
Éva a lu pour vous ..
Chroniques littéraires
L'Allée du Sycomore
John Grisham
Audiolib
2014
19 h 40, lu par Stéphane Ronchewski
Thriller
Chronique
1 janvier 2019

Traduction de Dominique Defert.
Stéphane Ronchewski prête avec beaucoup de talent sa voix à ce texte pendant 19 heures et quarante et une minutes. Une belle performance artistique et « musculaire » compte tenu de la longueur de ce thriller passionnant et le nombre de personnages différents et hauts en couleurs à incarner.
J'ai donc très bien commencé cette aventure audio, avec un vrai challenge pour l'auditrice néophyte que je suis. Je n'ai pas lu la quatrième de couverture avant, d'abord par ce que c'est mon habitude, et ensuite pour être dans les mêmes conditions que celles vécues par une personne malvoyante.
Ce retour est aussi sur ma page Eva Impressions littéraires, à l'écrit :
Seth Hubbard, H U B B A R D, laisse sur les bras du jeune avocat trentenaire, Jake Brigance, un sacré fardeau sous la forme d'un testament manuscrit rédigé la veille de son suicide. Drôle de personnage que ce Seth, mystérieux, pas causant, solitaire, menant ses affaires dans l'obscurité, en silence. Il organise tout jusqu'au moindre détail, et cela depuis près de dix ans et son dernier divorce.
Mais le cancer l'a rattrapé, alors il décide de faire sa sortie à sa manière. Il choisit Jake, devenue une célébrité voici trois ans après la relaxe de son client noir en plein Mississippi, en cette année 1985, où le terrible KKK, Ku Klux Klan, et la suprématie inique des blancs sur les noirs, sont encore une réalité. Une victoire au tribunal, mais des menaces de mort et une maison incendiée depuis. Heureusement Clara sa femme et leur fille Anna, alors bébé, n'ont rien eu. Aujourd'hui encore la petite famille est protégée par Ozzie, le shérif, et son équipe.
Oui, une sacrée surprise aussi pour les enfants et petits enfants de Seth, sombrant dans la rage et l'incompréhension. Également, sa femme de ménage, Letty, tombe des nues lorsqu'elle prend connaissance des dernières volontés de son ancien patron : elle est l'héritière de 90% de cette fortune, non encore estimée en ce début de roman sur les chapeaux de roues.
Un ouragan s'abat donc sur la petite ville ; suspicion, racontars, désespoirs, rires, et mise en branle de l'énorme machine judiciaire... Car évidemment, après l'opposition de la famille à ce document, un jury va devoir déterminer que Seth Hubbard avait bien toute sa tête au moment de changer son testament, préalablement déposé dans un célèbre cabinet d'avocats.
Toutes les parties vont vouloir être représentées, ce qui vous promet des scènes fabuleuses et drolatiques lors des comparutions devant un juge bien du sud, rusé et agaçant au possible.
Je dis « bravo » à l'auteur et surtout ici, en enregistrement, au lecteur Stéphane Ronchewski, pour avoir réussi à camper près de onze avocats différents plus les autres personnages ajoutés, rien que dans la première séance à la cour de justice du comté. Réjouissant et périlleux exercice. Le comédien a une très belle palette de couleurs dans sa voix lui permettant de varier son interprétation. Sa diction est impeccable.
Quelques fois, soyez plus attentifs lorsque la voix est celle d'une femme à fort tempérament, car alors la voix de celle-ci et donc du comédien, descend un peu dans les harmoniques graves et ressemble aux voix masculines. Par exemple, la première scène dans le Coffee Shop avec la serveuse Dell. Je me suis un peu plus accrochée, afin de bien suivre le passage de témoin entre tous les intervenants. C'est un détail, je le signale en passant.
Histoire génialissime, l'analyse en profondeur des arcanes de la justice aux USA, qui plus est, dans le sud, est bluffante et pleine d'humour ; la situation inquiétante et révoltante des noirs, hier et aujourd'hui, parfaitement décrite... Beaucoup de retournements de situation, un suspense maintenu jusqu'au bout grâce au métier de l'écrivain et du comédien. De bonnes raisons de vous plonger dans ce roman en vous laissant porter simplement. Une bien belle expérience pour moi.
