
Éva a lu pour vous ..
Chroniques littéraires
Les Disparues
Jessie Garcia
City Editions
Le 2 janvier 2026
400 pages traduites par Benoîte Dauvergne
thriller
Chronique
2 janvier 2026

Un tissu de mensonges. Des secrets.
Un voyage sans retour.
" Le pire était arrivé une nuit. Il avait plaqué un oreiller sur mon visage. Je l'avais entendu rire au moment où j'avais commencé à me débattre. "
Méfiez-vous des rêves que vous pouvez caresser et de certaines de vos décisions prises trop rapidement...
Je ne suis pas étonnée que Freida McFadden ait adoré ce thriller : très bien ficelé, bien construit, une belle mécanique parfaitement huilée offrant des rebondissements multiples jusqu'à la toute dernière page. Un modèle du genre.
Imaginez des miroirs placés les uns en face des autres à l'instar des différentes parties composant ce récit en trompe l'œil et vous comprendrez que tout n'est qu'apparence. On croit savoir mais en réalité, évidemment, l'autrice se joue de nous avec une totale maîtrise.
Deux femmes que tout oppose voisines dans un avion, deux femmes qui affirment à leurs proches être tombées amoureuses du même homme quelques jours après s'être séparées à l'aéroport.
Deux femmes qui disparaissent, un coupable désigné.
Jessie Garcia, dont c'est le premier thriller (!!!), surfe avec talent sur le sujet maintes fois traité des violences faites aux femmes, et met en scène des spécimens de masculinistes particulièrement gratinés. À vous les joies de quelques passages des plus savoureux ! Vous allez adorer les haïr, mesdames !
Elle nous fait aussi pénétrer dans les coulisses d'une chaîne de télévision en charge de traiter l'information, de faire le tri entre le grain et l'ivraie, tout en faisant le buzz. Des thèmes qu'elle connaît bien puisqu'elle est journaliste, présentatrice et rédactrice en chef de CBS.
Les situations et dialogues sont donc très réalistes, le suspense dosé avec art, les phrases et images chocs balancées au moment opportun. Style direct et concis, tranchant, chaque acteur de ce récit déstabilisant devient, quand son tour est venu de donner sa version, narrateur. Ainsi, la même histoire est vue à travers des prismes différents. Où se situe la vérité ?
Très nettement, nous sommes les dindons de cette farce macabre, de ce grand jeu des illusions.
Le seul bémol serait pour moi la forme abrupte que prennent les deux dernières pages. Peut-être avais-je envie que cela ne finisse pas aussi vite ?
Merci à Eric Poupet Presse & Communication et à City Editions pour ce thriller "addictif" comme certains le définiraient.
Souhaitons à cette écrivaine le même succès que Freida McFadden.
