyptien, alors sous le joug des Ptolémées, conduite par Ounifer, grand prêtre d'Osiris qui caressait le rêve de rendre leur liberté aux siens, les menant vers l'ouest à travers les déserts, jusqu'à une terre promise, un bel horizon, là où s'adosse le ciel...

Ce chemin, Bilal l'emprunte à son tour, vers son pays natal, en passant par Djenné, la cité rouge, où vint buter un temps le voyage d'Ounifer et de son peuple.

De l'Égypte ancienne au Sénégal, David Diop signe un roman magistral sur un homme parti à la reconquête de ses origines et des sources immémoriales de sa parole.

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