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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

Ne jetez pas les sirènes avec l'eau du bain 

Raphaële Moussafir

Mon Poche

Le 14 août 2025

192 pages

roman

Chronique

26 août 2025

" Trois femmes, trois histoires.

  Nous en sommes le reflet.

  À moins qu'elles ne soient le nôtre. "


" La grâce stylistique de Raphaële Moussafir saisit notre souffle, et porte haut le sujet de l'amour autant que celui de l'amitié et de la condition féminine. "


Paru en 2024 aux Éditions Robert Laffont.


Dédicace qui donne le ton: 


" Au Petit Chaperon rouge,

À la Belle au bois dormant, Régine et Sue Ellen,

À Simone Veil,

À la Comtesse de Ségur, Sylvie Joly, Romy,


Aux hommes qui les comprennent.


Aux anges éconduits,

À Esther Williams,

Aux filles de l'ogre et à Gretel."


Moi, amoureuse de l'océan et de ses vagues, mais malheureusement parisienne, en pleine recherche d'une piscine bien notée voisine de mon domicile, j'ai ouvert ce roman choral avec beaucoup de curiosité, piquée par la quatrième de couverture : 

" Les lectrices aimeront ce roman qui questionne le rapport au corps, à l'âge, à la famille. " 


Ajoutons un humour décapant, un regard acéré et bienveillant, un style littéraire unique, une capacité d'analyse époustouflante de ce qui peut bien traverser l'esprit de certaines nageuses dont je fais partie. Non seulement le propos est drôle mais il est pertinent et fait diablement mouche. 


Trois femmes, Marion, Sidonie et Laure, et le fils de cette dernière, Elliot, vont se croiser, se voir, se dévisager, se juger, se parler, dans une piscine à un moment clé de leur existence. 


Pour Marion, la mère de famille overbookée, mariée depuis quelques années, c'est l'endroit idéal pour se retrouver, pour établir peut-être d'autres interactions, pourquoi pas avec Moïse, le beau maître nageur. 


Pour Sidonie dont les cheveux disparaissent sous une cagoule rouge, venir à la piscine est loin d'être une évidence. Tout répugne cette adulescente bloquée dans son enfance ; particulièrement son corps en décalage avec son mental, corps qu'elle nie d'une certaine façon. Traumatisée dans sa jeunesse, pas intégrée à la société, obnubilée par l'hygiène et le contrôle, entrer dans ce type d'établissement est un enfer. Au passage, la narration de son arrivée en terre inconnue est un grand moment réjouissant. Je crois que j'y penserai lorsque j'y remettrai les pieds, quoique .... Vais-je y retourner ? 


Enfin, voici la jolie rousse Laure, complexée pourtant par son physique, et son petit garçon si adorable. Tous les deux mal dans leur peau, ne voulant pas déranger, timides. Elliott prend des cours avec Ludovic, à la pédagogie et psychologie d'un bourrin. Donc, le gamin a tout le temps peur, mal au ventre, déguste sérieusement à chaque fois qu'il se retrouve dans les vestiaires pour se changer avant la leçon. Sa mère ne se sent pas plus à l'aise. En nageant, elle a des flashbacks de sa vie, elle fait le compte de ses échecs. 


Voilà donc tout ce petit monde dans l'eau, apparemment faisant du sport, réellement en pleine cogitation et bouleversement émotionnel.  


Tendre, d'une grande justesse, très original dans sa formulation, ce roman touche des points sensibles qui nous concernent tous sans exception que nous soyons ou non dans le bain. C'est le moment de plonger et d'affronter ses peurs. Sans les artifices habituels, tous uniformisés par les bonnets de bains, la piscine est le lieu idéal pour se mettre à nu et ne plus tricher. 

C'est vrai aussi qu'on peut pleurer dans l'eau sans que personne ne le voit...


J'ai beaucoup aimé ce texte au doux parfum chloré.

Quatrième de couverture

À la piscine municipale, entre deux dos crawlés, trois femmes se croisent. Sidonie, éternelle enfant coincée dans un corps adulte, reste perplexe face aux baigneurs qui nagent assidûment dans leur couloir, et ne débordent jamais. Marion cherche une échappatoire aquagymnesque à sa vie de famille millimétrée, qui l'étouffe. Laure, quant à elle, lutte contre ses souvenirs d'adolescence trop ronde, tout en surveillant Elliot, son fils de sept ans qui barbote dans le petit bain. Toutes traversent une quête intime, au milieu de ce tumulte chloré dont l'acidité vivifie. Jusqu'au jour où quelque chose bascule.

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