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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

La fin du voyage

Arnaldur Indridason

Métailié

Le 6 février 2026

256 pages traduites par Éric Boury

Polar historique

Chronique

8 octobre 2026

 Dans la collection Bibliothèque nordique 


"Il s'agit du chef-d'oeuvre d'Indridason, le summum de son œuvre à ce jour."

 

Prix de littérature islandaise 2024


"Renonce, renonce,

avant qu'à ton cou

la corde se noue..."

"La chasse aux sorcières" 

de Jónas Hallgrímsson (1807-1845)


Ce poète et naturaliste est aussi l'auteur d'un poème intitulé "La fin du voyage" inspiré par la disparition d'un jeune berger, Keli, son camarade, ayant été placé par sa pauvre famille chez des paysans voisins dans la campagne islandaise. Mais un jour il ne revint pas. 


De l'incompréhension et l'inquiétude du jeune homme face à cette énigme étaient nés quelques vers puis plus rien jusqu'en 1845, seize ans plus tard, lorsqu'il reçoit une lettre de sa sœur lui narrant la fin de ce mystère qui enveloppa la petite communauté islandaise d'un brouillard de suspicion, de haine et de souffrance. Alors il finit son poème. 


Ainsi les parents du jeune Keli accusèrent les fermiers chez lesquels était placé leur fils de l'avoir maltraité, fait fuir, ou peut-être pire. 


De ce fait divers, Arnaldur Indridason imagine un polar crépusculaire d'une beauté désespérée : ainsi assistons-nous aux dernières heures du poète malade et délirant, se remémorant les faits, se reprochant son aveuglement, et participons-nous à l'élucidation de la disparition du jeune garçon rêveur et admiratif de Jónas, alors auréolé de gloire après avoir obtenu une bourse d'étude, en partance pour la prestigieuse université de Copenhague. 


L'auteur nous offre ainsi l'occasion de nous replonger dans l'Histoire de l'Islande du XIXe siècle sous domination danoise et dans le milieu littéraire de l'époque à Copenhague. Il  reconstitue également l'ambiance anxiogène des petites localités islandaises de l'intérieur du pays, remet dans la lumière l'oeuvre de Jónas Hallgrímsson et lui rend hommage, lui qui est célébré comme un héros national et considéré comme le plus grand poète islandais. 


Ainsi Arnaldur Indridason signe un roman historique extraordinaire tout en nous entraînant dans un cold case effroyable. 

 

Bouleversant et passionnant !

Quatrième de couverture

Jonas Hallgrimsson est naturaliste et poète, il étudie à Copenhague, crée une revue de poésie et vit une bohème estudiantine grisante, romantique, entouré d’écrivains comme H.C. Andersen, ils font des balades, chantent en chœur. Il va voir Humboldt à son retour des Amériques. Il est amoureux d’une jeune fille, mais n’ose pas se déclarer.

Il a rencontré pendant les vacances Keli, un jeune garçon, berger et rêveur, né dans une famille très pauvre qui est devenu son ami. Le sort va les frapper impitoyablement tous les deux au même moment : Jonas va se casser la jambe, être hospitalisé et victime de la négligence du chirurgien. Keli va disparaître dans la campagne déserte de l’intérieur du pays. Les délires de fièvre de Jonas sont hantés par l’image de l’ami disparu, et une enquête est lancée par le bailly de la région sur la disparition.

Les méthodes d’enquête sont étonnantes dans cette colonie lointaine et peu peuplée, parmi des paysans miséreux. Les explosions de violence y sont nombreuses.

Le style remarquablement élégant et économe d’Arnaldur Indridason nous tient en haleine. L’histoire offre une perspective nouvelle et puissante sur le poète et la société qui l’a nourri, capturant les contrastes entre la vie urbaine animée à l’étranger et la campagne pauvre du nord de l’Islande. Sur ces deux fils narratifs simples, l’auteur entraîne le lecteur au cœur de la violence et le lecteur est tenu en haleine de façon incomparable.

Indridason au sommet de son talent d’écrivain, Le jury du Grand Prix islandais de littérature ne s’y est pas trompé.

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