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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

Medusa 

Isabelle Sorente

Folio

Le 13 août 2026

432 pages

roman

Chronique

25 août 2026

"Nous sommes toutes filles de Méduse, nous sommes lasses de votre peur et nos serpents veulent être aimés."


Une fille, une sœur, une amie... Marianne, meurt soudainement à vingt ans. Liam, son frère de quatre ans son cadet, considéré par tous comme son jumeau, reste sidéré, statufié de douleur. Vanessa et Marcus, ses parents cherchent à comprendre les circonstances du décès de leur enfant, étudiante à Paris, lors d'une soirée amoureuse avec son petit ami, Édouard. 


Béatrix, l'amie intime, perd la moitié d'elle-même avec cette mort inacceptable. Chacun réagit comme il peut. Pour Liam cependant, une question le taraude : 

quelle fut la dernière pensée de cette jeune femme en pleine métamorphose psychique, s'éveillant à sa propre conscience ? 


Édouard cherche également des réponses à cette disparition survenue devant lui, celle de la femme de sa vie si différente de lui mais avec laquelle il partageait une véritable fascination pour les monstres de la mythologie : 

"Marianne croyait comme moi que les mots possèdent ce pouvoir ambivalent de nous donner des ailes ou de nous rendre monstrueux. Mais sa perspective était différente de la mienne. Ce sont les monstres femmes qui m'intéressent, me dit-elle. Car cette mutilation psychique dont tu parles, l'impossibilité de dire ce qu'on nous fait, les adjectifs étroits comme des camisoles ou durs comme des muselières, les émotions inavouables, les cicatrices inexplicables, c'est le sort de toutes les femmes dans toutes les langues du monde. Nous sommes toutes des monstres à la recherche d'un mot perdu. "


D'autres figures féminines participent, tout en étant spectatrices d'une certaine et curieuse façon, à cette quête de sens : j'ai nommé l'autrice de ce roman et sa Muse, toutes deux enfermées dans une maison près de la Ciotat avec un sanglier et une chatte sauvage. L'impression d'être dans un conte surréaliste se renforce...


Alors que l'histoire se déroule sous le stylo de l'écrivaine en transe, intimement concernée par ce dont elle accouche sous la protection de cette Muse mystérieuse, le thème central pour nous tous se dessine soudain : 

"Que faire de la douleur des femmes, que faire de la douleur des monstres ? Que faire de la douleur transmise de mère en fille ? Si nous la trahissons, elle nous rattrape. Alors que faire ? demande la Muse. 

- La transformer, dis-je avec un frisson.

- Tu vois, dit-elle, on en revient toujours aux métamorphoses. "


Une mort, la transformation profonde des êtres qui en découle, des univers parallèles, une chute vertigineuse dans le puits des possibles, une mise en abîme salvatrice et nécessaire et la question primordiale posée en ce texte atemporel et universel : que fut l'ultime pensée de Marianne ? 

Les mythes accompagnent-ils encore nos vies, les déterminent-ils toujours ? Leur obéissons-nous encore ? 

Pardon Méduse, pardon. 


Mais qui es-tu ? Es-tu unique ou multiple ? Ne sommes-nous pas toutes tes héritières ?

Quatrième de couverture

"Je voulais devenir celle qu'ils choisiraient, c'était irrésistible. Je crois que c'est comme ça qu'on se fait piéger, on trouve ça irrésistible de devenir la fille choisie." Lorsque Marianne meurt à vingt ans dans des circonstances violentes, ses proches sont sous le choc. Ils tentent de comprendre ce qui a mené au drame. Sa mère relit les carnets noirs de sa fille. Son père dialogue avec ses souvenirs. Son frère, Liam, décide de reconstituer la dernière pensée de sa soeur en se rapprochant de Béatrix, la meilleure amie de Marianne. Peu à peu se dévoile l'autre visage de la jeune fille, prise au piège d'anciennes tragédies. Mais tous les secrets peuvent-ils être regardés en face ?

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