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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

La Voix de la pierre

Jo Fontaine

Slatkine

Le 1er mai 2026

286 pages illustrées

monographie beau livre

Chronique

26 mars 2026

En édition limitée, (600 exemplaires),  dimensions : 30 cm x 30 cm, 3 cm d'épaisseur. 

 

"Il s'agit moins de faire une œuvre que de retrouver la Source." Georges Haldas 

 

Extrait : 

" Ainsi commence mon travail. Dans mon rite immuable, je frappe aux portes de mes pierres. Je leur demande la permission.

 

Chargées de millions d'années, je leur dois ce respect. Un dialogue silencieux s'instaure entre nous. Elles me suggèrent des pistes improbables, en verticale ou en rondeurs, en rugosités ou en douceurs. Obstinément elles me rappellent leur origine, elles me racontent leur intemporalité, elles me disent la richesse des hommes qui les ont reconnues. J'écoute leurs voix. Je transcris. 

 

Parfois à la faveur d'un rayon de lumière, je croise mon reflet à leur surface... " 

Extraits de notes des carnets d'atelier transcrit dans le chapitre Réceptacles & présences rituelles. 

 

Serpentine, albâtre, granit... À la simple vue de ces matières, Jo Fontaine imagine des mondes, des formes, des gravures, des langages, autant d'offrandes à l'humanité, des messages lancés à ses frères et sœurs dans l'éternité du temps. Il trace ainsi nos " chemins de vie. Évoquant notre appartenance aux grands cycles de l'univers, sans commencement ni fin ".

 

Les pierres qui ne trichent pas, par leur authenticité évidente, le guident spirituellement sur un chemin artistique, humaniste, philosophique... un parcours initiatique ouvert devant lui, mais aussi devant nous, emportés dans son sillage. 

Splendeur totale de cette monographie imaginée au soir du réveillon de la Saint Sylvestre de 2024 pour notre plus grand bonheur, tant par la beauté des photographies, de la mise en page, de la calligraphie, que de la profondeur bouleversante, la richesse et la pertinence des textes qui nous sont offerts, généreusement. 

 

" En ces temps troublés, l'œuvre profondément originale de Jo Fontaine - un géant qui a les pieds dans sa chère terre de Soral et la tête dans les étoiles du cosmos - ne peut que nous émouvoir et contribuer à nous élever. " 

 

Humilité de l'artiste artisan remettant sans cesse son travail en question, en recherche du geste ou du tracé parfaits, conscient de sa mission de passeur de beauté et d'espoir grâce à ses œuvres, nous offrant des moments de suspension, autant de parenthèses enchantées indispensables en cette période anxiogène et glaçante où certains voudraient que règnent la peur et le désespoir pour mieux nous contrôler. C'est aussi notre liberté de nous émouvoir, de penser, de nous situer, qui nous est rendue par ces œuvres sublimes, porteuses de vérité absolue, indiscutable. 

 

Faouzi Skali, philosophe : 

" C'est justement dans ces temps de crise que la beauté est essentielle. Elle n'est pas un luxe, mais un rappel à l'être. Quand tout semble se réduire au chaos, la beauté rappelle qu'il existe une autre mesure.

 

Tu le sais, toi qui travailles la matière : il faut parfois une intensité proche de la violence pour qu'une forme harmonieuse surgisse. La souffrance du monde aussi peut devenir matière d'éveil. Parler de beauté n'est pas fuir le réel, c'est prendre en compte la réalité de l'espérance. " 

 

Emotion extrême donc à la vue des clichés sublimes des œuvres, des différentes séries ou commandes exécutées, mais aussi dans les ateliers, des instants volés de labeur, de recherche, d'écoute de la matière. 

 

La transcendance du travail du sculpteur se mue également en textes imposés par la nécessité d'exprimer par des mots une vérité immense dont l'artiste en transe créatrice est le réceptacle. Une vérité qui passe par lui et s'exprime dans des formes de toute éternité. 

 

Il reprend pour nous la pensée de Marc-Alain Ouaknin dans " Dieu et l'art de la pêche à la ligne, extrait page 19, 2001 : 

" En fait je n'ai pas décidé d'écrire. On ne choisit pas d'écrire. On n'écrit vraiment, sincèrement, que lorsqu'on ne peut pas faire autrement que, littéralement, se jeter dans l'écriture. 

 

Il se passe alors un phénomène que je nomme écriture-trou-noir : toutes les lectures et toutes les mémoires de phrases, de poèmes, d'images, reviennent en force et s'imposent, et désirent entrer dans le texte qui est en train de naître. " 

 

Et nous voici donc en résonance avec les œuvres nées de l'ambition d'une " maîtrise absolue de la forme " assujettie à la volonté de la pierre imposant à l'artiste-médium des contraintes techniques, ouvrant d'autres champs du possible inenvisageables au moment de l'élaboration du projet par le dessin. Jo Fontaine est donc soumis à la voix de la pierre, de la matière millénaire, et du hasard bienfaisant quoique souvent déstabilisant, devenu nécessité. 

 

La beauté nait de ce hasard comme de l'imperfection, de l'asymétrie, du déséquilibre maîtrisé. La perfection n'est qu'apparence, jeu de perception. 

Les œuvres d'aujourd'hui sont en écho avec les pierres dressées depuis la naissance de l'humanité en Bretagne, à Stonehenge, en pays cathare... Un courant énergétique, tellurique, les relie toutes, ravivant les forces dont nous avons tant besoin pour nous régénérer. 

 

Admirer chaque page de ce livre est donc renaissance, renoyautage avec l'essence de notre être. 

 

Noms des œuvres déjà comme un poème : 

2020 Pierres de mémoire

2016 De l'Aube à l'Aube 

          Grisélidis Réal 

2015 Cosmos 

2013 Terciel 

2012 Miroir du Ciel

2006 Disque 

2005 Trône de la reine ou du roi 

2004 Temple 

1998 Sans titre 

1995 Origines 

1994 Dol Mean

1989 L'Aube du Temps 

1981 Amen Hir

 

Je laisse la dernière pensée à l'auteur :

" Symboliquement, la pierre devient le trait d’union entre le passé et le présent, dans une tentative d’élimer la contrainte de l’espace et du temps.

Dans mes recherches, la signification et la simplification des formes me poussent à la limite du dépouillement, proche de la rupture avec la nécessité de faire. Le langage s’efface peu à peu comme s’estompent les images et se dissolvent les pensées.

Enfin, seuls subsistent au-delà de ma temporalité et de ma finitude, quelques repères et quelques silences qui m’unissent à l’univers. " Jo Fontaine

Quatrième de couverture

Cet ouvrage est le témoignage d'un parcours de cinq décennies de création et le récit du cheminement intérieur du sculpteur. Dans son adolescence, le futur artiste a chevauché l'onde de choc des événements de mai 68, ressentie jusqu'aux confins de nos campagnes. Jo Fontaine sera toujours en équilibre entre inquiétude et ouverture aux changements. Ses profondes attaches à ses origines paysannes l'ont conduit naturellement au travail de la terre à l'école des Beaux-Arts. Il passera ensuite à une expression abstraite et symbolique dans la pierre. Il réalisera de nombreuses sculptures monumentales pour les espaces publics. Au fil des ans, son intérêt grandissant pour les philosophies et les différentes traditions spirituelles, depuis les cathares du Moyen-Âge, au soufisme de Faouzi Scali, en passant par l'étude des archétypes de Carl Gustav Jung, ont forgé chez Jo Fontaine un langage à la fois universel et très personnel.

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