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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

Guerre & Guerre

Làszlo Krasznahorkai

Cambourakis

Le 23 octobre 2013

368 pages traduites par Joëlle Dufeuilly

roman énigme

Chronique

8 janvier 2026

Titre original : Háboru és Háboru.


Quel roman étrange, semblant tout droit sorti de l'esprit d'un être sous psychotropes ou se pensant la réincarnation hongroise d'un Woody Allen en pleine logorrhée verbale autant qu'écrite. Comme un ordinateur en plein bug informatique, il répète inlassablement les mêmes mots, use de circovonlutions permanentes, de ce qui semble être des digressions, oui, comme shooté. 

Une âme habitée par des personnages fictifs, Toot, Falke, Kasser et Bengazza, sorte d'anges damnés en constante fuite devant la guerre, poursuivis par le terrifiant Mastemann, le Seigneur de la Mort. 

De pays en pays, de siècle en siècle, sans aucune chronologie, sans logique apparente, nos quatre compagnons espèrent inlassablement que la Guerre puisse déboucher sur la Paix, mais Mastemann veille à ce que ce ne soit pas le cas. 


Cette histoire est couchée dans un manuscrit des années 1941-42, trouvé par hasard par Korim, un document atypique de 150 à 160 pages, glissé dans un carton d'archives de la famille Wlassich. Il envoûte littéralement notre anti-héros prêt pourtant à toutes les folies pour en comprendre le message secret et sacré aux yeux de l'humble archiviste qu'il est. Subitement, il liquide tous ses biens de Budapest et prend un billet pour New York qu'il estime être le centre du monde. Pourquoi ? Patience vous le découvrirez... Dans la doublure de son manteau, il cache le manuscrit et l'argent récolté et hop le voilà à l'aéroport de JFK. 


Alors que nous suivons les aventures ubuesques de ce personnage singulier, nous mettons également nos pas dans ceux des quatres voyageurs et de leur poursuivant. 

Car en effet, Korim s'est donné pour mission de traduire et retranscrire tout le manuscrit et de l'offrir à l'humanité via internet... 


Au début, je ne vous cache pas que je me suis sentie submergée par ces phrases interminables et tortueuses, par la dinguerie du héros et puis... la magie du texte a agi et je me suis attachée à cet être hors norme, enfantin, agaçant, apparemment complètement barré. Peu à peu également, certaines vérités ont surgi de ces lignes énigmatiques, et l'intelligence du propos m'a frappée. 


Ce n'est certes pas un roman facile d'accès mais il porte en lui une sagesse que seuls les fous sont capables de laisser échapper à travers leurs fêlures. 

De plus, la cocasserie de certaines scènes et de certains personnages secondaires apporte la nécessaire fantaisie, source de sourire, même le livre refermé.

Quatrième de couverture

Publié en 1999 en Hongrie, dix ans après «La Mélancolie de la résistance», «Guerre et Guerre», quatrième roman de Krasznahorkai, est l’un de ses projets les plus ambitieux.

Le dispositif romanesque entrelace plusieurs strates narratives et temporelles, et mêle l’itinéraire de Korim, archiviste hongrois en proie à une radicale crise spirituelle confinant à une forme de folie, et le contenu d’un mystérieux manuscrit dont il cherche obsessionnellement à délivrer le message. Empreint d’un inconsolable chagrin métaphysique, «Guerre et Guerre» est une oeuvre puissante, labyrinthique, une énigmatique parabole qui défie l’exégèse.

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