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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

Le temps des bêtes sauvages

Víctor del Árbol

Actes Sud/Actes noirs

Le 11 mars 2026

400 pages traduites par Alexandra Carrasco

thriller polar

Chronique

25 mai 2026

Deuxième tome de la Trilogie du " Tueur à gages sans nom" après " Personne sur cette terre " chroniqué sur Évanances littéraires. 


" Cruauté porte un cœur humain,

  et Jalousie un visage humain,

  Terreur a la divine forme humaine,

  Hypocrisie le vêtement humain. "

William Blake, " Image divine " 


Le sous-inspecteur Soria pensait vraiment pouvoir passer quelques années pépère avant sa retraite, sous les ordres d'un commissaire sympa à Arrecife sur l'île de Lanzarote en cette deuxième semaine de mai 2008. Trois ans après la dernière enquête qu'il avait mené avec Julián Leal et Virginia Ortiz à Barcelone, il n'était plus en odeur de sainteté, mal vu de la hiérarchie. 


Quant à ses comparses, l'un après trois ans en prison avait été libéré pour cause de cancer en phase terminale et l'autre, fraîchement divorcée, mère de deux filles, avait démissionné pour se retrouver à New York à gérer les affaires familiales, piégée par son père, grand chef d'entreprise aux méthodes expéditives.


Soria se retrouve en tandem avec un jeunot, Mario, belle gueule de surfeur à l'intelligence vive, pour traiter un dossier apparemment banal d'une jeune fille ayant été renversée alors qu'elle rentrait chez elle à vélo après sa journée de travail de femme de chambre dans un hôtel. Simple délit de fuite ou tentative de meurtre ? 


Soria peut dire adieu à sa tranquillité. Ce n'est que le début d'un cauchemar aux multiples ramifications internationales remettant en présence, avec brio, tous les anciens protagonistes du tome 1 de cette trilogie. J'admire la façon dont l'auteur réussit à articuler les évènements pour créer cette convergence des personnages qui pourtant ne devaient normalement plus se croiser. 


Comme dans l'opus précédent, d'une île des Canaries l'action se déroule également au Mexique, à Milan, à Barcelone, aux USA, en Bosnie-Herzégovine.... accentuant l'impression que le Mal se propage aujourd'hui comme une traînée de poudre : partout les criminels en col blanc, apparemment bien propres sur eux, le disputent en barbarie et inhumanité avec les pires mafieux de la planète. 


Et au milieu de toute cette guerre de pouvoir, cette quête effrénée d'enrichissement et de perversion, se singularise notre narrateur, le tueur à gages anonyme, dont nous découvrons peu à peu le passé sous le contrôle d'un chef de clan ultra dangereux, l'Ours Dávila, et dont nous connaissons déjà le sens de l'honneur particulier. 


Figure singulière alliant les qualités habituelles de ce type de criminel à l'ancienne tout en nous déroutant par son humour, son cynisme de survie, son honnêteté intellectuelle, ses tendresses ou sentiments d'amitié pour certains des acteurs de ce polar tour à tour ultra violent, âpre comme les paysages de Lanzarote. Ainsi, l'auteur nous permet de souffler en laissant également l'espace à des moments de camaraderie, d'amitié, d'humanité exceptionnels en ce monde cruel et sans pitié. 


Tous ces personnages, le tueur, Soria, Julián, Virginia et les intervenants secondaires tels Maria, Vesna, Rafael... sont au début reliés par un certain sens de la vérité et la volonté peut-être un peu désespérée et inutile de ne pas baisser les bras face à tous les salopards de la terre. Cependant, l'imprévisible dénouement aura un affreux goût d'amertume... et de vengeance réjouissante... 


Tout commence donc avec une jeune fille mystérieuse renversée sur une route de nuit dont on ignore tout ? Elle est l'origine et la fin de l'énigme à laquelle tous seront confrontés. 


Un tsunami va s'abattre ; comment réussiront-ils à surnager ? Comment sauveront-ils ce qui reste de leur âme ?

Quatrième de couverture

Une jeune femme roule tranquillement à vélo sur une route escarpée de Lanzarote quand un bolide la percute et prend la fuite en la laissant pour morte. L’enquête déclenchée par l’apparent délit routier met au jour un stupéfiant réseau de secrets, de perversions et de vengeances, tel un séisme aux ondes de choc se propageant aux quatre coins du monde. Et c’est sur les crêtes des montagnes Volujak, à la frontière de la Bosnie-Herzégovine et du Monténégro, que se trouve son épicentre, quand quinze ans plus tôt un couple et ses deux enfants tentaient de fuir la guerre.

Situé en 2008, au plus fort de la crise financière mondiale des "subprimes", "Le Temps des bêtes féroces" explore les effets dévastateurs de la corruption des âmes et d’une soif de pouvoir impossible à rassasier. L’auteur y dénonce comme jamais les prédateurs, de proies animales autant qu’humaines, et la sauvagerie d’un monde où nul ne saurait être à l’abri du mal.

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