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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

Maudit Viager

Christian Lanza

Slatkine,

Le 9 octobre 2026

400 pages

thriller

Chronique

21 octobre 2026

"Puis Nadja me communique un dessin,

le premier que je vois d'elle...

Elle veut bien m'éclairer les quelques 

éléments de ce dessin, à l'exception du

masque rectangulaire dont elle ne peut 

rien dire, sinon qu'il lui apparaît ainsi...

Le long du pointillé se rencontre d'abord 

un crochet ; l'étoile noire, à la partie 

supérieure, figure l'idée..." André Breton 



Attente Envie Amour Argent : le masque blanc a des idées noires.

 

Je gage que vous ne pourrez plus quitter des yeux ce thriller singulier dès que vous vous y serez plongé : il renferme une part de noirceur à laquelle vous devrez vous confronter à l'instar de tous les habitants de la ferme maudite située à Hermance non loin de la frontière française. 


Cette bâtisse est le personnage principal de ce roman terrifiant, comme marquée du sceau du diable depuis sa construction jusqu'à nos jours. 


Génération après génération, le mal, telle une maladie contagieuse, s'empare des âmes de tous ceux qui y vivent. 


L'auteur nous raconte ainsi les différents drames qui font de ce lieu un enfer sur terre, du plus ancien au plus récent et, en parallèle, s'attache à nous faire participer à une enquête des plus tortueuses et  glacantes dont est chargée l'inspectrice Béatrice Chopard assistée de son adjoint Laurent Pélissier et d'un ex flic devenu détective privé, Vincent Dreyer.


Point de départ : 

Léonard Bersier a bien du mal à entretenir son immense ferme sans l'aide de sa compagne partie sans se retourner et sans son fils Maxime, qui plus est avec la faible retraite qu'il perçoit. 

Il imagine donc la solution idéale : vendre son bien en viager, obtenir ainsi le montant du bouquet, une somme rondelette, et une rente à vie plus que généreuse.


Étant âgé de 64 ans, son espérance de vie officiellement de 84 ans, il voit les prochaines vingt années se profiler avec optimisme.


C'est aussi l'occasion rêvée de renouer avec ce fils ayant fugué à quinze ans à cause de sa bêtise et de son incapacité à jouer son rôle de père. 

Il en est sûr, c'est la solution idéale à tous ses problèmes ; cela se confirme lorsque le couple Ritter, un propriétaire d'une entreprise de pompes funèbres et une fleuriste, parents de deux jeunes gens, se porte comme acquéreur. 


Tout fonctionne à merveille pour Léonard, une vie à l'abri du besoin dans un lieu magnifique tissant de nouveaux liens avec son fils et passant des heures coquines avec la délicieuse escort girl, Lolita alias Valentine.


Pour se faire pardonner ses années d'absence paternelle, il reverse une part non négligeable du bouquet à son gamin ainsi qu'une mensualité de 3000 fcs. 


Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... Sauf que la malédiction de la ferme va encore frapper et le bonheur de Léonard être écourté. Les cartes du destin sont rebattues, et les nouveaux jeux distribués à chacun des protagonistes sont tout à fait différents. 


Condamné par la médecine, Léonard décide d'épouser Valentine afin que le viager lui revienne, profitant d'une erreur de la secrétaire du notaire lors de la rédaction du contrat signé avec les Ritter. 

Étonnamment cela fonctionne, et bientôt la jeune veuve et son beau-fils, devenu son amant, coulent des jours heureux dans la magnifique propriété dont elle a obtenu l'usufruit pendant cinq ans.

 

C'est le paradis jusqu'à la première apparition terrifiante et menaçante d'un homme masqué de blanc s'en prenant à l'héritière lorsque Maxime est absent.

 

La terreur s'empare alors à nouveau des lieux : la jeune femme craignant pour sa vie, l'inspectrice Chopard entre en scène. 

Qui est cette ombre ? 

Le fils Ritter cherchant à faire fuir Valentine ? 

Un de ses voisins qu'elle a éconduit ? 

Des délinquants sexuels présents dans la région ? 


La toile d'araignée tissée par le coupable se resserre inexorablement sur tous jusqu'au point de bascule... 


Méfiez-vous des lieux où dès que vous y pénétrez, une sueur froide vous coule entre les omoplates, une alerte interne vous prévenant du danger. 


Les crimes et violences du passé imprègnent les murs, les cris et les pleurs s'y répercutant encore... 

Thriller psychologique des plus réussis tout en étant, en partie, une reconstitution historique fantastique...

Vous frissonnerez autant de peur que d'impatience tant le suspense est parfaitement maintenu jusqu'au dévoilement final. 


La maîtrise de l'auteur est totale !


Quatrième de couverture

C'est l'histoire d'une maison, marquée par une noire fatalité. Du début du XIXe siècle jusqu'à nos jours, elle a été le théâtre de drames épouvantables, menant systématiquement ses habitants vers la mort, parfois dans d'atroces circonstances. A notre époque, un couple décide d'acheter ce bien immobilier en viager, sans rien connaître de son passé particulièrement sulfureux. S'ensuit une enquête palpitante sur les agressions visant l'usufruitière de la "ferme du diable" , commises par un agresseur masqué, lequel fait furieusement penser au dessin de Nadja dans l'oeuvre éponyme du poète surréaliste André Breton : un masque blanc aux idées noires. En passant alternativement d'une époque à l'autre, Christian Lanza nous conduit dans les méandres les plus sombres du destin d'un certain nombre d'habitants de la commune d'Hermance, avec en toile de fond le contexte historique, social et religieux du canton de Genève lors des deux cents dernières années.

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