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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

Água Viva

Clarice Lispector

des femmes Antoinette Fouque

Le 31 octobre 2024

324 pages traduites du portugais (Brésil) par Didier Lamaison et Claudia Poncioni

roman

Chronique

31 octobre 2024

Nouvelle édition suivie d’un entretien inédit de l’autrice, traduit du portugais (Brésil) par Izabella Borges.


J'ai lu ce texte ou plutôt celui-ci m'a traversée alors que j'étais fiévreuse, mon organisme réagissant par la maladie à un moment où je devais m'adapter, me situer, me reconnecter à moi-même en plein stage de formation aux implications insoupçonnées sur le plan psychologique. 


L'incandescence de ces lignes pourtant intitulées Água Viva, ne m'a pas consumée mais ressourcée, réhydratant mes cellules épuisées. Une renaissance ou naissance de moi-même par moi-même ; l'organique, l'animal, la viande, la matrice sont omniprésents, centraux dans cette gerbe de mots jaillissant de cette âme intranquille, à la sagesse millénaire, qui, comme elle l'explique très bien lors de l'interview retranscrit à la suite de Água Viva, voit le texte surgir en une pièce, fond et forme confondus, l'un ne précédant pas l'autre. 


Un geste créatif unique, comme de donner la Vie. 

Elle jette donc sur le papier, vite, comme en écriture automatique, ces mots, ces phrases, elle les tord, les marie singulièrement, occupée à ne surtout pas perdre le fil, à ne surtout pas se perdre. Elle creuse dans la Terre originelle, elle revient à la genèse, la sienne, elle retrouve l'enfant qu'elle fut, son énergie vitale, son rire, son cri, sa désobéissance. 


Il n'y a plus de temps, plus de frontière, plus de début ni de fin, il n'y a pas d'histoire, de scénario, il y a un être qui s'adresse à un inconnu, en pleine métamorphose, de peintre à écrivain, de couleurs à mots ; la mue est douloureuse, éprouvante, viscérale. 

L'on assiste à un accouchement par voies/voix naturelles. 


Je ne sais que dire de plus, à lire comme dans une transe, à voix haute. Expérience intime et incarnée. Passer par le corps pour comprendre et entendre l'indicible. 

Quatrième de couverture

Água Viva, un texte magistral de l’une des plus grandes écrivaines brésiliennes.
Dans ce roman de 1973, Clarice Lispector cherche à « capturer le présent » et ajoute ainsi à son expérience individuelle une dimension profondément universelle. Ses méditations sur des sujets personnels mais aussi sur le monde qui l’entoure– odeurs, temps, sommeil – ont fasciné nombre d’artistes qui lui ont succédé.

Ce texte unique, à la forme si particulière et non conventionnelle, se libérant du poids de l’intrigue et des portraits psychologiques de personnages, se présente comme un monologue aux multiples destinataires. Il s’agit d’une œuvre d’art magistrale, qui réorganise le langage et joue sur les écarts entre la réalité et la fiction afin de tirer «une flèche qui s’enfoncera dans le centre névralgique du mot».

« Et je veux capturer le présent qui, par sa nature même, m’est interdit […].

Mon thème est l’instant, mon thème de vie. Je cherche à lui être pareille, je me divise des milliers de fois en autant de fois que d’instants qui s’écoulent, fragmentaire que je suis et précaires les moments – je ne me m’engage qu’avec la vie qui naît avec le temps et avec lui grandit : c’est seulement dans le temps qu’il y a de l’espace pour moi. […]» C. L.
La présente édition est augmentée d’un entretien inédit de Clarice Lispector dans lequel elle aborde la création de son œuvre et notamment Água Viva avec des facsimilés pour comprendre le travail de l’autrice.

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